S’il est une cicatrice laissée par l’histoire de Nanjing qui ne se referme pas, c’est bien celle de l’occupation des Japonais en 1937.
Ceux-ci commirent un massacre de plus de 300 000 civils. Exécutions de masse, viols, tortures, cette page monstrueuse de l’histoire permet de mieux comprendre les relations tendues qui subsistent entre la Chine et le Japon. En effet, ce dernier refuse toujours de demander pardon pour ces crimes commis en seulement 8 semaines (certains mouvements négationnistes japonais usent de toutes leurs forces pour en empêcher la reconnaissance).

Nanjing a érigé un mémorial sur un lieu symbolique où a été retrouvé un charnier. Il est appelé « La fosse aux 10 000 morts » et prend la forme d’une sépulture à moitié enterrée.
Le lieu est fort, très fort. Dès qu’on y pénètre on ressent une tension et un recueillement indescriptibles. Il n’est pas morbide, non, loin de là. Il est solennel et le silence règne malgré les centaines de personnes qui y déambulent.

J’y suis allée à plusieurs reprises et à chaque fois je me pose les mêmes questions : comment est-il possible que l’Homme commette de telles atrocités ? Je peux concevoir un acte de folie pure individuel. Mais de manière collective ? Comment toute une armée, des centaines de milliers d’individus peuvent-ils se transformer en de tels monstres ? Et pendant des semaines, massacrer des innocents, des gens sans défenses, mutiler des enfants, arracher des têtes, faire des concours de décapitation, violer des femmes par milliers,… et laisser leurs cadavres flotter sur les rivières, pourrir sous le soleil, les brûler dans les rues.

Et comment est-il possible, malgré toutes les preuves réelles et physiques, tous les documents, les photos, les films, les témoignages, … que certains croient que ces actes n’ont jamais existé. Comment est-il possible de ne pas avoir envie de toutes ses forces de hurler pardon ?

Dans les photographies qui suivent, je ne vous montrerai pas les lieux. Je ne vous montrerai rien des scènes choquantes qu’on découvre au fil des salles qui se suivent et se ressemblent par l’horreur de ce que l’Homme peut faire.
Je vous montrerai les gens, leurs émotions, leur incompréhension, leur stupeur. Ces photos sont à l’image de ce qui s’est passé pendant ces semaines de cauchemar : irrationnelles et brutes.
Je n’ai pas de réponses à mes questions mais je sais qu’il y a une qualité formidable en l’Homme : la capacité de résilience. Et au delà, la capacité de donner un sens à l’innommable, de faire en sorte que ces victimes ne soient pas mortes pour rien.
Puisse leurs martyrs apporter la paix dans le monde …















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