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Au troisième pôle

Je lance mes road-trips au Tibet !

Toit du monde, plateau du Tibet ou encore … troisième pôle. C’est ainsi qu’on nomme cette région de Chine dont je suis littéralement tombée sous le charme !

À tel point que j’ai passionnément envie de la faire découvrir à d’autres ! Alors comme je l’ai beaucoup parcourue ces dernières années et que je finis par bien la connaître, c’est décidé, je me lance dans l’accompagnement de groupes de photographes !

C’est ainsi que j’ai organisé un premier voyage test le mois dernier avec deux photographes, ce qui m’a permis de valider l’un des parcours, l’accompagnement, les hôtels, ce qui est possible de faire ou non, le budget, … Et surtout, l’esprit que je veux lui donner !

Je vous raconte mes réflexions …

La saison du printemps

Je connais la région en hiver et en été mais je n’avais jamais eu l’occasion de la découvrir au printemps ! Et je me suis rendue compte qu’en Mai, même dans la seconde moitié du mois, ça ressemble bigrement à nos hivers. Certes il n’y a plus de neige dans les fonds de vallée, mais les sommets sont encore bien recouverts et surtout, il peut recommencer à neiger à n’importe quel moment ! Et côté températures, même si ce n’est pas glacial, on peut connaître toutes les saisons en une seule journée.

Je m’attendais donc à des paysages plus verts, tout du moins dans les vallées, à l’émergence des fleurs, à voir beaucoup d’animaux sortir de leur hibernation. Mais c’est un tout autre paysage qui s’est offert à nous, plus mélancolique, plus chaotique et cependant d’une beauté intacte ! Personnellement, j’ai adoré les pentes d’herbe dorée ponctuées d’arbustes bruns, le ciel tourmenté, la neige effleurant à peine les montagnes et s’étalant en dégradé. Les rivières parfois encore gelées, fondant sous un soleil voilé. J’étais en pleine poésie romantique !

Ainsi, même si ça a été une surprise inattendue, j’ai décidé de valider le mois de mai comme période de départ car pour ceux qui veulent des photos loin des clichés habituels de vertes prairies – certes plus habituels mais néanmoins magnifiques ! -, cette époque est tout simplement parfaite !

Le parcours

Dès le début, j’ai souhaité me concentrer sur la découverte du Qinghai, une région du plateau tibétain, au nord de la Province autonome du Tibet (R.A.T). Pourquoi ? Car ici, pas un touriste ne vient, ni chinois, ni occidental ! Le Qinghai est une région 100% tibétaine restée sauvage et à l’écart de tout. Selon moi, c’est ici que la magie opère véritablement car le Qinghai est resté purement authentique.

Pour 14 jours de road-trip, j’avais donc prévu un itinéraire de 1200 km, ce qui pour la région n’est pas grand chose compte-tenu de l’immensité du territoire.

Le rendez-vous était fixé à Xining, la capitale du Qinghai, puis nous avons pris un avion pour Yushu. Le parcours s’est achevé à Maqên où nous avons repris un avion pour Xining.

À chaque étape, il était prévu de s’arrêter 2 jours pour pouvoir explorer les environs. Ce n’était pas de trop ! En effet, entre les arrêts incessants pour photographier les paysages à couper le souffle que nous traversions, les rencontres avec les nomades ou les propriétaires de petites épiceries qui parsèment la route et qui nous ont systématiquement invités à boire un thé tibétain, nos journées ont été largement remplies ! Mais en ce qui concerne les rencontres, j’y reviendrai plus loin …

Tsengon, un conducteur remarquable !

Même si en cette saison les routes principales étaient tout à fait praticables, notre chauffeur s’est révélé être un conducteur hors pair dès lors qu’il a fallu emprunter des pistes – nombreuses ! Je connais Tsengon depuis plusieurs années et c’est un garçon en qui j’ai toute confiance. C’est un jeune tibétain de 24 ans qui la plupart du temps est berger, et qui donc connait son environnement comme sa poche. Mais je n’avais jamais voyagé avec lui sur d’aussi longues distances et je voulais pourvoir valider – ou non – si je pouvais m’appuyer sur lui pour d’autres voyages. Et bien c’est fait ! En prime, c’est un garçon toujours de bonne humeur, gai, avenant, ouvert ! Que demander de plus ?

Les incursions dans les réserves naturelles de Kekexili et de La Source des Trois Rivières

Le Qinghai est le lieu de ces 2 réserves naturelles majeures en Chine et je tenais absolument y faire des incursions. Et quand je dis qu’elles sont majeures, je ne plaisante pas ! À lui seul, Kekexili couvre 45 000 km², soit neuf fois la superficie du parc national du Grand Canyon aux Etats-Unis. Et ce n’est rien à côté de l’immense Parc national de la Source des Trois Rivières (Sanjiangyuan), qui s’étend sur 316 000 km², soit plus que la taille de l’Italie.

Étonnamment, en faisant des recherches sur le web, je me suis aperçue que ces réserves ne sont jamais répertoriées dans les listes des sites internet, y compris chez Wikipedia ! Il faut effectuer des recherches directes par nom pour obtenir des informations. Quand je vous dit que le Qinghai est en dehors de nos radars occidentaux 😉

Les animaux

Je disais précédemment que je m’attendais à voir beaucoup plus d’animaux sauvages à cette époque de l’année. Mais j’étais en avance d’un mois …

Ceci dit, nous n’en avons pas été privés, loin de là ! Ânes sauvages (les Kiangs), Yacks sauvages, Gazelles tibétaines, loups, lynxes et les premières Grues à cou noir qui migrent dans les zones humides du plateau. Tous ces animaux sont endémiques et on ne les trouve nulle part ailleurs sur la planète ! Mais à la différence des safaris, ici il faut observer minutieusement les étendues car aucun ranger ne nous accompagne car il n’y en a tout simplement pas, aucun animal n’est géolocalisé par puce, et les débusquer ne se fait que grâce à soi-même !

PS : Certaines photos ci-dessous ont été prises par Tsengon, notamment celle du yak sauvage et une des ânes

C’est pourquoi, contrairement à mon idée initiale d’organiser des voyages centrés sur la photographie animalière, j’ai finalement choisi d’intégrer cette pratique dans le cadre plus large du road-trip, sans en faire l’objectif principal. À moins, bien sûr, que des photographes « à l’ancienne » – de véritables pisteurs, conscients qu’il n’y aura aucune garantie de résultat – souhaitent relever le défi de ces immensités. Ici, les espaces sont trop vastes, parfois rudes et imprévisibles, pour s’y aventurer sans l’appui d’un spécialiste. Peut-être qu’un jour, si je parviens à collaborer avec quelqu’un qui connaît parfaitement la faune d’un secteur précis, je pourrai envisager un voyage dédié (et pourquoi pas partir sur les traces de la légendaire panthère des neiges*…).

*Le film « La panthère des neiges » avec Vincent Munier a été tourné dans cette région !

Les rencontres

Ce voyage m’a également permis de comprendre ce que je suis capable ou non d’assurer en termes d’organisation, l’esprit que je souhaite donner à ces futures aventures et … ce que je ne veux pas faire.

Venir dans cette partie du haut plateau signifie avant tout arriver dans un monde vierge de tout tourisme. Et vous le savez, c’est rarissime de nos jours ! Ici, on ne trouve ni convois de 4×4, ni campings cars, ni bus. Et il y a des grandes chances de ne jamais croiser un occidental de tout le voyage.

Par conséquent, la population locale nous accueille d’une manière incroyable ! Les tibétains sont des gens tellement généreux, tellement curieux, souriants, gais, rieurs ! C’est un pur bonheur que d’aller à leur rencontre ! Avec nos têtes différentes, c’est impossible de passer inaperçu et de se fondre parmi les gens. Mais en échange, on a un millions d’occasions de photographier des sourires, des situations surprenantes et avec une liberté absolue !

C’est pourquoi je tiens à préserver cet état d’esprit en limitant volontairement la taille des groupes. Deux photographes par voyage, pas plus : c’est, selon moi, le seuil idéal pour maintenir la spontanéité des rencontres – ces invitations à partager un thé, les serrements de mains, les conversations qui naissent naturellement. Cela permet aussi de ne pas intimider les personnes que nous croisons, de créer un climat de confiance, et ainsi de pouvoir les photographier avec respect.

Et puis je dois dire que je ne veux pas être « une cheffe d’expédition ». Ce n’est ni dans mon tempérament, ni dans mes compétences que de manager un groupe de 6 personnes pendant 2 semaines. Ce que j’aime, c’est partager, guider si besoin, établir des relations amicales, être attentive au bien-être et à la satisfaction de l’autre. Bien sûr, j’organise au mieux les étapes, ce qu’il y a à voir, dans quel hôtel nous allons dormir, quelle route nous allons prendre. Mais ce que je souhaite, c’est que toutes les autres décisions puissent se prendre collégialement, que nous décidions ensemble où nous arrêter pour déjeuner, faire un détour pour voir un point de vue différent, accepter ou non l’invitation d’une famille nomade … Toutes ces choses là sont presque impossibles à faire avec un groupe de 6 personnes.

Voilà, je pense que j’ai fait le tour des réflexions que je voulais partager avec vous !

J’espère que vous aurez senti que je souhaite me lancer dans cette nouvelle activité avec passion et sincérité. Bien entendu, je souhaiterais générer des revenus avec elle, mais l’envie de faire découvrir cette région merveilleuse compte largement autant, si ce m’est plus !

J’ai donc créé un site web dédié à ces road-trips photographiques où je détaille tout ! L’esprit du voyage, la présentation de la région détaillée, les informations pratiques et bien sûr les tarifs !

J’adorerais vous convaincre de venir avec moi un jour sur ces terres uniques !

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Commentaires

4 réponses à “Au troisième pôle”

  1. Avatar de Christine

    Chère Laurence,
    Tu m’as convaincue et je suis plus qu’enchantée de t’avoir suivie dans cette « Terra incognita ». Quelle expérience fantastique, des paysages immenses vierges de toute présence humaine, des gens souriants et accueillants. Toi et Tsengon avez fait plus que de me faire voyager, vous m’avez fait ressentir l’esprit des premiers découvreurs de nouveaux territoires. Chaque jour était une nouvelle aventure ! Je ne peux qu’inciter quiconque a envie d’éprouver cet émerveillement de te faire confiance et d’oser venir avec toi dans ce coin du monde. À travers les innombrables photos prises durant ce séjour , je vais vivre encore longtemps sur ce plateau hors du temps. Un immense merci à toi !

    1. Avatar de Laurence Chellali
      Laurence Chellali

      Oh ! Ma chère Christine, merci pour tes mots ! Ils me touchent et me vont droit au coeur !Oui, cette expérience ensemble a été tellement plus qu’un voyage, c’était une complicité de découvreurs !! Prochain coup, en hiver ou en été. Chiche ! 😉 😉 Des gros becs nankinois !

  2. Avatar de Jacqueline Maquet
    Jacqueline Maquet

    Merci Laurence pour ce beau reportage d’une partie d’un merveilleux pays que j’ai visité il y a 43 ans, presque à son ouverture au monde occidental.
    J’attends les reportages suivant avec impatience.
    Bonne continuation !

    1. Avatar de Laurence Chellali
      Laurence Chellali

      Bonjour Jacqueline ! 43 ans !!! Wow ! Ca devait être un tout autre monde !!! J’aurais aimé voir je dois dire 🙂 Et vous viendriez maintenant, il y a peu de chances que vous reconnaissiez quoi que soit … Je m’attellerai dès que possible à un autre reportage, promis !

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