La Ligurie dans la tourmente
Durant des semaines, la région de la Ligurie, dans le nord-ouest de l’Italie, a été soumise à des intempéries à répétitions. C’est à cette époque que j’avais choisi d’y faire un séjour familial, espérant au contraire trouver un soleil automnal radieux !
Préambule
Mon fief est à Gênes (Genova). Pour ceux qui suivent depuis longtemps ce blog, vous savez à quel point j’aime cette ville si particulière qui dévale des montagnes « Apennins » pour se jeter dans la Méditerranée. Son port est l’un des plus actifs d’Europe et il constitue un poumon économique de l’Italie de première importance.
Il y a un an et demi, Gênes a malheureusement fait parler d’elle avec l’écroulement du pont autoroutier Morandi, entraînant dans sa chute plusieurs dizaines de voitures et camions. La disparition de ce pont a littéralement coupé la ville en 2, et si des alternatives ont été mises en place en attendant d’en reconstruire un, il n’en demeure pas moins que le traffic est extrêmement perturbé, notamment en ce qui concerne l’acheminement des marchandises vers le port.

Une autre conséquence de cette catastrophe, c’est que le traffic, qui se répartissait auparavant sur plusieurs autoroutes, se concentre dorénavant essentiellement sur l’axe Gênes-Milan-Turin. Et les infrastructures souffrent.
J’en viens donc à mon avis de tempête …

Ainsi donc, pendant presque un mois sans discontinuer il a plu des trombes d’eau et des records historiques ont été atteints. Gênes a oscillé entre les alertes météo jaune, orange et rouge presque un jour sur deux.
Et ce qui devait arriver arriva … Un autre viaduc de l’autoroute restante a menacé de s’écrouler et celle-ci a donc dû être fermée.

Durant des années les infrastructures des autoroutes de la Ligurie n’ont pas été correctement entretenues alors que les ponts et les tunnels se comptent par dizaines compte-tenu de la géographie de la région. La faute à qui ? Au gouvernement ? Aux entreprises privées à qui a été confiée l’exploitation ? Les 2 bien entendu. Le premier car cette situation illustre parfaitement ce qui arrive lorsque l’État abandonne ses prérogatives régaliennes. Les secondes car elles ont préféré le profit – d’ailleurs, de ce point de vue là, elles sont moins à blâmer car elles sont finalement restées dans leur rôle.
Le résultat de ces graves négligences est catastrophique pour la région qui se retrouve une fois encore pour ainsi dire coupée du monde. Elle est au bord de l’état d’urgence car il suffit que les itinéraires de remplacement s’effondrent à leur tour pour cause de sur-sollicitation et d’intempéries qui vont encore plus engorger un sol déjà détrempé, pour que Gênes soit définitivement rayée de la carte des ports économiques et industriels stratégiques.
Et pendant ce temps les éléments se déchainent
J’ai pris ces photos le jour où le viaduc a été fermé. Je suis allée dans un endroit de Gênes qu’on appelle « Lungo mare » – l’équivalent de la Promenade des Anglais à Nice.
La puissance du vent était telle qu’il était difficile de marcher et la pluie était diluvienne.
Et je pensais à toute cette côte bétonnée qui semblait bien dérisoire face à ces éléments.
Et bien sûr j’étais inquiète de ces intempéries à répétition qui, si l’on en croit les climatologues, ne feront que s’accentuer dans les prochaines années.



J’avais des pensées noires me direz-vous et il est vrai qu’elles étaient au moins aussi sombres que la lumière du moment.
Je suis plutôt d’une nature optimiste mais je sens bien qu’il serait illusoire de penser que les choses vont s’arranger. Le changement climatique a déjà commencé et des épisodes extrêmes tels que ceux-ci se multiplient partout dans le monde. On a toujours tendance à considérer que ça ne nous concernera pas, que ce seront les « Autres » qui en subiront les conséquences.
Mais il faut regarder la réalité en face. Nous ne sommes pas prêts et la nature telle que nous la connaissions est en mutation. L’homme se considère comme un animal supérieur depuis la nuit des temps et maître de toute chose. Or il n’en est rien, bien entendu.
Notre intelligence se mesurera à notre capacité d’adaptation mais nous partons avec un handicap sérieux car nous sommes trop évolués pour avoir la résistance nécessaire. Une amibe aura plus de chances de survie que n’importe lequel d’entre nous dans ces nouvelles conditions.
En attendant, les ponts s’écroulent.
Les photos de ce post ont été prises avec mon moyen format Fujifilm GFX 50R. Compte-tenu de la pluie battante, il m’était impossible de sortir mon Leica Q car il n’est pas tropicalisé. Là c’était le moment parfait pour tester la résistance du Fuji à l’eau. Je peux donc vous garantir qu’il l’est !







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