LE BLOG PHOTOFOLLE
- par Laurence Chellali

J’AI UNE TETE DE PETASSE4 min de temps de lecture


Hier, 15 heures, mon rendez-vous chez le coiffeur approche. Attention, pas n’importe lequel – ou laquelle devrais-je dire ! C’est une nouvelle, vu que mon habituelle a eu la très très très très mauvaise idée de tomber enceinte et de fermer purement et simplement son salon … à tout jamais. Un très sale coup je dois dire, vu que j’avais mis à peu près 40 ans à en trouver une qui comprenait enfin mon cheveu et qui me permettait d’être présentable à peu près en toutes circonstances sans que je passe des heures à essayer de les discipliner. Oui, vraiment, un très sale coup !

Hier, donc, 15 heures :

moi :

– j’aimerais bien une couleur, mais attention, très naturelle, vous savez, celles qui s’en vont au bout d’un certain temps.

Elle :

– oui, bien sûr ! Sur vous, pour ajouter un peu de luminosité, je verrais bien quelques légères petites mèches, très très fines et presque ton sur ton.

– Ah vouiii ?

– Oh vouiiiiiiiiiii ! ça vous donnerait une mine splendide, croyez-moi !

– Bon, ben, heu, je vous fais confiance … OK. Mais vous me promettez que ça restera discret et naturel, hein ?

– …

Pourquoi elle me répond pas celle-là ? Ah, elle doit être déjà concentrée sur son mélange

Au bout de 30 mn, donc, je ressemblais à un arbre de noël, pleine de papillotes de papier alu que cette coiffeuse milanaise a eu le bon goût, pour la circonstance des fêtes, de faire de toutes les couleurs (!!?!). Et là tu te dis que les coiffeurs doivent avoir un côté vraiment sadique pour nous mettre en vitrine comme ça, les cheveux plaqués sur un crâne tout rond, hérissé de papillotes ridicules, à la merci des passants qui ne se gênent pas pour te mater. Remarque, heureusement qu’il y a les magazines ! Là, tu joues les super myopes et colles le Gala à 5 cm de ton nez. T’y vois rien mais tu t’en fous et tu passes le temps en comptant les pixels des images.

Au bout de 20 millions de pixels, ma coiffeuse tout de blond coloré me propose avec un grand sourire de passer au bac (j’adore cette expression de coiffeur !)

Puis vient la coupe.

Et ma blondasse de coiffeuse de parler,  de parler, de parler … que Milan c’est comme ci, que Milan c’est comme ça, qu’ici c’est tous des ploucs qui ne comprennent rien à la mode, qu’elle peut me le dire à moi parce que je suis française et que donc je comprends forcément. Ben oui, La France, Paris, la mode, le bon goût …

Moi, je me tais. J’ai l’œil rivé sur les lignes jaunes et oranges qui strient le reste de ma chevelure noire, … très noire. Impossibles à compter, pires que mes pixels. J’ai beau me concentrer, l’horreur est trop forte, l’émotion me subjugue. Donc je me tais.

Je me tais encore quand elle passe au séchage, gomminage, laquage, re-gomminage, re-laquage, psciupsciutage spécial, re-re-laquage. Je me traite de lâche intérieurement mais elle est si contente !! Elle a un sourire radieux, elle virevolte autour de moi, se contorsionne pour fixer une mèche par ci par là, fait des Hooo, des Haaa, des Benissimoooo, des Che Bellaaaa !

Toujours muette, je paye, je sors avec le tube de crème conservatrice de couleur qu’elle a absolument voulu me donner en cadeau de noël, et … j’enfile mon chapeau.

… depuis je ne l’ai plus quitté. Oh, bien sûr, le soir, mon découvreur de mari a bien été étonné que je mange avec, que je parle avec, que je … avec. Mais je lui ai dit qu’à partir de maintenant, j’étais une vraie artiste et que TOUS les artistes ont TOUJOURS un chapeau sur la tête. Bon, il m’a lancé un coup d’œil bizarre mais ça a eu l’air de passer.

Les seules qui sont dans la confidence ce sont mes filles. Et Marie, la plus grande, m’a promis de me sortir de là. Elle est super ma fille pour ce genre d’urgences !

Attention, je tiens toutefois à préciser que ce n’est pas que je n’aime pas les cheveux de toutes les couleurs, au contraire, j’adore la diversité. Mais PAS MES CHEVEUX A MOI SUR MA TÊTE A MOI !

Autoportrait plus ou moins ressemblant :

Laurence

Laurence

Côté rêves ...Je dis souvent que je ne photographie pas ce que je vois, mais ce que je ressens. Grâce à la photographie, je peux modeler le réel et y imprimer mes sentiments en organisant les formes, les couleurs, les contrastes tels qu'ils me parviennent pour en faire émerger mon monde émotionnel. Côté pratique ... Je gagne ma vie en vendant des photographies à des agences et à des collectionneurs, mais aussi en dispensant des cours de photographie dont vous pourrez trouver toutes les modalités dans la rubrique "Cours". Plus apparentée à une "coacheuse photographique", j'aime pousser mes élèves à trouver leur propre chemin et leur style personnel.

17 Commentaires

  •    Répondre
    Voilà pourquoi je déteste les coiffeurs… courage, si ce n’est que la couleur de ratée, ce sera rattrapable 🙂
  •    Répondre
    Hum, que faire sinon compatir… Joyeux noël très cher sapin de noël ambulant !! 😀 Euh non bon, c’est pas drôle alors toutes mes condoléances à tes cheveux.
    A coup sûr, Marie va trouver une super idée pour que tu retrouves ta tête en un clin d’oeil ! Et, au fait, la coupe, ça donne quoi ?!

    Vraiment, des fois tu te demandes pourquoi les gens dont c’est le métier ne savent pas mieux le faire, leur métier…
    La dernière fois, j’ai demandé à la coiffeuse (une parmi d’autres, je n’ai encore jamais trouvé l’unique perle rare, moi…) de changer ma raie de côté à cause d’un foutu épi qui me faisait une mèche moche, à chaque fois. Evidemment, il faut attendre voir à la repousse mais, à vue de nez, c’est la meilleure idée qu’on a eu avec mes cheveux depuis longtemps (depuis que j’ai décidé de les couper peut-être ??). J’en viens naturellement à me demander : pourquoi est-ce MOI qui ai dû avoir cette idée et non pas la dizaine de coiffeur qui a vu mes cheveux pendant ces 10 dernières années ?! (Oui je raconte la vie de mes cheveux sur TON blog… Bah ça fait plus « blog » comme ça, non ?!!!) :p
    De même, (autre exemple pris au hasard), c’est un peu étonnant de penser que les deux seules maisons qui nous ont plu parmi les dizaines que l’on a visitées, ce ne soit pas un agent immobilier qui nous les ait proposées. Celui par qui on a finalement acheté la maison nous a dit qu’il n’aurait jamais pensé à nous proposer celle-là. Ah bon ?! Ben, pourtant s’il n’y en avait qu’une à nous proposer, ça aurait dû être celle-là (à la place, par exemple, de la ruine que vous nous avez donné l’occasion de visiter !!… :bandit: ) !

    Bref, moi je dis (et tes cheveux aussi) : les professionnels, c’est plus ce que c’était ! Quelle tristesse…

    Allez courage Laurence, en attendant que ça repousse.
    Tu dois être super classe avec ton chapeau !! ^_^

  •    Répondre
    Elle est jolie ta photo.
    T’as vraiment des petits pois sur la tête ? Et du bokeh derrière ? Mais c’est superbe ! ♥
    Et sinon je veux voir !
    Mais je crois qu’on pourrait faire tout un blog avec les expériences plus ou moins heureuses ou désastreuses de coiffeurs.
    Chacune son tour !
    Non je ne ricane pas. Je compatis. Petite soeur de souffrance.
    Mébon, je souris quand même ! 😉
  •    Répondre
    Excellent récit, très divertissant 🙂 Mais je compatis, sincèrement … Voilà pourquoi ça fait 20 ans que je n’ai pas vu de coiffeur et maintenant j’aurai une anecdote à raconter à la prochaine qui me dira : « t’es trop vieille pour avoir avoir les cheveux si longs » … 😀
    Bon, sinon, j’aime beaucoup ton auto-portrait 🙂
  •    Répondre
    Ma pauvre ! C’est joli les chapeaux… 😉
    Ton auto-portrait est doux et joyeux, quelques mèches ne peuvent pas t’enlever ça !
  •    Répondre
    alors là, j’ai bien ri Laurence, votre petite histoire m’a beaucoup amusée ! vraiment .. et puis l’image qui illustre est parfaite ! rien à dire. Merci pour ce petit moment…

    que dire ? courage … mes cheveux blancs résistent à toute coloration, et malgré l’encouragement unanime de mes enfants ! je dis NON …

  •    Répondre
    LAURENCE !!!
    dans une période ou ça va coussi coussa … je ne peux que te remercier pour ce post oh combien drôle !! non pas que je me moque ma belle mais alors la , la description que tu fais de la « coiffeuse » me ravit tant c’est juste !! on s’y croirait et tu décris magnifiquement bien les sensations qui traversent notre esprit quand tout a coup on se trouve ridicule !! j’adore en particulier le passage ou tu te retrouves quasi dans la vitrine avec tes papillotes sur la tete et le nez dans gala !!! merci laurence … bon sinon , t’en es ou ? j’adore ces nanas coiffeuse qui te connaissent pas et qui disent que tout va t’aller , c nul ! quand je rentre moi , chez mon habituée pourtant, je leur dit « je veux la même tete que la mais en juste un tout ptit peu plus court  » looool j’ai trop peur , moi , les coiffeuses dès que tu leur laisses un peu de souplesse , elle se lache à la soi disant créativité capilaire ….
    oh ma laurence , merci pour la partie de rigolade j’ai adoré , mais je suis ok avec tout le monde , des photos !! biz 😉
  •    Répondre
    Excellent ton roman coiffure, Laurence, j’avais l’impression d’être assise dans le même salon que toi. J’ai également quelques expériences assez désastreuses à mon compteur tifs. Le jour où je me suis retrouvée avec une tignasse rousse sur la tête était sûrement la plus épique. Et tout comme pour toi, le chapeau a été mon meilleur allié pendant quelques jours. Courage, et dis toi que c’est très classe un chapeau…
  •    Répondre
    j’ai porté des chapeaux pendant des années suite à une séance chez le coiffeur qui m’a totalement traumatisée… paraît que ça me faisait une tête juvénile selon la coiffeuse… bon j’avais que 22 ans, j’étais pas non plus vraiment vieille… Moi j’ai trouvé que ça me faisait une tête d’oeuf, et le temps de la repousse, et ben j’ai pris goût aux chapeaux!!! Le côté positif de cette histoire traumatisante!!!

    Courage, et je peux témoigner: il y a une vie après ce genre de trauma!!!!

  •    Répondre
    Je ne peux que compatir et te dire que je connais ton desarroi ayant moi meme des cheveux incoiffables…

    en tout cas merci de faire de ton experience malheureuse une source de bonheur et de rire pour les autres …

    et puis une nouvelle fois j’aime beaucoup tes photos tout particulierement la teinte et le traitement des lumieres …

    bon sauvetage capillaire

  •    Répondre
    aaah ! Je reprends les mots de Pastelle : nous sommes donc toutes des petites soeurs de souffrance, unies dans la même espérance qu’un jour, oui, un jour, nous irons chez le coiffeur comme on va à une super soirée, sûres de rencontrer des gens merveilleux avec qui la complicité s’établira magiquement, sans artifices, avec bienveillance et confiance. Oui mes soeurs, ce jour viendra, il est tout près, vos témoignages le confirment !

    J’en profite pour te souhaiter la bienvenue Cécile ! Je ne crois pas qu’on se connaisse, mais saches que notre communauté est infiniment accueillante 😉

  •    Répondre
    Voilà une image rayonnante, enflammée, lumineuse ..j’allais dire réglée aux poils près.
  •    Répondre
    Coucou à tous,
    Il n’y a que le malheur des autres pour vous amuser et là, je demande de voir la vraie photo.
    Il reste 2 solutions pour fêter Noël:
    – faire mettre un bonnet rouge à tout le monde
    – demander un perruque au Père Noël
    Ta coiffeuse a peut-être tout simplement confondu
    les fêtes de carnaval avec la fête de Noël!
    Joyeuses fêtes
  •    Répondre
    Anecdote joliment rapportée !
  •    Répondre
    Je me suis poilé (!) à lire ta petite histoire ! Nous avons cet avantge , nous les hommes de faire dans la simplicité et dans la rapidité ; C’est vrai ce n’est pas un plaisir d’aller chez le coiffeur alors faisons vite, plus c’est rapide moins il y a de surprise et c’est pareil pour tot …même avec le chapeau !! lol ! Phil
  •    Répondre
    Un grand merci de m’avoir par ton humour, transcendant la douleur, fait tant rire! Ca tombait au bon moment, après des jours de travail intensif sur la fonction de l’humour dans des nouvelles de l’auteur suisse-allemand Gottfried Keller! 😉 Je m’excuse aussi d’avoir tant ri, mais c’est que tu écris et décris si bien tout cela que c’est impossible de faire autrement… d’autant plus que je m’imaginais être dans cette situation et je crois que j’aurais arraché les cheveux de cette pseudo-coiffeuse!
  •    Répondre
    Bon, la lecture de vos commentaires me laisse entrevoir une très nette empathie pour mon malheur de la part des filles, ce qui ne me semble pas du tout, mais alors pas du tout être le cas de ces messieurs.

    Alors que les filles me donnent des encouragements et des idées pour sortir de mon choc émotionnel, vous vous contentez de me dire vaguement que de toutes les façons vous n’êtes pas concernés.

    Et bien messieurs, je ne vous souhaite pas qu’un jour il arrive la même chose à vos compagnes, car alors vos « meuuuh nooonnnn, c’est pas grave » ne feront qu’empirer les choses !

Laissez votre commentaire