Le HDR a dû être inventé à Joshua Tree !

Cadeaux de lumière !

Bien entendu, c’est une blague ! Non seulement les photos présentées ici ne sont absolument pas du HDR, mais en plus cette technique a été inventée il y a plus de 150 ans par un français, Gustave Le Gray, et qui n’a jamais mis les pieds en Amérique …

Alors reprenons les choses dans l’ordre …

Tout d’abord, Joshua Tree est un parc naturel en Californie, à environ 200 km à l’est de Los Angeles. Ce qui fait sa spécificité, c’est qu’il est à cheval entre 2 types de déserts, celui du Colorado et celui du Mojave. Mais il est surtout connu pour ses arbres de Josué, lesquels à mon avis se rapprochent plus du cactus que de l’arbre. Mais c’est une ignorante qui vous parle, donc laissons les scientifiques dire qu’il s’agit d’arbres !

Ensuite, qu’est-ce que le HDR ?

HDR signifie High Dynamic Range. En français on dirait Grande Gamme Dynamique, mais personne ne connait le GGD 😉 Donc restons sur le HDR.

En fait, depuis tout temps, la photographie a du mal à reproduire en même temps les tons sombres et les tons clairs. Comme je le disais plus haut, c’est Gustave Le Gray qui a mis au point pour la première fois la technique. Sauf qu’à l ‘époque celle-ci avait pour nom « Ciels rapportés », bien plus poétique que celui d’aujourd’hui ! Le principe était le même : on fusionne plusieurs images exposées à des valeurs différentes afin de récupérer des détails dans les tons très sombres et dans les tons très clairs.

On me pose souvent la question de la différence entre le HDR et le bracketing. Vous avez probablement cette dernière option dans votre appareil photo. Si vous activez la fonction bracketing, votre appareil photo prendra simultanément X photos (souvent 3, mais ça peut être plus !) de la même scène et exposée à des valeurs différentes (sous-exposée, normale, sur-exposée). Ensuite, si vous choisissez de les fusionner dans un logiciel, vous obtiendrez une image HDR. C’est donc grâce au bracketing qu’on obtient une image HDR. La différence est là 😉

Comment procéder ?

Tout d’abord, il vaut mieux que votre appareil photo soit posé (sur trépied ou autre) et que la scène que vous photographiez soit statique. Si vous avez activé la fonction bracketing, votre appareil photo devrait prendre en rafale 3 photos (ou plus selon vos ajustements). Ensuite, dans un logiciel type Photoshop, vous fusionnez vos 3 images grâce à la fonction HDR.

Mais vous pouvez aussi procéder manuellement si vous n’avez pas la fonction bracketing. Vous prenez une première photo qui vous servira de base « neutre ». Puis vous prenez une autre photo en changeant la vitesse d’obturation. Une vitesse plus lente, et votre photo sera sur-exposée (il y aura des détails dans les tons sombres), au contraire, une vitesse plus rapide, et alors votre photo sera sous-exposée (les tons les plus clairs seront protégés et bien exposés).

Changer les iso au lieu de la vitesse d’obturation n’est pas une bonne idée car la qualité de votre image sera différente (quand on monte en iso on perd en qualité). Et jouer sur l’ouverture du diaphragme n’est pas non plus une bonne idée car vous allez changer les flous de profondeur de champ, à moins que vous ne fassiez de la macro. En effet, certaines personnes utilisent le bracketing de profondeur de champ lorsqu’ils veulent être très près du sujet mais en même temps avoir une grande zone de netteté. Elles font alors différentes photos avec diverses zones de mise au point puis les fusionnent ensuite.

Ce qui est drôle, c’est que je vous raconte tout ça mais je ne réalise jamais de HDR, et les photos que je présente dans cet article ne sont pas du HDR 😉

Pourquoi je n’en fais jamais ?

D’une part je n’aime pas le rendu la plupart du temps. Si vous faites une recherche d’images sur internet, vous verrez que les HDR ont un effet absolument pas naturel et trop dur à mon goût. La raison c’est que nous même, (les humains), on est incapables de voir tous les tons en même temps. On les voit mieux que notre appareil photo, mais enfin, on est quand même limités.

D’autre part, c’est trop technique pour moi. Déjà l’idée du trépied me fatigue, mais passer des heures ensuite en post-production pour ajuster au poil les 3 (ou plus) photos pour qu’elles correspondent parfaitement ne me tente pas du tout ! Surtout pour un résultat que je sais par avance ne pas me convaincre 😉

Mais alors pourquoi je vous parle de HRD ?

Et bien en fait, je trouve que mes photos ont presque cet effet. Nous sommes arrivés au bord de ce petit lac dans Joshua Tree et la lumière était tellement incroyable qu’elle en était surréaliste !

Je vais donc vous donner la recette pour obtenir ce genre d’images 😉

  • Être au bon endroit à la tombée du jour (au petit matin ça pourrait aller tout à fait aussi mais alors la lumière serait plus froide)
  • Avoir un ciel qui se charge de nuages. Mais pas des nuages blancs, de gros nuages bien menaçants !
  • J’ai pris ces photos le 28 décembre, soit au coeur du coeur de l’hiver. Je suis sûre que cela a une incidence. Prise à une autre période de l’année, même à la tombée du jour, ça n’aurait pas été pareil car le soleil est vraiment en rase motte !
  • Joshua Tree est un désert. Donc l’atmosphère est extrêmement sèche, et même si je parle de gros nuages et que je suis près d’un lac (donc beaucoup de flotte 😉 ), je suis sûre aussi que ça a eu une incidence sur la qualité de la lumière.
  • Et enfin, certains rochers étaient très clairs, ce qui fait qu’ils absorbaient et restituaient la lumière de manière extrêmement intense en créant un magnifique contraste avec le reste du paysage

Il faut beaucoup de chance pour obtenir de telles conditions de lumière ! D’autant plus que ces moments ne durent que très très peu de temps ! Dans le cas présent, 30 minutes, pas plus. Et ce n’est que par hasard que nous sommes passés à cet endroit à ce moment précis. Une demi-heure plus tard et ça n’aurait plus été la même chose.

Alors bien entendu et pour conclure, comment ne pas du coup penser à cette célèbre citation :

La photographie est une brève complicité entre la prévoyance et le hasard.

John Stuart Mill
  1. Quelle lumière ! Ça me rappelle mes balades dans les parcs de l’ouest. Cette lumière si particulière me manque. N’y a t il que là qu’elle existe? En tous cas tu l’as fameusement bien captée. Tes photos sont incroyables. Merci ma Laurence. Bises
    1. Bonjour ! Peut-être qu’en effet il n’y a que dans cette partie du monde que la lumière est comme ça ? Si on part du principe que la lumière se projette sur quelque chose en fonction d’un angle particulier, que l’atmosphère est différente d’un endroit à l’autre, etc …et bien il se peut que chaque endroit du monde ait sa propre lumière. Et du coup, toi tu as celle de Paris ! Ne te plains pas, elle est super romantiiiiiiique 😉 😉 😉 Des bises chinoises ma Christine !!!!!
  2. Très belles photos, Laurence, merci pour ce partage.Je vous « suis » depuis un moment… Entre « prévoyance et hasard » m’évoque aussi la qualité de ces « moments singuliers » en Bretagne rencontrés en Bretagne avec mon Leica Q depuis janvier 2016.
    Quelle boitier avez vous utilisé pour cette série ?
    Bien à vous
    Iliona (Catherine Loury)
    1. Bonjour ! Ahhh oui, la Bretagne ! Mais vous, vous êtes privilégiés parce que vous pouvez avoir les 4 saisons dans une journée 😉 Alors en effet, il vaut mieux se tenir prêt ! Quel bon choix que ce boîtier 😉 Il ne me quitte pas depuis 2 ans et du coup, oui, ces photos ont été réalisées avec ce Q.
      Au grand plaisir d’avoir fait votre connaissance !
    1. J’adore votre-ta sagesse C’est toujours pareil, vous-tu allez-vas toujours à l’essentiel !! Sauf pour le vouvoiement-tutoiement, on n’a jamais pu décider 😉
    1. Va pour l’élimination du superflu, on en revient toujours à la même chose décidément avec toi : l’essentiel ! Sinon, pour vivre là, mais c’est quand même froid hein …
  3. Bonjour Laurence.
    Ce n’est pas du HDR ? Tu as bien fais de le préciser, car c’aurait pu. Car justement le HDR, ce n’est surtout pas ce que l’on voit partout. Les spécialistes ont beau s’égosiller à expliquer que normalement, le HDR, c’est fait pour se rapprocher au plus de la vision humaine, en amplifiant un peu, un tout petit peu ce dont un appareil photo n’est pas capable, alors que le HDR y parvient, rien n’y fait, personne n’écoute. Pourtant ce peut-être vraiment superbe, presque autant que ce que tu nous montres la 😉
    Et puis, en le poussant un tout petit peu plus (mais vraiment tout petit peu) on entre dans des possibilités créatives magnifiques car maitrisées et sobres, bien loin de toutes ces horreurs que l’on nous impose.
    1. Je suis sûre à 100% que tu as raison !!! J’ai en effet parfois vu des images traitées en HDR assez stupéfiantes ! Mais, mais, mais … il n’en demeure pas moins qu’à mon goût (mais ce n’est strictement qu’une question de goût !), même les images très bien réalisées ont un côté trop dur pour moi, trop précis, trop défini. C’est une sensation difficile à décrire à vrai dire 😉 Qui sait, peut-être qu’un jour je tomberai sur une série d’images qui pour le coup n’auront pas cet aspect trop dur et que j’en tomberai sous le charme ?
      Quoi qu’il en soit, merci 1000 fois de ton intervention car c’est toujours un plaisir de te lire !
      1. D’accord avec toi Laurence, mais qui a dit que le traitement HDR devait être le traitement final ? Qu’est-ce qui empêche de le reprendre ensuite pour l’adoucir, atténuer ou éliminer ce côté un peu dur que tu lui reproches à juste titre. C’est en tout cas ce que je pratique parfois, réduisant ce défaut résiduel, comme le fait notre cerveau qui peut lui aussi atténuer la dureté d’une image trop précise
        1. Absolument ! Rien n’empêche d’ajuster aux petits oignons un HDR, qui a dit le contraire 🙂 🙂 🙂 Et je suis sûre à 100% que tes images HDR me blufferaient !!
          1. Oh la la si j’ai pu paraitre prétentieux à ce point, j’en suis désolé, mes photos HDR n’ont franchement rien de bluffant, je préfère les tiennes non HDR. C’était juste pour dire qu’on pouvait améliorer après le traitement HDR.
    1. Bonjour ! Comme vos paroles me touchent ! Merciiiiii 🙂 🙂 Je ne vais pas répéter ici ce que j’ai déjà écrit dans l’article, mais je tiens à souligner que j’ai eu beaucoup de chance pour la lumière. Après, l’immensité du ciel, c’est aussi grâce à l’utilisation du 28 mm qui magnifie vraiment les espaces 🙂
      Bonne journée !!

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