La triste actualité vient de me rattraper … J’avais prévu de publier cet article aujourd’hui sur la grande Mosquée de Constantine et voilà ce que des barbares font : en plus de tuer 12 innocents, il assassinent aussi des millions de musulmans, à petit feu, en commençant par les prendre en otage puis en leur volant leur âme pour la jeter au diable.
Parmi les milliers de réactions, j’ai trouvé ce dessin qui résume si bien ce que je ressens, cette double indignation, cette inquiétude pour le futur, ce malaise où le risque est si grand de tout confondre, de tout mélanger tant l’émotion est forte
J’ai lu dans la presse ce matin ces mots de Robert Badinter :
«Enfin, pensons aussi en cette heure d’épreuve au piège politique que nous tendent les terroristes. Ceux qui crient « allahou akbar » au moment de tuer d’autres hommes, ceux-là trahissent par fanatisme l’idéal religieux dont ils se réclament. Ils espèrent aussi que la colère et l’indignation qui emportent la nation trouvera chez certains son expression dans un rejet et une hostilité à l’égard de tous les musulmans de France. Ainsi se creuserait le fossé qu’ils rêvent d’ouvrir entre les musulmans et les autres citoyens. Allumer la haine entre les Français, susciter par le crime la violence intercommunautaire, voilà leur dessein, au-delà de la pulsion de mort qui entraîne ces fanatiques qui tuent en invoquant Dieu. Refusons ce qui serait leur victoire. Et gardons-nous des amalgames injustes et des passions fratricides.»
Alors voici ce dont je peut témoigner, moi, une athée convaincue mais fascinée par l’expression spirituelle des Hommes sous toutes ses formes et par conséquent immensément respectueuse et curieuse des pratiques qui en découlent.
La grande mosquée de Constantine Emir Abdelkader est un ouvrage récent qui a été inauguré en 1994. Elle mérite bien son nom car l’édifice est absolument gigantesque et il me semble avoir lu quelque part que ses minarets sont parmi les plus hauts du monde. Elle pourrait accueillir jusqu’à 15 000 personnes ! Elle est annexée à une université islamique qui accueille chaque année plus de 3000 étudiants.

Ce qui est particulièrement frappant lorsqu’on pénètre dans dans l’édifice, c’est cette sensation d’immensité à la fois verticale (hauteur des plafond vertigineuse) et horizontale (comme il n’y a aucun meuble ni aucun siège, le regard peu aller d’un bout à l’autre de la salle sans être interrompu si ce n’est par les piliers ornés de mosaïques)
J’aurais eu besoin d’un objectif grand angulaire pour réussir à montrer la grandeur de la salle de prière. Aussi, je me suis plutôt concentrée à essayer de retranscrire la sensation de paix et de sérénité du lieu où chaque personne présente s’adresse à Dieu selon son mode d’expression : qui concentré sur une prière, qui lisant le Coran, qui se reposant, …
Il y a deux parties dans une mosquée : celle réservée à la prière des hommes et celle réservée aux femmes


Au pied de nombreux piliers, on peut trouver des pierres qui symbolisent la purification avant la prière. En effet, pour ceux qui sont trop malades ou handicapés pour se prosterner, ils peuvent malgré tout effectuer leur prière en tenant en main ce cailloux. Je me souviens encore de mon beau-père qui se saisissait d’une pierre identique chez lui alors qu’il était gravement malade et dont la foi ne l’a jamais quitté. Peut-être est-ce pour cela que j’ai eu envie de réaliser cette photo …
Aujourd’hui est un jour très particulier et je dois avouer que je n’ai pas vraiment le coeur à tenir des discours très longs. J’aimerais quand même conclure sur une évidence : lorsqu’on a de tels lieux de culte qui respirent la paix et le recueillement, quand nulle part on ne peut trouver un signe de quelconque violence, il est absolument impossible qu’ils engendrent une telle barbarie comme celle que nous venons de vivre. Ceux qui se réclament de l’Islam en commettant de tels crimes n’ont probablement jamais mis les pieds dans une mosquée, une vraie, une sincère, où seul compte sur le fond le rapport qu’un individu entretient avec Dieu.
Gardons-nous des amalgames et de la simplification bête, réductrice, haineuse.
















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