L’homosexualité n’est pas une maladie

Reportage

J’ai décidé de partager sur Photofolle certains reportages que j’effectue en vue de diffusion dans les médias via la plateforme du Studio Hans Lucas. Cet article fait partie d’un travail sur le long terme que j’effectue autour de la problématique de l’homosexualité en Chine. D’autres suivront bien entendu, au fur et à mesure de mon avancée !

Voici l’article :


Un artiste chinois et un policier gay ont lancé une campagne de protestation pacifique afin de dénoncer les thérapies de conversion pratiquées par certains hôpitaux. 

Laobai explique que sa démarche comporte des risques. En effet, bien que l’homosexualité soit dépénalisée, en parler relève de « troubles à l’ordre public ». Par exemple, le propriétaire du logement dans lequel il a dormi la veille a été interrogé par la police sur les activités et projets de Laobai.

Inspirée du film «Three Billboards», cette campagne de protestation est organisée par l’artiste chinois Wu Qiong et un ami policier gay (qui souhaite conserver l’anonymat) afin de démontrer l’absurdité de la thérapie dite de « conversion » que certains hopitaux chinois pratiquent.

Bien qu’ayant été retirées de la liste officielle des maladies mentales en 2001, la termologie employée pour parler de l’homosexualité et de la bisexualité inclut toujours de vagues références aux « troubles de l’orientation sexuelle ». C’est pourquoi certains médecins proposent de soigner les homosexuels par le biais de traitements psychologiques et médicamentaux, allant même parfois jusqu’à proposer des électrochocs.

Wu Qiong a donc eu l’idée de faire défiler dans les rues de 8 grandes villes chinoises une procession de 3 camions sur lesquels sont affichés des slogans visant à sensibiliser le public sur ce problème : « Soigner une maladie qui n’existe pas », « L’orientation sexuelle fait encore partie des critères de diagnostic des maladies psychiatriques », « L’homosexualité a été officiellement supprimée de la liste des maladies mentales il y a 19 ans. Pourquoi en est-on encore là ? ».

 
 
3 camions, 3 slogans : 1. Soigner une maladie qui n’existe pas. 2. La déviance sexuelle fait encore partie des critères de diagnostic des maladies psychiatriques. 3. L’homosexualité a été officiellement supprimée de la liste des maladies mentales il y a 19 ans. Pourquoi en est-on encore là ? La procession de camions passe par des lieux symboliques de Nanjing, ici à Xinjieku au centre ville de Nanjing.

Parallèllement, Wu Qiong qui se dit hétérosexuel, prend rendez-vous avec des médecins en se faisant passer pour un homosexuel désirant « se soigner », afin de démontrer l’absurdité de ces traitements.

L’homosexualité n’est plus un crime depuis 1997 mais le sujet reste largement tabou en Chine, notamment chez les plus anciens qui vont même jusqu’à dire qu’elle n’existe tout simplement pas ici. Chez les jeunes, l’acceptation est beaucoup plus large mais les autorités préfèrent maintenir autant que possible l’omerta sur ce sujet et bloquent quasi systématiquement les événements qui pourraient lui être liés. L’homosexualité fait également souvent partie de la campagne de « purge » des sujets malsains dans les médias, ce qui fait que la communauté LGBT a du mal à se normaliser.

Manifester en public son appartenance à la communauté gay reste délicat en Chine. L’homosexualité n’est plus un délit depuis longtemps mais demeure un fort tabou et les autorités ne la voient pas d’un bon oeil, aussi elles surveillent de très près toute forme d’activisme.Ici, le slogan sur le camion explique que la déviance sexuelle (sous entendu l’homosexualité) fait encore partie des critères de diagnostic des maladies psychiatriques en Chine.

Pour le moment, Wu Qiong n’a pas encore rencontré d’opposition de la part des autorités et il se réjouit que son hashtag lancé sur les réseaux sociaux chinois n’ait pas été censuré. Mercredi 16 janvier, quelques jours après son lancement, il comptait 6 millions de vues.

    1. Merci ! C’est un travail au long cours, sur plusieurs mois, que je suis en train de mener. Ce sujet m’intéresse beaucoup car c’est autre une manière d’aborder la société chinoise car cela touche à de nombreux points « stratégiques »(famille, filiation, éducation, santé, …). À suivre donc ! 😉
  1. dis donc, quel combat tu mènes, je ne suis pas surpris, j’espère qu’il n’y aura pas de censure de la part des autorités, le chemin sera long et interminable au vu de ce qui se passe chez nous ou les actes homophobes augmentent,
    Bernard
    1. Bonjour Bernard !!! Oui, le chemin est long ! Pour le moment, son action se déroule sans heurts et rencontre un beau succès. La situation en Chine semble être assez différente de celle de la France et disons qu’il n’y a pas cette violence directe. par contre, la violence indirecte qui veut que cette « communauté  » se cache est difficile à vivre. Je continue mes investigations, mes rencontres et j’espère que dans quelques mois j’aurais un beau sujet et qui sait, peut-être contribuera-t-il à pacifier les choses ! Des grosses bises mon Bernard !

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