Dans mon post précédent, je partageais avec vous les confettis de la sortie des classes. Je tiens à préciser que ce n’est pas vraiment une tradition, chaque classe/école obéissant à ses propres spontanéités, appelons-les ainsi, l’important étant d’exprimer l’émotion de la dernière journée d’école de l’année !
A l’inverse, aujourd’hui je vous convie à une fête d’anniversaire 100% italienne ! Pour la première fois depuis 7 ans j’ai accepté de jouer le jeu pour ma petite dernière, Inès qui a fêté ses 11 ans en compagnie de 2 autres camarades.
Je vous explique. En Italie, on invite toute la classe, les frères, les soeurs, les mamans, les papas, les grands-parents, les cousins, les cousines et … bref, tous ceux qui peuvent venir. Vous comprenez ainsi pourquoi j’ai toujours souhaité maintenir une certaine distance avec cette tradition … Mais là, je me suis laissée convaincre car nous étions à 3 mamans pour l’organisation, donc …
… donc, nous avons récupéré toute la classe à la sortie de l’école à midi (eh oui, il n’y a l’école que le matin) et en avant toutes dans la joie, la bonne humeur et l’euphorie de 25 gamins vers le lieu des festivités. Nous avions décidé de faire notre réception sur une placette de la vieille ville, à côté de là où habite une des compagnes d’anniversaire d’Inès : piazza del Carmine. Là, nous avions dressé un buffet (le café de la place nous avait prêté des tables !) avec pizzette, focaccia, panini, patatine, de quoi nourrir un régiment vu qu’on ne savait pas vraiment combien de personnes il y aurait ! Chacune de nous avions fait des gâteaux et pour moi la pression était très grande car on attendait de pied ferme mes gâteaux à la française !
Comment vous décrire l’ambiance tout droit sortie d’un film ? Tout d’abord le soleil (qui avait enfin daigné nous donner un peu de chaleur !), les ruelles aux noms évocateurs tels « vicolo del cioccolato, vicolo della vaniglia, vicolo della fragola (ruelle du chocolat, de la vanille, de la fraise , …) salita di carbonara. Le linge qui sèche aux fenêtres, les persiennes entrebâillées, les clients aux terrasses des cafés, les enfants qui jouent, les vieux qui regardent la partie de foot. Et puis bien sûr les cloches de l’église (il y a toujours une église où que l’on se tourne en Italie !), le curé qui passe, l’ouvrier en bâtiment, le marché communal (fermé ce jour là pour le repos hebdomadaire !) … Bref, vous l’aurez compris, au final je me suis régalée.
Et voulez-vous que je vous dise ce qui m’a le plus étonné ? J’ai réalisé que cette fête s’est déroulée sur une place complètement publique, dans une ville qui compte quand même 750 000 habitants ! Je crois que c’est cette capacité à investir et à s’approprier l’espace public qui rend l’Italie si vivante et généreuse en ambiances. « Nos » enfants ont occupé énormément d’espace cet après-midi là, avec leurs jeux, leurs cris, mais à aucun moment je n’ai vu que ça dérangeait qui que ce soit (notamment les clients du restaurant qui de toutes façons parlaient fort eux aussi !), certains avaient amené des jeux, d’autres leur guitare, le ballon de foot bien entendu. Bref, cette après-midi là, la dolce vita a fonctionné à plein régime !
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Vicolo del cioccolato, l’église de la piazza del Carmine et vers la salita Carbonara
La boulangère vient de nous livrer les pizzette et la focaccia
Les filles jouent à la corde à sauter devant un « joli coeur »
Une table du restaurant est réquisitionnée pour le jeu de cartes tandis que d’autres jouent aux contorsionnistes
Conciliabule entre filles. Dommage, la boulangerie était fermée à cette heure-ci …
Partie de foot sur la place, mais ça ne dérange pas les ouvriers qui passent
Le viel imprimeur s’est confortablement installé sur sa chaise à l’ombre de la jeune vigne, et en attendant le client, il y va de ses commentaires sur la manière de jouer des garçons !
Et pour finir, quand même un portrait d’Inès avec sa super cop’s Elena !
Un dernier petit mot concernant la musique. Je ne pouvais pas manquer d’illustrer ce billet avec le chanteur Fabrizio de Andrè, aussi connu en Italie que le sont Jacques Brel ou Georges Brassens. Mort aujourd’hui, Fabrizio de Andrè est un génois pure souche qui a mis en parole la vie génoise. Ici, je vous ai proposé de découvrir l’une de ses chansons qui s’intitule la « città vecchia », censurée à un moment pour son côté contestataire.
PS : un clic pour agrandir les plus petites images est recommandé !















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