Non, non, vous ne rêvez pas, j’ai bien écrit que mon appareil photo porte des lunettes, et de soleil qui plus est ! Bon, je vous dois bien une explication quand même … Voilà, nous sommes partis faire une petite promenade histoire de profiter enfin du soleil et de la chaleur ! Et comme ça faisait bien longtemps que je n’avais pas emmené ma « grosse Bertha » (entendez par là mon réflex) et que je n’avais pas fait de macro de fleur depuis de longs mois, j’ai eu envie de renouer avec mon pécher mignon d’une époque.
Mais voilà, mon problème est qu’après avoir fait tant de macros, je n’arrive plus vraiment à y trouver de l’intérêt. Ô bien sûr, c’est toujours aussi magnifique lorsque j’ai l’oeil dans le viseur, chaque image est différente et propose son monde en soi, je suis toujours capable de rester de très très longues minutes sur mon petit cm2 d’herbe, de me coucher à ras du sol ou au contraire d’escalader un talus impossible, mais au final … j’ai l’impression de re-faire ce que j’ai déjà fait et de faire ce que d’autres font (très bien par ailleurs). Et ça ne colle tout simplement pas à mon tempérament qui me porte sans cesse à expérimenter de nouvelles issues.
Ainsi, au bout de quelques clichés (pour la plupart ratés d’ailleurs parce qu’il y avait décidément trop de vent pour arriver à faire une photo à peu près nette et surtout parce que la lumière était ultra plate), j’étais en train de me dire que je faisais n’importe quoi, ou tout du moins des photos relativement banales. Attention, je ne suis pas en train d’expliquer que les photos de fleurs ou d’insectes en macro ne valent rien, loin de là ! C’est juste qu’à ce moment là j’ai été déçue de moi-même en constatant que je refaisais les mêmes photos avec les mêmes ingrédients qu’il y a quelques mois : Profondeur de champ très très réduite pour avoir un maximum de flou, jeu sur les contrastes de couleurs, recherche du contre-jour, etc … Bref, en gros, la technique y était, mais l’âme était endormie dans un train train.
C’est alors que je me suis avisée que la lumière était bien plus jolie lorsque je portais mes lunettes de soleil. Vous imaginez bien qu’il n’y a eu qu’un tout petit pas à franchir pour que je les prête à mon appareil photo ! Les images que je vous propose de découvrir ci-après ne sont que de la pure expérimentation et elles sont largement perfectibles : la prochaine fois, je choisirais un jour sans vent, avec une lumière bien plus intéressante et surtout je partirais seule. En effet, techniquement ce n’est pas évident car l’appareil photo est dans une main, l’autofocus doit obligatoirement être désactivé, les lunettes sont dans l’autre main et il faut les orienter de manière à avoir un joli effet : tout ceci signifie passer pas mal de temps sur une même prise de vue et savoir que le reste de la famille attend que Madame ait fini met une pression peu propice à la création (les artistes sont des incompris on le sait !)
Allez, après ces digressions, entrons enfin dans le vif du sujet ! J’ai retenu 2 types d’effets qu’on peut obtenir :
L’effet scintillement : en fait, il ne s’agit que du reflet du plastique de la monture des lunettes dans la lumière.
L’effet dédoublement accompagné d’un dégradé. Là, je suis plus en peine pour vous expliquer ce qui s’est passé étant donné que j’avais l’oeil dans le viseur et que j’orientais les lunettes sans voir ce que je faisais réellement et ai déclenché lorsque ce qui apparaissait dans le viseur me plaisait.
J’ai également essayé pour une version paysage, mais le dédoublement obtenu ne m’a pas convaincue (regardez notamment les arbres, ça fait très artificiel et paradoxalement, très « tampon photoshop »). La première image est sans les lunettes, la seconde avec :
Une fois de plus, ce qui me plait dans ce genre d’exercices, c’est toute la potentialité créative au moment la prise de vue. Ce n’est pas du tout que je fais partie de ceux qui s’enorgueillissent de ne faire aucune retouche sur leurs clichés (j’utilise les logiciels de retouche comme j’userais d’une chambre noire), mais je dois avouer que j’ai un plaisir particulier à essayer d’obtenir le maximum de mon idée dès le déclenchement. J’aime cette espèce d’euphorie de l’anticipation.
Pour finir, j’aimerais partager avec vous 2 photos « classiques » qui ont malgré tout retenu mon attention. Dans les 2 cas, le filtre était l’ombre des arbres. Dans la première photo, « miraculeusement » seules les fleurs ont été éclairées par le soleil, et j’aime bien ce côté « photo d’herbier » qui en ressort. On pourrait presque croire que c’est une nature morte.
J’ai retenu cette seconde photo pour son côté très japonisant et le bel effet de matière des branchages en arrière plan. Une vraie photo printanière !!











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