LE BLOG PHOTOFOLLE
- par Laurence Chellali

AMBIANCE BAGDAD CAFE


Il était immanquable que je vous fasse partager quelques photos de notre périple de cet été en Californie ! Les photos de voyage sont toujours un peu délicates à présenter et à … faire. Tout d’abord, on est souvent si absorbés et fascinés par la nouveauté qu’on a tendance à prendre des vues générales où on veut y mettre le plus d’informations possible. Le résultat donne souvent des photos où règne le plus grand fouillis, et où finalement, seuls les protagonistes s’y retrouvent, et encore …Ne vous est-il jamais arrivé de vous dire en regardant une photo à votre retour « Mais qu’est-ce que j’ai bien voulu prendre, là ?« . Moi si, et souvent ! Ensuite, quand on est en voyage, on est par définition loin de nos repères habituels, et surtout on ne connait pas forcément les codes culturels des habitants. D’où une certaine timidité ou pudeur qui nous empêche parfois « d’entrer » dans notre photo. Pour ma part, quand il s’agit de prendre des photos de personnes en situation, j’ai la hantise qu’elles puissent penser qu’elles sont des « bêtes de zoo ». Bon, c’est un truc qui se soigne, et je pense être sur la voie de la guérison, mais c’est long ! Les voyages où on se déplace beaucoup sont encore un autre problème. On sait que quand on est dans un endroit, c’est maintenant où jamais qu’il faut prendre la photo. Tant pis pour la lumière, la saison, les touristes, on doit prendre cette photo de paysage ou de monument, au moins pour le souvenir. Ah, le nombre de fois cet été où j’aurais voulu avoir plus de temps de revenir à un endroit à l’aube ou au crépuscule afin de profiter au mieux de ces splendides paysages, et d’arriver à capter la lumière qui les aurait sublimés dans mes photos ! Mais arrêtons là les regrets et voyons plutôt ce que je vous propose en guise de photos de voyage ! C’est vrai que j’ai fait une longue digression mais elle m’a permis aussi de vous expliquer ma démarche sur cette petite série. Voilà, je vous présente Shoshone, un village selon le code américain, dont le « centre » compte un motel, un saloon, une pompe à essence/épicerie et une poste. Tout le reste des habitations est éparpillé sur des dizaines de kilomètres dans le désert. Nous sommes arrivés ici un soir vers 20 heures et il devait encore faire près de 40 °. Je n’aime pas les clichés, mais l’Amérique étant ce qu’elle est, je vous promets que nous étions en pleine ambiance « Bagdad Café ». Cette donc cette image de coin du bout du monde, en dehors du temps que j’ai voulu vous transmettre ici. Cette sensation de chaleur, et surtout, surtout, de silence si particulier au désert, où le moindre mouvement d’insecte s’entend.

Alors branchez un petite chanson de Norah Jones, et laissez-vous porter !

Arrivée à Shoshone Arrivée à Shoshone le soir, avec l’immense espoir qu’il y aura une chambre dans l’unique motel à des dizaines de kilomètre à la ronde … shoshone J’ai beaucoup aimé cette soirée passée sur le patio de la chambre. A l’intérieur, la climatisation hors d’age faisait un bruit dantesque. J’ai préféré écouter les bruits de la nuit. L'arrière du motel Le lendemain matin, en attendant que le saloon ouvre pour le petit déjeuner, j’ai fait un peut tour. J’ai compris le problème de la climatisation en voyant l’arrière du motel. shoshone4 Un peu plus loin, se tenait un vieux camion de pompier, abandonné là. shoshone61 Le saloon a enfin ouvert ses portes. Au menu, oeufs, bacon, pommes de terre, toasts et … un café … américain Départ de Shoshone 8heures du matin. A nouveau une chaleur écrasante. Nous partons pour la vallée de la mort. Petit calcul en jetant un coup d’oeil sur l’essence et vérifiant qu’on avait assez d’eau : 72 x 1,8 = environ 130 kms

Laurence

Laurence

Côté rêvesJe dis souvent que je ne photographie pas ce que je vois, mais ce que je ressens. Grâce à la photographie, je peux modeler le réel et y imprimer mes sentiments en organisant les formes, les couleurs, les contrastes tels qu’ils me parviennent pour en faire émerger mon monde émotionnel. Côté pratique … Je gagne ma vie en vendant des photographies à des agences et à des collectionneurs, mais aussi en dispensant des cours de photographie dont vous pourrez trouver toutes les modalités dans la rubrique « Cours« . Plus apparentée à une « coacheuse photographique », j’aime pousser mes élèves à trouver leur propre chemin et leur style personnel.

6 Commentaires

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    Super tes photos ma Lolo, c’est un de mes films cultes je ressens la même ambiance. J’y suis!
    Des bisous
    Tata Jacqueline
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    TRUCHOT-COIFFET Agnès 23 septembre 2009 à 15 h 35 min
    Ben oui ! Bagdad café ! un beau moment !
    Malheureusement pas le temps de collaborer à tous les derniers envois .Tous intéressants et qui proposent de la réflexion sous formes multiples .Mais le rythme scolaire impose ses lois… Continuez à nous balader , c’est bien.

    Donc, bonne suite à tous .Ce sont de nouvelles têtes blondes qui font mon back ground ces mois ci .Je m’en vais les immerger trois jours dans le massif de Fontainebleau (23000ha ) et why not les perdre ? on verra après.

    Bises du joli automne qui démarre , à vous tous ;et à vous suivre dans les dédales des villes et autres inventions humaines.Agnès TC

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    les photos sont très sympa, on a l’impression de vielles images des années 60
    reste plus que le « vieux » guitariste de Blues
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    Ton titre est effectivement très bien choisi ! Il y a un peu plus de toits que dans Bagdad Café, mais je suis d’accord avec Jacqueline et Emeric : on s’y croit. A moins que tu n’ aies « traffiqué » tes photos pour nous donner cette ambiance années 60 : les couleurs un peu sépia, style vieilles cartes postales, non ?
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    Bien sûr que j’ai « traffiqué » mes photos !! En fait, je trafique toutes mes photos !!!! Et j’adore ça … Je trouve que c’est justement un des grands intérêts de la photographie !
    Car le traffiquage de photo a toujours eu lieu, y compris du temps des pellicules. Bien que je n’y connaisse pas grand chose, les photographes « argentique » commencent déjà par le choix du type de pellicule qui aura un rendu différent, et parfois très différent. Ensuite, de tout temps, ils ont utilisé des produits chimiques en fonction de ce qu’ils voulaient obtenir, ils ont également fait des incrustations de plusieurs photos, ils ont rayé, sali, torturé les négatifs en fonction de l’interprétation qu’ils voulaient donner la réalité. Avec le numérique, je fais exactement la même chose sauf qu’au lieu que ça se passe dans une chambre noire, je le fais sur mon ordi ! Et c’est véritablement ce qui m’a accroché dans la photo : enfin, j’ai la maîtrise du début à la fin de mon image ! Attention cependant, je ne retire ni n’ajoute rien de ce qui existait au moment de la prise de vue ! Je ne fais pas des images créées sur ordinateur, je les fais directement à partir de mon appareil photo et ensuite, je ne joue que sur les contrastes, les couleurs, les teintes et les textures (ça j’adore car ça donne tellement de relief à une photo, surtout en numérique où je trouve que les images manquent justement de profondeur, de matière. Très chirurgicales, quoi !)
    Et ça ne se fait pas qu’en photo ! Le réalisateur de Bagdad Café, et bien, il a fait pareil avec sa pellicule et ses éclairages. C’est clair que si on avait été sur le tournage du film, on n’aurait pas vu les mêmes couleurs ni les mêmes teintes « vraies ».
    Ici, je voulais vraiment vous faire partager une impression, une sensation, une ambiance que j’ai vraiment ressentie à Shoshone. Si je vous avais présenté des photos « fidèles » à la réalité, je ne pense pas que j’aurais réussi, car j’aurais simplement pris des photos d’illustration de livre de géo. Ce n’est pas ce que je cherche. Et au de là de l’aspect purement visuel, je crois qu’une sensation revêt aussi une part de réalité, non ?
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    Génial, ce que tu fais est génial tout simplement, heureusement que tu les retouche les photos, et c’est bien pour ça qu’on les aime toutes, et on se dit : « elle a l’oeil la laurence » et nous doutons pouvoir en faire autant. Et pourtant j’aime ça la photo et sans doutes certaines retouchées par ton talent deviendraient séduisantes ! je parle de talent et comme le dit jules renard :
    « Le talent, c’est une question de quantité. le talent, ce n’est pas d’écrire une page, c’est d’en écrire trois cents. »
    Merci Laurence de partager autant avec nous et ton talent n’est plus à prouver, la quantité s’en est chargée…

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