Ne jamais dire fontaine je ne boirais pas de ton eau
Une expression qui me laisse perplexe et que je trouve à la fois réaliste et très effrayante
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Edit pour les gens perplexes
C’est vraiment drôle que cette photo vous ai laissé aussi étonnés. Bon, je me doutais bien qu’elle n’était pas si facile que ça à lire, du coup, je lui ai donné un titre qui me semblait très simple et descriptif : « Fontaine », car il s’agit bel et bien du haut d’une fontaine, archi connue à Genova et photographiée des milliers de fois. Je vous la mets ci-dessous :
Cette photo ressemble tellement à tout ce que j’ai déjà vu que je n’avais pas du tout envie de vous montrer ça. Voyez-vous, moi aussi je fais des photos banales au démarrage d’une prise de vue. J’espère que maintenant que vous pouvez visualiser la scène ma première image vous laisse un peu moins perplexes !
Revenons-en à ma première image. Après avoir cherché comment je pourrais me servir de cette eau qui jaillissait, j’ai décidé de supprimer du cadre tout ce qui pouvait nous rappeler concrètement cette fontaine. Et comme en ce moment j’ai en tête des images qui pourraient rappeler des notions de légèreté, de fluidité, cette eau en l’air m’a semblé intéressante.
J’ai pensé à un moment retourner mon image (c’est plus logique que l’eau tombe !), mais la présence de l’oiseau ne colle du coup plus du tout parce qu’il se retrouvait à l’envers.
Je vous l’accorde, c’est vrai que c’est une image déstabilisante (mais c’est pour cela qu’elle me plait !!) et qui ne se laisse pas voir ou regarder sans prêter attention. C’est peut-être un tord. Ceci dit, je trouve qu’elle illustre parfaitement ce dicton que j’ai cité « Ne jamais dire fontaine je ne boirais pas de ton eau ». En travaillant mon image, j’avais ce dicton en tête et plus j’avançais, plus je trouvais que ma sensation désagréable se concrétisait dans cette image. Car si ce dicton s’applique à une morale qu’on se forge soi-même idéalement, dans les faits concrets, ce n’est pas la même histoire ! Je ne suis objectivement et honnêtement pas capable de vous dire quelle pourrait être mon attitude face à une situation de souffrance extrême (physique ou psychologique peu importe). Ainsi, la question de ce que je suis capable de faire ou non ne se pose même plus. Jusqu’à un certain point (mais lequel ?), je suis sûre de moi. Mais au delà ? Et mon impression du coup très inconfortable vous en conviendrez, est exactement à l’image de cette photo où quelque chose ne va pas alors que pourtant tout est à sa place, logique et évident. Le noir et blanc que j’ai choisi durcit considérablement la scène et rend l’eau très irréelle. Le ciel n’est plus bleu il est noir. L’oiseau semble fuir quelque chose de très puissant, prêt à jaillir (jaillissant même) et menaçant. Bref, comme le dit très très bien Cathy B, cette photo raconte véritablement plus qu’elle ne décrit le drame de cette expression et nos noirceurs profondes.
Voilà mes explications sur cette photo et cette expression qu’on utilise d’ailleurs couramment et souvent de manière assez légère. Mais quand on y regarde de plus prêt, brrrr, ça donne des frissons !




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