Il était une fois, une femme assise dans un train. Elle regardait dehors, par la fenêtre, mais c’était en elle que tout se passait. Il avait suffit d’un nom de gare pour que les images affluent. Le village de Camogli, cette placette, comment s’appelait-elle déjà ? Et ce doux sentiment d’être ensemble, simplement. Elle se souvenait de cet amour là bien qu’elle en ait vécu d’autres depuis lors. Mais celui-ci avait le gout particulier de la perte. Que s’était-il donc passé pour que cet homme parte, quel obstacle avaient-ils rencontré pour qu’il la laisse seule ? Et cette question lancinante … peut-on guérir d’une perte ?

 

Traces1 Traces2 Traces3 Traces4 Traces5 Traces6 Traces7 Traces8

 

 

Ce que je vous propose aujourd’hui, c’est ce qu’on appelle un portfolio. Peut-être vous souvenez-vous que j’ai très envie de travailler dans cette direction, non seulement parce que c’est ce qui est demandé aujourd’hui dans le milieu photographique, mais aussi (et surtout !) parce que c’est particulièrement intéressant et riche.

Alors quelle est la spécificité d’un portfolio et en quoi diffère-t-il d’une série ?

Tout d’abord les points communs avec une série :

Cohérence du thème
Cohérence visuelle : couleur ou n&b, contrastes, format, orientation, etc …

Ce qui est demandé en plus dans un portfolio :

Le portfolio doit développer une idée
L’odre des images a une grande importance. Celles-ci ne peuvent être interverties sous peine de transformer l’idée de départ

Maintenant, allons plus loin dans ce qu’on appelle « l’idée ». Il y a grosso modo 5 types de portfolio :

Idée documentaire : faire connaître ou découvrir l’aspect des choses
Idée narrativo-thématique : Raconter, faire connaître la complexité d’un événement, d’un lieu
Idée narrativo-artistique : Raconter, révéler, avec une réflexion esthétique et spirituelle
Idée créative : imaginer un autre monde avec la liberté artistique
Idée conceptuelle : Réfléchir à un concept avec des images

Vous l’aurez donc compris, le portfolio que je vous présente aujourd’hui est un portfolio de type narrativo-artistique. J’y ai ajouté un petit texte introductif, juste pour aider les lecteurs à suivre mon cheminement. Normalement, il n’est pas indispensable, mais à moins d’être un lecteur expert, il aurait fallu que vous preniez beaucoup de temps pour entrer dans mon monde et suivre le fil de ma pensée.

J’ai pris ces photos durant la même journée. Mais les images de ce portfolio auraient pu être prises à des moments et des lieux très différents. L’important, vous l’aurez compris, est la cohérence finale de l’aspect et de l’idée. Je ne peux absolument pas dire que j’avais déjà cette « histoire » en tête. Par contre, je m’entends encore dire à Spiruline (oui, oui, elle était là, avec Caro !) qui m’interrogeait sur le pourquoi de ces images disparates, que je me faisais une sorte de collection de photos dans le même esprit. Et ce n’est que le soir alors que nous rentrions en train et que j’ai vu cette femme plongée dans ses rêveries que mon histoire s’est mise en place. Ainsi, chronologiquement, la première photo de ce portfolio est la dernière que j’ai prise mais c’est elle qui m’a permis de raconter une histoire cohérente. Sans elle, cette « collection » serait encore peut-être sous sa forme primitive ! Décidément, le processus créatif est mystérieux et irrationnel …

Voilà, pour finir, j’ai eu envie d’accompagner la lecture de ce portfolio (comme souvent !) d’une musique que je trouve particulièrement bien adaptée à cette histoire. Ni triste, ni nostalgique mais cependant douce et assez rythmée pour laisser un sentiment positif.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . .

 PS de dernière minute … Le week-end dernier, j’ai eu la chance de rencontrer un lecteur incroyable, Silvano Biccochi, directeur du département culturel de la fédération italienne des associations photographiques. J’ai vu cet homme à l’oeuvre et réussir à lire et à pénétrer des univers radicalement différents et pourtant à chaque fois avec une justesse qui m’ont laissée sans voix. Quelle curiosité du langage photographique !!

Second PS de dernière minute : j’avais à l’époque écrit un article relativement complet sur le portfolio suite à un workshop auquel j’avais participé. Si vous souhaitez approfondir le sujet, c’est donc ici : http://www.photofolle.net/le-portfolio/

NEWSLETTER
Je souhaite recevoir une notification mail lors de la parution d'un article et je sais que peux me désabonner à tout moment.

37 pensées sur “AMOUR PERDU

  1. Eh eh (bis 😉 ) Tu imagines bien ma chère Laurence, à quel point cette série m’interpelle. J’y étais, nous avons pris quasiment les mêmes photos mais quelles différences au final. Tu ne m’en voudras pas de citer un exemple, tu as pris ta 6ème photo au même endroit que moi celle-ci (http://regardevoir.blogspot.ch/2013/04/here-comes-sun.html) à quelques minutes près. Expression photographique, sensibilité, univers, tout est différent. Certains imaginent que la photo n’est que la transcription de la réalité, mais de quelle réalité parle-t-on? La tienne, la mienne, tout n’est qu’interprétation. Et c’est cela qui me fait aimer passionnément la photo, cette richesse qui nous ouvre la porte à une multitude de mondes différents.Ton article est passionant et l’histoire que tu nous contes en images me file des frissons. Nous avons tous à un moment ou l’autre de notre vie connu des amours contrairées. Jusqu’à la musique que tu as choisie qui rythme notre lecture à la manière du roulement saccadé d’un train. Bravo l’artiste!

  2. Comme je suis « assez » sensible avec l’idée de perte (à partir du moment où la vie nous est donnée, nous n’apprenons que ça, finalement) j’ai été très touché par le port folio l’ambiance, les images, le ton et tout et tout…. Evidemment.

  3. Merci Laurence pour cette explication sur le principe du portfolio en photographie.
    J’aime bien cette idée d’avoir comme une sorte de « story-board » sur une série de photos. Et puis, encore une fois, le choix musical est très bon: on entend le bruit lancinant du train et cette voix féminine qui (se) raconte…
    Bravo Laurence! 🙂

  4. Un seul mot : merci.

    J’ai pris une sacrée claque en consultant ton billet !
    Je m’explique : ca fait quelques temps que la disparité de mon travail photographique commence à me « fatiguer » ; j’ai besoin de plus de cohérence, voire de consistance comme tu le dis si bien. Mais malgré tout j’ai également besoin de variété, de ne pas me bloquer sur un thème ou un sujet bien défini et « permanent ».

    C’est pourquoi la nation de portfolio que tu présentes m’interpelle, me séduit (voire m’a déjà conquis ) !
    1 portoflio est en fait une histoire (pour la cohérence), elle a un début et une fin bien définie (pour pouvoir passer à autre chose).

    Je crois que je vais tenter de me lancer dans cet exercice, bon avec moins de talent que toi, mais faut bien essayer 😉
    Oui, du talent, absolument ! Cette suite de photos est merveilleuse de tact et de finesse : les compositions, les rendus vaguement ou franchement flous, bref tout nous ramène dans la dimension du souvenir et du passé.
    J’aime, c’est beau, et ca peut se passer du texte effectivement, je trouve qu’elles fonctionnent très bien toutes seules avec le titre !
    « Marrant » également le commentaire de spiruline qui vient éclairer d’une manière un peu différente les circonstances de prise de vue !

  5. C’est vrai qu’un portfolio comme apporte un plus par rapport à une série dite classique.

    J’ai apprécié le texte d’intro qui comme tu le dis nous aide beaucoup dans la lecture. Pareil pour ce qui est de tes explications: je me demandais justement si tu avais l’histoire avant de faire les photos.

    Je me suis souvent demandé si ajouter des éléments (une idée, une interprétation…) après la prises de vue était « tricher » je me rend compte que non.

    Merci Laurence pour ce beau récit, ces belles photos, cette belle histoire et ces astuces ! Et merci également à Spiruline pour son exemple de photo, c’est également très intéressant de voir cette différence d’interprétation !

  6. Bonjour !

    Ah, je suis ravie que cet article apporte de l’eau à vos moulins 🙂

    Spiruline, je suis entièrement d’accord avec toi et tu as très bien fait de citer ton exemple ! Ca me permet d’ajouter une chose. Nous avons bien une photo commune et quasi-identique (sauf que sur les miennes, j’ai choisi un homme au moment de la prise de vue. Ceci à part, ce fort contre-jour dans cette minuscule ruelle qui débouchait sur la mer, un cadrage vertical et une composition centrée sont autant de points très très très communs). Mais, mais , mais, ce n’est pas celle-ci que j’ai choisie de montrer. Je crois que c’est un élément essentiel qui va au delà de l’acte photographique : à partir du moment où on choisi de montrer ses images, où on les sélectionne, je crois que c’est aussi ici que s’opère cette diversité d’interprétation et de sensibilité. Et puis il y a le titre qu’on va lui donner et qui va influencer la lecture de l’image. Toi, tu as choisi « here comes the sun ». Pour ma part, je n’y aurais absolument pas pensé ! Lorsque j’ai pris la photo, j’ai immédiatement eu en tête un truc du genre « les portes du paradis ». Alors comme tu le dis très bien, la photographie « réalité » me fait doucement rigoler 🙂

    Cette réflexion me permet également de te répondre Thomas et notamment à propos de la « tricherie ». Je suis intimement convaincue que la photographie, comme toutes les autres formes d’art ne triche pas quant à son rapport avec la réalité (sauf bien évidemment s’il y a volonté de la part de l’auteur de mentir, mais c’est un autre sujet et un autre débat). Encore une fois, elle n’est que la retranscription de la perception d’une personne. Ainsi, dans le cadre d’un portfolio, l’auteur est parfaitement libre de faire comme il l’entend pour développer son idée, et il a parfaitement le droit d’utiliser tous les moyens à sa disposition. Pourquoi n’en serait-il pas ainsi ? Je reviens souvent sur cette phrase que j’ai entendue d’un très fameux photographe italien (Gianin Berengo Gardin) qui dit qu’un photographe doit tout simplement être disponible. Et c’est exactement cela ! Cela sous-entend donc que le photographe ne doit jamais être enfermé dans une idée et qu’au contraire, il doit toujours être ouvert. Un photographe est un opportuniste !

    Et bien Seb, c’est effectivement une excellente manière d’à la fois concentrer et diversifier son travail. Tu as tout à fait compris ce qu’était un portfolio ! J’aimerais cependant ajouter que cette notion de portfolio énoncée de cette manière est assez récente (un peu plus d’une dizaine, voire une quinzaine d’années). Avant, c’était effectivement la notion de série qui prévalait, quand ce n’était pas la photo singulière qui devait tout contenir !. Mais je crois que la photographie veut gagner ses lettres de noblesse dans l’expression artistique, et à l’instar de l’art contemporain, elle tend à être de plus en plus sophistiquée. Il faut dire aussi que la production photographique est tellement dense que les photographes eux-même ont tendance à aller dans ce sens .

    Il faut aussi que je précise que ce flou dont tu parles est obtenu grâce à mon filtre de dernière génération et dont je vous parlais dans mes variations romantiques (http://www.photofolle.net/variations-romantiques/ ). Ces derniers temps il ne me quitte plus et il se peut que je vous propose pas mal de photos réalisées grâce à lui 🙂

    Céline, on peut effectivement interpréter la notion de portfolio comme une sorte de « story board ». Cela me fait penser que j’ai oublié de vous citer une autre contrainte du portfolio (et qui pourtant n’est pas des moindres !) : il ne faut pas de répétitions dans les images, à moins que cela ne soit nécessaire et justifié. Et je vous promets qu’en soi c’est un excellent exercice d’éditing : éliminer le superflu, faire des choix, aller à l’essentiel, surprendre et interroger à chaque image.

    Chri, nous sommes donc dans le même bateau 🙂 Merci de ta sensibilité !

  7. Très belle série qui fait réflechir effecivement à la construction d’une histoire. La distorsion (l’absence de netteté ou la présne ce de flou, c’est selon) est un élèment capital. Il laisse plus de liberté d’interprétation.

    Bravissima!!

    1. Merci mon découvreur pour ton petit mot du bout du monde 🙂

  8. Superbe ! J’admire ta propension, comme Anne-Laure, à vous détacher du technique pour exploiter à fond votre créativité. A chaque fois, le résultat est surprenant mais ô combien plaisant. C’est pour ça que je vous suis toutes les deux.
    Cette idée de port-folio me suit depuis un moment également, mais je ne me sens pas assez mûre encore pour la mettre en place. Chaque chose en son temps comme on dit. 🙂
    Quoiqu’il en soit, merci de ce partage et de ces explications 😉

  9. Bonsoir Laurence,
    Tout comme VIXI, ton histoire nous plonge immédiatement dans une atmosphère particulière (sans raconter la même histoire, c’est un peu la même atmosphère d’ailleurs à cause des flous peut-être mais également la manière d’assembler les images), c’est vraiment très agréable à regarder, à écouter … et surtout, (et c’est bien cela le plus important), ces ont des ambiances qui « transportent ».
    Un grand merci pour ta générosité = ce lieu de partage de belles images, d’infos toujours aussi pertinentes, c’ est un vrai plaisir de s’y retrouver à chaque fois 🙂

  10. Quelle belle ambiance, j’adore ! Et l’article est très intéressant !

  11. J’ai lu ton article avec intérêt. ton cheminement photographique où l’esprit créatif est sans cesse présent…ce qui me plait bien sur.

  12. Merci Laurence pour tes explications.

    J’aimerai avoir ton point de vue sur cette remarque:

    J’ai le sentiment que ce mode de portfolio, en prenant des photos à différents moments mais dans le même thème, avec différents sujets, est plus simple à réaliser avec ce/ton style de photo: flou artistique et filtre particulier, notamment avec le grain.

    Si les photos sont plus classiques (peut être moins artistiques), ce serai plus dur. Les sujets (humains) seraient plus reconnaissables.

    En tout cas c’est un exercice qui à l’air difficile mais très enrichissant. Je garde ça dans un coin de ma tête 🙂

  13. Bonjour à vous !

    Thomas : Je crains de ne pas trop comprendre ta question … Ce qui compte avant tout dans un portfolio, c’est l’idée qu’il va défendre. Après, la méthode pour la développer, c’est à chacun de voir avec son propre style. Prenons l’exemple d’un portfolio conceptuel sur « le temps qui passe ». Je peux parfaitement prendre en photo le même arbre, de manière tout à fait réaliste à des saisons différentes (je ne te conseille pas d’appliquer cet exemple si tu souhaites être original, ça a été déjà vu des milliers de fois !). Tu peux aussi décider de réaliser un portfolio sur l’activité qu’il y a autour de cet arbre (portfolio documentaire ou narratif). Tu peux décider d’en faire des images abstraites (portfolio créatif) etc … Après, le rendu, le style, ils te sont propres et c’est à toi de décider de la manière dont tu vas développer le thème. Mais de toutes façons, comme le souligne « la première Marie », c’est un exercice assez ardu, quel que soit le sujet et la manière de le traiter et demande un gros travail de réflexion avant, pendant et après, car ce qui compte avant tout, c’est de savoir ce que tu veux dire.
    En ce qui concerne le portfolio que je vous ai présenté ici, c’est vrai que je n’avais pas les idées très claires au moment de la prise de vue, mais j’avais cependant une intuition forte du type de sentiment que j’avais envie de transmettre. Le processus créatif n’est pas linéaire et je pense que c’est tout un assemblage d’idées, de circonstances, d’opportunités qui donnent au final un travail cohérent. Il n’y a donc pas de démarche plus facile ou difficile qu’une autre, encore une fois, ce qui compte, c’est ce que tu as à dire.

    D’ailleurs la « seconde Marie » a tout de suite repéré la similitude entre « Amour perdu » et VIXI » : ce sont 2 univers assez indéfinis (l’un joue sur le flou de mouvement, l’autre sur le flou du « filtre » et surtout ils ont pour même thème la perte de quelqu’un. Par contre, la manière d’avoir construit ces 2 portfolio est très différente. Autant pour « Amour perdu » je n’avais qu’une intuition, autant pour VIXI j’avais très précisément visualisé avant ce que je voulais faire et communiquer. Et pourtant, les circonstances de prise de vue étaient exactement le mêmes, c’est à dire restreintes dans le temps.

    En tout cas, je suis absolument ravie que vous ayez du plaisir à visiter ces pages. Nos échanges sont toujours riches de part et d’autre et sachez que j’éprouve moi aussi une immense joie à vous lire !

    1. Merci pour ces précisions !

      Justement, j’ai deux photos des même arbres avec le même cadrage pour deux saisons différentes, et je compte faire les deux photo manquantes 😉

      Je comprend bien que ce n’est pas original, mais bon, ça me fait plaisir ^^

      J’adore les coincidences comme ça 🙂

  14. Bon sang de bois !
    Voilà qui répond parfaitement à la question que je te posais l’autre jour (sans la poser) dans un récent post où tu évoquais ta réflexion en cours sur le portfolio.
    Qui plus est, l’exemple que tu nous proposes en musique illustre avec brio la définition plus théorique que tu nous donnes ensuite du portfolio. Chapeau.
    Le portfolio : une notion à vraie dire floue pour moi, et que tu viens éclairer de façon magistrale. C’est bête, mais je n’ai pas en tête de définition particulière pour ce terme, plutôt utilisé comme fourretout même. Derrière j’y mets un peu les images que je considère parmi les plus abouties, plus ou moins bien rangées suivant une thématique arrêtée (tout de même). Mais je sens bien que le résultat manque toujours de cohérence et de finesse.
    Et ta synthèse tombe d’autant plus à pic que je remâche depuis plusieurs semaines la refonte de ma galerie (encore appelée ‘portfolio’, mais maintenant je n’ose plus …) Du coup, je m’aperçois que ma production s’organiserait mieux en séries et éventuellement en quelques portfolios.
    Montrer moins pour dire plus.
    En tout cas un grand merci à toi pour ce partage de connaissances, d’idées et de ton approche photographique que tu distilles régulièrement sur ce site.

  15. Coucou Laurence, je reviens lire tous ces échanges fort intéressants sur un sujet qui, comme pour Ronan, restait jusqu’à présent encore assez flou pour moi. Je constate que toutes les photos que tu présentes ici sont au format carré. L’unité de format est-elle importante dans la constitution d’un portfolio?

    1. Absolument ! Mais je crois l’avoir indiqué dans ma liste des points communs avec une série 🙂 Ceci dit, il est malgré tout possible de mettre des photos avec différentes orientations dans un portfolio SI C’EST JUSTIFIÉ ET COHÉRENT. Par exemple, on peut tout à fait imaginer de mettre une photo verticale toutes les 3 photos horizontales, ou 2 photos verticales et 2 horizontales, etc … afin de créer une sorte de rythme. En fait, il faut réussir à montrer que l’oeuvre dans son ensemble a été pensée comme un tout et non pas en éléments séparés. Chaque élément doit venir compléter l’autre … Je suis d’accord, c’est compliqué. Mais quand tu as affaire avec de beaux portfolios, mmmm, c’est un vrai plaisir !

  16. Bonjour Laurence,
    Que dire de cette série (portfolio, excuse-moi) si ce n’est qu’elle me fait voyager à la manière d’un très bon roman. Peut-être que ton texte d’introduction était nécessaire, peut-être pas … Les photos parlent d’elles-mêmes et ce que j’apprécie surtout, c’est cette ambiance incroyable … J’adore ! (je viens d’acheter du sopalin, je vais faire des essais 😉 ). J’ai vraiment un gros coup de coeur pour la deuxième image, ses couleurs, sa construction … mais elles me parlent toutes. J’ai tout de suite reconnu l’image que Spiruline a posté également avant même de lire les échanges. C’est marrant de voir la différence de traitement.
    Pour finir (car j’ai été bavarde), je suis très étonnée de la définition du port-folio, c’est une vraie découverte pour moi. J’imaginais plus quelque-chose de simplement « représentatif » de l’univers du photographe, en plusieurs séries si les thèmes sont variés mais sans fil conducteur à proprement parler.
    Bonne journée

  17. Bon je crois que presque tout a été dit ! Ce portfolio est extra, les explications claires comme de l’eau de roche, et l’émotion ressentie en le parcourant et m’y attardant est immense… Merci pour ce bel article !

  18. Bonjour Laurence,
    J’aime beaucoup cette histoire visuelle (je n’ai lu le texte qu’après, et pour moi, tes photos se suffisent). Et l’exercice est très intéressant. Il pose la question de l’existence d’une photo en soi: une photo peut-elle n’exister QUE par rapport à d’autres? Ce sont des questions que l’on se pose aussi dès que l’on doit faire un diaporama, où les contraintes sont proches: succession d’images, cohérence, ordre des images…
    C’est drôle: ce que tu appelles port-folio, c’est ce que je vois désigné sous le nom de « série » (dans les concours en photo nature, par exemple). Et décrocher un « port-folio » dans la presse photo, cela signifie présenter un recueil plus ou moins thématique et exhaustif de son travail, mais la plupart du temps, non ordonné: vive ces mots qui se plient à la volonté de ceux qui les définissent ;-). Et l’important, c’est qu’ils nous aident à avancer.
    Bon dimanche!

  19. Je ne savais pas exactement ce qui se cachait derrière le mot portfolio. Me voilà informé désormais. Quant aux photos, elles me parlent comme toujours.

  20. Bonjour Véro, Marine, Cathy B et Stéphane !

    Il faut que je précise quelques petites choses (ou re-précise). La notion de portfolio telle que je la présente ici est assez récente comme je l’ai dit à Seb dans mon premier commentaire. Jusqu’à il y a peu, moi aussi je pensais qu’un portfolio était la représentation globale des différents travaux. Cette définition, Cathy B, ce n’est pas moi qui la donne et ce n’est en aucun cas ma vision personnelle. Ca serait bien vaniteux de ma part … Non, cette définition du portfolio est tout à fait officielle, en tout cas ici, en Italie, et je ne fait que vous rendre compte de ce que j’ai appris au cours de 3 différents workshop auxquels j’ai participé sur la construction d’un portfolio. Je commence donc à savoir de quoi je parle 🙂

    Le portfolio dont tu parles en ce qui concerne la presse serait plutôt ce qu’on appelle un « book » (oui je sais, on a interdit un anglicisme pour le substituer à un italianisme).
    J’insiste sur la différence entre série et portfolio : le portfolio défend, développe une idée, quelle qu’elle soit (concrète, abstraite, documentaire, etc …). Une série, non. Dans une série, on se « contente » d’une succession d’images sans qu’une idée en émerge nécessairement. Cathy, on parle de LECTURE de portfolio et ce n’est pas par hasard il me semble ! Si tu vas dans n’importe quel festival photo de bon niveau, il y a des séances de lecture et ceux-ci ne s’appellent pas « visionnage ». Dernièrement, je discutais avec un ami photographe qui est allé l’année dernière aux rencontres d’Arles et il me disais qu’il avait présenté un portfolio ET une série. Dès lors que ce terme de lecture est utilisé, c’est bien pour indiquer qu’on va suivre le fil d’une pensée, d’un témoignage, etc … Par contre, tu as tout à fait raison d’assimiler le concept de portfolio à celui du diaporama car le principe en est extrêmement proche.

    Je crois que le portfolio ne remet pas du tout en cause la validité d’une photo en soi. Si c’est une bonne photo, elle peut tout à fait être présentée toute seule, il ne manquerait plus ça ! Mais ce qui fait l’intérêt du portfolio c’est que cette image, bonne en soi, peut gagner un supplément juste par sa complémentarité avec ses voisines. Dans l’exemple du portfolio que je vous ai proposé ici, j’aurais très bien pu aussi vous présenter seulement une photo, une seule, la première par exemple. En soi, c’est déjà une image qui nous transporte dans un univers et elle pourrait tout à fait vivre de manière autonome. Mais le fait de l’avoir insérée dans ce portfolio lui donne un supplément d’âme il me semble. Elle devient un protagoniste dans une histoire, elle prend un sens par le simple fait de son interaction avec les autres.

    Je vous souhaite un très bon dimanche et encore une fois, merci pour ces échanges fabuleusement riches et constructifs !

  21. Bonsoir Laurence!
    Je prends enfin le temps de lire cet article passionnant! C’est drôle, la première fois que j’ai vu tes images, je me suis dit « tiens! J’ai les mêmes (ou presque!) » 🙂
    C’est intéressant de voir ce que tu en as fait, comment tu les a assemblées pour raconter ton histoire, tu nous plonges dans ton univers… et ça j’adore!
    J’aimerai beaucoup approfondir cette question du portfolio avec toi, peut-être lors de nos prochains échanges ?? Pour ma part je suis en plein travail sur mes images de ce fabuleux week-end justement, et j’ai quelques bonnes surprises, je suis ravie :).
    A très vite!

    1. Je suis très curieuse Caro et je suis surtout ravie que ce week-end fort studieux t’ai été profitable ! Et bien entendu on peut développer cette idée de portfolio ensemble 🙂

  22. A beautiful collection of images that blend so well together

  23. Port folio ou série, c’est admirables c es images. J’ai un très gros faible pour deux en particulier. la 1ère et l’autre je te dis pas.
    bonne journée

  24. J’en apprend beaucoup, car même si je connaissais le terme de Portfolio, je dois bien avouer que j’aurai été incapable de le définir, c’était un peu vague pour moi. Je comprend un peu mieux, même si dans l’absolu je ne sais pas si j’arriverai toujours à faire la différence entre une série et un portfolio.
    Les photos que tu nous présentes ici, l’ensemble est vraiment beau. Je pense que chacun de nous peut s’y retrouver, que ce soit en amour ou en amitié. Je suis bluffée des resultats obtenus avec ton « filtre maison ». J’ai cru à de l’ajout de grain en post traitement. J’avoue avoir tenté l’experience, mais c’était pas vraiment concluant. Il faudra que j’essaie à nouveau.

  25. Bonjour Shooter Dominique et Lucie,

    Merci de tout coeur pour votre passage !

    Shooter, je ne sais pas si tu t’es donné la peine de lire tout le texte et les commentaires en français, ce qui a dû être ardu. Si ce n’est pas le cas, je suis tout simplement ravie ! Me dire que ces images vont si bien ensemble comme ça, intuitivement, c’est que j’ai réussi mon portfolio !!!

    Dominique, c’est très frustrant !! Comment veux-tu passer une bonne journée ??? 😉

    Lucie, je crois que quand tu vois un bon portfolio, tu sens tout de suite la différence avec une série. Tu remarques le « fil rouge » qui te permet de passer d’une photo à une autre de manière harmonieuse et au final, simplement 🙂

  26. une série réussie, pleine de superbes atmosphères. J’aime !

  27. Aaah la puissance des vaincus, un sillage de mélancolie et se retire la vague sur la photo laissant une brume du passé.
    Un parfum de Lelouche me vient en rêvassant devant ton travail.
    Ciao Laurence .

  28. ce qui est formidable, c’est qu’en plus de la beauté de ces images, toutes ces discussions autour de ce qu’est un portfolio font leur chemin en moi…

  29. Merci pour ce portfolio poétique!

  30. […] AMOUR PERDU | photofolle.net Ah là là, Laurence ! Comment je fais moi avec ce billet ? Pour les yeux ou pour le cerveau ? C’est pour les 2… Alors ca sera à double A toi lecteur plus ou moins de passage, si je n’avais qu’un seul article photo à linker, je crois que ce serait celui-là… Tu sauras pourquoi quand tu l’auras lu / vu, na […]

  31. Merci pour tes explications vraiment intéressantes.. et tes sublimes photos..

  32. Ces photos incitent au rêve. A la réflexion aussi. Superbe.

  33. […] AMOUR PERDU | photofolle.net Ah là là, Laurence ! Comment je fais moi avec ce billet ? Pour les yeux ou pour le cerveau ? C’est pour les 2… Alors ca sera à double A toi lecteur plus ou moins de passage, si je n’avais qu’un seul article photo à linker, je crois que ce serait celui-là… Tu sauras pourquoi quand tu l’auras lu / vu, na […]

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.