Je me suis souvent demandé si les artistes de rue réussissaient à manger à leur faim tous les jours, s’ils avaient assez d’argent pour se loger décemment, pour régler leurs factures d’électricité, pour se payer un forfait de téléphone, … Et pour cela, combien de temps doivent-ils être en représentation dans la journée ? Je me suis souvent dit que leur métier devait être épuisant. Comment arrivent-ils physiquement à tenir le coup, en hiver lorsqu’il fait vraiment froid ou en été quand la chaleur est suffocante ?
Depuis que je vis à Gênes, je vois ce saxophoniste à chaque fois que je passe par ce chemin, quelle que soit l’heure ou le temps qu’il fait. Et à chaque fois j’ai l’impression qu’il joue dans l’indifférence générale. Bon, il faut avouer qu’il n’est pas vraiment un virtuose mais ses airs de musique nous mettent malgré tout du baume au coeur et souvent après être passée près de lui je me surprend à fredonner la suite de la mélodie pendant le reste de mon chemin.
Ces photos n’ont rien d’extraordinaire mais j’ai eu envie de représenter la foule des passants indifférente à cet homme. Pour cela, j’ai utilisé un temps de pause assez long, ce qui m’a permis de « flouter » les passants et de faire apparaître par transparence mon saxophoniste et de laisser l’emprunte de pieds des badauds. Comme j’étais à main levée, il est clair que toutes les photos sont floues mais il me semble malgré tout qu’elles restent relativement lisibles.








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