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Parfois je trouve que j’ai trop de chance 😉

Je me trouvais à Yantai, une « petite » ville de 6 millions d’habitants de la province du Shandong, située à environ 800 km au nord de Nanjing (en face de la Corée). Je sais que vous allez sourire avec ce qualificatif de « petite ville », mais à l’échelle de la Chine, c’est en effet une ville de 3ème catégorie comme pourrait l’être Saint Nazaire 😉 J’ai eu l’opportunité d’y partir pour un week-end et j’étais curieuse de la découvrir car de ce que j’en savais, son port est l’un des plus importants de la région.

Depuis le temps que je vadrouille en Chine, j’ai pourtant l’habitude de l’immensité du pays et je sais que les distances sont, disons, compliquées et surtout sportives pour les gérer à pied. Mais une fois de plus je me suis laissée surprendre et je me suis retrouvée dans ce nouveau quartier situé dans une baie, et dont la plage était aménagée sur ce que j’ai estimé une vingtaine de kilomètres ! Les photos prises ici l’ont été sur exactement 7,8 km, c’est le compteur de pas de mon téléphone qui me l’a dit ! Et de port, nenni car il était de l’autre côté de la baie. C’est malin 😉

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Je vous disais donc que j’avais eu trop de chance, car même si je n’étais pas du tout dans la zone du port, tous les éléments qu’un photographe peut adorer se sont mis en place à ce moment là … Ce n’est pas tant pour la plage en elle-même que j’ai été séduite, mais surtout par l’ambiance qui régnait à cet endroit. Certes, c’est une belle plage, pas très large (même à marée basse), mais avec du sable doré et une eau limpide, à laquelle d’ailleurs je n’aurais pas résisté s’il avait fait plus chaud.

Non, ce qui m’a fasciné, c’est le calme sidérant qui régnait. Pas un brin de vent, une mer d’huile comme rarement on en voit, et la brume matinale qui faisait disparaître l’horizon laissait une impression d’espace infini car il était impossible de distinguer la mer du ciel. Ponctué de quelques promeneurs et parfois de pêcheurs, le paysage m’a fait penser aux toiles de Edward Hopper.

S’il n’y avait eu que la nature, je me serais trompée car Hopper est plutôt connu pour ses scènes urbaines. Mais il y avait l’aménagement de cette plage et celle-ci était bordée tout du long par une piste piétonne, énorme, au pavement rouge et orange. Alliée au bleu du ciel et de la mer, je me suis retrouvée plongée dans les couleurs fétiches de Hopper.

Et puis la lumière !! Un soleil radieux mais encore rasant au moment de ma sortie et qui créait des ombres magnifiques découpant cet espace immense. C’est sûr, le peintre aurait été inspiré !

Je vous présente donc cette petite série d’images, juste pour partager le plaisir que j’ai eu à les créer. Je vous conseille de cliquer sur les photos de manière à les ouvrir individuellement en grand. C’est qu’elles ont besoin d’espace pour s’exprimer 😉

Je les ai toutes numérotées pour faciliter la référence à vos remarques ! J’aimerais beaucoup savoir ce qu’elles vous inspirent, dans quel monde elles vous plongent, les sentiments qu’elles éveillent en vous !

Petit bonus vidéo 🙂 Comme très très très souvent en Chine, les gens adorent chanter dehors. Et quitte à être dehors, autant attirer le public avec des hauts parleurs ! Ainsi, pendant que les 2 copines se prenaient en photo avec un voile s’étirant au vent, la 3ème y allait avec ses canards pour les encourager. Elles se sont relayées à tour de rôle, histoire de ne pas faire de jalouses 🙂 🙂

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16 pensées sur “Comme un air d’Edward Hopper

  1. Comment dire? C’est étrange mais ce que je ressens c’est que je vois des bouts de vie mais il n’y a pas la vie, pas le foisonnement de la vie, oui un peu comme chez Hooper… Elles, ce simages me donnent envie d’un marché bruyant animé, coloré… Elles ont ce don là celui de me plonger dans un état bizarre…
    Bravo pour elle, Laurence!

    1. Bonjour Chri ! C’est exactement ça ! Comme si toute vie était figée dans une sorte d’entre 2, suspendu. Animé sans être animé, les gens souvent ensemble sans l’être. Des sortes de bulles qui se fréquentent. Merci, merci pour le bruit que vous réclamez !!!

  2. Bonjour Laurence,
    Je suis fan de votre travail, votre blog étant dans mes favoris… et pour tout vous dire, vous êtes de celles et ceux qui m’ont aidé à basculer dans l’achat de mon Leica Q2… que j’utilise de manière beaucoup plus modeste que vous…
    J’adore votre style, j’aime les histoires que racontent vos images… les contrastes, la composition…. Tout est top !!
    Merci pour cette série nouvelle dont la colorimétrie peut parfois rappeler les séries COLORAMA de KODAK dans les années 50-60…
    Merci à vous pour votre travail !

    1. Bonjour Payen ! C’est moi qui vous remercie pour vos mots !!! C’est vrai, je n’y avais pas pensé en ce qui concerne les Colorama ! Peut-être que ça vient des blancs très relevés ?
      J’espère que vous prenez un immense plaisir avec votre appareil ! Après, je crois sincèrement que nous devons tous rester modestes 🙂 🙂

  3. Des espaces et des structures démesurés et pourtant si peu de monde, c’est vrai que cela génère un sentiment étrange. Mais cette étrangeté est très esthétique. Beau travail une nouvelle fois, ma chère Laurence.

    1. Bonjour ma chère Christine ! Lorsque je suis sortie il était 8h du matin, un dimanche et je pensais sincèrement qu’il y aurait du monde qui arriverait un peu plus tard. Mais non, cette gigantesque esplanade est restée telle quelle. Ce qui est étrange, c’est qu’en même temps je n’ai jamais été seule non plus 😉 Des grosses bises ma cop’s !!!!

  4. J’admire votre travail photographique et j’adore Edward Hopper. Là s’arrête pour moi le parallèle. Les couleurs? Pourquoi-pas. Bravo pour cette très belle série.

    1. Bonjour,Elles sont toutes belles.Mes préférées dans le désordre 1 , 3 ,12 et 25 .Il y a dans la vidéo les couleurs réelles et sur les photos comme un assombrissement qui valorise un ambiance générale très réussie.On retrouve la même approche sur d’autres séries de photos que vous publiez.C’est toujours un plaisir de retrouver HOPPER.

    2. Bonjour Yvan 🙂 Donc pas de parallèle plus que ça ? En fait, en ce qui me concerne, plus j’y pense plus je vois ce sentiment prégnant de solitude qui pourrait lier (très modestement) mon monde à celui de Hopper. Quoi qu’il en soit, merci de tout coeur pour vos mots 🙂 🙂 🙂

      1. Il y a chez Hopper, un monde social, mélancolique, des personnages « ailleurs », des décors épurés.
        C’est ce qui me touche particulièrement et qui occulte d’autres périodes de ses créations. En les revoyant, j’ai peut être répondu hâtivement.:-)
        « Je dois dire que j’adore ce moment du post traitement pour affiner l’intention et rendre plus clair le message. »
        Je vous comprends et partage ce point de vue. J’avais lu avec beaucoup d’intérêt votre article: Photographie et réalité: Brisons les idées reçues. On aurait tort de se priver des apports technologiques.

    3. Bonjour Mangeon 🙂 Oui, je me suis laissée complètement aller sur la colorimétrie, mais finalement je n’ai pas fait grand grand chose. En effet, comme j’ai largement sous-exposé les photos au moment de la prise de vue, je n’ai eu qu’à relever certains tons, notamment les hautes lumières. Bon, pas que ça évidemment 😉 Je dois dire que j’adore ce moment du post traitement pour affiner l’intention et rendre plus clair le message. À mes yeux, c’est une étape essentielle du travail photographique 🙂 🙂 Merci de tout tout coeur pour vos remarques !!!

  5. Oh que je suis contente de retrouver de la couleur dans tes photos ! Je pense que ma lecture a été orientée par ton titre et je ne sais pas si j’aurais de moi-même fait ce parallèle, mais impossible d’y réchapper une fois que l’idée est suggérée et entièrement d’accord avec toi, il y a un air d’Edward Hopper !

  6. Bonjour Laurence
    Quelle série !
    J’ai eu la chance (moi aussi 😀) de voir l’expo de Hopper à Paris. Quel souvenir !
    Je pense aussi en voyant ton travail à quelques clichés de Gruyaert que j’aime beaucoup.
    J’ai des coups de cœur pour tes grandes étendues peu habitées qui, pour moi, reflète l’immensité, le calme et peut-être la solitude nécessaire et désirée. J’aime la gamme colorée que tu as choisie. J’aime toutes les questions que cela suscite pour progresser encore et encore ….
    Que dire sinon : BRAVO et merci de ce partage.

  7. Bonjour Laurence,
    Je ne connais pas très bien le travail d’Hopper mais tes photos me font penser à des maquettes avec ces paysages immenses et ces petits « bonshommes » figés et placés pour illustrer une scène.
    La composition est très graphique et il se dégage un sentiment d’immensité et de froideur.
    Merci pour le partage et bravo pour cette série qui nous plonge dans une sorte de monde parallèle ^^

  8. Magnifiques photos. (mes préférées la 3 et la 13) oui, on peut penser à la froideur de certains tableaux de Hopper. Mais que c’est beau ! Je découvre ai si votre travail. Félicitations !

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