Hier, 15 heures, mon rendez-vous chez le coiffeur approche. Attention, pas n’importe lequel – ou laquelle devrais-je dire ! C’est une nouvelle, vu que mon habituelle a eu la très très très très mauvaise idée de tomber enceinte et de fermer purement et simplement son salon … à tout jamais. Un très sale coup je dois dire, vu que j’avais mis à peu près 40 ans à en trouver une qui comprenait enfin mon cheveu et qui me permettait d’être présentable à peu près en toutes circonstances sans que je passe des heures à essayer de les discipliner. Oui, vraiment, un très sale coup !
Hier, donc, 15 heures :
moi :
– j’aimerais bien une couleur, mais attention, très naturelle, vous savez, celles qui s’en vont au bout d’un certain temps.
Elle :
– oui, bien sûr ! Sur vous, pour ajouter un peu de luminosité, je verrais bien quelques légères petites mèches, très très fines et presque ton sur ton.
– Ah vouiii ?
– Oh vouiiiiiiiiiii ! ça vous donnerait une mine splendide, croyez-moi !
– Bon, ben, heu, je vous fais confiance … OK. Mais vous me promettez que ça restera discret et naturel, hein ?
– …
Pourquoi elle me répond pas celle-là ? Ah, elle doit être déjà concentrée sur son mélange
Au bout de 30 mn, donc, je ressemblais à un arbre de noël, pleine de papillotes de papier alu que cette coiffeuse milanaise a eu le bon goût, pour la circonstance des fêtes, de faire de toutes les couleurs (!!?!). Et là tu te dis que les coiffeurs doivent avoir un côté vraiment sadique pour nous mettre en vitrine comme ça, les cheveux plaqués sur un crâne tout rond, hérissé de papillotes ridicules, à la merci des passants qui ne se gênent pas pour te mater. Remarque, heureusement qu’il y a les magazines ! Là, tu joues les super myopes et colles le Gala à 5 cm de ton nez. T’y vois rien mais tu t’en fous et tu passes le temps en comptant les pixels des images.
Au bout de 20 millions de pixels, ma coiffeuse tout de blond coloré me propose avec un grand sourire de passer au bac (j’adore cette expression de coiffeur !)
Puis vient la coupe.
Et ma blondasse de coiffeuse de parler, de parler, de parler … que Milan c’est comme ci, que Milan c’est comme ça, qu’ici c’est tous des ploucs qui ne comprennent rien à la mode, qu’elle peut me le dire à moi parce que je suis française et que donc je comprends forcément. Ben oui, La France, Paris, la mode, le bon goût …
Moi, je me tais. J’ai l’œil rivé sur les lignes jaunes et oranges qui strient le reste de ma chevelure noire, … très noire. Impossibles à compter, pires que mes pixels. J’ai beau me concentrer, l’horreur est trop forte, l’émotion me subjugue. Donc je me tais.
Je me tais encore quand elle passe au séchage, gomminage, laquage, re-gomminage, re-laquage, psciupsciutage spécial, re-re-laquage. Je me traite de lâche intérieurement mais elle est si contente !! Elle a un sourire radieux, elle virevolte autour de moi, se contorsionne pour fixer une mèche par ci par là, fait des Hooo, des Haaa, des Benissimoooo, des Che Bellaaaa !
Toujours muette, je paye, je sors avec le tube de crème conservatrice de couleur qu’elle a absolument voulu me donner en cadeau de noël, et … j’enfile mon chapeau.
… depuis je ne l’ai plus quitté. Oh, bien sûr, le soir, mon découvreur de mari a bien été étonné que je mange avec, que je parle avec, que je … avec. Mais je lui ai dit qu’à partir de maintenant, j’étais une vraie artiste et que TOUS les artistes ont TOUJOURS un chapeau sur la tête. Bon, il m’a lancé un coup d’œil bizarre mais ça a eu l’air de passer.
Les seules qui sont dans la confidence ce sont mes filles. Et Marie, la plus grande, m’a promis de me sortir de là. Elle est super ma fille pour ce genre d’urgences !
Attention, je tiens toutefois à préciser que ce n’est pas que je n’aime pas les cheveux de toutes les couleurs, au contraire, j’adore la diversité. Mais PAS MES CHEVEUX A MOI SUR MA TÊTE A MOI !
Autoportrait plus ou moins ressemblant :



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