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  • Chongli, une station de ski en Chine

    Chongli, une station de ski en Chine

    Xi Jinping tiendra-t-il son pari et parviendra-t-il à mettre sur les pistes 300 millions de skieurs en 2022 ? Au vu des chiffres il en est capable 😉

    Remontons dans le temps … jusqu’en 2000, il n’y avait qu’une seule station de ski digne de ce nom en Chine. Entre 2000 et 2010, elles sont passées à 200 et aujourd’hui, elle en compte 568 ! En 1996 il y avait tout au plus 10 000 skieurs chinois et en 2015 ils étaient 12,5 millions. Certains experts disent que la croissance du marché des sports d’hiver est égale à celle vécue en Europe et Amérique du Nord depuis 1975, mais condensée sur seulement quelques années. Avec la venue des Jeux Olympiques d’hiver en 2022 en Chine et compte-tenu de ces courbes exponentielles, les paris sont même ouverts car le marché chinois pourrait bien les dépasser ! Ainsi, la Chine est devenu la deuxième région avec le plus de domaines skiables au monde, derrière les Alpes qui contiennent plus d’un tiers des stations de la planète.

    Alors qu’en Europe et en Amérique du Nord le marché est arrivé à maturité depuis plusieurs années et n’évolue plus guère voire même régresse dans certains pays du fait du vieillissement de leur population, les concepteurs de stations de ski européens et américains y voient une aubaine pour vendre leurs savoirs-faire et veulent tous une part du gâteau chinois. Des « chasseurs de montagnes » aux canons à neige en passant par les télécabines, les dameuses et même les formateurs des moniteurs ou des techniciens, la Chine est très demandeuse car elle a peu d’expertise dans ce domaine.

    Des partenariats sont aussi noués entre stations de ski. Par exemple, le domaine skiable Suisse LAAX s’est allié avec la station Chinoise Genting Resort Secret Garden. Grâce à cela, la station Chinoise bénéficie de l’image de marque du ski Suisse et en retour, les Suisses espèrent attirer des clients Chinois. Laax est loin d’être la seule station de ski à cultiver ce genre d’espoir et par exemple la Compagnie des Alpes qui gère entre autres La Plagne, Tignes, Val d’Isère, Les 2 Alpes, ou encore Les Arcs coopère avec des stations chinoises.

    Le Fulong Resort, une des 5 stations du district de Chongli

    Pour illustrer cet article, je vais vous emmener dans le Fulong Resort où j’ai passé quelques jours pendant les fêtes de Noël.

    Chongli est à environ 250 km au nord-ouest de Pékin. Elle est située dans une vaste région montagneuse mais pas très haute. Le sommet le plus haut culmine à 2000 mètres alors que le bassin lui est à 1200 mètres. C’est une région semi-aride et bien malheureusement pour le ski … il n’y a presque jamais de précipitations !! Par contre, en hiver les températures sont glaciales ce qui en fait, d’après les experts, une région idéale pour la neige artificielle.

    Il y a 10 ans, Chongli était située dans une des régions les plus pauvres de Chine. Mais ces dernières années, le projet des Jeux Olympiques est passé par là et la ville a été choisie pour accueillir une bonne partie des épreuves de ski. Alors qu’il fallait 4 heures pour la rejoindre depuis Pékin, le train à grande vitesse permet d’y arriver en moins d’une heure, des autoroutes ont été construites et bien que la ville soit encore en chantier à cause des aménagements pour les JO, la riche clientèle pékinoise y afflue désormais.

    Je dis la riche clientèle car à l’instar du golf et de l’équitation, le ski est réservé à une clientèle d’élite. En effet, en moyenne il faut compter environ 50 euros par jour et par personne entre le forfait et la location des skis. Vous me direz que c’est à peu près les tarifs européens, mais pour la Chine, ça fait une sacrée somme et ces tarifs sont clairement réservés à la classe supérieure.

    Les pistes de ski

    Il ne faut pas s’y tromper … les pistes indiquées noires sont en fait l’équivalent de nos postes rouges !

    Bon, Chongli n’est très clairement pas les Alpes ! Je dirais que les dénivelés sont plus proches des pistes du Jura et elles sont dans la très grande majorité assez faciles, même pour une skieuse comme moi qui suis loin d’être une pro ! Ceci dit, pour une station entièrement créée artificiellement, elle offre quand même 15 km de pistes et il y a de quoi se divertir quelques jours. Maintenant, de là à passer ses journées non stop sur les pentes pendant une semaine, l’ennui peut guetter. Et d’après ce qu’on m’a dit, il est d’ailleurs rare que les Chinois passent plus de 2 jours d’affilée à skier et préfèrent profiter en parallèle d’autres types d’activités, la numéro un étant le shopping ! C’est pourquoi les rues de Chongli sont remplies de dizaines de boutiques de sport qui proposent les marques les plus prestigieuses, toutes étrangères. Mais côté activités liées aux plaisirs de la montagne enneigée il faudra repasser et pour cause … Exit les ballades en raquettes ou en chien de traîneau comme je m’y attendais car il n’y a tout simplement pas de neige 😉

    Comme je le disais plus haut, l’absence de neige n’est pas due au manque de froid, loin de là ! Mais c’est le peu de précipitations qui fait défaut. Imaginez un peu … À l’heure où j’écris cet article, il fait -26 degrés et la température ressentie est de -34 ! Lorsque j’y étais, il faisait en moyenne -12/-15 degrés et le ressenti aux alentours de -20 degrés à cause du vent.

    chongli

    Après ma première descente, j’ai vite compris pourquoi les gens étaient emmitouflés avec des cagoules intégrales. Mon visage était complètement gelé ! Je crois que c’est la première fois que je skie par de telles températures. Autant vous dire que j’ai aussi sec adopté la cagoule Ninja et totalement renoncé au bronzage !

    Alors oui, avec ces températures l’impression d’hiver est bien là et même si le paysage est assez déroutant avec ces montagnes arides qui nous entourent, on pourrait s’y tromper et penser que la neige est naturelle ! Mais celle-ci vient d’une armée de canons à neige disposés tout le long des pistes et contre toute attente, sa qualité est exceptionnelle . Quelqu’un m’a dit qu’elle est moelleuse comme de la Polenta. Pour ma part, je dirais qu’on a plutôt l’impression de skier sur du sucre glace, à la fois souple, ultra lisse mais qui accroche bien quand il le faut, sans plaques de verglas ou vraiment exceptionnellement. C’est peut-être pour ça que j’ai eu l’impression de bien skier 😉 Le seul inconvénient est que lorsqu’il y a des rafales de vents, la neige s’envole et on a l’impression d’être dans une véritable tempête de neige. Autant vous dire que ça n’a pas été de la tarte de prendre des photos dans ce froid, ce vent avec les gants, les sous-gants, les lunettes, la cagoule, le casque et le tout en ayant les skis aux pieds 😉

    Petite anecdote … Les chinois ne reculent décidément devant rien face à l’adversité !

    Il existe en effet pour les apprentis surfers des coussins en forme de peluches tortues, hiboux, nounours, pandas, coccinelles, abeilles, bananes, fraises, kiwi, … qui se fixent sur les fesses pour amortir les chutes. Ils ont les mêmes peluches en plus petit sur les genoux.

    Et comme il ne faut se priver de rien et parce qu’il est parfaitement normal d’être « so cute », le nec plus ultra est d’enfiler par dessus le casque une housse doudou avec des oreilles de lapin, de nounours et même d’éléphant !

    Le bar-chalet

    Et oui ! Qui dit station de ski dit obligatoirement un chalet au milieu des pistes ! Je l’ai souvent visité pour me réchauffer je dois dire, il revet donc un importance particulière pour moi 😉

    Alors ce n’est pas à proprement parler une ambiance de chalet montagnard et le lieu fait plus penser à un bar citadin tendance vegano-branché-amateur-de-vin-et-de-bonne-cuisine ! Mais il est spacieux, entouré de baies vitrées et la musique y est bonne !

    Et du côté organisation et accueil des touristes ?

    Alors peut-être que c’est parce que je ne suis plus allée dans de grandes stations depuis belle lurette, mais je dois dire que j’ai été impressionnée par l’organisation et la fluidité des démarches pour acheter le ski pass et louer le matériel ! Il faut dire aussi qu’il n’y avait pas beaucoup de monde car la période de Noël n’est pas fériée en Chine et en plus j’y étais en semaine.

    J’avais en tête qu’il faudrait trouver une boutique pour louer les ski, mais en fait il n’y en a pas besoin car tout se fait dans le centre touristique. Je dirais même qu’on peut arriver en pyjama étant donné qu’on peut même louer les combinaisons, les gants, les chapeaux, … Et comme bien souvent, le personnel même s’il ne parle pas anglais, se démène pour nous aider et le tout se fait dans une très bonne ambiance 🙂

    Il faut donc tout d’abord rentrer dans le hall d’accueil. Mais pour cela, comme partout en Chine en ce moment pour les endroits qui accueillent des grandes masses de touristes, il faut montrer son « code vert ». Ce code s’obtient en scannant un QR code qui demandera à notre opérateur téléphonique si nous ne sommes pas allés dans une zone à « risque covid » dans les 14 derniers jours et ceci grâce au GPS. Et bien entendu, relevé de température, port du masque et lavage de mains obligatoires 😉

    Le côté location est également doté de casiers ! Je n’avais jamais connu ça, et le confort de ne pas avoir à trimballer tout son matériel de ski et ses chaussures de robocop a été plus que délicieux 🙂 🙂 Sur une des photos ci-dessous je vous montre une borne où il est possible de tout faire (ski-pass, location de ski, casiers, …). Ce type de bornes est présent partout dans Chongli et pas seulement dans la station, c’est peut-être pour ça aussi qu’il n’y avait presque personne aux guichets ?

    Vous remarquerez que la station de Fulong a probablement conclu un partenariat avec l’entreprise Française Rossignol. 100% du matériel de location est en effet sous l’égide de la marque. C’est agréable de faire un cocorico 🙂

    Vous remarquerez aussi peut-être que sur les tapis et sur la borne il est écrit « Forlong ». Comme tellement souvent, les transcriptions des idéogrammes Chinois à l’alphabet latin sont très approximatives. Je vous confirme que cette station s’appelle bien Fulong ! Enfin, je pense 🙂 C’est en tout cas ce qui est écrit à l’extérieur du hall d’accueil de la station … Vous comprenez maintenant pourquoi il est si facile de ne pas vraiment savoir où on est en Chine si on ne lit pas le chinois ? 🙂 😉

    Et bien entendu, c’est ici aussi que l’on réserve le professeur ! Il y a des chances que ceux-ci soient employés par l’entreprise Flower ski qui opère sur Chongli. C’est une des premières écoles professionnelles de ski et compte aujourd’hui 150 moniteurs. L’entreprise prévoit d’en recruter 500 d’ici l’année prochaine !

    Comme chaque soir, les moniteurs se rassemblent pour le debriefing. Lorsqu’ils ont vu que je les prenais en photo, ils se sont tout de suite positionnés pour un joli cliché de groupe !

    Au même niveau que le shopping, la ripaille est le sport national chinois ! Ainsi, le centre touristique se doit d’accueillir magasins de vêtements et restaurants. Sans eux, il serait en quelque sorte vidé de sa substance 😉 Organisé comme un centre commercial, l’immense hall qui permet d’accéder aux pistes est inondé de soleil tandis que dehors une multitude de petits restaurateurs proposent des repas et des sucreries à manger sur le pouce.

    Et bien entendu, frénésie du business immobilier oblige, le promoteur de la station en profite pour vendre ses appartements dont certains ne sont même pas encore construits !

    La frénésie immobilière

    Bien entendu à Chongli il y a pléthore d’offre hôtelière et ça ne va pas s’arrêter de si tôt ! La ville entière est envahie par les nouvelles constructions.

    Juste à côté des pistes, un ensemble a attiré mon attention. De quelle reproduction de village européen s’agit-il ? Je pencherais pour un village Autrichien ou Suisse 😉

    C’est vraiment intéressant de voir à quel point l’imaginaire joue un rôle important dans la promotion immobilière et comment les Chinois s’approprient des images de lieux que la plupart n’ont jamais vu en vrai *. Ici, très clairement, ce sont les Alpes qui inspirent !

    Ainsi, cet ensemble immobilier reprend toutes les caractéristiques d’une cité alpine. Si d’un certain point de vue l’ensemble peut faire illusion, lorsqu’on se tourne vers les zones non enneigées ça devient plus difficile de se croire dans le Tyrol 😉

    À l’heure où j’écris cet article, la résidence n’est pas encore en service. Et bien que tout semble achevé, jusqu’aux fausses fleurs sur les balcons, les petits anges pisseurs et même une simili-église (sans croix tout de même !), il n’y avait pas âme qui vive et tout semblait totalement inhabité. Le promoteur a probablement dû consulter son horoscope et fixé la date d’ouverture officielle lorsque les planètes seront parfaitement alignées 😉 Ce n’est pas une plaisanterie, aucun événement en Chine n’échappe à la superstition !

    * J’avais rédigé un article sur le « fake Paris » qui a fait tant couler d’encre à l’époque. Si vous souhaitez le lire, c’est par ici

    Voilà chers amis, j’espère que vous aurez pris un bon bol d’air frais ! De mon côté, je dois dire que même si je ne voulais pas partir avec des a priori, j’ai quand même été très agréablement surprise non seulement de la qualité des équipements mais aussi du niveau général de ski !

    La seule ombre au tableau à mes yeux est cette histoire de neige artificielle. Il est vrai qu’ici ils n’ont pas besoin d’ajouter d’agents chimiques comme c’est malheureusement le cas en Europe du fait de la hausse des températures. Mais ils vont quand même puiser dans la nappe phréatique et pour une région semi-aride cela me semble problématique. Ce système demande également énormément d’énergie électrique. Ceci dit, toute la région est véritablement truffée d’éoliennes et de panneaux solaires. Et quand je parle de région, c’est sur un rayon d’au moins 100 km ! J’espère que ça compense un peu l’impact …

  • La retouche photo au bout du crayon

    La retouche photo au bout du crayon

    La perfection ne s’obtient que par la retouche et par la refonte.

    – Antoine Albalat

    Et bien voilà, ce qui devait arriver arriva … Depuis que j’ai dû me résoudre à changer d’ordinateur car mon ancien était devenu vraiment trop lent et pas assez puissant pour mes fichiers photo et les mises à jour des logiciels de plus en plus gourmands, ma fidèle tablette Wacom m’a lâchée.

    Oh ! Ce n’est pas faute d’avoir essayé de la dépanner, d’être allée sur les forums pour comprendre pourquoi tout à coup elle se comportait comme une simple souris (les fonctions tactiles et les boutons ne fonctionnaient plus), d’avoir désinstallé et ré-installé des dizaines de fois le driver ! Non, rien n’y a fait …

    Alors pourquoi utiliser une tablette graphique me demanderez-vous ?

    Oui, parce que après tout, un photographe n’est pas un graphiste ! À part des cas très particuliers qui requièrent des outils tels que Photoshop pour faire des retouches spécifiques, des montages ou des manipulations sophistiqués, dans l’immense majorité des cas on se contente d’outils généraux tels que l’ajustement d’exposition, de contraste et de la balance des blancs, le redressement et le recadrage.

    Sauf qu’à mon avis, c’est une erreur d’appliquer ces ajustements à l’ensemble d’une image et c’est bien mieux de les faire localement, zone par zone et au cas par cas.

    Bien sûr ces ajustements ne sont pas nouveaux !! J’aime toujours rappeler à ceux qui dédaignent ce qu’on appelle maintenant la « post production », que depuis que la photographie existe ce même travail est effectué en chambre noire « traditionnelle ». Et que toutes les photos un peu anciennes qu’ils admirent tant sont toutes passées par un travail de développement minutieux. Je vous invite d’ailleurs à visualiser la vidéo ci-contre, elle est tellement instructive !

    On découvre donc notamment dans cette vidéo que la technique du « dodge and burn », qui consiste à éclaircir ou assombrir certaines zones de la photo par un ajustement d’exposition, est exactement celle qu’on utilise dans nos « chambres claires » informatiques. Et c’est là que la tablette graphique intervient 🙂

    En effet, tout ce travail local d’ajustements est tellement plus agréable et surtout précis à faire lorsqu’on a un crayon dans la main plutôt qu’une souris ou encore pire, qu’un trackpad ! Le geste est beaucoup plus naturel, fluide et fin. C’est pourquoi ça fait des années que j’utilise une tablette et son stylet, non pas pour dessiner, mais pour faire des ajustements locaux. Et je ne suis pas la seule, loin de là ! Bon nombre de photographes ne pourraient pas s’en passer 🙂

    Personnellement, je peux d’autant moins m’en passer que je travaille avec Capture One (ici le post que j’avais rédigé à propos de ce logiciel) qui, au contraire de Lightroom, utilise constamment les « pinceaux ». C’est vous dire à quel point j’ai été consternée lorsque ma tablette m’a lâchée.

    Il a donc fallu que je me mette en quête d’une nouvelle tablette …

    La tablette Huion Inspiroy

    Bien sûr, il y a pléthore de tablettes sur le marché, mais une marque domine de manière quasi monopolistique, c’est l’entreprise Wacom. Et à juste raison car il faut reconnaître que leurs produits sont d’excellente qualité et fiables (mais pas éternels la preuve 🙂 ). Sauf que ces tablettes coûtent très cher, ce qui pouvait se comprendre tant qu’il y avait peu de concurrence, mais aujourd’hui c’est une autre histoire compte-tenu de ce qui se fait sur le marché.

    Et lorsque j’ai vu que pour remplacer la mienne il m’aurait fallu débourser près de 350 euros, mon coeur a fait un bond !!

    Du coup, vous imaginez bien que je suis allée faire un tour chez la concurrence 🙂 Et je suis tombée sur la marque chinoise Huion. Après quelques lectures d’avis sur différents sites de graphistes, il semblerait que cette marque soit une excellente alternative à Wacom et pour un prix vraiment, mais vraaiiiiiiiiiment inférieur ! Regardez un peu … J’ai opté pour le modèle Inspiroy H1161 pour l’équivalent de 35 euros ! En Europe, ce modèle est vendu 89 euros sur le site du constructeur.

    Alors qu’est-ce qui justifie une telle différence de prix ? Et bien à vrai dire, je ne sais pas trop … Bien sûr, la Wacom est indéniablement d’une construction plus solide, plus épaisse, plus lourde. Mais comme je ne suis pas nomade avec cette tablette et qu’elle reste toujours bien sagement sur mon bureau, ce n’est pas un facteur déterminant pour moi et le matériau semble être de toutes façons de très bonne qualité.

    L’autre différence, majeure celle-ci, est le support pour le stylet qui est vraiment trop cheap, à tel point que le crayon tient à peine. En fait c’est un bout de plastique creux – mais qui renferme quand même 8 mines de rechange – donc à garder quand même 😉 Ceci dit, le stylet en lui-même est également tout à fait correct, peut-être plus léger que celui de la Wacom, mais qui tient vraiment bien en main, très doux à la fois au toucher et à la pression, ce qui fait qu’il est franchement agréable à utiliser. Et surtout, surtout, il n’y a pas besoin de batterie pour fonctionner !! Ça c’était un facteur choix déterminant pour moi !

    Capture d’écran du site Huion pour le modèle Inspiroy H1161

    Il y a d’autres différences entre cette tablette et la Wacom, certaines sont insignifiantes pour mon cas, d’autres au contraire représentent de sérieux avantages.

    La tablette Huion n’est pas wifi/bluetooth et ne fonctionne que si elle est branchée à l’ordinateur par un bon vieux fil. Personnellement, étant donné que je suis contrainte d’utiliser un VPN, tout ce qui fonctionne par wifi est source de problèmes car il y a presque toujours des conflits. Donc là je fais comme avec ma Wacom, je branche cette tablette avec l’USB directement 🙂

    Cette tablette n’est pas non plus totalement tactile. Hormis une zone représentée par un trait vertical près des touches, le reste est insensible au toucher et ne réagit qu’au contact du stylet. Je dois dire que c’est une limitation qui me convient parfaitement ! En effet, avec la Wacom qui était tactile sur toute sa surface, je devais toujours faire attention de ne pas l’effleurer par inadvertance, surtout en été lorsqu’on a les bras nus. C’était donc plus pratique pour moi de la mettre à distance, au dessus de mon clavier. Mais du coup c’était moins ergonomique car je devais toujours avoir le bras un peu tendu quand je l’utilisais. Avec la Huion ce n’est plus le cas et je suis tellement contente de pouvoir la mettre sous mon clavier, juste en face de moi ! Et cette petite zone tactile de la Huion est tellement basique que c’est impossible de faire un mauvais geste : c’est juste haut/bas. Je m’en sers donc pour zoomer et dé-zoomer. Et qui dit basique, dit que ça marche à tous les coups et extrêmement bien !

    Pour le reste, les dimensions des 2 tablettes sont sensiblement identiques. Celui de la Huion fait 28cm x 17 cm ce qui est parfaitement adapté à la taille de mon grand écran 🙂

    Et leurs stylets ont tous deux 2 touches supplémentaires dont personnellement je me sers pour le « clic droit » et la gomme.

    Plein de touches paramétrables !

    En fait, il y a une différence majeure entre les 2 tablettes et dont je suis plus que ravie, c’est le nombre de touches : la Huion n’en compte pas moins de 10 physiques et 16 tactiles ! Et ça c’est absolument génial ! Alors que la Wacom la moins chère à taille plus ou moins égale ( 201 euros sur le site Wacom) ne compte que 4 boutons personnalisables et la plus chère à taille légèrement supérieure ( 534 euros !) en compte 8, la Huion a donc 26 boutons au total. C’est une différence absolument énorme en termes d’ergonomie d’utilisation !

    Avec toutes ces touches à disposition et évidemment entièrement paramétrables, j’ai pu me faire mon petit bureau de raccourcis des outils que j’utilise le plus. Bien entendu, certains d’entre vous me diront que les raccourcis claviers ne sont pas faits pour les cochons et qu’ils peuvent allègrement remplacer ces touches. Je vous l’accorde. Mais ces raccourcis ne sont pas non plus faits pour les ânes comme moi qui n’arrivent pas à mémoriser plus que le « Command C », le « Command V », « Z » et Escape 😉

    Du coup, je me suis fabriqué des petites étiquettes que j’ai scotchées sur la tablette. Pour le moment c’est fait un peu de bric et de broc, entre des étiquettes que j’ai récupérées à droite à gauche dans mes « boîtes à bordel », des stickers et des zones sans étiquettes parce que pas besoin je sais à quoi elles correspondent. Un de ces 4 j’essayerai de faire une installation un peu plus design 😉

    Mais pour le moment, c’est un vrai plaisir de travailler ! Entre un ordinateur qui enfin ne rame plus et cette tablette qui me permet de travailler mes photos en plein écran sans avoir à aller dans les menus, donc avec le moins de distractions possibles, et le tout avec un crayon à la main, c’est le nirvana !

    Bref, la conclusion de tout cela, c’est que si vous cherchez une tablette à un prix plus que compétitif, même en Europe, cette marque chinoise est sérieusement à prendre en considération. Reste à savoir évidemment si le produit tiendra la route sur le long terme, mais ça, je ne pourrais vous le dire, je l’espère, que dans 10 ans 😉 Vous pouvez aller faire un tour sur leur site ici. Et si vous souhaitez un comparatif avec Wacom, c’est ici. Je tiens à préciser que je ne touche strictement aucune commission de rien, que ce n’est pas du « publi-reportage » ou quoi que ce soit dans le genre. C’est juste un petit retour sur cet achat qui peut-être servira à quelques uns d’entre vous 🙂 Et je rappelle également que l’avis que je donne est pour une utilisation de photographe qui est très différente et certainement moins exigeante qu’un graphiste ou un dessinateur !

    Et sinon je voulais vous demander … Vous, vous êtes plus tablette, souris, trackpad ou … chambre noire traditionnelle ? Et comment vous-y prenez-vous pour vos retouches ? N’hésitez pas à partager votre expérience dans les commentaires !

    Je peux enfin mettre mon clavier au dessus de ma tablette et avoir cette dernière juste en face de moi pour « dessiner » normalement.
  • Balade en campagne

    Balade en campagne

    Le week-end dernier, j’ai eu l’honneur d’être invitée à un festival d’art, le Yanping Art Festival. J’avais eu l’occasion il y a 2 ans d’y effectuer une résidence d’artiste dont je vous avais parlé ici et où vous pouvez voir la série finale là.

    Le sujet de ce post n’est pas de vos présenter les oeuvres de cette édition car je dois avouer qu’elles m’ont laissé relativement pantoises. Disons, pour faire un résumé, qu’elles ont été dominées par l’art conceptuel contemporain lequel, décidément, ne me fait pas vibrer, loin s’en faut …

    Non, surtout, j’ai envie de vous emmener à travers une balade sans but précis, comme celles que nous prenons plaisir à faire après un bon repas, histoire de se dégourdir les jambes tout en papotant de tout et de rien. Juste pour profiter du moment 🙂

    Alors vous êtes prêts ? Vous avez enfilé votre imperméable ? Car attention, il pleuviote !

    C’est parti pour notre petite visite en mode « discussion à bâtons rompus » 🙂

    Commençons par nous échapper de la maison et empruntons les ruelles du village. Je suis toujours étonnée de voir le nombre de chiens en liberté, tous extrêmement pacifistes d’ailleurs. Jamais aucun ne m’a grogné dessus et il est rare d’entendre des aboiements, comme s’ils n’appartenaient à personne et qu’ils n’avaient rien à garder. Et pourtant, ils ne sont absolument pas sauvages et nombreux sont ceux qui portent un collier. Par contre, ils ne cherchent pas particulièrement à se faire caresser non plus et j’ai rarement vu des personnes les toucher, sans pour autant que les gens soient inamicaux avec eux. Ils sont tout simplement là, leur présence est acceptée et on dirait plus une sorte de cohabitation pacifique où chacun doit en retirer un bénéfice j’imagine …

    Certains tiqueront peut-être sur l’hygiène de cette « boucherie » ambulante 😉 Mais je vous rassure, la viande est toujours consommée extrêmement cuite.

    Au contraire des villes où les gens sont complètement dingues de leurs chiens au point de leur dédier des salons de thé (oui, oui !) et où bien sûr seuls les chiens de race sont plébiscités, dans les campagnes c’est le royaume du corniaud ! Et côté alimentation, ils doivent plutôt compter sur les restes que sur des rations de croquettes enrichies en oligo-éléments 😉 Remarquez, au moins il n’y a pas de gâchis et aucun chien que j’ai croisé n’était famélique. Pouilleux oui, moche oui, mais maigre non 😉

    C’est l’époque de la récolte du « Fruit du moine », enfin, c’est ce qu’il me semble … Ce fruit n’est pas mangeable tel quel et il est surtout utilisé séché pour parfumer le thé ou en poudre en médecine traditionnelle pour remplacer le sucre pour les diabétiques. Il parait que son pouvoir sucrant est supérieur à la canne à sucre sans les inconvénients de celle-ci car il ne contiendrait pas de glucides.


    Autant je n’aime pas particulièrement me servir d’un balai, autant j’aime leurs formes si variées d’une région du monde à l’autre. Peut-être que je me trompe, mais il me semble qu’en France nous n’avons quasiment plus de balais faits avec les ressources locales. Ici en Chine, j’ai l’impression que chaque corps de métier et chaque région a son « modèle ». À Nanjing par exemple, les cantonniers utilisent des branches de bambous qui ont encore leurs feuilles. Les balais sont vraiment larges et parfaitement efficaces pour ramasser en ce moment toutes les feuilles tombées.

    Bien que ce village soit situé dans une zone au climat sub-tropical et que les températures descendent rarement en dessous de 10 degrés l’hiver, il y a quand même des saisons. Et qui dit saisons, dit fruits 🙂 En ce moment, nous sommes en plein dans la saison des fruits du moine, des fruits de la passion et des pamplemousses. Attention, les pamplemousses ne sont pas ceux que l’on connait en Europe. Ici, ils sont énormes et ils se mangent en quartiers, un peu comme si on mangeait une orange géante. Ils sont absolument délicieux, doux, pas acides et tellement juteux !

    Les potagers entrent en sommeil et partout ils sont protégés par la paille de riz dont la dernière récolte de l’année a eu lieu il n’y a pas longtemps. D’ailleurs, les champs ne sont pas très beaux à voir car il y a beaucoup de brûlis, et ces derniers, mêlés à l’eau en abondance (normal pour la culture du riz 😉 ) donnent un mélange pas très ragoutant …

    Ainsi, partout dans le village s’amoncèlent ces tas de « fruits des moines » et les fagots de bois. Mais attention, il ne faut pas s’y tromper ! Il y a peu de chances que ce bois serve pour se chauffer, il sera utilisé pour la cuisine. Bien sûr que les gens ont du gaz mais la tradition de la cuisine au feu de bois est encore très vivace. Quant au chauffage, comme dans tout le sud de la Chine, ou plus exactement tout ce qui se situe au sud du Yantze, les gens ne l’utilisent tout simplement pas, ou si peu. Et pourtant, même si on peu dire que 10 degrés ce n’est pas très froid, tenir 2 ou 3 mois à cette température n’est quand même pas d’un confort absolu 😉 Mais pour les chinois, entre la tradition et la croyance qui veut que chauffer soit mauvais pour la santé, ça ne pose pas de problème, il suffit juste d’être bien équipé en vêtements chauds. Et je peux vous assurer que même à Nanjing où nous avons quand même des hivers relativement courts mais très froids, peu d’appartements sont équipés en chauffage, et s’ils le sont, bien souvent les gens ne chauffent pas.

    Le festival a été l’occasion pour Jiulong de créer un Musée dans les locaux de l’ancienne école. La rénovation est vraiment bien faite et le nouveau bâtiment qui a été construit dans la cour, bien que de facture contemporaine, se fond parfaitement bien dans l’ensemble et ceci grâce à l’utilisation de la terre traditionnelle pour la construction des murs. Personnellement, j’aime beaucoup les fissures et les traces de raccords à droite à gauche. On a vraiment l’impression que cet édifice est là depuis bien longtemps et s’il n’y avait pas la présence de ces piliers en acier (vieilli eux aussi) et de la porte d’entrée en verre, on pourrait vraiment penser qu’il a toujours été là.

    À l’origine de ce festival d’art, il s’agit de dynamiser les campagnes et de les rendre attractives pour les citadins, notamment ceux venant de Hangzhou ou mieux, de Fuzhou. Pour le moment, son rayonnement est encore relativement local, mais le modèle de Jiulong a séduit un certain nombre de communes aux alentours et le festival s’est bien étendu ! Les citadins, eux, viennent lorsqu’il y a des événements particuliers et la structure qui gère le festival organise notamment régulièrement des conférences qui dépassent largement le cadre de l’art, comme par exemple l’aménagement du territoire, la sociologie et même l’ethnologie.

    Ainsi, j’ai pu discuter avec un anthropologue qui me disait que ce festival est très certainement un succès politique, les autorités locales ne pouvant être targuées d’immobilisme. En effet, beaucoup d’argent direct et indirect est injecté, que ce soit pour l’accueil des artistes et des conférences, pour l’aide à la rénovation des habitations anciennes ou au développement touristique et du commerce. Mais les habitants sont plus réservés sur l’utilisation qui est faite de leur territoire. Il est vrai qu’installer des oeuvres d’art contemporain au milieu des villages, parfois de manière définitive, sans concertation avec eux puisque les artistes ont carte blanche, je suis d’accord pour trouver ça moyen-moyen. Mais la contre-partie est qu’ils se sentent fiers d’appartenir à une communauté qui va de l’avant et dont l’aura rayonne, y compris au niveau des grandes villes qui maintenant connaissent ce bout perdu de campagne. Et puis d’un point de vue tout à fait pragmatique, le fait que le festival s’étende maintenant sur plusieurs villages signifie pour eux la construction de routes plus larges qui leur donne un accès plus rapide à la civilisation (sic !)

    Dans un des villages, une taverne a été rénovée et on y déguste principalement de la Baïjo, un alcool de riz très puissant ainsi que de la bière.

    Là, j’y ai eu une conversation bien arrosée avec trois jeunes artistes très touchants, plein de rêves et surtout aux désillusions grandissantes. Le premier rêve de faire la révolution et de changer le monde. Quoi de plus normal à 23 ans 🙂 Son plan est donc de rentrer dans les Jeunesses Communistes puis de gravir les échelons afin de faire exploser le système de l’intérieur. Je lui souhaite bon courage mais qui sait, peut-être y arrivera-t-il ? La seconde se bat pour les droits des homosexuels qui en Chine, bien qu’ils ne soient pas du tout criminalisé au sens juridique, est un sujet tellement tabou que c’est tout comme. Enfin la troisième, après avoir fait ses études aux Etats-Unis et entamé un long voyage en Europe est rentrée pleine de désillusions sur nos pays. Confrontée au racisme et à l’inégalité des chances due à l’origine ethnique, elle pleurait en me disant que « les gens se pensent libres mais ils n’ont pas les moyens d’être éduqués, ils sont agressifs et se moquent d’humilier en pensant que c’est leur droit d’expression, certains ne peuvent même pas aller en boîte de nuit profiter de la musique parce qu’ils sont noirs ou arabes. C’est ça le monde libre ?  » me disait-elle.

    Allez, il est temps maintenant de rentrer 🙂 J’espère que notre balade et notre discussion à bâtons rompus vous aura divertis !

    Pour finir sur une note légère, je vous laisse avec ce groupe de théâtre aux costumes magnifiques qui nous transportent dans un autre temps ! Ceci dit il parait qu’il y a un fort retour, notamment de la part des jeunes, en ce qui concerne les vêtements traditionnels qui sont alors portés les week-ends ou pour les fêtes familiales. Il y a même tout un business qui est en train de se monter autour de cette tendance, notamment dans les lieux touristiques où de plus en plus de boutiques proposent des vêtements à la location pour quelques heures ! La prochaine fois que j’irai en Bretagne, je m’habillerai en Bigoudaine ! Ou mieux ! En princesse courtisane si je vais visiter Versailles 😉 😉

  • Les talents s’invitent chez Photofolle

    Les talents s’invitent chez Photofolle

    Qui aurait dit il y a quelques années que j’aurais pris un tel plaisir à partager mes connaissances en matière de photographie ?

    Certainement pas moi 😉

    Mais plus j’avance dans ma pratique, plus je découvre à quel point la photographie est fascinante, et plus j’éprouve de plaisir à communiquer mes découvertes !

    Freud a écrit :

    « La responsabilité de celui qui sait est moins de partager le savoir que de partager les réflexions auxquelles l’a conduit ce savoir. »

    Sigmud Freud

    Les Ateliers Créatifs que j’anime se situent dans cet esprit. Loin de vouloir me borner à donner des recettes de cuisine qui seraient soit disant applicables partout et en toutes circonstances, je m’efforce au contraire de stimuler la curiosité et d’ouvrir les possibles.

    Et quand j’ai un auditoire talentueux tel que celui des derniers ateliers, ce n’est que du bonheur !

    C’est pourquoi j’ai concocté une petite vidéo qui synthétise les travaux des participants aux derniers Ateliers afin de leur rendre honneur. Un clic vous fera entrer dans leur monde !

    Ainsi, je souhaite remercier du fond du coeur Christine, Eric, Marie, Nicolas, Patrice et Stéphane pour ces 6 semaines durant lesquelles nous avons pu échanger, soumettre, progresser, réfléchir, découvrir, surprendre, bref, en un mot, … faire de la Photographie !!!

    Je pense démarrer une nouvelle session d’Ateliers Créatifs. Si vous souhaitez en savoir plus et, pourquoi pas vous inscrire, rendez-vous sur cette page où tout est expliqué !

  • À l’isolement dans le magazine OpenEye

    À l’isolement dans le magazine OpenEye

    J’ai le plaisir de partager ma série « À l’isolement » dans les pages du magazine OpenEye.

    J’ai réalisé cette série lors du déclenchement de l’alerte « Anti-covid » en Chine, au mois de Janvier/Février. À l’époque, personne n’aurait pensé que des images similaires puissent être prises quelques semaines plus tard en Europe.

    Et pourtant … Que de gâchis depuis …

    Si vous souhaitez voir ou revoir cette série, c’est par ici : https://www.photofolle.net/il-etait-une-fois-le-coronavirus/

    Le magazine OpenEye est quant à lui disponible sur ce lien : https://www.openeye.fr/lire-le-magazine/

  • Redresseurs de torts

    Redresseurs de torts

    Une lectrice m’a fait remarquer récemment que dans un de mes derniers posts, les lignes de certaines de mes photos n’étaient pas parallèles au bord du cadre. Je l’en remercie sincèrement car elle me donne l’occasion d’aborder un sujet qui me tarabuste depuis un certain temps : la question du redressement des lignes.

    Je vais m’intéresser dans cet article plus particulièrement aux photographies d’architecture car c’est là que généralement se pose le plus la question.

    Il y a 3 aspects qu’il faut différentier car la réponse va être de trois ordres :

    • Le redressement d’une photo car elle n’est pas horizontale
    • La déformation des lignes due à l’objectif,
    • La déformation due à la perspective,

    Commençons par aborder le premier point car celui-ci est le plus simple 🙂

    La ligne d’horizon

    Tous les photographes le savent, mieux vaut, la plupart du temps, que la ligne d’horizon soit bien parallèle au bord du cadre. Vous remarquez que j’ai bien souligné « la plupart du temps » car comme toujours il existe des exceptions et j’ai vu des photographies dont l’horizon n’était pas parallèle et c’est justement ce « défaut » qui en faisait toute la force expressive ! Comme toujours, les règles existent pour de bonnes raisons, mais on a aussi d’excellentes raisons de leur désobéir lorsqu’elles ne suffisent pas – ou plus.

    Ceci étant dit donc, de manière générale, il vaut mieux avoir sa ligne d’horizon bien parallèle au bord du cadre 🙂 La raison en est simple : naturellement, on voit les choses « droites ». Un pylône, s’il est penché, va nous donner une impression de fragilité, une surface d’eau ne peut être qu’horizontale (sinon, notre cerveau a parfaitement intégré qu’elle coulera !), un bâtiment doit être droit, à part la Tour de Pise (mais c’est justement parce qu’elle est penchée, donc exceptionnelle, qu’elle est connue !)

    Ainsi, la photo ci-contre nous montre une ligne d’horizon formée par les escaliers parfaitement parallèle au cadre et horizontale. De plus, les pylônes ainsi que les murs du bâtiment sont tels qu’on attend qu’ils soient, c’est à dire bien verticaux. La courbe formée par le dôme est un style architectural qui n’entre évidemment pas en ligne de compte.

    Bien entendu il est assez rare qu’à la prise de vue on soit strictement parallèle même en faisant bien attention, et bien souvent il est nécessaire de redresser un chouilla. C’est pourquoi lorsque les lignes sont aussi fortes qu’ici il est préférable de cadrer légèrement plus large à la prise de vue de manière à avoir du rab lorsqu’on redressera en post-production.

    La déformation due à l’objectif

    La déformation des lignes liées à l’objectif se caractérise par des lignes qui ont tendance à être convexes ou concaves sur les bords. C’est ce qu’on appelle la distortion.

    Pour comprendre, un objectif est composé d’un groupe de lentilles, certaines concaves et d’autres convexes. Elles sont là pour compenser les défauts les unes des autres.

    La plupart du temps, dans le cas d’un zoom, ce groupe de lentilles se déplace d’un seul bloc, en fonction de la longueur focale choisie. Ce qui veut dire en termes plus compréhensibles, que ce groupe de lentilles s’éloigne ou se rapproche du capteur selon que l’on zoome ou non. Si on dit par exemple qu’on est à une longueur focale de 35 mm, ça signifie que le centre optique de mon groupe de lentilles est à 35 mm de mon capteur. À 300 mm, mon centre est à 300 mm du capteur, etc … C’est pourquoi un objectif à 35 mm est toujours beaucoup plus court qu’un 300 mm

    Source de l’image : wikipedia

    Explications du schéma ci-contre :

    La ligne verticale noire représente le diaphragme. En fonction d’où il est placé, devant, derrière ou au centre, voici ce qu’on obtient :

    • Ligne 1 : Déformation dite en coussinet
    • Ligne 2 : Déformation dite en barillet
    • Ligne 3 : Pas de déformation

    Idéalement, il faudrait donc que tous les objectifs aient le diaphragme placé entre 2 groupes de lentilles. Sauf que ces objectifs sont rares, très rares et donc chers, très chers 😉

    Bien entendu, les constructeurs font tout leur possible pour minimiser ces distortions. Sur les objectifs dits à focale fixe il y arrivent relativement bien car c’est plus simple puisque ça ne bouge pas. Par contre, en ce qui concerne les zooms, ces distortions aux focales extrêmes sont la plupart du temps très visibles, voire gênantes dans le cas de zooms de moins bonne qualité

    Autant si l’on photographie en argentique on ne peux rien corriger (ou très difficilement), autant en numérique on a à notre disposition des outils très faciles à utiliser pour compenser ces distortions. Certains logiciels de traitement d’image tels que Lightroom ou Capture One (je ne connais pas les autres donc je ne me prononcerai pas) ont même une base de donnée interne des objectifs qui corrige automatiquement les distortions à l’importation ! Attention ce pendant, il ne faut pas attendre non plus de miracle ! Si votre objectif n’est pas bon et qu’en plus de déformer fortement il perd de la qualité sur les bords de l’image, ça sera de toutes façons difficile ! De même, à des focales extrêmes, la distortion restera présente quoi qu’il en soit.

    Mais la déformation ne tient pas seulement à la qualité optique de l’objectif, ça serait trop simple ! Elle dépend aussi de notre distance vis à vis de notre sujet et de notre angle de vue (la perspective).

    La déformation due à la perspective

    La déformation due à la perspective est assez différente des 2 autres dans ce sens que, quoi qu’il en soit, les lignes finissent en diagonale !

    En architecture (mais pas que) on utilise souvent des objectifs à bascule et décentrement. Ils permettent de garder le boîtier bien perpendiculaire au sujet et donc d’éviter les déformations de perspective.

    Bien sûr, là aussi l’objectif est en cause. Mais à moins de mettre une petite fortune dans un objectif à bascule, le meilleur objectif standard du monde déformera toujours selon notre point de vue !

    Ainsi, dans la photo ci-contre, j’ai une grosse déformation des lignes des bords due à la perspective. Ma ligne directrice (en vert) est parfaitement verticale. Par contre, les autres lignes que j’ai soulignées en rouge sont sérieusement penchées. Cette déformation est celle de la perspective.

    De là il découle un conseil fort avisé 😉 Si vous voulez à tout prix éviter l’effet de perspective, éloignez-vous autant que possible du bâtiment de manière à ce que votre appareil photo reste le plus perpendiculaire possible face à la scène. Dans la photo ci-contre, j’étais très proche et j’ai donc dû faire pivoter mon appareil me mettant en situation de contre-plongée. Si vous voulez que cet effet de perspective conserve un aspect naturel, cadrez frontalement, c’est à dire que vous devez être positionné juste en face du bâtiment de manière à ce que la ligne centrale (réelle ou imaginaire, en vert dans la photo) soit parfaitement au centre. Toutes les autres lignes de chaque côté viendront alors converger avec un effet miroir (lignes rouges de la photo).

    Sachez aussi qu’un cadrage vertical accentuera l’effet de perspective alors que dans un cadrage horizontal la déformation sera moindre.

    Enfin, une focale courte (jusqu’à 35-40 mm) aura tendance à beaucoup plus déformer qu’une longue focale (à partir de 50 mm).

    Alors, faut-il redresser les lignes ou non ?

    Comme toujours, il n’y a pas de réponse toute faite et je suis au regret de donner une réponse de Normand : ça dépend 😉

    Ca dépend avant tout de l’intention du photographe mais aussi de ses goûts esthétiques, des conditions de prise de vue, de l’importance de la déformation, …

    Pour ma part, je pense que s’il y a des lignes très proches des bords et que si celles-ci ne sont que très modérément tordues, on a tout à gagner de les redresser afin d’obtenir une image « propre », surtout si on a à faire avec de l’architecture moderne.

    Mais dans le cas d’une architecture plus ancienne, les déformations ne gênent pas vraiment à mon avis, je dirais même au contraire, elle peuvent même parfois renforcer l’impression d’ancien ou de vintage dans le cas de la photo en NB ci-dessous, voire d’étrangeté comme dans l’exemple de la photo du temple. Bref, on voit bien que tout ça est bien subjectif 😉

    Par contre, il y a des situations où je trouve que le redressement de ces lignes donne un résultat plus que moyen car ça manque totalement de naturel.

    Les photos ci-contre en sont un bon exemple. Les 2 premières, celles des tours, ne sont pourtant si déformées que ça à l’origine, mais le fait d’avoir redressé les lignes des bords les rend très bizarres à mon goût. En tout cas, elle ont clairement la marque de la correction numérique (ce n’est pas un mal en soit bien sûr !) mais pas très bien faite, avec un manque flagrant de subtilité. À la limite, la première pourrait servir de photo abstraite si je la retournais 😉

    Quant à la dernière photo, elle était vraiment très déformée car j’ai dû brandir mon appareil à bout de bras et même ainsi j’étais en légère contre-plongée. En post-production j’ai essayé de redresser les lignes du mieux que je pouvais, mais je trouve que les immeubles ont vraiment une drôle de tête. Et pourtant, comme vous pouvez le constater je n’ai pas redressé le bord gauche jusqu’au bout car croyez-moi sur parole, c’était encore pire !

    Bref, à mon avis, il arrive parfois que trop de perfection tue la perfection ! Et je préfère 1000 fois une photo au bords déformés mais à l’aspect naturel plutôt qu’une photo où l’on sent le forçage artificiel.

    Amusons-nous avec les perspectives et les diagonales

    Vous l’aurez donc compris, je suis plutôt partisane de laisser vivre les perspectives et les diagonales et de n’opérer avec l’outil « redressement » que vraiment lorsque ça apporte quelque chose à la photo et à condition que ça reste naturel !

    Je suis plutôt le genre de personne qui préfère s’adapter, ou mieux encore, tirer profit des contraintes 😉

    Mon objectif déforme ? Je ne peux pas changer mon point de vue ? Le building que je veux photographier est trop grand ? Qu’à cela ne tienne, des diagonales je créerai, avec elles je m’amuserai 🙂

    Encore une fois, il est important de souligner qu’il n’y a pas de méthode miracle, pas de recette de réussite assurée, pas de règle gravée dans l’airain.

    Les outils numériques nous offrent une facilité de post-production dont il faut pleinement profiter. Avec eux nous avons une vraie maîtrise de notre image finale. Mais si ces outils de redressement en particulier sont d’une facilité déconcertante à utiliser, ça ne veut pas dire qu’il faut le faire systématiquement.

    Ce qui fait la force d’un magicien, c’est que ses trucs et astuces sont invisibles, indétectables. Faisons de même avec nos images, laissons la magie sur le devant de la scène, ne décevons pas les lecteurs en laissant apparaître les dessous des cartes 🙂

    Chaque photo, chaque situation est unique. À nous de prendre la bonne décision et d’intervenir à bon escient !

  • Vive l’abolition des frontières !

    Vive l’abolition des frontières !

    Au mois de mai dernier, j’ai lancé l’expérience des cours en visioconférence pour un public francophone. C’est ainsi que « Les ateliers créatifs » sont nés 🙂

    Amandine, Marie, Patrice, Stéphane et Vincent ont partagé l’aventure de cette première pour moi, pour nous, et je dois dire que ça a été un succès ! J’avais en effet quelques craintes sur les problèmes de connexion, sur le fait qu’on ne soit pas tous au même endroit en présence et que par conséquent on perde en chaleur humaine.

    Ces craintes ont été balayées ! Et je dirais même plus, nous avons formé un groupe vraiment sympathique, avec beaucoup d’échanges constructifs et bienfaisants. Et même les décalages horaires n’ont pas eu raison de notre assiduité et de notre bonne humeur ! Imaginez un peu, Amandine en Californie, Marie, Patrice, Stéphane et Vincent éparpillés en France et moi en Chine. De ce point de vue, la technologie nous ouvre des portes que nous n’aurions jamais pu franchir sans elle !

    De mon point de vue d’enseignante, la distance n’a rien changé, ou presque, par rapport à lorsque je donne des cours en salle. Je téléchargeais les photos la veille sur mon ordinateur, et le jour du cours, avec le partage d’écran, on a pu les visionner tranquillement tout en échangeant et j’ai pu montrer en direct les corrections que je suggérais. Finalement, ça ne change pas beaucoup par rapport à un cours en salle où je fais la même chose avec un vidéo projecteur !

    Et les participants, qu’ont-ils à en dire ?

    Bon, pour une fois, je vais arrêter de parler et donner la parole aux participants 🙂 Je dois avouer que leurs mots me font rougir de plaisir et je les remercie vraiment de tout coeur pour leurs remarques si gentilles. Je vous promet, je ne les ai pas forcés 😉 😉 😉

    Amandine

    « Pourquoi fait-on de bonnes photos de temps en temps ? Laurence défait les mythes et nous explique que l’important c’est de voir notre environnement et de l’exprimer selon notre voie intérieure. Elle nous guide pour trouver notre style sans tomber dans les clichés. Elle nous ouvre des portes insoupçonnées et nous donne envie de poursuivre notre passion avec encore plus de détermination.« 

    Amandine

    Amandine est une photographe, mais plus encore ! Elle excelle dans l’art de la création des livres d’artiste et je vous convie vivement à aller découvrir ses oeuvres sur son site, ou mieux encore si vous êtes dans le coin, directement dans la collection des livres du Centre Georges Pompidou ou du Getty Museum à Los Angeles 😉 http://anpfotos.com/

    Marie

    « Travailler un thème photo en fixant quelques contraintes est une démarche très stimulante pour continuer à évoluer et se faire plaisir. Et c’est encore plus encourageant d’avoir un retour sur ses images, de les partager au sein d’un groupe et d’échanger.
    Après une période de créativité mitigée et un manque d’inspiration, j’avais besoin de me fixer ce genre de défi. La formation de Laurence m’a re-boostée … j’ai apprécié son professionnalisme, sa pédagogie et nos rendez-vous hebdomadaires et je n’ai qu’une hâte, c’est nous retrouver tout bientôt. »

    Marie

    Marie est une photographe qui voit la vie comme un poème. Son monde intérieur est fait de tendresse et de délicatesse. Davantage portée sur les situations intimistes, elle fait preuve aussi d’audace et nous a offert de belles surprises ! Allez découvrir son site https://mpascreauduguet.wordpress.com/ et pour les abonnés Instagram, c’est par ici https://www.instagram.com/marie_pascreau/

    Patrice

    « J’ai eu l’occasion de suivre une session de formation de Laurence intitulée «Ateliers créatifs « et se déroulant sur 6 semaines. Chaque session portait sur un thème particulier (instant décisif, les lignes etc …) suivi d’exercices à remettre à la session suivante. Cette formation m’a permis d’approfondir certains élément de composition et d’améliorer mon regard en photographie. Les thèmes exposés chaque semaine par Laurence sont clairs et j’ai adoré la revue hebdomadaire des photos de chacun . Laurence a l’art et la manière de dire ce qui va dans nos photos mais aussi ce qui va moins bien et peut être amélioré,  et ceci avec beaucoup de tact et de courtoisie, pédagogie et générosité. J’ai découvert, à l’occasion de ces revues, combien le regard de chacun pouvait être différent et d’une grande richesse.Je suis très satisfait de cette expérience à tel point que je la renouvelle prochainement  Je recommande vivement ses ateliers pour tout amateur désirant avancer dans son chemin photographique. »

    Patrice

    Enthousiaste ! Voilà le premier mot qui me vient à l’esprit pour décrire Patrice. Mais tout de suite après, j’ai envie d’ajouter un dénicheur de situations, un homme qui se met au défi de dépasser ses acquis et un insatiable curieux. Ses photos sont visibles sur Instagram à cette adresse : http://instagram.com/patrice_gautier

    Stéphane

    « Ces ateliers furent pour moi, un non averti, une vraie découverte. Les cours sont dynamiques, agréables et tellement enrichissants. C’est à chaque fois de vrais moments de partage  constructifs sur des cas concrets : nos photos … Il est évident que j’ai la chance (ou nous) d’avoir une « pro-fesseure » vraiment au top et bienveillante qui m’apporte (ou nous) une vision différente de la photo avez des repères techniques, de perception, de créativité et de partage d’expérience qui participe au succès de ses cours et tout cela en toute simplicité. »

    Stéphane

    Stéphane est un photographe en début de parcours mais qui a un vrai potentiel ! En tant que professeur, c’est un bonheur de petit à petit aider à défricher ce terrain en jachère, mais surtout sans rien jeter ! Car tout est là pour en faire un magnifique jardin ! Allez voir le site de Stéphane ! https://www.eyeem.com/u/29674195

    Vincent

    « Réaliser 10 bonnes photos chaque semaine est un vrai défi. Cela nécessite d’être ouvert à tout ce qui peut survenir, l’appareil photo constamment à portée de main. À travers les différents thèmes proposés, Laurence nous pousse à sortir de notre zone de confort pour trouver notre propre identité.

    J’ai adoré découvrir chaque semaine les images des autres stagiaires, leurs personnalités photographique toutes très différentes. Et l’analyse de nos photos par Laurence est tellement enrichissante et constructive ! C’est une excellente pédagogue ! « 

    Vincent

    Vincent est photographe et vidéaste professionnel aguerri et intervient principalement dans le domaine du corporate. Durant ces ateliers, il a quitté le monde des entreprises pour souvent explorer les sentiers sinueux des sentiments et des problématiques sociales. Un vrai bonheur de découvrir ses images ! Son site internet est visible à cette adresse : https://www.flickr.com/photos/157014570@N05/

    Comme vous pouvez le constater, le groupe était assez hétérogène et c’est justement cela qui en a fait la richesse ! J’ai essayé de concevoir ce cours pour que tout le monde s’y retrouve et que le « niveau » ne soit pas un facteur discriminant. J’essaye avant tout de mettre le doigt sur la propre voix de chacun et surtout de la respecter, l’encourager.

    Si ce petit compte-rendu a attisé votre curiosité à propos de ces ateliers, allez jeter un coup d’oeil à la page qui lui est consacrée ! La prochaine session débutera le 26 septembre prochain pour 6 semaines de photos en folie, alors il n’y a pas de temps à perdre 😉 😉 😉

    Toutes les photos sur cet article sont la propriété intellectuelle des stagiaires. Il est donc bien entendu interdit de les utiliser.

  • Xiapu, entre dentelle et tricot

    Xiapu, entre dentelle et tricot

    Xiapu, entre dentelle et tricot

    Non, non, je n’ai pas disparu dans les limbes de la toile, je n’ai pas non plus été enlevée par les chinois ni ne suis partie dans une contrée loin de la folie du monde ! C’est juste que ces dernières semaines (mois !) ont été très intenses 🙂

    Alors comme je n’aime pas toujours brusquer les choses, j’ai eu envie de renouer avec vous avec des images douces, apaisantes et pour cela je vous emmène dans une partie de la Chine pour laquelle j’ai eu un vrai coup de coeur !

    La côte du nord de la province du Fujian

    Pour vous donner une idée un peu plus précise de l’échelle, Xiapu est situé à 800 km au sud de Nanjing
    zoom sur le district de Xiapu

    Attention, j’ai écrit Xiapu en gros pour que ce soit bien visible ! En réalité, c’est un district du Fujian de taille très modeste (grand quand même comme la Guadeloupe !), peu connu, peu touristique et relativement peu densément peuplé pour l’Est de la Chine.

    Étant donné que cette année nous n’avons pas pu rentrer en Europe à cause de ce fichu Covid, nous avons décidé de mettre le cap sur cette région pour nos vacances. Quelle belle découverte !

    Alors pourquoi avons-nous choisi cet endroit me demanderez-vous ? En fait j’en ai entendu parler par le monde des photographes ici qui m’ont vanté à de nombreuses reprises la beauté de cette côte de la mer de Chine, qui a la particularité d’être exploitée depuis les temps immémoriaux pour l’aquaculture.

    Et puis j’avais vu des photographies de Michael Kenna de cette région, extrêmement graphiques grâce aux fermes aquatiques et, vous vous en doutez, je m’étais du coup promis d’y aller un jour 😉

    Xiapu n’est pas à proprement parler touristique, ou disons que ce qui en fait précisément le charme, c’est qu’il s’agit plutôt d’un tourisme assez confidentiel et je pense orienté pour la classe supérieure citadine de Fuzhou, Hangzhou ou Shanghai, et bien entendu pour les photographes. On y trouve donc beaucoup de petits hôtels d’une dizaine-quinzaine de chambres maximum, très modernes et design, perchés sur les falaises avec des vues imprenables. Et pour notre plus grand bonheur, on n’y trouve pas de grands complexes touristiques ni d’aménagements qui défigurent la côte. On y vient pour profiter du luxe, du calme et de la volupté, le tout pour bien moins cher que dans des sites prisés tels que Xiamen plus au sud 😉

    Tous les villages sont restés authentiques et la source de revenus quasi exclusive provient de la pêche et des métiers qui y sont liés. Et parmi ceux-ci, il y a les incontournables fournisseurs de bambous qui serviront à l’élevage des crustacés.

    Au moment où nous y étions, ils étaient en pleine préparation et c’étaient des centaines de milliers de bambous qui s’accumulaient partout. Comme j’aurais aimé les voir en mer ! Mais pour cela, il faudrait que je revienne en octobre. Et en attendant, j’ai dû me contenter de ceux qui ont résisté à la dernière saison de pêche.

    Une côte en dentelle

    Alors si je vous parle de dentelle, c’est parce que c’est vraiment l’effet que m’a fait la côte. Découpée en mille morceaux, la rive de la mer de Chine est extraordinairement compliquée, sans compter les centaines d’îles. Avec la marée aidant, et à moins d’être à un endroit sans équivoque possible, on ne sait jamais si on est au bord de la mer, d’une rivière ou d’un lac. En effet, la mer s’enfonce parfois sur plusieurs dizaines de kilomètres à l’intérieur des terres, ce qui est assez déroutant, et le sens de l’orientation en prend un coup 😉 Mais comme en plus il y a aussi des lacs et des rivières, il faut presque aller « goûter » l’eau pour savoir à quoi on a à faire. Qui plus est, le paysage est toujours très changeant car la mer se retire parfois extrêmement loin, laissant la place à un paysage de boue assez surréaliste.

    La mer peut se retirer sur d’immenses surfaces, laissant une impression de fin du monde avec des centaines de bateaux échoués. Au fond, la ville de Xiapu à proprement dit et qui ne présente strictement aucun intérêt.

    En effet, ici, le fond marin n’est pas constitué de sable ou de rochers, mais de terre. Et attention, il est redoutable de s’y promener car on peut s’enfoncer jusqu’aux genoux dans un effet de succion assez effrayant (j’en ai fait l’expérience en y laissant ma tongue au passage 😉 )

    Je vous met une photo en couleur afin que vous puissiez vous rendre compte à quel point la végétation qui parsème ces bras de mer peut être prêter à confusion ! On est dans des lagunes sans aucun doute, mais comme la mer est très peu salée (ce n’est pas la Méditerranée de la Camargue, c’est l’océan Pacifique) la végétation est finalement très verte et proche de celle qu’on peut trouver au bord des lacs.

    Et des aiguilles à tricoter

    Je disais donc plus haut que c’est un des endroits de la mer de Chine où il y a le plus grand nombre de « fermes » constituées de bambous plantés dans le fond vaseux, et que malheureusement nous n’y étions pas à la bonne saison pour pouvoir admirer les effets graphiques sur le paysage. Cependant, je me suis malgré tout régalée et je n’ose même pas imaginer ce que ça doit être en automne et en hiver !

    Est-ce l’influence des images de Michael Kenna qui m’a poussée à produire des photos en noir et blanc ? C’est possible. Sauf qu’au contraire de lui, je n’avais pas du tout envie de photos très contrastées. J’ai plutôt eu la volonté de retranscrire une grande douceur, une jolie subtilité dans les dégradés de gris.

    Alors bien entendu, ce ne sont pas des photos où l’on va faire « wahou ! » en les regardant, mais si vous les agrandissez (ce qui est plus que recommandé !), j’espère que vous trouverez l’esprit que j’ai voulu leur donner et que vous vous laisserez bercer par la douceur, l’espace, la paix.

    Techniquement, j’ai utilisé mon moyen format, le Fujifilm GFX 50 R. J’ai en effet commis l’erreur de débutant plus que stupide en ce qui concerne mon Leica Q … J’ai oublié chez moi son chargeur de batterie, alors même qu’elle était déjà quasiment à plat 🙁 Mais je n’ai pas été malheureuse, rassurez-vous 😉

    J’ai bien entendu pris toutes les photos en format raw, mais j’avais activé l’option du noir et blanc directement à la prise de vue. Au passage, c’est quelque chose que je vous recommande lorsque vous photographiez en noir et blanc car bien souvent la composition n’est pas la même selon que l’on voit ou non les couleurs. Et si vous êtes en raw (surtout pas en jpeg !) vous pouvez toujours, si vous le souhaitez, revenir ensuite à la couleur.

    La lumière au moment de ces prises de vues a indéniablement joué un rôle majeur dans le rendu final, mais il ne faut pas s’y tromper ! Nous étions en pleine saison des typhons, avec un ciel changeant du tout au tout à chaque instant ! Et nous étions harassés de chaleur. Je peux vraiment dire que ces prises de vue ont été gagnées à la sueur de mon front (et plus !) 😉

    Pour conclure cette petite introduction à Xiapu (je reviendrai avec d’autres articles, notamment sur la pêche et la plage ), je vais quand même vous laisser admirer un coucher du soleil, cette fois-ci tout en couleur et pris de notre chambre d’hôtel. Autant vous dire que la sélection de la photo n’a pas été une mince affaire tant chaque soir nous avions droit à un spectacle éblouissant !

  • Exposition au Shanghai Xinqiao Art Museum

    Exposition au Shanghai Xinqiao Art Museum

    Je suis ravie et honorée d’avoir été invitée à exposer quelques unes de mes photos aux côtés d’artistes internationaux de renommée au Shanghai Xinqiao Art Museum !

  • Inspiration

    Inspiration

    Qu’est ce qui nous inspire ? D’après la définition du Larousse, et en résumé, l’Inspiration est le mouvement intérieur, l’impulsion qui porte à faire, à dire, à suggérer. Elle est l’enthousiasme, le souffle créateur qui anime une personne.

    Pour nous photographes, elle est donc ce qui nous porte à déclencher.

    Je vous rassure, je ne vais pas vous parler philosophie ou psychologie, mais j’aimerais échanger avec vous aujourd’hui sur cette sorte d’étincelle qui nous illumine à un moment donné, cet attrait tel pour une chose, une situation, une personne, que l’on en vient à vouloir l’immortaliser.

    Du photographe débutant au plus aguerri, nous connaissons tous des moments où nous sommes portés par l’inspiration et d’autres où il n’y a rien à faire, « elle ne vient pas ».

    Dans le premier cas, nous rentrons de notre séance photo en ayant la sensation d’avoir accompli quelque chose, d’avoir réussi à créer une ou des photos exactement à l’image de ce que nous avons vu. Et nous trouvons cela beau.

    Dans le second cas, nous rentrons déçus, avec une sensation de vide, d’insatisfaction. Nous avons vu des choses, des scènes mais nous ne sommes pas parvenus à rentrer dedans, à nous les approprier. C’est comme si nous étions en décalage avec le monde, on passe à côté.

    Mais surtout, l’inspiration est immaîtrisable.

    Quand on débute en photographie, le manque d’inspiration produit la plupart du temps des photos bancales, avec beaucoup d’erreurs techniques et/ou compositionnelles. Avec l’expérience, bien souvent le photographe réussit en dépit de cette absence d’inspiration des images que j’appelle « propres », c’est à dire des photos parfaites techniquement mais dont il manque la substance. J’appelle ces photos « la routine ».

    Ceci dit, l’inspiration n’est pas gage non plus d’une photo réussie !

    Combien de fois sommes-nous retournés d’une séance de prise de vues enthousiastes, en ayant le sentiment que tout nous a réussi grâce à une idée, un moment exceptionnel, une inspiration fortuite ou anticipée ? Et au moment du visionnage, patatra, on se rend compte que les photos sont nulles ou disons moyennes (pour moi c’est un peu pareil … ), que finalement on n’a pas réussi à créer ce qui nous avait semblé évident sur le moment, qu’on a fait des fautes techniques qui fichent tout en l’air, qu’on n’avait pas vu un élément et que celui-ci gâche tout, …

    Ou bien on se rend compte que finalement cette inspiration n’était pas si exceptionnelle que ça, qu’on a cherché à faire trop compliqué ou au contraire on a tellement simplifié qu’on a vidé l’idée de sa substance. Que l’idée tout simplement ne méritait pas qu’on s’y attarde !

    Aaaah, ces gens qui pensent que prendre une photo c’est simple, qu’il suffit d’appuyer sur un petit bouton ! Il est vrai que techniquement, la photographie n’est pas franchement compliquée – je crois que c’est même l’expression artistique qui est la plus simple à mettre en oeuvre du point de vue purement technique. Mais comme la matière première de la photo – la complexité du monde, la fuite du temps – est difficile à travailler !

    Souvenez-vous des paroles d’Henri Cartier Bresson qui disait que s’il « savait prendre une bonne photographie, il le ferait à chaque fois » . Et bien je vous le dis tout de suite, moi aussi 😉

    Cette photo d’architecture aurait pu être assez sympa, mais quel dommage que je n’ai pas vu l’ombre au moment de la prise de vue ! Pourtant, ces lignes et ces couleurs m’avaient bien inspirées 😉

    Mais revenons à nos moutons …

    J’aimerais partager avec vous aujourd’hui quelques photos que j’ai réalisées ces dernières semaines.

    Comme probablement beaucoup parmi vous, la situation sanitaire a eu un effet franchement négatif sur ma production habituelle, avec surtout un impact énorme sur cette fameuse inspiration ! Je suis beaucoup sortie pourtant (dans le Jiangsu, nous n’étions pas confinés comme vous avez pu l’être en France), mais la flamme était absente. Aussi, je n’ai pas réussi à produire de sujet ou de série qui soit digne d’intérêt.

    Mais je me suis dit qu’il pourrait être cependant intéressant de vous dire quelques mots sur les motivations qui m’ont poussées à déclencher telle ou telle photo. Pour celles que je vais vous montrer, à chaque fois il y a eu un petit quelque chose qui m’a inspiré, fugacement. Et qui sait, peut-être cela vous inspirera-t-il à votre tour ?

    Je tiens cependant à préciser que peu parmi les images qui suivent méritent un « wouahou ». Je les ai sélectionnées pour vous les montrer juste parce que je me souviens bien des raisons pour lesquelles je les ai prises en photo 🙂 🙂 C’est pour cela aussi que les traitements sont complètement disparates, les uns en couleur, d’autres en NB, contrastés ou non, des rendus de couleur différents.

    Le coin nature

    Le printemps a tendance à me rendre gnangnan 😉

    Les reflets de lumière

    Bien souvent, peu importe le sujet ! Si une lumière attire mon attention, c’est plus fort que moi, je déclenche 😉

    Architecture et éléments architecturaux

    Des éléments de couleur

    Parfois, ce sont des grands ou petits éléments de couleur qui attirent notre attention, qui nous fournissent une inspiration …

    Des personnages

    Que ce soit pour leur « gueule », pour la situation ou juste pour mettre un peu de vie dans une composition, les gens ont toujours un attrait assez irrésistible et sont une source inépuisable d’inspiration !

    Et puis parfois, on trouve un endroit et on y reste parce qu’il nous inspire !

    Et là, il ne faut pas se priver ! C’est ce qui m’est arrivé il y a quelques jours où je suis tombée par hasard sur une place. J’ai aimé la lumière, les lignes contemporaines, le jeu des ombres, les couleurs.

    Je n’ai pas réfléchi plus que ça, je me suis laissée aller à explorer les différentes facettes du lieu.

    Bien sûr ces images ne constituent absolument pas une série en soit ! Trop répétitives, traitement parfois en noir et blanc et parfois en couleurs, le but ici est simplement de s’imprégner d’un lieu, de se laisser aller à observer comment la lumière interagit avec les éléments, les couleurs, les ombres, les lignes, …

    En conclusion

    On ne maîtrise pas grand chose de nos diverses inspirations et c’est peut-être ce qui rend toute activité artistique si compliquée à vivre. Parce qu’il ne faut pas se voiler la face, toute notre production repose sur elle, elle est le moteur, le noyau de la création. Tout le reste, ce ne sont que des gestes techniques.

    Je sais pour ma part qu’elle vient mieux, non pas en fonction des sujets, mais plutôt en fonction de la lumière, des lieux, des ambiances. Mais c’est à peu près tout. Un sujet peut énormément m’intéresser, mais si je n’ai pas cette parcelle d’inspiration qui vient d’ailleurs, mes photos, à moins de beaucoup de chance, resteront propres certes, mais sans âme. À l’inverse, je peux être extrêmement inspirée mais me planter complètement dans la réalisation de ma vision. Et je crois que c’est exactement le sens de la fameuse phrase d’Henri Cartier Bresson – encore une fois- qui dit que « photographier , c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’oeil et le coeur ». Et le coeur n’est rien d’autre que l’inspiration.

    Et vous, qu’est-ce qui vous inspire le plus, quels sont les moments où vous sentez que vos photos auront ce supplément d’âme ? Je suis vraiment très curieuse, non pas de connaître vos recette parce qu’il n’y en a pas comme nous l’avons vu, mais de connaître ce qui a le plus de chances de provoquer votre souffle créateur !

  • Expo !

    Expo !

    Je suis ravie de participer à l’exposition collective des artistes représentés par Ofoto Gallery, à Shanghai !

    Celle-ci aura lieu à partir du 4 avril et durera … un temps indéterminé 🙂

  • Il était une fois le coronavirus …

    Il était une fois le coronavirus …

    Le 31 décembre 2019, on signalait les premiers cas suspects du Coronavirus 2019-nCoV. Très vite, le virus se propage et le 23 janvier 2020, l’Organisation Mondiale de la Santé prononce l’état d’urgence sanitaire  de portée internationale. 

    Wuhan, la capitale du Hubei en Chine, en est l’épicentre.

    Le 26 février 2020, la Chine compte 78 190 personnes infectées et 2718 décédées, majoritairement dans le Hubei.

    À Nanjing, nous avons eu la chance d’être relativement épargnés, et à ce jour nous ne comptons « que » 93 malades et nous n’avons eu aucun décès.

    On a beaucoup parlé de la quarantaine imposée à la province du Hubei. Il est vrai que c’est impressionnant d’imaginer 60 millions de personnes sommées de rester chez elles et ne pouvant plus circuler.

    Mais de facto, avec toutes les mesures prises localement et internationalement, c’est en fait tout le pays qui a été mis en quarantaine, soit 1 millard 450 millions de personnes !

    Carte des cas confirmés au coronavirus en Chine

    Qu’est-ce qui a déraillé pour en arriver là ?

    Premier problème, le médecin lanceur d’alerte n’a pas été cru.

    On reproche aux autorités chinoises du Hubei d’avoir tardé, et même empêché la divulgation de l’apparition de ce nouveau virus. C’est vrai. En effet, dès le mois de décembre un médecin a tenté d’alerter sur la propagation d’un virus encore inconnu. Mais le gouverneur de la province l’a fait taire et a ignoré ses révélations. D’aucuns appellent ça censure et autoritarisme, ce qui est vrai d’un certain point de vue. Mais essayons de remettre les choses dans leur contexte.

    Tout d’abord, en Chine comme ailleurs, il y a pléthore de réseaux sociaux qui fonctionnent exactement comme les facebook et compagnie. Ces réseaux sociaux sont surveillés par le gouvernement et tout n’est pas bon à dire dessus. Mais quand on y réfléchit, les Facebook and co ont eux aussi leurs censeurs et leurs influenceurs. Ils ne sont pas de même nature que ceux de la Chine et fort heureusement, on a encore la liberté de critiquer nos gouvernements par exemple (mais pas de mettre un sein nu). Il n’empêche que quel que soit le type de surveillance, on trouve le meilleur et le pire sur ces réseaux, et notamment les fake news. Et en Chine comme ailleurs, elles pullulent.

    Ainsi, les messages de ce médecin sur les réseaux sociaux sont passés pour des fake news aux yeux des autorités de surveillance et c’est dans ce cadre qu’il a été contraint de signer une lettre de « repentir » .

    J’aimerais en profiter pour souligner que, contrairement à ce que j’ai lu dans les journaux occidentaux, la population chinoise n’a pas réagi à la mort de ce médecin à cause du manque de liberté d’expression (c’est une vision assez ethnocentrique de la société chinoise et c’est un peu prendre nos désirs pour des réalités 😉 ), mais parce que les autorités n’ont pas compris qu’il s’agissait d’une alerte sérieuse. S’ils l’ont érigé en martyr, c’est parce que s’il avait été écouté, on aurait gagné un temps précieux sur cette épidémie. Politiquement parlant bien entendu ça a été une faute majeure et le pouvoir l’a bien compris. C’est pourquoi d’ailleurs il a décidé que ce médecin, mais aussi tout le personnel soignant qui a été victime de ce virus (et ils sont nombreux !!) soient inscrits comme « Martyrs de la Nation » avec tout se qui s’accompagne comme compensations pour leurs familles.

    Second problème, ça tombait au pire moment qui puisse être.

    Le second problème est que, quand les autorités se sont rendues compte qu’il y avait un nombre croissant atteintes d’une maladie inconnue, c’était peu de temps avant le Nouvel An chinois. Or, cette fête est un peu comme nos fêtes de fin d’année. Au moins un mois avant, il y a une frénésie de consommation, et pendant, c’est l’occasion de retrouver sa famille (cela représente chaque année la plus grande migration humaine dans le monde). Bref, ce n’est pas le moment qu’un truc déraille !

    On peut donc comprendre que les autorités n’aient pas voulu modifier quoi que ce soit à cette période de l’année qui est non seulement une des plus fastes économiquement mais aussi, bien évidemment, une des plus importantes socialement.

    Troisième problème, celui de la rétention d’informations.

    Le troisième problème est inhérent à la structure verticale du pouvoir. Ici, chaque responsable est soumis à une hiérarchie, laquelle est à son tour soumise à une autre hiérarchie et ainsi de suite. Et l’avancement des cadres dirigeants dépend de ses résultats.

    Par certains aspects, ce système se révèle positif mais le revers de la médaille, et de taille, c’est que chaque échelon veut « faire plaisir » à son supérieur, entraînant forcément soit des résultats biaisés voire des mensonges, soit un immobilisme de peur de faire quelque chose de travers, et en fait c’est souvent les 2.

    C’est ainsi qu’a expliqué son attitude le Maire de Wuhan lors d’une allocution publique à la télévision : il n’a pas voulu prévenir ses supérieurs de peur de leur déplaire.

    Bien entendu, à la suite de cela, il a dû démissionner car il a commis une faute grave aux yeux du peuple. Mais la conséquence positive, c’est que le pouvoir n’a pas eu d’autre choix par la suite que de jouer la totale transparence en ce qui concerne l’évolution de l’épidémie. Encore une fois, contrairement à ce que j’ai lu dans la presse occidentale à maintes reprises et qui n’a eu de cesse de dire que les chiffres transmis étaient erronés, s’il y a une chose que le pouvoir ne peut pas se permettre en ce moment c’est de mentir sur cette épidémie (je ne parle pas du reste). La population est trop à cran et ne pardonnerait pas, c’est certain.

    Et c’est ainsi que de fil en aiguille on en est arrivé là … Un pays totalement paralysé où tout a été arrêté du jour au lendemain. Mais est-ce à dire que si les 3 problèmes soulevés plus haut ne s’étaient pas présentés la situation aurait été différente ? Pas sûr, tout au plus aurions-nous gagné du temps, car compte-tenu de la facilité avec laquelle se propage ce virus et surtout du fait qu’il est inconnu (donc on ne sait pas encore comment le combattre), je ne vois pas comment il aurait été possible de l’endiguer.

    Les conséquences

    Encore une fois, dans le Jiangsu nous avons été relativement peu touchés et les mesures n’ont pas été aussi draconiennes que dans le Hubei. Mais quand je pense à ce que nous vivons, je ne peux que me dire que la population du Hubei doit vraiment en prendre plein la figure.

    On ne peux pas dire que nous sommes en confinement car même si sortir n’est pas recommandé, à partir du moment où nous portons un masque nous pouvons aller où bon nous semble. Ceci dit, dans les faits, tout est fermé, des magasins, restaurants, banques aux jardins publics, aires de jeux pour enfants, parcs et bien sûr les écoles. Seuls les supermarchés et les pharmacies – qui ont interdiction de vendre des anti-fièvre et des anti-toux – sont ouverts. Et bien entendu, toutes les entreprises et usines fermées, les entreprises de service, y compris les cabinets de médecins et cliniques. Si on a un problème de santé, on a obligation d’aller dans les seuls hôpitaux habilités.

    Toutes les résidences et les villages (sont appelés villages tout ce qui n’est pas résidence et surveillés par des gardes, c’est à dire principalement les quartiers plus anciens) sont bouclés. Pour y rentrer, il faut présenter une carte prouvant qu’on y habite, et les gardes et les volontaires nous prennent la température.

    Donc pour toutes ces raisons certes ce n’est pas du confinement au sens strict, mais ça y ressemble fortement !

    En parlant de température, il va de soi que partout où l’on aille, que ce soit au supermarché ou à la boulangerie (oui, oui, on a des super boulangeries ici avec de la baguette parisienne !), qu’on prenne le métro, qu’on se promène dans la rue … il y a partout des gens, souvent des gardes ou des volontaires, qui relèvent notre température. Et si on a de la température, on est immédiatement envoyé à l’hôpital, sans discussion possible…

    Combien d’autres mesures ont été mises en place, c’est impossible à dire. Dans notre immeuble par exemple, tous les jours les parties communes sont désinfectées. Dans les ascenseurs, même les boutons sont mis sous cellophane qui est changé chaque jour (une étiquette avec la date est glissée sous le cellophane). Même chose pour l’interphone. À l’entrée, un tapis est chargé de produit désinfectant et changé chaque jour. Des paquets de mouchoirs sont mis à disposition de manière à ne pas avoir à toucher les interrupteurs. Dans le métro, les agents de nettoyage passent sans arrêt du produit désinfectant, dans les rues idem…

    Un pays en convalescence

    Depuis quelques jours ces mesures se sont assouplies (par exemple on n’est plus obligés de présenter nos cartes de résidents) et quelques magasins autres qu’alimentaires ont recommencé à ouvrir. Mais les salles de restaurants par exemple restent fermées au public et on ne peut que prendre des plats à emporter. Tout ce qui est médical est également encore fermé, ce n’est donc pas encore le moment d’avoir une rage de dents 😉

    Concernant le business, mon mari qui est à la fois professeur à l’université et chef d’entreprise a dû se soumettre à un protocole extrêmement strict avant d’avoir le droit de ré-ouvrir il y a seulement quelques jours. Je passe sur son université qui est encore fermée et où il n’a tout simplement pas le droit d’aller. Pour son entreprise, il doit fournir au minimum 30 masques par employé et en avoir la même quantité toujours en stock. De la même manière, il doit avoir 3 litres de produit désinfectant toujours en stock, le passer une fois par jour et consigner l’heure sur une feuille. Ils doivent relever leur température 2 fois par jours et la noter là aussi. Il doit aérer les locaux 2 fois par jour pendant 30 mn (consigné aussi sur une feuille) et a interdiction de se servir de la climatisation – ce qui pose problème car c’est aussi le chauffage ! Une fois par jour une équipe de surveillance passe pour vérifier que le protocole est bien suivi. Et en cas de manquement, l’entreprise sera fermée à nouveau et immédiatement, et le directeur – donc mon mari – aura une amende.

    Pour le moment, si nous avons le droit d’aller dans le Hubei, nous n’avons toujours pas le droit d’en ressortir. Tous les autres déplacements sont autorisés, mais si nous allons à Shanghai par exemple qui est dans une autre province, nous devrons observer 14 jours de quarantaine à l’aller comme au retour. Donc autant dire que personne ne bouge encore 😉

    Il n’y a plus de quarantaine pour les vols internationaux (sauf en provenance de Corée du Sud et, probablement dans les heures qui viennent, ça s’appliquera à l’Italie et à d’autres pays). Mais, dans l’avion la température sera relevée au minimum 1 fois et si un passager a de la température 3 rangées avant et après il faudra subir des tests et de toutes façons se mettre en quarantaine.

    Chaque jour nous sommes soulagés de constater que le nombre de personnes infectées diminue et que le cours de la vie recommence, tout doucement, à reprendre un rythme normal. Mais nous savons bien que tout cela est encore fragile et qu’il suffit d’une étincelle pour que tout reprenne. Aussi nous continuons à être vigilants et à appliquer les règles qui jusque là ont fini par porter leurs fruits.

    Du point de vue psychologique

    Cela fait maintenant plus d’un mois que notre vie quotidienne est totalement bouleversée. Mais je dois dire qu’hormis aux débuts de l’épidémie et de la mise en place de ces mesures drastiques qui étaient anxiogènes, jamais je ne me suis sentie en danger et je dirais même que c’est une expérience humaine très intéressante qu’il m’est donnée de vivre. Je pensais par exemple qu’une vie en huis-clos avec mon mari et ma fille amènerait forcément des moments de tension. Et bien il n’en a rien été ! Une amie mère de 2 jeunes enfants me disait qu’elle aussi, à sa grande stupéfaction, ses enfants n’ont jamais été aussi sages et ne se sont jamais aussi bien entendus ! C’est comme si une sorte de solidarité était entrée en compte, comme si, face à l’adversité, nous devions tous faire face de front et nous unir coûte que coûte.

    De la même manière, les gens sont étonnement calmes. Bien sûr, je suis très à l’abri de nombreuses sources d’anxiété car je ne maîtrise pas du tout la langue chinoise. Je n’ai donc accès qu’aux informations anglophones (donc très filtrées) et mon réseau d’amis chinois n’est pas le genre à diffuser des nouvelles exagérément alarmistes.

    Maintenant, reste à voir quel sera l’impact de cet épisode sur la suite. Par exemple, comment va-t-on réagir si on se retrouve dans un métro bondé ? À quel moment on se sentira suffisamment sûrs pour enlever nos masques dans les lieux publics ? Comment va-t-on réagir si on est à côté de quelqu’un qui tousse ?

    Du point de vue international, les chinois se sentent stigmatisés et j’ai lu de nombreux articles qui relatent la folie du monde, comme par exemple les agressions des asiatiques . Comment vont-ils réagir à cette injustice alors qu’ils n’ont besoin que d’une chose, c’est de se sentir soutenus ?

    Je suis vraiment attristée – mais pas étonnée – de voir que ce fichu virus est en train de grignoter le monde et notamment l’Europe, et plus particulièrement, aujourd’hui, l’Italie. Pour ceux qui me suivent depuis longtemps, vous savez que l’Italie est chère à mon coeur pour y avoir vécu une dizaine d’année et surtout, parce que j’ai 2 enfants qui y vivent toujours.

    J’ai lu beaucoup d’articles dans la presse française et italienne au moment où le virus ne les touchait pas encore.

    Bien souvent, ces articles étaient critiques envers les actions des autorités chinoises, voire méprisants et humiliants pour certains. En fin de compte, ils révélaient surtout une méconnaissance du terrain et une inconscience totale de la difficulté de contenir une épidémie. Ce qui me fait le plus mal au coeur c’est de voir les sacrifices que le peuple chinois consent et que peu sont ceux qui leur reconnaissent ce courage. On est même allé jusqu’à me dire que j’admirais les régimes dictatoriaux car j’ai osé écrire que j’étais impressionnée par les mesures mises en place en Chine et heureuse de voir que pour une fois la santé publique était placée avant la sacro-sainte économie !

    J’ai souvent entendu dire aussi que la Chine n’avait pas le choix et qu’il fallait qu’elle prenne ces mesures malgré les énormes problèmes économique que cela lui créait.

    Aujourd’hui que l’Italie est directement concernée, et probablement demain la France, j’aimerais que ces même personnes répètent ce qu’elles ont dit, qu’il n’y a pas le choix. Quand je vois qu’un stade à Lyon maintient, pour des raisons budgétaires, un match de foot avec 3000 supporters italiens susceptibles d’être contaminés , je doute que les responsables pensent qu’ils n’ont pas le choix. Est-ce que l’on peut toujours dire de manière aussi péremptoire que ceux qui ont décidé d’annuler toutes les festivités du Jour de l’An chinois n’avaient pas le choix ?

    Quand je vois l’Europe qui déconseille de limiter les déplacements entre les pays car 60% du PIB est réalisé en Europe, j’aimerais qu’on dise à ces dirigeants qu’ils n’ont pas le choix, que la santé publique DOIT – et non DEVRAIT – passer avant toute chose.

    Il y a 3 jours, la presse italienne s’est réveillée avec la gueule de bois et Il Corriere della Serra titrait « Avant c’étaient les chinois qui étaient visés, maintenant ce sont nous les italiens les indésirables ». En seulement 48 heures ils sont passés de l’autre côté. Maintenant ils réalisent combien les chinois ont pu se sentir stigmatisés et humiliés.

    Je ne souhaite pas à la France de vivre le même scénario, je ne souhaite pas entendre dire Macron, à l’instar de Conte, qu’il n’est pas acceptable que les Italiens soient discriminés.

    Ce que je souhaite, c’est que cet épisode remette au centre une solidarité humaine qui a bien manqué ces derniers temps, que chacun, plutôt que juger ou stigmatiser l’autre, se demande comment il peut l’aider. Tout simplement.

    9/02/20. Une des artères principales de Nanjing

    La série complète des photos est visible chez Hans Lucas :

    EDIT DU 1ER MARS : je vois avec beaucoup d’appréhension que le nombre de personnes atteintes du Coronavirus en Italie a largement dépassé celui que nous avons jamais atteint dans le Jiangsu : 1694 en Italie dont 34 morts, et 631dans le Jiangsu et 0 décès. Je rappelle que la population du Jiangsu, plus importante que celle de l’Italie, s’élève à près de 80 millions d’habitants. Nous venons par ailleurs d’apprendre que toute personne arrivant ou étant passée par l’Italie, la Corée du Sud, le Japon ou l’Iran devra observer une quarantaine de 14 jours dans des hôtels désignés par les autorités.

    Je suis surprise par ailleurs de 2 choses. Je lis beaucoup la presse Italienne et Française et ce qui me frappe c’est l’absence de la voix de l’Europe et les appels à la solidarité.

    On le sait, ce virus ignore les frontières. Je n’arrive pas à m’expliquer pourquoi il n’y a pas de coordination Européenne. Certains ont appelé à fermer les frontières mais c’est se tromper totalement de combat ! Il ne s’agit pas de les fermer mais tout au contraire de faire en sorte qu’il y ait des actions communes entre les pays européens. Si je me replace dans le contexte de la Chine dont le territoire est plus grand que l’Europe et où les provinces pourraient en être nos pays, à part le Hubei qui a été totalement fermé, on a toujours pu circuler. Par contre, il est clair qu’il y a une étroite collaboration entre les provinces, le tout chapeauté par le pouvoir central. Ne serait-il pas temps que l’Union Européenne fasse entendre sa voix afin de favoriser les coordinations entre les Etats ? 

    Par ailleurs, je ne crois pas avoir lu une seule fois des appels à la solidarité. Des articles anxiogènes oui, des articles qui cherchent à dédramatiser oui, mais aucun qui en appelle à la responsabilité de chacun dans la lutte contre cette épidémie ! Quelles que soient les mesures mises en place par les gouvernements, il faut que chacun d’entre nous aie conscience que si on attrape ce virus, en moyenne on contamine entre 2 et 4 personnes ! Je ne veux pas faire l’apologie de la propagande loin de là, mais lorsqu’il s’agit du bien le plus précieux et fondamental, la santé, il me semble que les appels à la solidarité sont fondamentaux. Ici en Chine, partout où c’est possible, dans la presse, sur les panneaux publics, à la télévision, dans la rue, … des appels à la responsabilité de chacun dans la lutte contre cette épidémie sont répétés en boucle. J’appelle vraiment de mes voeux à ce que tous les citoyens de l’Europe prennent conscience que l’union fait la force. Ca ne peut pas se faire tout seul, il faut que les politiques et les médias aident !

  • Ombre et lumière …

    Ombre et lumière …

    … Le Ying et le Yang de la photographie

    La première chose qu’on apprend en photographie c’est sa définition parce que c’est de là que découle toute notre pratique :

    Photographier signifie littéralement « Peindre avec la lumière ». Son étymologie vient du grec qui assemble le préfixe φωτoς, photos  (lumière, clarté) et le suffixe γραφειν, graphein  (peindre, dessiner, écrire).

    S’il est vrai que techniquement c’est tout à fait vrai, cette définition peut être trompeuse car elle ne met l’accent que sur la lumière. Or aujourd’hui, j’aimerais vous inviter à ne surtout pas oublier son corollaire : l’ombre.

    Or, c’est se priver d’un outil de composition et d’enrichissement hors du commun !

    • Et oui, c’est elle qui donne une profondeur, un aspect tridimensionnel à nos photos.

    L’ombre donne de la profondeur et une troisième dimension à nos photos.

    C’est pour ça aussi qu’on aime tant photographier lorsqu’il y a du soleil, et même si la mesure de la lumière est parfois un peu plus ardue, bien souvent nos photos sont meilleures.

    En effet, avec la qualité des boîtiers actuels qui permettent des performances techniques remarquables, le photographe peut se passer dans une grande majorité de cas d’effectuer lui-même ses ajustements. Ainsi, la qualité technique peut faire passer inaperçue une erreur de composition, ou tout du moins la compenser. Avec une jolie lumière – donc une jolie ombre, on a toutes les chances d’avoir une jolie photo.

    Tandis qu’avec une lumière plate, c’est à dire sans ombre, et bien que la technique soit encore plus simple, il faut alors tout miser sur la composition.

    Et la composition, c’est autrement plus ardu que la technique !!! C’est d’ailleurs AMMON, par une de ses interventions dernièrement dans un commentaire sur le blog qui me disait précisément ceci : « Quand le temps n’est pas au rendez-vous, il n’y qu’à trouver les bonnes compositions ». Je plussoie à ses paroles !

    La lumière de midi par un grand soleil est typiquement une lumière plate !
    Idem par temps maussade et sans soleil. Lumière plate = attention plus que jamais à la composition !

    • L’ombre valorise la lumière !

    Oui, le meilleur atour de la lumière c’est l’ombre. C’est elle qui permet d’attirer l’attention sur la lumière.

    Non seulement elle crée le contraste, mais elle permet de mettre en exergue les éléments lumineux. Sans elle, ils auraient probablement été noyés.

    En plus de l’élément de composition graphique qu’offre l’ombre, par contraste on va plus aisément avoir notre oeil qui va aller explorer les détails dans les zones claires. Ici, je voulais attirer l’attention sur la texture et les motifs du sol.

    Dans cette photo avec un immense espace vide, les éléments qui créent de l’ombre permettent de diviser la photo en plusieurs cadres et de remplir l’espace. Notre oeil va faire comme des sauts de puce pour aller explorer chaque cadre lumineux de la photo.

    En effet, notre oeil est naturellement attiré par tout ce qui est clair et on a tendance à éliminer tout ce qui est sombre. C’est pourquoi d’ailleurs on recommande toujours de supprimer tout élément clair sur les bords du cadre car ils attirent notre oeil et risquent de faire « sortir » notre attention en dehors de la photo. Et on sait bien que ce qui intéresse le photographe, c’est qu’on reste DANS la photo, et qu’on en regarde tous les éléments !

    Quand on arrive à découper la photo grâce aux jeux d’ombre, ça donne des situations très intéressantes car on crée en quelque sorte des séries de « cadre dans le cadre ». Dans ces cas là, l’oeil ne navigue plus au sein de la photo par simple balayage (haut-bas, droite- gauche, diagonales, etc.. ) mais effectue ce qu’on pourrait appeler des « sauts de puce »

    L’ombre est la meilleure amie de la composition

    Par temps ensoleillé ou en situation de fort contraste, elle peut donner une structure, un squelette à nos photos. Elle nous permet de donner du rythme, de remplir des plans vides, de donner du dynamisme, de faire des effets de cadre !

    C’est pourquoi il faut apprendre à la déceler et à évaluer son potentiel dans nos compositions.

    En diagonale, à l’horizontal ou en vertical, l’ombre donne une forte structure à nos photos.

    On sait combien les lignes de force sont importantes dans la structure d’un image. Bien au delà de l’intérêt du sujet, ce sont ces lignes qui vont faire que la photo tient « debout » ou non. Elles sont ce que j’appelle le squelette.

    Lorsque la situation le permet, il ne faut surtout pas hésiter à faire participer les lignes formées par les ombres à la structure générale de la photo, voire même leur donner un rôle majeur ! Leurs forces et leur directions jouent un rôle de balancier dans la composition et c’est grâce à cet équilibre des forces que la photo « tient debout ».

    Par goût personnel, j’ai tendance à privilégier les ombres en diagonale, je trouve que ça confère beaucoup de dynamisme à la composition. Mais tout est permis !

    Les ombres permettent de remplir les plans vides !

    Et oui … Parfois, lors du cadrage, on souhaite éliminer une partie de la scène. Ou bien, on souhaite si possible placer le point fort au 1/3. Mais du coup, on se retrouve avec une grande zone vide. C’est là que le rôle de l’ombre intervient. Le plan est tout aussi vide, mais grâce à l’ombre, on va pouvoir le remplir.

    C’est d’autant plus vrai lorsqu’on photographie au grand angle. En effet, une des difficultés de ces focales tant redoutées par les débutants, c’est de se retrouver avec de grandes zones trop vides qui sont non seulement inintéressantes mais qui en plus risquent de déséquilibrer la composition. Et là, je peux vous assurer que les ombres sont nos plus grandes alliées !

    Les ombres donnent du rythme !

    Dans le même ordre d’idée que le remplissage de plans, les ombres peuvent aussi donner un certain rythme à nos photos. C’est surtout vrai pour les ombres répétitives.

    Pour la photo des palmiers ci-contre par exemple, sans la présence de l’ombre, je n’aurais certainement pas fait le même cadrage et j’aurais placé les arbres plus bas. Mais j’ai trouvé que ces ronds d’ombre créaient un contraste intéressant avec les troncs verticaux. Bien entendu, ce n’est pas la photo du siècle, loin, très loin de là mais elle me semble un peu moins vide d’intérêt avec ce rythme créé par la répétition des ronds.

    Les ombres permettent les effets de « cadre dans le cadre ».

    Vous connaissez tous cette astuce du « cadre dans le cadre » qui permet à coup sûr de faire se concentrer le regard sur le centre de la photo et qui l’empêche d’en sortir 😉 Et puis cet effet a l’immense mérite de simplifier la lecture de la photo ce qui est bien souvent un bon point !

    L’ombre est votre meilleure amie dans ce cas de figure !

    Une variante de cet effet est d’interposer un élément comme dans l’exemple de la photo de la maison où j’ai attendu qu’un passant intervienne. Outre le fait qu’il m’a permis de concentrer l’intérêt sur la maison blanche avec son design minimaliste et ses portes jaunes, la présence de sa silhouette permet de donner de la profondeur à l’image.

    Et n’oublions pas les silhouettes !

    C’est bien connu également, rien ne vaut l’introduction d’un humain dans le cadre pour obtenir un point fort.

    Alors ne nous privons pas et n’hésitons pas à utiliser cette astuce d’une manière un peu détournée, et plutôt que d’attendre que le « vrai » humain entre dans le cadre, chassons l’ombre de sa silhouette.

    On y gagnera en plus en mystère 😉

    Alors techniquement parlant, comment s’y prendre ?

    Nos appareils photos ont un capteur qui mesure la quantité de lumière qui entre dans le boîtier. Ce posemètre, dans la plupart des cas, dispose de 3 modes d’évaluation :

    • Mesure matricielle, évaluative ou multizone (le terme dépend des marques d’appareil photo)
    • Mesure pondérée centrale
    • Mesure spot

    Mesure de la lumière

     Symbole1

     Signification

    matricielle
    Mesure dite matricielle, évaluative ou multizone
    C’est le mode de mesure qu’on pourrait appeler le plus polyvalent. Le capteur de l’appareil photo mesure la lumière sur la totalité de la scène puis fait une moyenne.
    moyenne
    ponderee
    Mesure dite pondérée centrale.
    Le calcul de la lumière est fait en priorité au centre puis le posemètre va tenir compte de la luminosité périphérique.
    Mesure-Spot-300x176
    spot
     Mesure spot
    Le calcul de la quantité de lumière se fait sur un point extrêmement petit de la scène (environ 2 à 3%)

    1 : Les symboles peuvent différer d’une marque à une autre. Référez-vous à votre notice d’emploi 😉

    Ainsi, si vous avez bien compris la logique du posemètre en ce qui concerne notre ombre, le mieux est de choisir la mesure pondérée centrale ou la mesure spot. En effet, vous ne voulez surtout pas obtenir une moyenne globale de la lumière comme le ferait la mesure matricielle, parce que ce que vous voulez, c’est exposer pour les hautes lumières !

    Et c’est avec l’un des 2 autres modes, vous allez pouvoir vous occuper en priorité des hautes lumières sans tenir compte de l’ombre !

    C’est là qu’un petit exercice de doigté intervient 😉 Voici la marche à suivre* :

    1. Visez une partie claire de la scène. Vous n’avez pas besoin de faire une mise au point.
    2. Mémorisez l’exposition obtenue en appuyant sur le boutons dédié. Cela dépend des appareils photo, parfois vous aurez à maintenir votre doigt appuyé sur ce bouton jusqu’à ce que vous ayez déclenché, parfois une simple pression suffit à enregistrer la mesure jusqu’à la prochaine prise de vue.
    3. Faites votre cadrage, soignez votre composition en prenant bien en compte les ombres et faites la mise au point sur votre point fort.
    4. Déclenchez !

    *Bien entendu, cela est valable pour les mode semi-automatique. Si vous êtes en mode tout manuel, ça ne s’applique pas !

    Attention ! De manière générale, je vous conseille de sous-exposer globalement quoi qu’il en soit ! En post-production, il sera toujours temps de redonner un coup de pêche aux zones lumineuses.

    Sur tous les appareils photos, un bouton de mémorisation d’exposition est présent avec la plupart du temps l’inscription AE-L/AF-L (ou une étoile pour Canon)

    AE-L signifie Auto Exposure Lock et AF-L Auto Focus Lock.

    Dans votre menu de configuration, je vous recommande de dédier cette touche sur uniquement AE-L.

    Architecture, photographie de rue, abstrait, nuit, paysage, l’ombre est à mettre à toutes les sauces !

    PS : Pour les plus attentifs vous aurez remarqué que je n’ai pas abordé la question de l’ombre dans le portrait. Ca fera l’objet d’un article à venir !

  • Déclic fatal

    Déclic fatal

    Déclic fatal

    Ou comment une photo de trop m’a fait fuir le Xinjiang

    Vous voyez cette photo banale et sans intérêt ci-contre ? Et bien regardez-la car elle a du poids dans l’histoire que je vais vous raconter …

    Le Xinjiang

    Comme vous pouvez le constater sur la carte, le Xinjiang représente environ le 6ème de la surface de la Chine, ce qui en fait la plus grande province du pays. Et pourtant, seulement 1,5% de la population chinoise y vit. Imaginez un peu, cette province, 3 fois grande comme la France, n’est peuplée que de 22 millions d’habitants, dont la moitié sont les Ouïgours.

    Elle est malheureusement devenue tristement célèbre ces dernières années à cause des « camps de détention » qu’elle abriterait. Nous y reviendrons plus loin et continuons cette brève présentation.

    Statue gelée dans un parc de la capitale du Xinjiang, Ürümqi.

    Quelques données géographiques notables :

    • 8 pays bordent les 5 300 km de frontières du Xinjiang :  la Mongolie, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Afghanistan, le Pakistan et le Cashemire (Inde),
    • Le Xinjiang abrite le second désert le plus grand de Chine : le Taklamakan et qui est aussi l’un des plus grands désert du monde,
    • Mais il a aussi, à sa frontière avec le Pakistan, le second plus haut sommet du monde (le K2) à 8 611 mètres,
    • À l’opposé, c’est ici qu’on trouve le point le plus bas de la Chine à – 155 mètres au dessous du niveau de la mer,
    • Enfin, c’est dans le Xinjiang qu’on trouve le pôle terrestre d’inaccessibilité, c’est à dire l’endroit le plus éloigné d’un rivage du globe.
    • Autant dire que cette situation entraîne un climat extrême, glacial en hiver et brûlant en été, même si à cause de l’immensité du territoire il y a bien entendu des différences du nord au sud et en fonction des régions montagneuses ou non.
    Nous avons souvent croisé sur la route des bâtiments dans ce style : hauts murs d’enceinte et miradors. Ca ressemblerait à s’y méprendre à des prisons 😉

    Mais tout ça, c’était sans compter 2 facteurs que nous avions largement sous-estimés et l’apparition inopinée de ce fameux Coronavirus qui fait trembler la terre entière.

    Mais alors, pourquoi aller dans le Xinjiang en vacances ???

    Et oui, après ce que je viens de vous décrire, vous devez penser que cette région serait une des dernières où on aurait envie d’aller pour des vacances ! Mais que voulez-vous, on ne se refait pas, et dans la famille, généralement, tout ce qui est interdit nous attire 😉 Combien de fois à l’aéroport lorsque je voyais la destination d’Ürümqi, la capitale du Xinjiang, mon coeur palpitait d’envie ! Et puis pour moi, ces voyages sont toujours l’occasion de faire du repérage de terrain en vue de futurs reportages, alors vous comprendrez bien que les mystères et les secrets qui entourent cette région ne pouvaient qu’attiser ma curiosité !

    Et puis, après de nombreuses recherches, il semblait que la région, malgré cette mauvaise réputation, n’était absolument pas dangereuse en termes de sécurité. Qui plus est, contrairement au Tibet où on ne peut pas aller sans avoir loué les services d’une agence de voyages, ici on peut tout à fait voyager en complète autonomie. En tout cas, sur le papier …

    Ainsi, nous voilà partis pour 11 jours en voiture de location avec un trajet prévu de 2300 km et qui passera à travers les déserts et les montagnes, autant de promesses de paysages hivernaux splendides et de rencontres avec les habitants dont nous nous réjouissions à l’avance !

    En effet, si le Xinjiang est sur le papier une province où on peut circuler librement, dans les faits, les déplacements sont extraordinairement compliqués. Si je ne me trompe pas dans les comptes, en l’espace de 4 jours, nous avons été contrôlés sur des barrages routiers pas moins de 17 fois !

    17 fois, nous avons dû descendre de voiture, sortir nos bagages, faire enregistrer nos passeports, répondre aux quand, pourquoi, comment, où, montrer nos réservations d’hôtel, justifier de notre itinéraire, … Et bien entendu, vous imaginez bien que pour la plupart des policiers, c’était la première fois qu’ils voyaient même un passeport. Donc chaque arrêt durait entre 30 et 45 minutes !

    Nous étions préparés à être contrôlés plus que de coutume, mais là, ça devenait vraiment compliqué et surtout stressant car la police, qui est la même dans le monde entier, ne peut s’empêcher de montrer qu’elle a le pouvoir, surtout les chefallions. Nous dépendions donc du bon vouloir de chacun et 2 fois nous avons eu nos passeports confisqués et avons été escortés jusque sur l’autoroute pour qu’on retourne d’où on venait.

    Jusqu’au contrôle de trop où nous avons eu peur …

    Nous avions enfin réussi à quitter l’autoroute et nous étions sur la nationale. Bien entendu, nous avons été stoppés par un barrage. Les policiers n’étaient que 2, il faisait un froid de canard et la neige commençait à tomber. Ils nous ont contrôlés mais cette fois-ci nous sommes restés dans la voiture et au bout d’un moment ils nous ont dit de repartir. Et là je ne sais pas ce qui m’a pris ! Peut-être que j’avais été ragaillardie par ce contrôle « soft », peut-être que le policier était pour une fois sympa, mais j’ai demandé si je pouvais prendre une photo du paysage. « Oui, oui » m’a-t-il répondu avec un chouette sourire.

    Mais le temps que je mette manteau, chapeau, gants, écharpe, que je sorte de la voiture et que je prenne ma photo pourrie (cf la photo d’introduction de l’article 😉 ), un car de police est arrivé et tout est parti en vrille.

    À nouveau on nous demande nos passeports, à nouveau on nous les confisque et on nous escorte dans un poste de police dans lequel, manque de chance, nous avions été stoppés la veille et c’était eux qui nous avaient obligés à faire demi-tour.

    Là, on nous fait pénétrer dans une pièce à part du quartier général et on nous prévient qu’il s’agit d’une salle d’interrogatoire. D’autres cars de police arrivent ainsi qu’une voiture banalisée toute noire, probablement celle d’un officiel.

    Tout ce petit monde discute vivement et semble énervé. Ils nous montrent du doigt et font des grands gestes comme s’ils voulaient comprendre comment on a pu se retrouver sur cette route alors qu’ils nous en avaient interdit l’accès la veille. Il faut dire, je l’avoue, qu’elle traverse des champs de pétrole à perte de vue et on était d’ailleurs étonnés nous mêmes qu’on puisse s’y retrouver librement. Mais c’est vraiment en toute innocence qu’on l’avait prise, nous n’avions fait que suivre le GPS et les 2 ou 3 contrôles que nous avions subis dessus ne nous avaient pas empêchés de continuer.

    Bref, la situation, quoi qu’il en soit n’était pas bonne, les chefs, les sous-chefs, les sous-sous-chefs étaient énervés, leurs sbires se faisaient engueuler et nous on sentait qu’on allait payer les pots cassés. Et quand on sait qu’on a à faire avec la police du Xinjiang, on peut, malheureusement, s’attendre à tout !

    Alors sur nos petits fauteuils de salle d’interrogatoire on s’est dit qu’on allait arrêter là les frais et on leur a signifié qu’on partait du Xinjiang. Devant leurs yeux on a annulé toutes nos réservations d’hôtel et on a changé notre billet d’avion. Retour au bercail !

    Sauf que c’était sans compter qu’on ne peut pas mettre d’essence en tant qu’étranger !

    Et oui, imaginez un peu des stations essence barricadées avec des hauts murs d’enceinte, une entrée surveillée par 2 vigiles qui doivent déplacer de lourdes barrières et qui ne vous laissent entrer qu’une fois qu’a été validée la correspondance entre votre carte d’Identité et la reconnaissance faciale. Sauf qu’un étranger, il n’a qu’un passeport et le système ne marche donc pas. La seule solution que nous avions trouvée avait été de demander à l’hotel de faire le plein pour nous.

    Heureusement, nous avions juste assez d’essence pour rentrer à Ürümqi car lorsque nous avons demandé à la police de nous aider à en remettre ils n’ont rien voulu entendre. Qu’on tombe en panne sur une autoroute qu’on nous force à prendre, ce n’est plus son problème car ça arrivera suffisamment loin du poste pour qu’elle s’en lave les mains.

    Lorsque nous sommes arrivés le soir à l’hôtel, la jauge indiquait 5 km de carburant restant. Autant vous dire que les derniers kilomètres nous avaient semblé très longs, et lorsque nous avons garé la voiture, on s’est jurés d’appeler l’agence de location de voiture et qu’elle se débrouille avec leur voiture sans essence 😉 !

    La ville de Karamay

    Karamay, dont le nom signifie « Huile noire en Ouïgour, est la seule étape que nous ayons réussi à faire. C’est une ville nouvelle créée de toutes pièces lorsqu’en 1950 un berger aurait découvert du pétrole sortant tout seul d’un puit naturel. Le bassin pétrolifère dans lequel elle est située couvre à lui seul 14% de la consommation de pétrole en Chine.

    À Karamay, les températures moyennes vont de −15,7 °C pour le mois le plus froid à +27,8 °C pour le mois le plus chaud
    À Karamay comme du reste partout ailleurs en Chine, à cause du Coronavirus, tous les parcs de loisirs sont fermés au public.

    Bien sûr, nous aurions dû d’avantage nous préparer à cette situation, mais sincèrement, nous ne nous attendions pas à un tel degré de surveillance. Nous voyageons beaucoup en Chine, des coins les plus peuplés aux plus reculés, et à part une exception dans le Qinghaï à cause de la proximité du Tibet, jamais nous n’avons rencontré de problèmes de police, de barrages, de surveillance. Pour moi, le Xinjiang est tout simplement une autre Chine !

    Il est vrai que cette période est aussi particulière avec ce virus qui bouleverse tout en Chine, et je veux bien croire que les autorités sont sur les dents. Mais il n’empêche que virus ou pas virus, les barrages routiers tous les 30 km sont là, les vigiles à chaque station d’essence, de bus, à chaque entrée de supermarché, … sont là aussi.

    Est-ce à dire que je ne retournerai pas dans le Xinjiang ? Rien n’est moins sûr ! Tout d’abord, ma curiosité n’a pas été rassasiée, loin, très, très, très loin de là ! J’ai au contraire plus que jamais envie de découvrir cette région et ses habitants. Mais c’est sûr que si j’y retourne, ça ne sera certainement dans les mêmes conditions et il s’agira d’un voyage extrêmement préparé à l’avance et surtout, avec quelqu’un qui connait très bien le Xinjiang. Je sais qu’il faudra que je fasse avec les autorités mais ça ne me fait pas peur car je sais désormais à quoi m’attendre.

    Et puis quoi, je reviens avec à peine une centaine de photos, même pas de quoi faire une petite série. Ce n’est pas possible !!

    À bon entendeur, Xinjiang, tu me reverras !!!!!!! 😉 😉

    Note à propos de ce fameux Coronavirus 2019-nCoV

    Nous sommes donc rentrés à Nanjing depuis le 30 janvier 2020. Je tiens à vous rassurer qu’ici tout va bien et que Nanjing, à l’heure actuelle n’est que peu touchée par ce virus. Bien entendu, la vie quotidienne est très affectée car tout est fermé hormis les magasins de première nécessité. Les entreprises sont elles aussi fermées et personne n’a le droit d’aller travailler. Les écoles et universités, fermées pour les vacances, ne rouvriront pas avant le 17 février mais on s’attend à tout moment que ce délai soit étendu. Cependant, les transports fonctionnent même s’il est fortement recommandé de ne pas sortir de chez soi à condition évidemment, de porter un masque !

    À part ça, tout va bien Madame la Marquise 😉

  • Les inconnus du quartier des arts

    Les inconnus du quartier des arts

    Mystérieuse banlieue

    Octobre 2019. Je mets le cap vers un quartier de la banlieue nord de Nanjing, par delà le fleuve Yang-Tsé. Il y a quelques semaines, on m’avait parlé de cet endroit appelé « Nanjing International Art Village » et j’avais très envie de le découvrir.

    On m’avait décrit le lieu comme étant une succession d’immeubles peints avec des reproductions d’oeuvres d’art du monde entier. Et c’est vrai, de nombreuses façades sont recouvertes de fresques reproduisant les tableaux de Klimt, Dali, Warhol ou encore Shishkin.

    J’ai même mon petit coeur de Française qui bondit en découvrant « la Liberté guidant le Peuple » de notre Eugène Delacroix.

    Mais on ne m’avait pas préparée du tout à cette ambiance tellement étrange !

    Vous remarquez ?

    Il n’y a pas un chat dans les rues !

    Tous les magasins sont fermés !

    Les appartements semblent inexorablement inhabités …

    Mais où suis-je à la fin ? Moi qui ai l’habitude d’une Chine grouillante de monde, aux rues constellées d’enseignes lumineuses, colorées et excentriques, aux façades avec du linge qui sèche de manière anarchique, là, tout est comme délavé, déserté, abandonné.

    Il y a bien ça et là quelques passants, mais ils semblent pressés de passer leur chemin. Quelques voitures stationnées au bas des immeubles me donnent malgré tout un petit indice que certains d’entre eux doivent être occupés, des amoureux déambulent en se tenant serrés et pourtant ils sont souriants, ce qui veut dire qu’ils ne sont pas inquiets de l’ambiance désertique !

    Des jeunes font une pause à l’ombre d’une cage géante, une femme interpelle quelqu’un de loin (est-elle la propriétaire du linge qui sèche entre 2 pylônes au milieu de la rue ?) et un homme s’affaire sur le moteur de sa voiture.

    Et au détour d’une rue je découvre même un poste de police, preuve qu’il doit bien y avoir du monde qui habite ici !

    Non, nous ne sommes pas dimanche (encore que ce jour là ne signifie pas grand chose pour la Chine qui reste tous les jours de la semaine animée avec la même frénésie) , ce ne sont pas les vacances, il fait beau, et à ma connaissance rien n’explique cette ville fantôme !

    Je repars de ce « village de l’art » sans réponses à ce mystère, et je suis décidée à entamer une enquête pour en savoir plus 😉 Un jour, lorsque j’aurai levé l’énigme, promis, je vous en reparlerai !!

  • Tous mes voeux les plus sincères !

    Tous mes voeux les plus sincères !

    En cette période anxiogène – dérèglement climatique en phase de devenir irréversible, disparition d’espèces animales et végétales sans précédent de mémoire d’homme, feux destructeurs en Australie d’une ampleur exceptionnelle, inondations en Indonésie et pour couronner le tout, le fou américain qui se croit le maître du monde vient de réactiver l’escalade aux armes nucléaires qui risque de tous nous pulvériser – bref, un début d’année compliqué.

    Et pourtant j’espère … J’espère que le monde trouvera une alternative à la croyance capitaliste qui place la sacro-sainte économie au dessus de tout, que la petite Greta Thunberg se fera entendre et que la révolution nécessaire pour y arriver et remplacer nos élites incapables se fasse sur le modèle des Algériens, qui depuis 11 mois, descendent dans la rue toutes les semaines sans qu’il n’y ait jamais eu la moindre violence.

    2020 sonne comme un début, c’est un bon nombre ! Autant 2019 nous fixait dans la fin d’une décennie, peut-être celle d’une époque, autant 2020 ouvre les possibles pour les 10 ans à venir ! Et ils seront cruciaux pour rétablir les équilibres !

    Mes voeux cette année vont donc à l’espoir de la paix dans le monde et pour une planète dont nous allons désormais prendre soin !

    Petit résumé ultra minimaliste des 12 mois écoulés …

    Bonne année chers amis !

  • Frimas lacustres

    Frimas lacustres

    Le temps passe comme l’éclair et j’ai réalisé que je ne vous avais pas encore emmené dans la région du Lac Qinghai !

    L’hiver étant maintenant installé, je me suis donc dit que c’était le bon moment pour partager avec vous des images de glace et de steppes gelées.

    Le lac Qinghai en quelques chiffres :

    — Circonférence : 360 km

    — Altitude : 3266 mètres sur le plateau du Tibet, ce qui en fait l’un des plus hauts lac en Chine et du monde.

    — Profondeur maximale : 27 mètres

    — 23 rivières et ruisseaux se jettent actuellement dans le lac alors qu’ils étaient plus d’une centaine dans les années 60.

    La terre sacrée

    … Mais aussi un lac sacré, tant pour les Mongols que pour les Tibétains. Ceux-ci ne l’appellent d’ailleurs pas le lac Qinghai (nom réservé aux Chinois), mais le « Lac de la mer bleue » ou « Kokonor » pour les premiers, et « le Lac Bleu » ou « Tso Ngönpo » pour les seconds.

    Pourquoi est-ce que je vous donne tous ces noms me demanderez-vous ? Tout simplement parce que la région est tellement passée de mains en mains au fil des siècles qu’on ne sait plus trop qui est qui et qui dit quoi 😉 En effet, ces 3 noms sont communément utilisés en langue orale ainsi que pour la lecture et l’écriture. Résultat : tout est retranscrit dans les 3 langues et dans les 3 alphabets. Aussi, si vous cherchez votre route dans le coin, bon courage car les panneaux ça donne ça :

    青海湖

    མཚོ་སྔོན་པོ

    ᠬᠥᠬᠡ
    ᠨᠠᠭᠤᠷ

    Comme à chaque fois qu’il y a un phénomène naturel hors du commun, celui-ci devient l’objet de mystifications religieuses. Ainsi, les adeptes du Bouddhisme Tibétain et du Tengrisme Mongol partent tout au long de l’année en pèlerinage qui consiste à faire le tour du lac. De tels voyages doivent être éprouvants car la coutume affirme qu’il faut compter 23 jours jours à pied et 18 à cheval !

    Sur leur chemin il y a bien entendu de nombreux points d’arrêts pour les prières. Mais à l’ouest du lac, il y a une île qu’aucun bateau ne relie et c’est seulement en hiver, quand le lac est totalement gelé, que les pèlerins peuvent visiter les moines qui y vivent.

    BON À SAVOIR :
    Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas au Tibet qu’il faut aller pour trouver les racines de la culture Tibétaine, mais ici, dans le Qinghai.

    La terre d’élevage

    De tout temps, c’est à dire probablement depuis la préhistoire, c’est essentiellement l’activité pastorale qui prime.

    Moutons et yacks pour la viande et la laine, chèvre de cachemire, ces animaux sont partout et ils sont élevés autant par des sédentaires que par des nomades.

    La viande est absolument délicieuse car le lac est salé.

    Sécheresse et changement climatique

    Mais depuis 50 ans le lac s’assèche inexorablement, en grande partie à cause du surpâturage mais aussi avec la mise en culture des terres pour produire du blé et surtout du colza. Les paysans puisent dans le lac pour irriguer leurs cultures et il semblerait que les autorités aient décidé de s’atteler au problème en incitant les paysans à s’éloigner des berges.

    Sauf que le changement climatique fait son oeuvre lui aussi et des études montrent que le réchauffement de 1,5º ne sera bien entendu pas anodin pour cet écosystème.

    Radioactivité

    Et puis c’est sans compter les aventures nucléaires de la Chine dans les années 70 lorsqu’elle avait ouvert une usine d’enrichissement d’Uranium ainsi qu’un centre de recherches d’armes nucléaires. Bien entendu, des essais ont été opérés et le lac, dans certains endroits, conserve des traces de radio-activité importantes bien que toute activité de ce genre ait été fermée en 1987.

    Cela n’empêche pas les habitants de la zone de pêcher les poissons qui pullulent malgré l’extrême salinité du lac et un abaissement significatif de sa profondeur.

    À ce propos, les eaux ont tellement baissé qu’on a vu apparaître une nouvelle île qui est désormais appelée « L’île aux oiseaux » . Ce sont en effet des milliers d’oiseaux migrateurs qui s’arrêtent maintenant ici et le lac est devenu une destination prisée par les observateurs. C’est là qu’on peut voir l’Oie à Tête Barrée qui réalise l’exploit de traverser l’Himalaya pour rejoindre l’Inde ! On y trouve aussi des espèces endémiques telles que la mouette du Tibet.

    À part l’élevage et l’agriculture, la région du lac a peu d’activité économique ce qui en fait une région pauvre de Chine. Bien entendu, le tourisme se développe peu à peu, surtout au printemps et en été. Mais les infrastructures sont peu nombreuses et à part quelques promenades à dos de yack ou de cheval et des virées en bateau les touristes ont peu de choix d’activités.

    Si vous cherchez donc une destination de vacances hors de sentiers battus et loin des hordes touristiques, c’est « THE place to go » !

    L’espace infini

    Alors pourquoi venir ici me demanderez-vous ?

    Pour l’espace infini, la rencontre du ciel et de la terre, les sourires échangés avec les habitants, la vie simple mais libre.

    Et le silence de la glace.

    Vous venez avec moi ?

  • Avis de tempête

    Avis de tempête

    La Ligurie dans la tourmente

    Durant des semaines, la région de la Ligurie, dans le nord-ouest de l’Italie, a été soumise à des intempéries à répétitions. C’est à cette époque que j’avais choisi d’y faire un séjour familial, espérant au contraire trouver un soleil automnal radieux !

    Préambule

    Mon fief est à Gênes (Genova). Pour ceux qui suivent depuis longtemps ce blog, vous savez à quel point j’aime cette ville si particulière qui dévale des montagnes « Apennins » pour se jeter dans la Méditerranée. Son port est l’un des plus actifs d’Europe et il constitue un poumon économique de l’Italie de première importance.

    Il y a un an et demi, Gênes a malheureusement fait parler d’elle avec l’écroulement du pont autoroutier Morandi, entraînant dans sa chute plusieurs dizaines de voitures et camions. La disparition de ce pont a littéralement coupé la ville en 2, et si des alternatives ont été mises en place en attendant d’en reconstruire un, il n’en demeure pas moins que le traffic est extrêmement perturbé, notamment en ce qui concerne l’acheminement des marchandises vers le port.

    Une autre conséquence de cette catastrophe, c’est que le traffic, qui se répartissait auparavant sur plusieurs autoroutes, se concentre dorénavant essentiellement sur l’axe Gênes-Milan-Turin. Et les infrastructures souffrent.

    J’en viens donc à mon avis de tempête …

    Ainsi donc, pendant presque un mois sans discontinuer il a plu des trombes d’eau et des records historiques ont été atteints. Gênes a oscillé entre les alertes météo jaune, orange et rouge presque un jour sur deux.

    Et ce qui devait arriver arriva … Un autre viaduc de l’autoroute restante a menacé de s’écrouler et celle-ci a donc dû être fermée.

    Durant des années les infrastructures des autoroutes de la Ligurie n’ont pas été correctement entretenues alors que les ponts et les tunnels se comptent par dizaines compte-tenu de la géographie de la région. La faute à qui ? Au gouvernement ? Aux entreprises privées à qui a été confiée l’exploitation ? Les 2 bien entendu. Le premier car cette situation illustre parfaitement ce qui arrive lorsque l’État abandonne ses prérogatives régaliennes. Les secondes car elles ont préféré le profit – d’ailleurs, de ce point de vue là, elles sont moins à blâmer car elles sont finalement restées dans leur rôle.

    Le résultat de ces graves négligences est catastrophique pour la région qui se retrouve une fois encore pour ainsi dire coupée du monde. Elle est au bord de l’état d’urgence car il suffit que les itinéraires de remplacement s’effondrent à leur tour pour cause de sur-sollicitation et d’intempéries qui vont encore plus engorger un sol déjà détrempé, pour que Gênes soit définitivement rayée de la carte des ports économiques et industriels stratégiques.

    Et pendant ce temps les éléments se déchainent

    J’ai pris ces photos le jour où le viaduc a été fermé. Je suis allée dans un endroit de Gênes qu’on appelle « Lungo mare » – l’équivalent de la Promenade des Anglais à Nice.

    La puissance du vent était telle qu’il était difficile de marcher et la pluie était diluvienne.

    Et je pensais à toute cette côte bétonnée qui semblait bien dérisoire face à ces éléments.

    Et bien sûr j’étais inquiète de ces intempéries à répétition qui, si l’on en croit les climatologues, ne feront que s’accentuer dans les prochaines années.

    Et puis bien sûr je pensais à ces gens qui décident de traverser la Méditerranée pour fuir la guerre et la misère, prêts à affronter tous les périls, à tout abandonner plutôt que de subir une vie d’affamé.

    Y en avait-il à cet instant au milieu de ces vagues glaciales ? Quel courage ils ont !!

    J’avais des pensées noires me direz-vous et il est vrai qu’elles étaient au moins aussi sombres que la lumière du moment.

    Je suis plutôt d’une nature optimiste mais je sens bien qu’il serait illusoire de penser que les choses vont s’arranger. Le changement climatique a déjà commencé et des épisodes extrêmes tels que ceux-ci se multiplient partout dans le monde. On a toujours tendance à considérer que ça ne nous concernera pas, que ce seront les « Autres » qui en subiront les conséquences.

    Mais il faut regarder la réalité en face. Nous ne sommes pas prêts et la nature telle que nous la connaissions est en mutation. L’homme se considère comme un animal supérieur depuis la nuit des temps et maître de toute chose. Or il n’en est rien, bien entendu.

    Notre intelligence se mesurera à notre capacité d’adaptation mais nous partons avec un handicap sérieux car nous sommes trop évolués pour avoir la résistance nécessaire. Une amibe aura plus de chances de survie que n’importe lequel d’entre nous dans ces nouvelles conditions.

    En attendant, les ponts s’écroulent.

    Les photos de ce post ont été prises avec mon moyen format Fujifilm GFX 50R. Compte-tenu de la pluie battante, il m’était impossible de sortir mon Leica Q car il n’est pas tropicalisé. Là c’était le moment parfait pour tester la résistance du Fuji à l’eau. Je peux donc vous garantir qu’il l’est !

  • Mur blanc …

    Mur blanc …

    MUR BLANC

    Encre noire


    MUR BLANC

    Encre colorée

    Gribouillis en attendant mon rendez-vous qui est en retard 😉

    #toujoursavoirsonappareilphotoavecsoi #unphotographenes’ennuyejamais #serapplerd’êtreenavance

  • La montagne sacrée de Niushou

    La montagne sacrée de Niushou

    Le palais d’Usnisa

    Sur les traces du chignon de Bouddha et de ses reliques

    En 2008 à Nanjing, sur les ruines du temple Bao’en détruit par les japonais (mais aussi par le temps !), des archéologues découvraient un palais souterrain contenant des coffres en fer. À l’intérieur de ceux-ci, des morceaux d’os et d’étoffes en forme de perles qui viendraient de la crémation de Bouddha Shakyamuni et d’autres maîtres du bouddhisme. Ils auraient été conservés par un moine appelé Maître Kenzhen en 1011 et seraient restés depuis lors intacts !

    C’est ainsi qu’il a été décidé de reconstruire le temple, mais aussi une pagode, un palais, un autre temple et pendant qu’on y était, tout un immense parc de 80 000 hectares pour la bagatelle d’un demi milliard de dollars …

    Il faut savoir également que la montagne Niushou de Nanjing fait partie des montagnes sacrées de Chine car c’est ici qu’a été créée la secte Niutu du bouddhisme zen chinois. Ceci accompagné de la présence de reliques de Bouddha, il n’en fallait pas plus pour que le goût du grandiose chinois se mette en branle.

    Vous vous demandez probablement pourquoi je vous montre ces structures métalliques et ces sortes de prismes …

    C’est parce qu’aujourd’hui je vais me concentrer sur la présentation du Palais d’Usnisa et je laisserai donc de côté les nombreux autres monuments du parc.

    Ouvert au public en 2015 – c’est donc très récent – ce palais est assez stupéfiant par sa taille, son architecture et … sa hauteur (ou profondeur comme nous allons le voir plus loin).

    Comprendre les dômes

    Le monument est constitué de 2 dômes, l’un dit « extérieur » qui vient en quelque sorte recouvrir celui du bâtiment à proprement parler.

    Ce dôme extérieur symbolise la protection. Il serait la représentation de la soutane de Bouddha et il est vrai que cette immense structure métallique aérée, une fois qu’on a cet élément en tête, pourrait ressembler à une étoffe qui viendrait envelopper un objet (ou un corps en l’occurence). D’après ce qu’on m’a expliqué, la soutane de Bouddha est très importante car elle représenterait sa bénédiction illimitée.

    Savez-vous pourquoi la fleur de Lotus est le symbole du bouddhisme ?
    Car au contraire du nénufar qui effleure l’eau, elle pousse largement au dessus. Par ailleurs, elle a besoin de boue pour se développer et certains disent même que plus l’eau est saumâtre, plus belle sera la fleur. C’est ainsi qu’elle représente la pureté et l’éveil spirituel.

    L’autre dôme, celui qui constitue le toit du palais , repose sur une fleur de lotus. Sa structure symbolise les os qui ont été retrouvés et qui sont conservés dans ce palais. Mais sa forme ovale rappelle également le chignon de Bouddha qui symbolise son accomplissement dans la confiance en soi en tant que guide spirituel, c’est à dire sa sagesse.

    Pénétrons à l’intérieur du palais

    Et préparez-vous à un choc !

    D’extérieur, le bâtiment ne me paraissait pas si haut et pour cause !

    Après avoir enfilé des housses de protection autour de nos chaussures car on ne peut pas rentrer dans le bâtiment chaussé, nous empruntons un premier escalator qui descend au niveau inférieur.

    Puis un second,

    Puis un troisième,

    Puis un quatrième, un cinquième et enfin un sixième.

    6 étages pour s’enfoncer sous la terre, j’avoue que je ne m’y attendais pas et je ne peux pas dire que je me sentais tout à fait à l’aise. Je ne suis pas claustrophobe mais le peu d’éclairage allié à la surprise et sans savoir quand la descente finirait ont eu raison de ma zénitude attitude qui aurait dû être de mise dans un tel endroit 😉

    Enfin arrivée à ce qui me semble être au centre de la terre, je commence à emprunter divers couloirs qui mènent à des salles symboliques, de prières, d’offrandes, de méditation, …

    En fait, plus que dans un palais bouddhiste, j’ai plutôt l’impression d’être dans le labyrinthe d’une pyramide qui aurait pour rôle de perdre le profanateur de tombe ! Car c’est bien de cela qu’il s’agit : arriver dans la salle des reliques du Bouddha. Pour un peu, je me prendrais pour Indiana Jones 😉

    Malheureusement je ne pourrai pas vous montrer la grande salle Usnisa qui renferme les reliques de Bouddha car il était interdit de la photographier.

    Ce que je peux vous en dire, c’est qu’il s’agit d’une salle très richement décorée et colorée avec bien entendu profusion d’or et (de ce qu’on m’en a dit) véritables pierres précieuses.

    Reste maintenant à ressortir de ce labyrinthe au luxe ostentatoire avec ses sols en marbre et ses bois sculptés, et sous la surveillance de 10 000 Bouddhas en bronze à chaque étage.

    Mais je n’étais pas au bout de mes surprises car en remontant, une salle que je n’avais pas vue – comment est-ce possible ? – s’est ouverte devant moi :

    Le jardin de Bouddha

    Ici non plus les photographies n’étaient pas autorisées mais cette fois-ci j’ai réussi à en voler quelques unes.

    Bien malheureusement, celles que j’ai ne donnent aucune idée de l’échelle de cette salle. Elle est tout simplement énorme.

    Au centre, le Bouddha allongé fait 10 mètres et le dôme, qui est celui que l’on voit de l’extérieur, représenterait l’équivalent de 3 étages !

    Le Bouddha, en marbre, tourne sur une plateforme et la lumière qui descend du plafond change au même rythme, imitant les différentes phases du jour et de la nuit. Autour de la plateforme – un lotus évidemment – il y a de l’eau où un produit chimique doit être probablement introduit car il y a de la fumée qui imite la brume qui en sort.

    Personnellement, je trouve tout l’intérieur de ce palais très kitch à force de lumières, de marbres, de matériaux dits nobles, d’accumulations d’objets et de symboles. J’ai plutôt le sentiment d’être dans un Disney Land du bouddhisme qui, s’il m’amuse un temps par le ridicule de l’ostentatoire qu’il dégage, finit par me fatiguer.

    D’autant plus que toutes les activités religieuses se font à l’extérieur, ce qui fait que ce palais me donne le sentiment d’avoir été vidé de sa substance initiale.

    Quant aux reliques, elles ne sont sorties de leur coffre et montrées aux fidèles que quelques jours dans l’année, ce qui occasionne pour le coup des pèlerinages importants.

    Mais je ne voudrais pas finir ce billet sur une note négative et l’endroit vaut indéniablement le détour, ne serais-ce que parce qu’il est finalement assez rare de voir un ensemble religieux contemporain d’une telle envergure !

    Et d’ailleurs depuis son ouverture, le site annonce 40 000 visiteurs par an. Et en effet, nombreux sont ceux qui m’ont dit que le parc était souvent plein et qu’il était donc difficile de l’apprécier à sa juste valeur. Il faut croire que j’ai été très chanceuse car lorsque j’y étais, c’était très loin d’être le cas !

  • La photographie du banal

    La photographie du banal

    J’ai été bien silencieuse depuis plusieurs semaines et je m’en excuse … Mais comme toujours, c’est la faute à … pas de temps ! La visite d’amis venus de France et plusieurs déplacements d’affilée ont eu raison de mon assiduité sur le blog Photofolle 😉

    Durant ces pérégrinations, j’ai eu le plaisir de relire le livre de Susan Sontag « Sur la photographie » et j’ai envie aujourd’hui de partager avec vous une de ses analyses.

    Être photographe a ceci de drôle – si je peux parler comme ça – que n’importe quoi peut devenir un sujet d’exploration. Et quand je dis n’importe quoi, je parle de lieux, de situations, d’évènements, de sujets qui sans le regard photographique ne sont que des objets banals auxquels on ne fait pas attention, non pas par négligence, mais tout simplement parce qu’ils ne méritent pas notre attention.

    Un caillou posé sur un trottoir, un rayon de lumière, un personnage de dos, une maison sans âme, une bouteille en plastique, une affiche arrachée, … tout peut devenir prétexte pour le photographe à s’arrêter et … à s’extasier 😉

    Enfin, le terme « s’extasier » est un peu fort (même beaucoup !) et propose une vision un peu trop romantique de la photographie à mon goût. On peut s’extasier devant un magnifique paysage, devant une scène fortement esthétique ou encore un beau personnage. Ça c’est facile. Je ne dis pas ça de façon péjorative, mais c’est tout simplement naturel à mes yeux d’être attiré et submergé par le Beau.

    Le photographe, bien souvent, a la vie un peu plus compliquée face à l’évidence du Beau. C’est que, paradoxalement, photographier un beau coucher de soleil par exemple se révèle être d’une banalité sans nom. L’exceptionnel peut rapidement devenir insipide s’il entre dans une norme déjà établie et visitée maintes fois. La femme-nue-taille-manequin-à-la-position-improbable-dans-la-nature en est un autre bon exemple. On frôle l’ennui … et ceci même si les photos sont belles en soi.

    Et c’est là que Susan Sontag intervient :

    Le photographe ne cesse d’essayer de coloniser de nouvelles expériences ou de trouver des façons nouvelles de regarder des sujets familiers, afin de se battre contre l’ennui. »
    Susan Sontag – Sur la Photographie

    Plus loin, elle ajoute :

    Les photographes ambitieux, ceux dont les œuvres entrent dans les musées, se sont écartés toujours davantage des sujets lyriques, explorant consciencieusement l’ordinaire, le terne, l’insipide.

    Le message est clair me semble-t-il 😉 Nous photographes, laissons-nous séduire par l’insipide et tâchons de révéler la fascination potentielle que l’ordinaire peut nous apporter !

    Pour illustrer cette petite réflexion autour de l’acte photographique, j’ai envie de vous montrer des photos que j’ai prises cet été dans un parking. Un endroit plus que banal où l’on ne reste généralement pas. Je m’y suis promenée 2 heures et seule (car oui, la photo est aussi une activité solitaire) 😉

    Un clic sur les images est nécessaire car pour des raisons de place celles-ci sont recadrées. En plein écran ce n’est pas le cas 😉

    Oh bien sûr ces photos ne rentreront pas dans un musée !!!

    Mais un tel exercice dans un endroit aussi dénué de charme nous pousse à prêter attention à des choses auxquelles on n’aurait jamais pensé d’ordinaire ! La lumière, les formes, les volumes, les lignes, les perspectives semblent prendre vie à travers l’objectif. Et c’est tout là le travail du photographe !

    Au bout du compte, l’image photographique nous lance un défi. […] À vous maintenant d’appliquer votre réflexion, ou plutôt votre sensibilité, votre intuition, à trouver ce qu’il y a au-delà, ce que doit être la réalité, si c’est à cela qu’elle ressemble..
    Susan Sontag

  • Adieu Lightroom

    Adieu Lightroom

    Je vous rassure tout de suite, c’est un divorce à l’amiable. Lightroom et moi on sait bien que ça n’a jamais vraiment collé entre nous, aussi avons-nous décidé de se quitter bons amis 😉

    Tout d’abord, notre première rencontre s’était assez mal passée et je m’étais acoquinée avec lui par défaut. En effet, à l’époque j’étais avec Aperture, le logiciel d’Apple avec qui j’étais si bien ! Mais celui-ci était sur le point de me laisser tomber car Apple avait décidé de ne plus le maintenir. J’avais l’espoir que la marque à la pomme développerai un nouveau programme mais ma désillusion a été immense lorsque j’ai compris qu’elle se contenterai d’un logiciel merdique appelé Photo.

    Je me suis donc tournée vers Lightroom à défaut de trouver bonne chaussure à mon pied. Tant de personnes me vantaient ses mérites et ses qualités ! Et je dois bien reconnaître qu’il en avait, mais c’est sans passion que je me suis engagée.

    Bref, c’était un mariage de raison.

    Et puis cet été j’ai rencontré Capture One, au hasard d’un publicité qui me disait que les propriétaires de Fuji pouvaient bénéficier d’une version gratuite. Je suis donc allée voir et …c’est là que j’ai décidé de quitter Lightroom.

    Pourquoi ?

    Qu’est-ce que je reproche à lightroom ?

    À la fois tout et pas grand chose. C’est juste que je n’ai jamais réussi à entrer totalement dans sa logique, j’ai toujours été assez confuse avec tous ces outils partout, ces panneaux « bibliothèque, développement, cartes, livres, … » où il fallait tout le temps passer de l’un à l’autre, tant d’éléments autour de la photo, tous ces petits carrés de différents gris qui me perturbaient beaucoup, …

    Lightroom

    Et surtout, beaucoup, beaucoup, beaucoup de fonctions et de curseurs dont je n’avais rien à faire et j’avais l’impression de passer mon temps à jouer avec la molette de la souris pour chercher l’ajustement qui me convenait.

    Bon, j’ai bien réussi à m’y habituer avec le temps, mais ça n’a jamais été très fluide et naturel.

    En fait, au début, je ne me servais de Lightroom que comme catalogue pour ainsi dire, et il n’y a que depuis environ 1 an que j’ai commencé à faire les ajustements directement sans passer par Photoshop.

    Alors oui, je dois avouer qu’une fois que j’ai commencé à comprendre comment ça fonctionnait, que j’ai même réussi à me créer mes propres presets de développement (oui, oui !), j’ai commencé à prendre plus de plaisir.

    Ceci dit, cette technologie dite des « épingles » me donnait le sentiment de faire les choses un peu à la va-vite, sans grande précision et dès lors que je voulais peaufiner un peu une photo, je m’embarquais systématiquement avec Photoshop. Sans compter que lorsque je voulais reprendre une photo quelques semaines après, je ne savais plus du tout où j’en étais avec ces épingles, lesquelles faisaient quoi et comment.

    Mais je m’en sortais, plutôt bien que mal. Mais sans passion.

    Pourquoi Capture One Pro ?

    Ma liste des bénéfices décisifs

    Par où commencer lorsque c’est un ensemble d’éléments qui m’ont immédiatement sauté aux yeux à l’ouverture de ce logiciel ? Allez, commençons par le plus large, son interface.

    L’interface

    Une ergonomie simplifiée et j’ajouterais aussi, une interface sobre et tellement plus élégante que Lightroom ! En fait, je retrouve un peu la « zen attitude » d’Aperture qui me convient bien mieux. Au moins, ici, j’y vois clair 😉

    Capture One

    Ce que vous voyez ici, c’est une interface entièrement personnalisée avec les outils dont je me sers (et rien d’autre !) Personnellement, la première chose que j’ai faite, c’est de déplacer les miniatures en vertical sur la droite. Étant donné que je peux redimensionner ce panneau comme je veux, c’est beaucoup ergonomique pour moi de le faire de là plutôt que du bas comme c’est le cas avec Lightroom.

    Sur la gauche, j’ai mis le menu avec tous mes onglets : dossiers, base appareil photo, ajustements de courbes, couleurs, noir et blanc, presets, metadata et exportation. L’immense différence avec Lightroom, c’est qu’on ne sort jamais de la fenêtre.

    En haut, j’ai mes outils « main, zoom, recadrage, perspective, etc …) puis les avertissements, les copier-coller, etc … Et parmi tous ces outils, j’ai pu choisir lesquels garder et lesquels éliminer.

    Et il me suffit de faire un clic droit dans chaque section (à gauche, à droite, en haut) pour ajouter ou supprimer un outil, je n’ai donc jamais à aller dans les préférences du logiciel. Tout, absolument tout est personnalisable et de manière tellement simple et intuitive. C’est gé-nial 🙂

    Les calques

    Aaaah !!!! Finies les épingles sur les photos, je retrouve les calques comme si j’étais sur Photoshop ! C’est tellement plus pratique car avec eux j’ai une vision très claire de tout ce que j’ai fait sur ma photo, je peux les désactiver ou les activer indépendamment, jouer sur leur opacité et leur donner des noms !

    J’ai positionné les claques (layers) en haut de ma barre. Comme vous pouvez le voir, j’ai diminué l’opacité de celui des « nuages » car après mon ajustement, je me suis rendue compte que j’y étais allée un peu trop fort

    Ce que j’apprécie le plus avec eux c’est qu’on dessine. En effet, sur chaque calque on applique un masque, soit sur l’image entière (généralement pour les ajustements de base), soit sur des parties de l’image sur lesquelles on va venir peindre un masque et y appliquer des ajustements locaux. C’est vrai qu’on peut faire la même chose avec Lightroom mais ici c’est beaucoup plus pratique et direct.

    Je me suis surprise à avoir envie de reprendre le crayon de ma tablette, chose qui ne m’arrivait plus du tout sous Lightroom, seulement sous Photoshop lorsque justement je voulais être plus précise et délicate dans mon traitement. Et c’est là où j’ai réalisé à quel point avec Capture One je retrouvais le goût et la sensation du travail méticuleux. Et ça, mes amis, ça n’a pas de prix !

    La gestion des couleurs

    Ahhhh, la gestion des couleurs ! Du bonheur, rien que du bonheur ! Capture One a 2 outils fantastiques rien que pour elle !

    L’outil Balance des Couleurs où on peut les faire varier sur les tons clairs, moyens ou sombres et l’outil Édition de Couleurs où là on sélectionne une couleur sur la photo et on lui fait les ajustements voulus. Autant c’était une partie sur laquelle je continuais de galérer sous Lightroom pour obtenir exactement ce que je voulais, autant avec Capture One j’ai tout compris tout de suite, ça marche merveilleusement bien et qui plus est, là aussi sur des calques 😉

    Les outils dédiés à la gestion des couleurs

    Finalement les 3 points positifs essentiels que je vous ai décrits – l’ergonomie, la gestion des couleurs et l’utilisation des calques – sont exactement ceux qu’on retrouve sur la toile lorsqu’on cherche des avis sur Capture One. Je ne suis donc pas très originale. Mais c’est précisément pour eux que je quitte Lightroom sans aucun état d’âme, Capture One le surpassant allègrement.

    Ceci dit, qui aime bien châtie bien et je lui ai quand même trouvé des petits défauts qui me chagrinent 😉

    Les défauts de Capture One

    Pas très graves mais quand même pénibles

    • LA GESTION DES METADATA

    Étant professionnelle, je dois absolument remplir correctement toutes sortes de metadata. C’est chiant à mourir mais il n’y a pas le choix.

    Je dois donc – entre autres – appliquer des mots-clés aux photos. Et là, Capture One n’assure vraiment pas. En effet, avec le temps je me suis constitué un thesaurus en français et en anglais et pour m’y retrouver je les ai hiérarchisés. Or, contrairement à Lightroom, Capture One ne donne pas la possibilité de choisir quels mots-clés exporter ou non. Et c’est vraiment un problème car si je met un mot-clé qui est au dernier rang, par exemple Continent>Pays >province >ville, il va m’exporter TOUS les mots : Continent>Asie>Pays>Chine>Province>Jiangsu>ville>Nanjing. Et admettons que je supprime Continent, il va me supprimer aussi tous les mots qui suivent 🙁 Or, pour un fichier pro, ça ne fait vraiment pas sérieux d’avoir des mots-clés non triés.

    De la même manière, il manque purement et simplement – de manière incompréhensible ! – un champ essentiel dans la partie copyright (ce n’est pas le copyright en lui-même qui existe bien, mais c’est « l’URL de copyright » pour ceux que ca intéresse 😉 )

    Donc après renseignement pris auprès de mes collègues, tous les utilisateurs de Capture One passent par Adobe Bridge pour la partie metadata. C’est malin, je suis moi aussi obligée d’y passer du coup 🙁 🙁 J’ajoute cette URL et je nettoie les mots-clés

    • CAPTURE ONE EST ASSEZ CHER

    En effet, il faut compter 20$ par mois – au lieu de je ne sais plus exactement combien pour Lightroom 😉

    Car bien entendu, la version gratuite est limitée, juste ce qu’il faut pour donner l’eau à la bouche et ensuite il faut passer à la caisse pour débloquer toutes fonctionnalités !

    • UN LOGICIEL PEU RÉPANDU

    Donc qui dit peu répandu, dit peu de ressources sur le web pour apprendre, trouver des trucs et astuces, etc … Et elles sont presque toutes en anglais, même le mode d’emploi de Capture One ! Ce qui fait qu’il est quand même recommandé d’être anglophone pour pouvoir l’utiliser.

    Par ailleurs, le logiciel existe bien en Français, mais après l’avoir installé je me suis rendue compte que la traduction était affreuse et parfois incompréhensible. Je l’ai donc remis en anglais 😉

    Le passage de Lightroom à capture one

    Comment s’est passée la transition ?

    Raaahhhhh, c’est la question qui brûle les lèvres n’est-ce pas ?

    En ce qui me concerne ça s’est bien passé, en tout cas bien mieux que ce que je ne craignais.

    Si on maîtrise déjà Lightroom et Photoshop, sincèrement, on connait déjà un grand nombre de fonctions. La maîtrise des bases est donc rapide et aisée. Bien sûr, découvrir toutes les fonctionnalités dans le détail et leurs possibilités demandera du temps, mais pour ma part, en seulement quelques jours je me suis retrouvée « comme à la maison ».

    C’est plutôt côté phase d’importation de la photothèque de Lightroom qui a été un peu plus délicate.

    Bonne nouvelle : Capture One peut importer une photothèque Lightroom.

    Mauvaise nouvelle : les 2 logiciels n’ont pas la même façon de développer les raw et leur outils d’ajustement n’étant pas exactement les mêmes, ils n’agissent donc pas sur les mêmes paramètres. Ce qui veut dire en clair qu’on ne retrouve pas les mêmes développements de photo dans les 2 logiciels !

    Exemple de photo traitée sous Lightroom et importée dans Capture One. Ca surprend n’est-ce pas ?

    Je n’ai pas trouvé de solution miracle pour conserver les développements Litghroom, mais il faut dire que je ne me suis pas penchée très longtemps sur la question. En effet, comme je le disais au début de l’article, ce n’est finalement que depuis assez récemment que je me suis mise à développer mes photos sous Lightroom, donc j’en avais relativement assez peu, les autres photos étant déjà en format TIFF ou PSD.

    Donc plutôt que de m’évertuer à retrouver exactement les mêmes développements, j’ai préféré exporter en TIFF les meilleures photos (notées à partir de 2 étoiles) puis de les importer directement dans Capture One. Ainsi, j’ai gardé mes originaux développés bizarrement sur lesquels je pourrai retravailler si je le souhaite à partir de Capture One, mais j’ai quand même une version achevée en TIFF. Une sorte de backup en fait 😉

    Par contre, je pense que pour quelqu’un qui utilise exclusivement Lightroom depuis des années, un éventuel passage à Capture One pourrait s’avérer franchement compliqué si tous ses ajustements ont été faits directement sous Lightroom. C’est dommage …

    Côté presets, il y a un logiciel qui permet de les convertir (Preset Converter) car là non plus ils ne sont pas compatibles. La version d’évaluation permet d’en convertir jusqu’à 6 puis après il faut payer. Pour ma part, je n’en avais que 4 donc ça a fait l’affaire. Mais il ne faut pas s’attendre à des miracles et les 4 que j’ai importés ont demandé quand même à être ajustés. Donc là encore, je me dis que ça peut être un sérieux frein pour ceux qui se sont fait une grosse bibliothèque de presets sous Lightroom.

    En conclusion

    Ce changement de logiciel de développement est un véritable bol d’air ! Ca faisait longtemps que j’attendais une alternative ! Enfin je peux avoir un « workflow » moins mangeur d’espace qu’auparavant quand je passais sous Photoshop (ce qui signifiait duplication de fichiers, parfois extrêmement lourds) tout en ayant le même plaisir ! C’est un logiciel dans lequel je me sens enfin à mon aise, où les choses coulent de source. La balance de ses qualités et défauts est largement positive en ce qui me concerne.

    Je quitte donc Lightroom sans aucun regret même si je lui reconnais quand même des qualités. Mais un mariage de raison a peu de chances de faire des heureux de toutes les façons 😉

    Comme presque tout le monde, j’ai un abonnement couplé Lightroom/Photoshop et il court encore jusqu’en décembre, ce qui me laisse le temps d’effectuer un passage en douceur. En ce qui concerne Photoshop, je le remplacerai par Photoshop Elements que j’ai déjà et qui me suffit largement en tant que photographe. Après, ma transition sera complète !

    Bien sûr, si vous avez des questions n’hésitez pas à me les poser dans les commentaires, j’essayerai d’y répondre dans la limite de mes connaissances et surtout, de mon expérience ! Et si certains d’entre vous utilisent déjà Capture One, n’hésitez pas vous aussi à partager votre expérience !

    PS : j’ai essayé d’agrémenter cet article austère par des photos de mes enfants prises cet été et toutes développées avec un rendu différent à chaque fois. C’est que j’ai été la reine du curseur avec mon apprentissage 😉

  • Projection de 2 séries

    Projection de 2 séries

    Je suis heureuse et fière de vous annoncer que j’ai 2 séries qui vont être projetées lors du festival « Visa pour l’image » avec une sélection de photographes de Hans Lucas.

    Amis photographes, vous connaissez très probablement ce festival de renommée internationale qui a lieu à Perpignan ! C’est un des meilleurs au monde dans le domaine du photojournalisme et cette année il se tiendra du 31 août au 7 septembre.

    Alors c’est un peu étonnant me direz-vous car je ne suis pas franchement une spécialiste de la photo d’actualité 😉 Mais Hans Lucas a décidé de prendre le contre-pied du festival durant 3 soirées de projections pour présenter des séries créatives, dont 2 des miennes 🙂

    Elles auront lieu les 5, 6 et 7 septembre et un DJ accompagnera les projections en live. Un grand écran sera dressé au dessus du fleuve Têt qui traverse le centre-ville.

    Comme j’aurais aimé y être ! Mais malheureusement ça ne pourra pas être le cas, car pour moi, septembre signifie la reprise de mes cours de photo et je ne pourrai décemment pas faire faux bond à mes élèves dès la rentrée !

    Hans Lucas filmera les événements mais si l’un d’entre vous y va, je serais absolument ravie d’avoir un petit bout de film ! À vot’bon coeur 😉 😉

    Vous êtes curieux n’est-ce pas de savoir quelles séries ont été sélectionnées !

    Si vous souhaitez la revoir, c’est par ici :

    Je vous les avais présentées sous forme d’une petite histoire où je vous emmenais en vaisseau spatial pour découvrir la planète Terre qui était morte à cause du changement climatique 😉

    Depuis, je l’ai pas mal retravaillée sous une forme beaucoup plus sérieuse et je vous la fait découvrir en avant-première !

    Voici l’intention artistique suivie des photos :

    Collapsed

    Nous sommes en 2119. Le changement climatique a eu lieu.

    Le point de bascule a été atteint 100 années auparavant mais personne n’y avait réellement cru malgré les avertissements désespérés des scientifiques, et surtout pas les chefs des gouvernements qui n’avaient d’yeux et de coeur que pour la sacro-sainte économie de marché. L’humanité a donc continué à faire comme si elle disposait de plusieurs planètes pour assouvir ses pulsions de consommation en se disant que jusque là tout va bien, encore.

    Mais non … Les sécheresses ont commencé à sévir dans certaines parties du monde alors qu’ailleurs ce sont les océans qui ont envahi les terres. Celles-ci, sous l’impact de la pollution, de la surexploitation et du réchauffement climatique ont commencé à devenir de moins en moins fertiles et se sont transformées en déserts. Toute la biodiversité s’est écroulée entraînant des famines sans précédents et les 3/4 de l’humanité ont péri.

    Condamnée à voir son monde disparaître sous la poussière, l’humanité, éparse, erre désormais seule dans un monde stérile fait de sable, de roches et, parfois, de végétaux qui ont miraculeusement survécu. De la civilisation industrielle, il ne reste plus que le béton.

    Bien sûr ce que je raconte ici est une fiction mais pas tant que ça à en croire les théoriciens de l’effondrement qui gagnent une audience considérable à cause de l’urgence climatique. Ont-ils raison ou tort, seul l’avenir le dira. Mais une chose est certaine, nous sommes en devoir d’y penser.

    Pas très optimiste comme série … Mais il est difficile de voir l’avenir en rose à un moment où l’on bat tous les records de températures, où les forêts flambent au Brésil ou en Russie, où l’Islande fait une cérémonie de funérailles pour la mort d’un de ses glaciers, …

    Désormais nous savons que nous ne pouvons pas compter sur nos gouvernants et à titre individuel on se sent souvent complètement dépassés. Mais même s’il semble être trop tard nous pouvons tenter au quotidien de changer nos habitudes – manger moins de viande, moins gaspiller, moins consommer, marcher plus … Au moins ça …

  • Pause estivale

    Pause estivale

    Le temps de la migration estivale est arrivé pour moi et j’entame la montée dans mes alpages de France et d’Italie à partir de la semaine prochaine 😉

    Mon étape comprend un passage par Montpellier début juillet et je vais en profiter pour aller à Arles 2 ou 3 jours pour le festival photo qu’on ne présente plus ! Si vous êtes dans les parages à ce moment là, n’hésitez pas à m’envoyer un petit mail, ça pourrait être l’occasion de se voir « en vrai » !

    Puis pendant une grande partie du mois d’Août je serai en reportage. Aussi, je ne pense pas pouvoir vous donner de nouvelles avant … le mois de septembre en fait.

    J’espère que je reviendrai avec des photos pleines de lumière méditerranéenne et un beau reportage !

    En parlant de lumière, je vous laisse avec une petite série de photos d’architecture prise un jour de beau temps à Nanjing et avec une lumière si forte qu’elle éclaboussait même les ombres !

    Je vous souhaite un bel été et vous dis à très très bientôt !

  • Tiandu Cheng, un Paris réussi ?

    Tiandu Cheng, un Paris réussi ?

    Qui n’a pas entendu parler de Tiandu Cheng, ce « fake Paris » construit par l’entrepreneur chinois Guangsha ? À l’époque, en 2007, sa construction a fait couler beaucoup d’encre avec ses immeuble Haussmaniens, la réplique au 1/3 de la Tour Eiffel et son parc à la française emprunté au Château de Versailles. Évoquée de manière amusée, souvent condescendante, la ville avait heureusement le bon goût d’être un échec urbanistique cuisant, prouvant bien que Paris ne pouvait être imité et surtout que ces Chinois, malgré tout leur argent et leurs projets démesurés ne sauraient égaler l’art de vivre dans la Ville Lumière.

    Il est vrai que 5 ans après la fin de sa construction, Tiandu Cheng ne comptait que 2000 habitants sur les 10 000 escomptés et qu’elle figurait sur la liste – longue – des villes fantôme chinoises.

    Mais qu’en est-il aujourd’hui ?

    Vue de la Tour Eiffel de Tiandu Cheng, reproduction exacte au 1/3 de l’originale.

    Du fantasme à la réalité du terrain

    Ne pas croire ce qui a été écrit

    Il a souvent été dit que Tiandu Cheng se voulait être un projet immobilier de luxe destiné à une classe supérieure qui, n’ayant ni les moyens suffisants ni le temps de voyager voulait rejoindre le niveau et la qualité de vie européens, tout du moins en rêve.

    Or, c’était bien méconnaître la réalité du terrain.

    Tout d’abord, à l’époque de sa construction, les besoins en logements étaient aigus. Tiandu Cheng est située dans la banlieue de Hangzhou qui compte près de 10 millions d’habitants et une des villes les plus riches de Chine. De grands plans de renouvellement et de modernisation des logements du centre ville qui étaient insalubres – ou déclarés comme tels par les entrepreneurs privés qui n’hésitaient pas à jouer de la corruption –  ont forcé des milliers de gens à se reloger ailleurs. C’est ainsi que nombre d’entre eux se sont vus attribuer à Tiandu Cheng 1, 2 voire 3 logements en fonction de la taille du foyer, en compensation de la perte de leur logement d’origine.

    De cela découle deux choses. La première, c’est que la vacance des logements ne signifiait pas qu’ils n’avaient pas trouvé acquéreur, mais que ces derniers n’étaient tout simplement pas assez nombreux pour occuper tous les appartements dont ils étaient devenus propriétaires. 

    Par ailleurs, si plusieurs logements à la fois ont été attribués à un foyer en compensation d’un seul appartement, on peut aisément comprendre qu’ils coûtaient donc beaucoup moins cher que celui du centre-ville.

    Tiandu Cheng n’a donc jamais été destinée à une clientèle de luxe et n’a donc jamais été vendue comme telle !  Car malgré leurs sculptures en façade, les prestations de ces appartements sont extrêmement basiques, ils sont petits avec maximum 70 m2 et les immeubles ne comportent même pas d’ascenseur. Sans compter le fait qu’à l’époque, Tiandu Cheng était perdue au milieu des champs dans une zone encore essentiellement rurale et où il n’était pas du tout chic d’aller vivre !

    On dit souvent qu’en Chine il faut tout multiplier par 10. Cet adage s’applique bien évidemment aux ensembles immobiliers qui fleurissent, encore aujourd’hui, à un rythme hallucinant ! Des logements pour 10 000 personnes, rien de plus classique dans le paysage urbain chinois. Ainsi, la partie « architecture parisienne » de ce quartier n’est qu’une petite part de ce qui est prévu car à terme il s’agira d’un quartier de 30 000 habitants ! La livraison des derniers appartements est prévue pour 2020. Bien entendu, il faut que les infrastructures suivent – routes, écoles, hôpitaux, transports, …-  et la création ex nihilo d’une ville de 30 000 habitants ne se fait pas du jour au lendemain. Mais en même temps que les derniers appartements seront livrés, le quartier se verra desservi par une nouvelle ligne de métro.

    Ce couple de retraités vit avec leur fils depuis 7 ans à « Paris ». À l’instar de nombreux autres, ce sont eux qui s’occupent de leurs petits-enfants. Prochainement, toute la famille va déménager dans un nouvel immeuble de Tiandu Cheng car les appartements y sont plus grands.

    Derrière ce projet, la société Guangsha.

    Une des premières entreprises chinoise de constructions

    Contrairement à ce qui a souvent été écrit, cette cité n’est pas la lubie d’un milliardaire chinois mais le projet de la société immobilière Guangsha qui est l’une des plus importante en Chine.  A-t-elle réussi à vendre tous ses appartements ?

    Il semblerait que oui, en tous cas en ce qui concerne la partie « parisienne ». Ils ont tous été vendus et l’offre est inexistante. Et si aujourd’hui une majorité des occupants est locataire, c’est parce que les propriétaires ont depuis acheté des logements de meilleur standing et surtout plus spacieux dans les nouveaux immeubles avoisinants. En effet, d’après l’office de gestion des appartements, la partie parisienne souffre aujourd’hui d’un sérieux manque d’entretien et de nombreux bâtiments ont de graves problèmes d’infiltration d’eau ce qui fait qu’elle souffre d’une mauvaise réputation.

    À l’inverse, l’autre partie de Tiandu Cheng, elle aussi construite par la société Guangsha rencontre elle beaucoup de succès. Là, pour acheter un appartement, il faut compter environ 20 000 rmb/m2, soit 2500 euro/m2. Quand on sait que le prix du mètre carré est deux, parfois trois fois plus cher dans le centre de Hangzhou, ce n’est pas étonnant que les habitants soient plutôt des primo acquéreurs ou des gens qui n’ont tout simplement pas les moyens d’accéder à la propriété dans des quartiers plus « huppés ». Mais même en étant prêt à y mettre le prix, rien n’assure de pouvoir acheter. En effet, en Chine, face à la demande, il est courant de passer par la case « tirage au sort » pour déterminer qui, parmi tous les candidats, aura la chance de pouvoir réellement acheter le bien. Et à Tiandu Cheng, la chance est seulement entre 2 et 3 % selon la situation et l’immeuble. 

    Bien entendu la question qui brûle les lèvres est de savoir si les habitants pensent qu’ils vivent réellement dans une réplique de Paris et si ce quartier attire vraiment les touristes chinois qui ne peuvent voyager. Comme il fallait s’y attendre, les gens ne sont pas dupes et pas un n’imagine que le vrai Paris ressemble à ce quartier, même s’ils n’y sont jamais allés. Hormis la Tour Eiffel qu’ils savent l’exacte réplique en plus petit de l’original, pas un ne pense que venir ici c’est comme visiter Paris. 

    Critiquée à cause de sa « copie » de l’architecture Haussmanienne par les médias occidentaux, ici en Chine on ne voit pas la réplication comme un problème mais plutôt comme une qualité, héritage du Confucianisme qui encourage l’élève à imiter le maître. De manière générale, il y a en Chine de nombreux cas de copies de monuments et de villes, ce que la journaliste Bianca Bosker appelle la « duplitecture », mot-valise qui mixe « duplication » et « architecture ». Mais elle n’est pas le seul apanage de la Chine et la ville de Las Vegas aux Etats-Unis est fameuse pour les répliques de monuments célèbres. Dans le même ordre d’idées, que penser alors des monuments directement inspirés de la Rome ou de la Grèce antiques à travers les pays occidentaux ?

    À Tiandu Cheng il n’y a finalement que très peu de répliques exactes des originaux et ce sont surtout des statues ou des monuments qui sont pour la plupart dans le parc à proprement parler. Celui-ci a été dessiné dans le prolongement de la Tour Eiffel sous la forme de jardins à la française. Mais sa vocation est essentiellement pédagogique et chaque statue est accompagnée d’une pancarte explicative. Finalement, on pourrait même dire qu’il est dans le même esprit que le fameux Parc Oriental de Maulévrier dans le Maine et Loire qui reproduit un jardin japonais ainsi que des éléments architecturaux.

    Cependant, au contraire du parc de Maulévrier, celui de Tiandu Cheng est loin d’attirer les touristes en mal de voyages ! Il s’agit plus de promeneurs qui viennent des quartiers voisins, éventuellement de Hangzhou pour une sortie dominicale. 

    En fait, le seul vrai business qu’il semble y avoir, c’est celui des photos de mariage. Mais encore une fois, les couples ne viennent pas ici parce qu’ils ne peuvent pas voyager, mais simplement et surtout parce qu’aux yeux des Chinois, la France est le pays des amoureux. Rien ne peut être plus romantique que de poser devant la Tour Eiffel, le bassin d’Apollon ou dans le carrosse d’une Reine dans un jardin à la française ! Même s’il est difficile de comprendre pourquoi nous avons une telle réputation de romantiques – parce qu’en réalité il se trouve qu’au final les chinois le sont bien plus que nous  – nous devrions plutôt être flattés et considérer que cette réputation est meilleure à prendre que bien d’autres !

    Côté boutiques et commerces de la partie Haussmanienne, il sera difficile de trouver un seul magasin de souvenirs, même pas un porte-clé de Tour Eiffel ! Par contre, il est intéressant de constater qu’un nombre impressionnant de centres éducatifs pour enfants se sont installés, faisant de l’artère principale l’avenue des enfants. Des écoles de langues et de musique aux établissements artistiques ou d’apprentissages technologiques et de soutien scolaire, les parents n’ont que l’embarras du choix pour stimuler et surtout pour faire de leurs enfants ce qui est le « sport national » : des bêtes de concours. 

    Finalement, Tiandu Cheng n’est qu’un quartier – ou ville si l’on se réfère à l’échelle européenne – comme un autre dans le paysage urbain chinois d’aujourd’hui. Aujourd’hui c’est un quartier qui a pleinement pris son essor et la « ville fantôme » est très loin derrière. Sa seule spécificité est d’allier habitations et parc à thème, de manière d’ailleurs plutôt réussie car les gens trouvent qu’il fait bon y vivre. On est très loin d’une sorte de « parc Disney » où les habitants vivraient dans une « fake »  ville pour le simple plaisir d’en jeter plein la vue ou pour simuler une vie d’ailleurs. Tout au plus lorsqu’on s’y promène on ressent une vague ressemblance, un « air de Paris », mais le quartier a toutes les spécificités chinoises, à commencer par les ventilateurs des climatiseurs sur les façades – indispensable dans le climat de Hangzhou – , le linge qui sèche aux fenêtres – impensable à Paris et encore moins dans un quartier Haussmanien ! –  et sans oublier bien sûr les gens qui se promènent en pyjama – même pas en rêve à Paris !

    Perspective de l’avenue principale.

    Reportage complet avec d’autres photos disponibles en HD chez Hans Lucas

  • Femmes PHOTOgraphes

    Femmes PHOTOgraphes

    Il y a quelques semaines, j’ai eu la jolie surprise d’être contactée par l’association Femmes PHOTOgraphes, un groupement de photographes féminines dont l’objectif est de proposer une alternative au manque de visibilité de la photographie pratiquée par les femmes.

    Le mot « femme » revient souvent me direz-vous dans mon introduction, mais pour une fois que j’ai l’occasion de parler de la photo au féminin je ne vais pas m’en priver 😉 Parce que oui, il faut bien le dire, la réalité encore aujourd’hui, est que le travail des photographEs est largement sous-représenté par rapport à celui de la gent masculine.

    C’est pourquoi des initiatives telles que cette association sont importantes. Je pense que sur le fond personne n’est un fervent adepte de ce qu’on appelle « la discrimination positive », mais pourtant c’est un passage obligé car sans elle, rien ne bougera, ou si peu, ou si lentement.

    Ainsi, l’association publie une revue semestrielle de très haut niveau et qui est en train d’acquérir ses lettres de noblesse dans le monde fermé des magazines. Je ne l’ai malheureusement jamais eue en mains, mais les échos et les images que j’ai pu voir m’ont convaincue que cette équipe fait un travail remarquable, tant du point de vue de la qualité éditoriale que celle de la publication en elle-même ! Et oui, le travail que font les femmes c’est la classe 😉

    Le thème de ce numéro porte sur le pouvoir et la résistance. Voici l’édito que je reproduis ici :

    FemmesPHOTOgraphes publie dans le sixième numéro de sa revue, le premier volet d’une réflexion autour du rôle des images face aux enjeux politiques et humains que sont les notions de pouvoir et de résistance. Développant des formes de réappropriation ou construisant des alternatives d’avenir face à différentes formes d’oppression, les travaux regroupés dans ce numéro s’articulent et créent un paysage de résistances contemporaines : Se battre pour ses terres ; défendre et préserver sa culture ; s’associer pour photographier l’impensable ; créer ; publier pour déjouer la censure ; vivre malgré l’omniprésence de la mort ; apprendre ; archiver contre l’oubli ; prendre les armes …
    Quelles formes prennent les résistances individuelles ou collectives ?
    Comment penser les rapports d’enchevêtrement entre pouvoir et résistance ?
    Quelles en sont les frontières ?
    Editorial du nº6 de la revue FemmesPHOTOgraphes

    Je suis extrêmement fière de contribuer à cette 6ème édition avec un reportage que j’ai effectué sur un petit village de la province du Gansu en Chine. Je vous en avais parlé ici :

    J’espère qu’avec cette présentation je vous aurais donné l’eau à la bouche et l’envie d’acheter ou de vous abonner à la revue !

    http://www.femmesphotographes.eu/

    Amis parisiens, pour le lancement de cette édition une rencontre avec les photographes aura lieu le vendredi 14 juin à 20h à la Librairie L’Atelier – 2 bis rue de Jourdain – Paris 20ème.

    Je ne pourrai malheureusement pas y être, mais si vous êtes disponible, c’est toujours passionnant de pouvoir discuter en direct avec les auteures, qui sont, si je ne me trompe pas, majoritairement pour ce numéro des photo-reporters !

  • Rafraîchissant !

    Rafraîchissant !

    Vous est-il déjà arrivé de voir le Miroir du Ciel ? Allez, je vous emmène l’admirer, ça vaut le coup d’oeil 😉

    Le ciel est grand, donc il faut un grand miroir ! Et quoi de plus indiqué qu’un lac aux eaux calmes. Mais ça ne suffit pas. Il faut aussi qu’il ne soit pas trop profond et qu’il contienne beaucoup de sel pour sa blancheur. Idéalement, il faut que l’épaisseur du sel soit conséquente et qu’elle effleure la surface de l’eau. Et si ce lac est entouré de montagnes, bingo ! Vous avez votre miroir !

    Il faut donc beaucoup d’ingrédients réunis et c’est pourquoi les miroirs sont rares. Le lac Uyuni, en Bolivie, est le plus connu, mais il y a aussi le lac Bonneville Salt Flat en Utah (USA), puis le lac Chaka, en Chine. Et bien entendu, c’est de ce dernier dont je vais vous parler 😉

    Ce lac est tout petit par rapport à ses voisins. Tout juste 105 km2. Bon, je ne suis pas sûre qu’on soit nombreux à être capables d’en faire le tour dans la journée hein 😉 D’autant qu’il est haut, 3059 mètres au dessus du niveau de la mer exactement.

    Le lac Chaka (ou Chakayan) est situé au centre de la Chine, dans la province du Qinghai et très exactement dans le Comté Mongole d’Ulan Haixi.

    D’après mes renseignements, le sel de ce lac est exploité depuis 3000 ans ! Facile à extraire, disponible en quantités phénoménales et renouvelables, il a fait la richesse des peuples de la région.

    Avec le développement économique fulgurant de la Chine, vous imaginez bien que l’industrie du tourisme s’y est aussi mise de la partie ! Chaque été, ce sont désormais des hordes de touristes qui viennent ici. Il faut dire qu’ils ont raison, l’endroit est de toute beauté ! Mais heureusement pour moi, lorsque j’y étais en février, c’était la saison tout à fait basse …

    Image trouvée sur internet sur le site d’un office de tourisme. Auteur inconnu.

    Mais on peut rarement tout avoir et à -18 degrés, je ne me voyais pas mettre les pieds dans l’eau pour aller plus au milieu du lac et obtenir cet effet sidérant de miroir ! Et puis le temps n’était pas tout à fait de la partie, avec beaucoup de brume et de nuages qui étaient trop « laiteux ». Aussi, impossible d’obtenir ces photos si typiques de ce genre d’endroit comme celle ci-contre. Ce n’est pas que je voulais faire de la carte postale, mais quand même, j’aurais bien aimé jouer avec le ciel …

    Mais qu’à cela ne tienne, vous savez bien que ce n’est pas le genre de broutille qui arrête un photographe ! Alors laissez-moi vous faire découvrir ce paysage tel que je l’ai vu !

    C’était beau quand même n’est-ce pas ? Je me dis toujours que même si la vie est dure dans ces contrées, elle doit l’être un peu moins brutalement si on peut se réveiller tous les matins devant un tel spectacle.

    Allez, il est temps maintenant de repartir et je vous laisserai une dernière image de cet endroit avec des troupeaux qui paissent non loin de là.

    Vous êtes sûr d’avoir envie de partir ?

  • Mon expérience avec le moyen format Fujifilm GFX 50 R

    Mon expérience avec le moyen format Fujifilm GFX 50 R

    Il y a quelque temps, je vous annonçais mon acquisition du moyen format Fujifilm GFX 50R en complément de mon Leica Q. Après plusieurs mois d’utilisation, je me suis dit que vous aimeriez savoir ce que j’en pense et c’est donc ce que je vais faire ici 🙂

    Je ne vais pas revenir longuement ici sur le pourquoi de cet investissement. Mais voici en très résumé mes motivations :

    • Besoin de diversifier mes focales,
    • Le Leica que j’avais en tête était vraiment trop trop trop trop cher,
    • Besoin d’un boîtier avec des fichiers de très bonne qualité,
    • Volonté de découvrir une nouvelle façon de travailler.

    Si vous souhaitez plus de détails, voici l’article dans lequel je développe mes idées :

    Pour l’heure, je vais plutôt vous faire part de mes immenses joies avec cet appareil, mais aussi … de mes petits déboires 😉

    Je tiens à préciser qu’il ne s’agit pas d’un test, que je ne suis pas une professionnelle des « avis », que les lignes qui suivent rendent compte d’une utilisation personnelle et donc forcément subjective et qu’il n’y aura pas de note sur 10 ou d’étoiles à la fin de ce post pour évaluer cet appareil photo 😉

    L’ergonomie et la prise en main

    Les plus

    Petit, léger, discret, tropicalisé, écran orientable

    Lorsque je l’ai pris en main pour la première fois, j’avoue que j’ai été franchement surprise par sa – relative – petitesse et légèreté. Bon, bien entendu, on ne parle absolument plus d’appareil compact et il est bien incapable de tenir dans une poche ! Non, il est gros à peu près comme un réflex professionnel et il a besoin d’un sac dédié. Mais on parle d’un moyen format et ses dimensions sont une avancée majeure dans ce domaine !

    Source : https://camerasize.com

    Ahaha, moi qui aimais me déplacer léger, j’ai donc dû investir dans un sac photo qui puisse emporter mes 2 appareils ! Et lorsque je suis en prise de vue, j’ai donc les 2 boitiers autour du cou. C’est assez lourd mais j’avoue que je m’attendais à plus d’inconfort et je peux déambuler pendant 2 ou 3 heures avant d’en sentir vraiment le poids.

    Du fait de sa sobriété, ce GFX 50R est vraiment discret ! On dirait une brique. Et l’objectif que je lui ai adjoint, un 63 mm f/2.8 (équivalent 50 mm) n’est pas très très gros ce qui fait que ce couple est parfaitement adapté à la photographie de rue. Bon, il est moins discret que le Leica, mais franchement, il passe assez inaperçu et surtout, il n’a pas ce look « agressif » qu’ont souvent les reflex pro.

    Deux autres points super positifs : une tropicalisation totale et un écran orientable. J’ai pu apprécier cette tropicalisation cet hiver alors que nous étions dans le désert et en pleine tempête de sable et j’étais franchement rassurée de savoir que les joints étaient bien étanches et ne risquaient pas de laisser passer la poussière. Et je l’apprécierai sûrement dans quelque temps quand la saison des pluies arrivera ! Cette protection manque cruellement à mon Leica et je trouve même scandaleux qu’au prix où il est il ne soit pas tropicalisé !

    En ce qui concerne l’écran orientable, même si c’est moins indispensable, ça peut s’avérer pratique. Bon, pour le moment je dois bien avouer que je ne m’en suis pas encore beaucoup servie, mais c’est tout simplement par ce que je n’y pense pas 😉

    Les moins

    Le menu, trop de boutons et le grip

    • LE MENU

    Aaaaaah, le menu ! Moi qui suis passée d’appareils photo datant de Mathusalem (donc relativement peu d’options disponibles par rapport à ce qui se fait aujourd’hui) au Leica Q dont le menu est vraiment minimaliste, là je me retrouve devant des milliards d’options dont, il faut le dire clairement, je n’ai rien à faire !

    Et je ne sais pas si c’est un problème de traduction, mais les termes sont souvent complètement abscons pour moi … Sans compter la logique qui m’échappe parfois. Par exemple, pour formater la carte, il faut aller dans « Paramétrages » et « configuration utilisateur » ! C’est sûr qu’avec une telle arborescence on ne risque pas de formater les cartes par inadvertance 😉

    Mais si ces menus sont si complets, ou disons que s’ils regorgent d’options à ce point, c’est peut-être que la plupart des gens les utilise ? Faites-vous partie de ces photographes qui configurent tout à partir de leur boîtier ? Même des options telles que « effet du grain », « couleur effet Chrome », « plage dynamique DR100% – DR200% » (aucune idée de ce que c’est !) et j’en passe ! Éventuellement je peux comprendre qu’on souhaite maîtriser ce genres de paramètres lorsqu’on fait de la photo de studio, mais pour une utilisation plus en mode « reportage », et qui plus est en format raw, c’est le genre de réglages à priori qui m’échappe.

    Qu’ils soient présents pourquoi pas ! Il en faut pour tous les goûts 😉 Mais par pitié, pas au milieu des autres réglages plus fondamentaux. J’aurais donc une suggestion à faire à Fuji … Pourquoi ne pas proposer à l’instar de Photoshop qui offre des espaces de travail spécifiques à chaque métier (« les indispensables », « photographe », « 3D », etc …), des menus rapides qui permettraient d’accéder à un espace de travail spécifique. On pourrait imaginer par exemple un menu « Les essentiels », un autre « Studio » ou encore « Paysage », etc …

    Bref, vous l’aurez compris, le menu me donne la migraine …

    • LES BOUTONS

    Alors, vous allez peut-être rigoler, mais là aussi je trouve qu’il y a trop de boutons. Quinze il me semble plus 4 molettes ! Le Leica en compte 8 (y compris le déclencheur) et 2 molettes. C’est à dire exactement la moitié ! Et sincèrement ça suffit ! Parce que quand même il ne faut pas exagérer. De quoi a besoin un photographe ?

    • 1 déclencheur,
    • 1 réglage iso
    • 1 réglage ouverture
    • 1 réglage vitesse
    • 1 mode de mesure de lumière
    • 1 mémoire d’exposition (éventuellement du focus)
    • 1 compensation d’exposition.

    Le réglage de l’ouverture se fait sur l’objectif et celui de la vitesse avec une molette de même que la compensation d’exposition. Restent donc les Iso, le mode de mesure de la lumière, la mémoire d’expo et … le déclencheur. 4 boutons importants et 2 molettes en résumé. Donc ma question est : pourquoi autant de boutons sur le Fuji ?

    Heureusement ils sont paramétrables ! Donc pour ma part, j’ai fini par tous les désactiver sauf mes 4 essentiels, parce que non seulement je me perdais complètement dans les commandes, mais en plus il m’arrivait de les toucher sans faire attention. Et je les ai mis presqu’au même endroit que ceux du Leica Q, et ça c’est pas mal car mes doigts viennent naturellement les chercher 🙂

    • LE GRIP

    Comme je vous le disais plus haut, on dirait un peu une brique. Les ingénieurs ont tout fait pour rendre ce moyen format le plus compact possible et c’est tout à leur honneur. Mais à mon sens, la poignée aurait pu être légèrement plus proéminente. Comme il est très plat, on est obligé de l’empoigner assez fermement. Mais que se passe-t-il ? Du coup, on a tendance à toucher ces fichus boutons !

    Et encore. J’ai monté le 63 mm qui est le plus petit et léger des objectifs de la gamme des moyens formats. Je ne sais pas ce qui pourrait se passer si j’avais le zoom ou pire, l’énôôôrme 120 mm macro.

    Par ailleurs, j’attends de voir comment mes mains vont l’agripper cet été. Il faut savoir qu’à Nanjing on a 100% d’humidité et 30º-35º en moyenne l’été (c’est l’un des 4 fours de Chine dit-on !). Autant dire qu’on transpire beaucoup, beaucoup, voire plus 😉 En prévision, j’ai acheté une coque en cuir. Non non, ce n’est pas pour faire vintage, mais outre le fait que ça protège quand même l’appareil, le cuir a l’immense mérite d’absorber la transpiration. D’ailleurs, la coque en cuir de mon Leica a déjà une belle patine comme si elle avait 15 ans 😉

    En conclusion, vous l’aurez compris, mes reproches vont à l’ergonomie du boîtier qui peut être largement perfectible à mes yeux. De ce point de vue, on dirait parfois que les ingénieurs se sont fait plaisir en oubliant les photographes 😉 À moins que ce ne soit purement marketing pour donner l’impression de ne pas être en reste par apport à ce qui se fait chez la concurrence, ou peut-être aussi pour dire aux acheteurs qu’ils en auront pour leur argent ? Personnellement, je fais plutôt partie de cette école du « Less is more » parce que quand c’est bien fait comme pour le Leica Q, on peut vraiment se concentrer sur l’essentiel : la prise de vue !

    Alors pour quelles utilisations je recommande ce GFX 50R ?

    Et bien en fait, je pense pour toutes les opportunités photo, ou presque, le presque étant parce qu’à mon avis les photos de sport sont à exclure. Mais ceci est inhérent au moyen format, j’y reviendrai plus loin.

    Pour ma part, je suis une photographe assez polyvalente. Mon Leica Q pourrait me suffire, j’en avais fait la démonstration dans cet article :

    Mais du fait de la focale fixe non interchangeable du Leica Q, il m’arrivait, surtout en situation de reportage, de ressentir un manque en termes de diversification de focales. C’est pourquoi j’ai opté pour un objectif équivalent au 50mm, le Fujinon GF 63mm f/2.8 qui à mes yeux est le complément idéal d’un 28 mm.

    Petit aparté …
    Certains me diront que j’aurais pu prendre un zoom. Mais dans mon mode de fonctionnement très personnel, j’avoue que je n’aime pas ces objectifs. Non seulement ils sont la plupart du temps moins lumineux qu’une focale fixe – ou s’ils ont une grande ouverture ils deviennent absolument énormes !-, ils sont moins qualitatifs, mais surtout je perds un temps fou à décider de mon cadrage.

    C’est donc pourquoi ce Fuji est mis exactement à la même sauce que le Q, à savoir …

    Le reportage, la photographie de rue

    Et il réussit super bien !

    Comme je le disais plus haut, ce GFX 50R est un appareil assez discret aussi ce n’est vraiment pas un problème de l’avoir dans la rue. En fait, j’ai l’impression que les gens, lorsqu’ils le remarquent, sont plus intrigués que dérangés ou intimidés contrairement aux gros reflex pro qui eux provoquent plus de méfiance.

    Les exemples ci-dessus nous montrent des personnages que j’ai pris de relativement loin. Mais même lorsque je me rapproche beaucoup, je reste très discrète et en fait, personne ne fait attention à moi ;).

    Le bruit du déclencheur est aussi assez discret (beaucoup moins que celui du Leica c’est sûr !) et si besoin j’ai vu que je pouvais aussi le mettre en mode « silencieux ».

    Par ailleurs, j’ai été extrêmement favorablement étonnée de la vitesse de l’auto-focus. On m’avait mise en garde sur leur lenteur à cause du moyen format. Là, franchement, même s’il est loin de battre l’extraordinaire rapidité du Leica Q, il n’a pas à rougir du tout du tout ! Je dirais qu’il est aussi rapide qu’un appareil moyen de gamme actuel, ce qui franchement, est déjà bien ! Je n’ai pas encore eu à regretter une photo que j’aurais loupée à cause de la lenteur de l’AF. Et de ce point de vue là, bravo Fuji ! On peut vraiment dire qu’ils ont réussi à faire sortir des studios les moyens-formats !

    La photographie d’architecture

    Génial !

    Avec le portrait, c’est probablement ce qui me manquait le plus avec l’usage exclusif du 28 mm : la possibilité de cadrer plus serré et d’avoir un peu moins de déformations et de fortes lignes de fuite. Attention, j’adore littéralement les superbes lignes que procure le 28 mm, mais varier les plaisirs n’a jamais fait aucun mal à personne ;).

    Avec ce 63 mm, je n’ai quasiment pas de déformation, et il suffit que je sois bien positionnée exactement dans l’axe et là, je peux dire que la déformation est proche de zéro !

    Vous remarquez peut-être que toutes ces photos sont en format 2/3 (24×36). Je voudrais juste préciser que ce n’est pas tout à fait un choix de ma part mais j’ai opté pour ce format par défaut car mon Leica ne dispose que de celui-ci. Là j’avoue que le choix des dimensions est une super option proposée par le Fuji (2/3, 4/3, carré, panoramique) et Leica ferait bien de le proposer aussi. Bien sûr vous me direz qu’il est toujours possible de recadrer en post production, mais le fait de pouvoir cadrer directement au bon format est un véritable plus pour moi qui adore soigner mes cadrages aux petits oignons au moment de la prise de vue 😉

    Zut, moi qui me plaignait du trop d’options du Fuji, il n’y en a peut-être pas assez chez Leica ? 😉 😉

    La photographie de paysage

    Re-génial 😉

    À mes yeux la photo de paysage est assez proche de la photographie d’architecture ou même de rue, mais ce qui la distingue le plus c’est le fait que bien souvent il est difficile de trouver un point fort. Et avec cette focale de 50 mm, c’est quand même plus facile d’en avoir un sans être obligé de faire des kilomètres pour se rapprocher de ce point afin qu’on le voie quand même. Un oiseau dans le ciel avec le Leica, ça ressemble souvent plutôt à une tache 😉

    La photo ci-dessus est l’exacte illustration de quand j’ai été heureuse d’avoir un 50 mm monté sur un moyen format ! Certes, c’est très très trèèèèès loin d’être un objectif pour la photo animalière (et d’ailleurs cette photo est une photo de paysage, les oiseaux ne sont là que pour le petit plus), mais j’étais sûre qu’on les verrai bien. C’est que côté définition, cet appareil déchire ! 😉 😉

    Allez, je vous montre quelques exemples de photos prises au Fuji …

    Parfois, lorsque c’est possible, j’aime bien introduire un flou de premier plan dans mes photos de paysages, je trouve que ça leur donne de la profondeur mais aussi une certaine forme de mystère. Et la qualité du flou de ce boîtier est une merveille ! Le flou de profondeur de champ du Leica est fantastique aussi bien entendu, mais ça reste un flou de 28 mm, alors … c’est pas pareil 😉

    Allez, puisque je vous parlais du flou, j’en profite pour approfondir le sujet 😉

    La proxi-photo

    Flou, flou, flou et bulles de lumière

    Alors, que l’on soit bien d’accord, ce 63mm équivalent 50 mm n’est pas un objectif macro ! Et il n’a pas non-plus de fonction macro comme on peut en trouver sur certains objectifs. Mon Leica en a une, ce Fujinon non !

    Mais …

    Malgré une distance minimale de mise au point de 50 cm, même une focale normale sur un moyen format devient un outil de créateur de flou et de bulles de lumière comme je les aime. Absolument génial !

    Toutes les photos que je vous montre ici sont garanties sans recadrage ou minimal pour enlever les petites broutilles gênantes sur les bords. Je les ai prises avec l’ouverture maximale à f/2.8. Bon, il faut avouer qu’à cette ouverture extrême, les bords ne sont plus très nets, mais par contre au centre on a une magnifique définition !

    Je vous laisse donc imaginer ce que pourrait donner le 120 mm macro (équivalent 100mm) !

    PS : je ne vous ai montré ici que des exemples de « proxi-photo » avec des fleurs, mais bien sûr tous les sujets pris de près sont valables 😉

    Le portrait

    Re-re-re-re-génial 🙂

    Bien sûr, on sait tous que le 50 mm est très bien adapté au portrait même si idéalement il vaut mieux une focale entre 75 et 85 mm. Mais c’est quand même bien mieux que le 28 mm même si je ne me suis jamais gênée d’en réaliser avec le Leica Q 😉

    En fait, c’est aussi beaucoup à cause des grosses restrictions en portrait du Leica que je me suis décidée à investir dans un autre boîtier. En effet, comme j’effectue de plus en plus de reportages, c’était une facette qui commençait à me manquer sérieusement.

    Alors que dire sur ce boîtier et de son objectif en portrait ? Et bien que du bon ! Déformation ultra minimale, un « piqué » superlatif et une ouverture qui permet de flouter à merveille l’arrière-plan. Que demander de plus ? Et bien j’ai un petit plus que j’adore parce qu’il s’intègre bien à mon style de photos : la tendance de l’objectif à créer de superbes flares en fonction des conditions lumineuses, comme dans la photo ci-dessus mais aussi celle qui vient ci-dessous !

    f/11

    Une fois n’est pas coutume (du tout du tout !), je vous dévoile ici les membres de ma famille ! Ce n’était pas intentionnel mais je n’avais pas assez d’exemples de photos de portrait 😉 😉 Donc permettez-moi de vous présenter ma fille Inès, mon cher et tendre mari, Ryad, et mon fiston Alexandre 🙂

    f/2.8. Vous pourrez remarquer que la profondeur de champ est minimale ! Il faut que je me souvienne que j’ai intérêt à fermer si j’ai un groupe de personnes à prendre ! 😉

    Mais ce flou de profondeur de champ est un atout formidable lorsque l’arrière-plan est confus.

    Encore une fois, et de manière tout à fait exceptionnelle parce que je n’ai pas sous la main d’autres exemples parlants, cette fois-ci c’est mon propre portrait que je vous présente ! Non, non, ce n’est pas un selfie, c’est une photo réalisée par mon fiston Alexandre ! Alors j’en profite ici pour vous dire qu’il est un très talentueux photographe et surtout vidéaste professionnel ! Allez voir son site si vous ne me croyez pas ou si vous êtes curieux de découvrir ses réalisations ! : http://www.alexandrechellali.com

    Et bien entendu, la qualité est exceptionnelle ! Ci-dessous je vous propose un crop à 100% du visage de la vieille dame. On peut compter ses cheveux et la presque sentir le toucher de la trame de sa chemise !

    Comme vous pouvez donc le constater, ce moyen format est donc définitivement fait pour sortir des studios et se frotter à une photographie de terrain très variée !

    Mais alors, qu’est-ce qui change entre un moyen format comme ce Fuji et un appareil « classique » ?

    Les spécificités du moyen format

    Avant de développer ce sujet, je tiens ici à préciser que je ne suis pas (encore 😉 ) une spécialiste du moyen format ! Les lignes qui suivent sont mes propres conclusions après plusieurs mois d’utilisation. Peut-être d’ailleurs que certains parmi vous, chers lecteurs, pourrez apporter votre contribution à ma liste !

    • PROFONDEUR DE CHAMP TRÈS RÉDUITE

    La différence entre un appareil full-frame et un appareil APSC ou micro 4/3 réside essentiellement dans la grosse différence de gestion de profondeur de champ. Une ouverture à f/3 par exemple fera apparaître beaucoup plus de flou sur un full frame que sur des appareils à plus petit capteur.

    On peut donc s’attendre à ce que ce soit la même chose avec un moyen format.

    Oui, bien entendu ! Les exemples des photos ci-dessus sont tout à fait parlantes de ce point de vue. Mais parce que le flou est extrêmement prononcé, la mise au point devient du coup beaucoup plus délicate. CQFD 😉

    J’ai donc dû prendre l’habitude de fermer mon diaphragme entre f/8 et f/16 la plupart du temps, surtout lorsque je suis en situation de photographie de rue où l’on a très peu de temps pour réagir. En photo d’architecture, où c’est souvent quand même mieux d’avoir une grande profondeur de champ, là je n’y vais pas par 4 chemins, je ferme même à f/22, voire f/32 !

    • VITESSE PLUS ÉLEVÉE

    On dit que généralement la vitesse minimale pour être certain d’avoir une photo nette et sans flou de bougé de la part du photographe, c’est de caler la vitesse sur la longueur focale. Cela revient simplement à dire que pour un full frame (24×36) équipé d’un 50 mm, il faut que la vitesse d’obturation soit au minimum de 1/50ème de seconde. On connait tous le calcul de conversion si on ne dispose pas d’un full frame. Pour un appareil micro 4/3 par exemple, la vitesse minimale si on a un 50 mm fixé, ce n’est plus 1/50ème mais 1/100ème à cause du coefficient multiplicateur de 2.

    On pourrait donc s’attendre à ce que ce soit la même chose avec un moyen format, mais en sens inverse …

    Mon fuji est équipé d’un 63mm qui est équivalent à 50 mm en Full Frame. J’aurais donc logiquement tendance à penser que la vitesse minimale devrait être de 1/40ème environ. Et bien ce n’est pas le cas du tout du tout et c’est même tout le contraire !

    J’ai en effet constaté qu’en dessous de 1/100ème j’ai presque une photo sur 2 qui souffre de flou de bougé ! Ça a eu tendance à me vexer car je suis plutôt une photographe stable 😉

    Mais j’ai fini par comprendre que ça tient de la taille du fichier et de sa qualité ! En effet, avec des fichiers qui font 51 millions de pixels, la moindre erreur ne pardonne pas ! Non seulement du point de vue du flou de bougé mais aussi de mise au point !

    Photo prise à travers les franges d’un lampion à la chinoise

    Ainsi, comme la plupart du temps je dois pas mal fermer le diaphragme pour être sûre de ne pas trop commettre d’erreur de mise au point mais que je dois AUSSI avoir une vitesse d’obturation assez élevée pour éviter le flou de bougé, j’ai donc activé l’option « ISO AUTO » avec un seuil minimal de 1/100ème pour autoriser l’augmentation des iso. Là, j’avoue que c’est une chouette option de ce fuji 😉

    Cet aspect fait que l’utilisation de ce boîtier est beaucoup plus exigeante, même qu’un full frame, surtout dans toutes les variétés de situations dans lesquelles je m’en sert !

    Mais la récompense c’est …

    • LA QUALITÉ D’IMAGE QUI EST … STUPÉFIANTE

    Malheureusement sur votre écran vous ne pourrez pas l’apprécier à sa juste valeur. Je dois en effet mettre des fichiers en taille réduite et compressés pour des questions de poids. Une image raw pèse en effet plus de 112 méga et fait 8256 x 6192 pixels ! J’aime autant vous dire que ça a été l’occasion d’augmenter la Ram de mon ordinateur pour traiter de tels fichiers 😉

    Ce que j’aime par dessus tout dans ces fichiers, c’est la taille des pixels 😉 En fait, ils sont très gros, ce qui donne des images à la fois extrêmement définies mais aussi toutes en douceur. Finalement, c’est un rendu assez proche de celui du Leica Q que j’aime justement pour cette sorte de « clarté-douceur » et dont le meilleur terme que j’ai trouvé c’est velouté.

    En haut à gauche, un fichier du Fujifilm et à sa droite, celui du Leica Q. En dessous, j’ai fait des crops à 100 %. Vous voyez comme tous les 2 ont ce « velouté » à la différence près que les pixels du Fuji sont beaucoup plus gros que ceux du Leica ?

    Et puis il donne un niveau de détails que je n’ai jamais vus jusque là sur aucune de mes photos (on voit les ailes de la petit abeille dans la photo ci-dessus !). Et dans l’image ci-dessous, en contrastant juste légèrement la photo, on peut voir la Lune et même la trace d’un avion !

    Autant dire que ce genre de photo, imprimée en haute qualité, c’est un régal !

    En conclusion

    Et bien je crois que j’ai été assez explicite tout le long de ces lignes n’est-ce pas ? Malgré quelques défaut d’ergonomie, et après 4 mois d’utilisation je peux dire que je suis heur-reuse et que pas une seconde je ne regrette cet achat !

    Ce Fujifilm GFX50R est certes un boîtier exigeant où les erreurs techniques se payent cash mais il remplit génialement son rôle d’appareil photo tout à fait polyvalent !

    J’aurais juste bien aimé, à l’instar du Leica qui certes a affublé d’un lettre qui prête à sourire en français son modèle, le Q, que le Fuji fasse un petit effort sur son nom lui aussi. GFX 50R, c’est horriiiible 😉 Du coup je lui ai donné un petit nom et désormais c’est « La Bulle ».

    Et je l’aime ma Bulle 🙂 🙂 🙂

    Vous êtes nombreux à me demander où j’ai trouvé la coque en cuir pour cet appareil. À ma connaissance, j’ai bien l’impression qu’il n’y a qu’une seule personne au monde qui la fabrique et elle est située à Singapour. Ce que je peux dire, c’est qu’après 2 ans d’utilisation, elle n’a pas bougé d’un pouce. C’est donc de la top qualité ! Voici le site en question : https://kenjileather.com/

  • L’esthétique des non-lieux

    L’esthétique des non-lieux

    Station de métro Xiaohuang, à proximité du tout nouveau Software Park et du siège nankinois d’Alibaba. Voilà un lieu parfaitement identifié et qui résonne comme pour un rendez-vous d’affaires. Sauf que je n’ai pas de rendez-vous, juste une envie de prendre des photos. Pourquoi ici ? Pourquoi pas, j’ai entendu dire qu’il y a des buildings intéressants.

    J’opte pour la sortie nº 3, au hasard.

    Et là se matérialise devant mes yeux ce qui me trottait dans la tête depuis un certain temps : un non-lieu !

    Si un lieu peut se définir comme identitaire, relationnel et historique, un espace qui ne peut se définir ni comme identitaire, ni comme relationnel ni comme historique définira un non lieu.
    Marc Augé, « Non-lieux, introduction à une anthropologie de la surmodernité ».

    Pour illustrer cette définition, le célèbre anthropologue Marc Augé cite les exemples des échangeurs d’autoroute, des moyens de transport, et même les camps de transit pour réfugiés où les gens ne vivent pas mais sont en mouvement (ou en instance de mouvement). Pour lui, ces espaces sont des non-lieux. À ceux-ci, il oppose les lieux où les gens vivent, sont installés et peuvent se définir comme venant d’ici. Ils tissent des relations sociales sur un socle commun : l’histoire du lieu.

    Mais il ajoute aussi que les lieux et les non-lieux n’existent jamais sous des formes pures et que ce sont plutôt des polarités fuyantes. Ainsi, le premier n’est jamais complètement effacé et le second ne s’accomplit jamais totalement.

    C’est dans cette imperfection que j’ai vu la poésie du non-lieu. Au dessus de ma tête, c’est un enchevêtrement d’échangeurs de voies à grande vitesse et de lignes de métro aériennes. À mon niveau, un nouvel enchevêtrement de croisements entre routes et chemin de fer, et même les travaux en cours n’arrivent pas à faire ralentir le traffic et les occupations frénétiques des passants, des conducteurs de voitures et de scooters.

    Et pourtant, le marchand de 4 saisons est là lorsque les barrières du train se baissent, et profite de l’arrêt forcé des gens pour proposer ses fruits. Il a ses habitués et il fait de ce carrefour immense son lieu. Plus loin, le conducteur de bus a garé son engin dans le parking. C’est le terminus et sa journée de travail est finie.

    Cet endroit m’a touchée parce qu’il m’a révélé la beauté de l’insignifiant et la poésie de la condition humaine qui s’acharne à accélérer le temps et à rétrécir relativement l’espace. Il m’a permis de comprendre que le non-lieu ne signifie pas absence ou vide, mais qu’il se situe dans une parenthèse sans Histoire où on est là sans y être vraiment.

    On traverse le non-lieu pour trouver nos vies.

    J’ai numéroté les photos au cas où vous auriez des remarques particulières à me formuler 😉 N’hésitez pas !

  • Grosse frustration

    Grosse frustration

    Nous n’avons jamais fait de voyages organisés par des agences. Et ce ne sont pas des broutilles telles que de ne pas parler la langue, de ne pas savoir lire, ou encore de ne pas vraiment connaître le code de la route qui vont nous faire changer nos habitudes ! Non, non, non, les Chellali à leur autonomie tiennent et une voiture ils loueront pour parcourir le Qinghai 😉 Même si ça réserve des surprises et pas toujours des bonnes …

    Mais avant de commencer mon récit, connaissez-vous cette province de Chine ? Allez, comme d’habitude on va commencer par se repérer sur une carte du monde.

    Une seule Chine, 2 pays.

    Quand on regarde sur la carte où est situé le Qinghai, on se rend bien compte qu’il est au centre de la Chine et pourtant, quand j’en parle ici, on me dit que cette province est plutôt dans le nord-ouest. J’ai mis du temps à comprendre, mais c’est en préparant notre itinéraire que je me suis rendue-compte du pourquoi : c’est une province vide, la moins peuplée de Chine et l’un des endroits du monde le moins habité.

    Les images parlant souvent plus que les mots, regardez cette carte des routière de la Chine (j’ai omis toute la partie extrême nord-est) : On dirait 2 pays différents avec à l’Est quantité de villes et un réseau autoroutier vraiment intense, alors que tout l’ouest est quasiment désertique !

    C’est à l’Est de la Chine que se concentre toute la population. Les provinces du Qinghai, du Tibet et le Xinjiang sont quasiment désertiques du point de vue du nombre d’habitants

    En fait, la raison de ce peu de population est simple : le Qinghai est situé sur le plateau du Tibet et l’altitude varie aux alentours de 2800 à 7000 mètres. Autant dire que ce n’est pas facile d’y vivre 😉 Pour vous faire une idée, le Qinghai est plus grand que la France (Dom-Tom compris) et la densité de celle-ci est de 100 habitants au km2 contre 7 dans le Qinghai … Et encore, ça ne signifie pas grand chose car la population est essentiellement concentrée dans 2 principales villes, Xining et Golmud.

    Au milieu de la province du milieu du pays du milieu

    Voilà, tout ça pour vous dire que cet hiver les Chellali père-mère-fils-fille ont mis le cap vers le Qinghai pour leur road-trip annuel et aujourd’hui c’est plus précisément dans les environs de Geermu (Golmud en français) que je vous emmène. Encore une petite carte pour vous montrer où c’est ? Presque au milieu de la province du milieu du pays du milieu 😉

    À partir de Golmud, il y a une unique route qui mène à Lhassa au Tibet. Imaginez un peu … 1150 kilomètres entre les 2 villes, à une altitude située entre 4000 et 5300 mètres et seulement quelques petits villages entre les deux, c’est un endroit fait pour les amoureux des espaces vierges !

    La réserve naturelle de Hoh Xil

    Bon, j’aime autant vous dire qu’en plein hiver on n’avait pas l’intention de faire cette traversée, mais on voulait aller dans un parc naturel protégé inscrit au patrimoine de l’UNESCO depuis peu : le Qinghai Hoh Xil Park ou Kekexili en Tibétain.

    Plus grand que l’État du Massachusetts, ce parc est totalement inhabité et il fait partie des espaces les moins étudiés et donc les moins connus de la Terre. Et pour cause. Son altitude très élevée et son climat de plateau froid où la température moyenne annuelle ne dépasse pas 0 degrés, Kekexili a produit une flore et des espèces vivantes uniques au monde dont la plus emblématique est l’Antilope du Tibet. C’est près d’un lac au coeur de ce parc que chaque année toutes les Antilopes du Tibet migrent pour mettre bas. Plus d’un tiers des espèces de plantes et tous les mammifères herbivores qui en dépendent sont endémiques du plateau et 60% de toutes les espèces de mammifères le sont également. On y croise donc fréquemment le yack et l’âne sauvages, des loups et des ours du Tibet. Quand je vous dit que c’est une terre vierge, il faut me croire 😉

    Bref, vous comprenez qu’avec ce programme on est partis enthousiastes de Golmud aux aurores pour atteindre Kekexili.

    Le coeur léger à plus de 4000 mètres d’altitude

    Nous avions environ une centaine de kilomètres à parcourir avec un passage plus délicat à 5200 mètres d’altitude. On était un peu inquiets quant à savoir comment on allait réagir même si ça faisait déjà plusieurs jours qu’on vadrouillait à une altitude moyenne de 3000 mètres avec des pics à 4000. On avait donc eu le temps de s’habituer à l’altitude mais là, on s’apprêtait quand même à faire un bond. Mais la route s’annonçait bonne, la météo promettait un ciel dégagé dans l’après-midi et des gazelles (des vraies !) nous ouvraient la route.

    Et évidemment en cours de route nous nous sommes arrêtés toutes les 5 mn (j’exagère mais pas loin 😉 ) Eh oui, quand on embarque un photographe – moi-même – et un vidéaste – mon fiston – il ne faut pas espérer faire un trajet d’une traite dans de tels paysages, aussi court fut-il !

    Un poste frontière à plus de 700 km de la frontière !

    Mais il y a un arrêt que nous n’avions absolument pas prévu, c’est celui à un poste frontière ! En effet, pour se rendre au Tibet en tant que non Chinois il faut avoir une autorisation spéciale (le Permit Tibet). Celui-ci est simple à obtenir, il suffit de réserver un tour via une agence de voyage accréditée par le gouvernement Chinois et celle-ci se charge des démarches administratives pour obtenir ce permis. Mais ça signifie aussi qu’il est donc impossible de faire un voyage en mode autonome dans cette province. Et c’est d’ailleurs bien la raison pour laquelle nous n’avions absolument pas l’intention d’y aller et que nous avions choisi le Qinghai, réputé par ailleurs pour être le vrai berceau de la culture Tibétaine soit dit en passant.

    Bref, nous voici arrêtés à ce poste sachant que le Tibet est 700 km plus loin ! Nous n’avions évidemment pas de permit Tibet mais nous avons réussi à négocier le fait que les gardes conservent nos passeports et les papiers de la voiture et que nous les récupérions à notre retour le soir.

    Nous voici donc reprendre cette route qui longe la rivière de Golmud, appelée aussi localement « le fil du ciel » . D’après ce que j’ai lu, il semblerait que cette rivière aie la particularité d’avoir des zones chaudes et d’autres froides ainsi qu’une grosse variation de débits. Et il est vrai que par endroits elle est totalement prise par la glace alors qu’à d’autres elle coule presque comme au printemps.

    Au delà de l’émerveillement, j’ai été très surprise par les paysages que nous traversions et je ne m’attendais franchement pas à ça. Déjà, avant de rentrer dans le « canyon » de cette rivière, le fait de passer par un désert et d’y croiser des gazelles, j’avoue que ça ne faisait pas franchement partie des schémas mentaux que je m’étais fabriqués à propos du plateau du Tibet !

    Changement climatique ? Sécheresse ?

    Et là, me retrouver dans un paysage aussi minéral et sans neige alors que je rappelle que nous étions mi-février m’a vraiment étonnée. Je sais que cette région est impactée par le changement climatique elle aussi, mais si j’ai entendu parler de problèmes liés au réchauffement, ceux liés à la sécheresse n’ont pas été évoqués à ma connaissance. Est-ce à dire que c’est une zone naturellement aride ? Je ne sais pas …

    Ceci dit, quel bonheur de se poser sur les berges avec cette eau cristalline !

    La famille Chellali en profite pour vous faire un coucou !

    Comme je vous l’ai dit précédemment, cette route longue de plus de 1000 km et ne traverse aucune ville. Par contre, elle est parsemée de temps en temps par des hameaux où l’on peut trouver essence et ravitaillement. C’est que vous imaginez bien que cette route est très fréquentée, non seulement par les voyageurs, mais aussi par les camions de marchandises. Celui dans lequel nous nous sommes arrêtés avait tout l’air d’un village du far west – à la chinoise 😉

    Mais cette route longe aussi une ligne de chemin de fer unique au monde : la ligne Xining-Lhassa, la plus haute jamais construite et longue de 1972 km. D’après ce que je sais, sa construction est une prouesse technologique non seulement à cause de l’altitude mais aussi à cause des terrains qu’elle traverse. Le train en lui-même comporte aussi certains équipements spéciaux, et notamment une alimentation en oxygène de manière à parer le mal d’altitude.

    Pour parcourir ce trajet, il faut compter 21 heures.

    C’est à partir de ce pont que les choses ont commencé à se gâter pour nous. Tout à coup, le temps s’est dégradé, et les températures déjà froides, sont devenues glaciales et un vent violent s’est levé.

    Les couleurs ont changé et ont viré au jaune et c’est au détour du virage que nous avons compris pourquoi …

    Nous arrivions dans une zone de dunes !

    Nous avons décidé de continuer malgré tout. Nous n’étions plus qu’à une trentaine de kilomètres du Kunlun pass (5200 mètres d’altitude) et la visibilité était encore à peu près OK.

    Stupide !

    Mais là je pense que j’ai commis une erreur stupide. Je suis sortie de la voiture sans chapeau pour prendre des photos (j’en ai pour 2 minutes ais-je dit 😉 ) et le froid glacial m’a littéralement figé le cerveau et j’ai ressenti comme des fourmillements bizarres. Je savais bien que je ne risquais pas l’embolie (ça ne se produit pas comme ça tout à coup, il y a des signaux d’alarme bien plus aigus qui l’annoncent) mais la situation était suffisamment anxiogène entre cette tempête de sable, le fait que nous étions seuls, à 4900 mètres d’altitude, et qui plus est, la visibilité a soudain été réduite à néant. Nous avons donc décidé de rebrousser chemin 🙁

    Mais ce n’était pas grave avions-nous pensé car le lendemain on pourrait y retourner et cette fois-ci atteindre ce fameux pass et accéder au parc Hoh Xil !

    Plus bas, la tempête s’était plus ou moins calmée et nous avons pu continuer notre chemin rassérénés. Même si ce n’était pas très limpide, l’horizon s’ouvrait à nouveau à nous.

    Mais le lendemain, nous n’avons pas pu y retourner … L’équipe des gardes au poste frontière avait changé et la nouvelle n’a rien voulu entendre. Nous avons eu beau leur expliquer que nous ne voulions en aucun cas aller au Tibet – pour preuve nous n’avions pas de bagages – et leur proposer comme la veille de leur laisser nos passeports, rien n’y a fait !

    Un vrai reportage en vue …

    Alors c’est frustrant, sans aucun doute. Mais cette expérience m’a donné un os à ronger 😉 Comme bien souvent, il devient bien plus tentant de découvrir les secrets d’un mystère lorsqu’une petite partie du voile a été levé, juste de quoi attiser la curiosité. Ausssi, depuis notre retour, je me documente sur cette région, sur les populations qui y vivent, sur cette nature brute et inconnue, sur son exploitation, … Et bien entendu, j’ai des sujets de reportage qui se profilent !

    Alors comme on dit « stay tuned », parce que j’ai passionnément envie d’en savoir plus et de le partager avec vous ! Golmud, Hoh Xil, I’m back !!!!

  • L’ingénue et le légume

    L’ingénue et le légume

    C’est toujours avec beaucoup d’émotion lorsque je présente une nouvelle série. Et aujourd’hui ne manque pas à cette règle 😉

    En effet, contrairement à de nombreux articles que je rédige ici avec un propos soit de découverte, soit de voyage, soit plus technique, les séries plus artistiques me demandent infiniment plus de travail et de réflexion.

    J’ai donc mis 2 ans pour réaliser les photos ci-dessous ! Non qu’elles aient été difficiles à réaliser techniquement, loin de là 😉 Je n’ai eu qu’à me fabriquer un petit studio avec 3 lampes, une housse blanche semi-opaque achetée chez Ikéa en guise de soft-box et mon appareil photo sur trépied. Pour le reste, les légumes, je n’ai eu qu’à aller au marché voisin !

    J’avais une idée assez claire de ce que je souhaitais réaliser et de mon message. Alors pourquoi 2 ans ? À cause des doutes, des recherches, des réflexions, des décision esthétiques, de la rédaction des textes et de leur traduction, de leur révision, des remises en causes, du découragement, de la dispersion d’idées, des essais, des échecs, des réussites, des « je ne sais plus où j’en suis », des « à quoi bon ? », des « bof », des « Yes ! », des « allez, je m’y remets »…

    Et tout ça pour quoi ? Pour donner au spectateur envie de sourire, voire de rire, parce que dans la vie, il n’y a pas que du malheur et que ça fait du bien de regarder de jolies choses qui mettent de bonne humeur.

    Intention artistique

    Je ne sais plus parler, je ne sais plus lire, je ne sais plus écrire. Sacrée dégringolade ! Imaginez un peu, moi qui suis naturellement bavarde et amoureuse de lecture, je me retrouve du jour au lendemain muette et analphabète. Et pire, il y a peu d’espoir pour que ça s’arrange.

    Que me reste-t-il pour exprimer ma rencontre avec la Chine ? Comment expliquer qu’ici tant de choses me sont étranges, inconnues, mystérieuses ?

    Il m’a donc fallu aller chercher au coeur de ce qui lie l’humanité et j’ai enfin trouvé ! La nourriture. Avec le langage, elle est un des éléments vitaux commun à tous les hommes, mais elle est aussi un marqueur essentiel des cultures, de ce qui les différencie les uns des autres. Elle est à la fois lien et distanciation, c’est paradoxal n’est-ce pas ?

    Ce sera donc la cuisine qui sera mon prétexte à l’expression de cet écart culturel, ou plus exactement les ingrédients bruts que je croise sur les étals des marchés et qui me sont énigmatiques. Et qui le resteront, faute de pouvoir lire leurs noms, questionner le chaland ou même ouvrir le dictionnaire.

    La stupeur a ceci de bon qu’elle permet de faire fonctionner l’imagination, mais aussi la mémoire. Ainsi, comme par enchantement, des textes appris dans ma jeunesse ont parfois refait surface dans mon esprit et sont venus apporter la poésie nécessaire à ces inoffensifs légumes ou fruits transformés en diableries par mon ignorance. Le reste est pure invention.

    Forcément le résultat est étonnant et souvent inattendu, mélange étrange de connu et d’inconnu, le tout saupoudré d’humour et d’autodérision, pour sourire, pour rire. Car oui, le rire est aussi un bien commun à l’humanité, dont par les temps qui courent, il serait dommage de se passer !

    Références :

    • «  Ceux qui ne savent pas ce qu’il y a dedans font des yeux ronds comme des pommes ». René de Obaldia, La Marmite
    • « C’est un roc ! … c’est un pic… c’est un cap ! Que dis-je, c’est un cap ? … c’est une péninsule ! ». Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac
    • « Je ne pense qu’à des choses très vagues, très vagues et très heureuses ». Robert Desnos, Couchée.
    • «  Ceci n’est pas un bouquet de fleurs » […]. Invention personnelle
    • « Ici se termine le grand jour de la découverte » […] Invention personnelle inspirée du texte de Louis Aragon «  Ici commence la grande nuit des mots »
    • « Bonjour mademoiselle du Pépin » . Invention personnelle.
    • «  On pense que c’est une courge, un melon d’eau » […] Jacques Prévert, Soyez polis avec la terre.
    • « Au bout du fil une connexion avec l’énigme »[…] Invention personnelle.
    • «  La terre nourrit tout, les sages et les fous ». Comptine anonyme.
    • « J’ai accroché mon esprit sur le fil à linge » . Invention personnelle
    • «  Des poissons d’or cherchent noise au monstre épouvanté » Théodore de Banville, Le thé.
    • « Se déraciner pour se découvrir tel qu’on est » […]. Invention personnelle
    • «  Fleur jaune, feuille verte, tige violette »[…] Invention personnelle
    • «  La physique quantique dit que c’est notre perception des choses » […] Équation de Shrödinger Δ Ψ = p2 Ψ
    • « Il n’y a pas de fruit défendu » […] André Breton
    • « L’humanité se partage en 2 catégories » […] Invention personnelle
    • « La terre est bleue comme une orange » […] Invention personnelle inspirée de « la terre est bleue » de Paul Eluard
    • « Ploc, une larme tombe » […] Invention personnelle
    • « Apparence extérieure : ahène protégé par « […] Invention personnelle
    • « Petit bouddha » […] Invention personnelle

    Notes de traduction

    Merci à Zoé pour l’intense et immense aide pour la traduction !


  • Planète dune

    Planète dune

    À nouveau, je vous souhaite bienvenue à bord de notre navette Chellali Air Dreams. L’équipage et moi-même espérons que vous êtes bien installés et que vous profiterez pleinement de notre nouvelle destination !

    Après notre être arrêtés à Yadan National Park, nous prenons maintenant notre envol vers l’oasis de Dunhuang, à un peu moins de 200 km. Durant ce trajet qui sera très monotone car nous allons traverser une partie du désert sans aucun relief, constitué seulement de pierres et de sable grossier, je vais vous introduire en quelques mots cette petite ville de l’extrême ouest de la province du Gansu.

    Autrefois appelée Shazhou, ce qui signifie « Préfecture du sable », cette ville a toujours été relativement prospère car elle est située sur l’ancienne route de la soie. Elle était l’ultime oasis avant la terrible traversée du désert de Taklamakan. Aujourd’hui, elle doit son essor principalement au tourisme car ici ont été découvertes dans les années 1900 les grottes de Mogao. Celles-ci renfermaient des milliers de manuscrits Tibétains et autres objets, et les archéologues du monde entier affluèrent pour les étudier.

    Mais dans l’immédiat intéressons-nous aux dunes qui bordent l’oasis.

    Nous allons nous rendre sur les dunes de Mingsha au Sable Chantant au creux d’une desquelles nous découvrirons la source du Croissant de Lune. Avouez que ces noms aussi poétiques, tellement chinois, donnent furieusement envie d’aller voir !

    Contre toute attente, au pied de ces dunes survit un tout petit lac bordé de roseaux. Minuscule oasis fragile perdu au milieu de ces montagnes de sable, on dit que malgré les terribles tempêtes ce petit lac en forme de croissant de lune n’a jamais été enseveli. Il y aurait même des poissons dont la consommation serait bénéfique pour la santé.

    Mais pour vraiment admirer la poésie de ce croissant de lune, un sérieux effort vous attendra car il vous faudra gravir les 250 mètres de dénivelé pour atteindre le sommet de la première dune. Dans le sable, rappelez-vous que vous faites 3 pas en avant et 2 pas en arrière. Donc prenez votre mal en patience, ne faites pas de grands pas et retournez-vous régulièrement pour admirer la vue !

    Pour ceux qui veulent éviter d’avoir du sable plein les chaussures, vous pourrez trouver des guêtres orange fluo gracieusement offertes par Chellali Air Dreams.

    Au bord du lac, un petit temple bouddhiste a été érigé

    Avant de re-dégringoler vers votre point de départ, prenez le temps de vous retourner à l’opposé du lac. Une vue stupéfiante sur les montagnes de sable vous attend …

    On dit que ce sont des montagnes car elles sont absolument gigantesques. Elles portent d’ailleurs le nom scientifique de « mega pyramid dunes ». Nous avons plutôt l’habitude de voir des déserts de dunes en forme de vagues, on pourrait dire de vaguelette en comparaison de celles que nous avons sous les yeux. Là, on dirait un paysage de montagnes anciennes, sauf que ce n’est que du sable.

    Attention cependant. N’oubliez pas que nous sommes en hiver et que l’air est encore plus glacial en haut ! Les sommets sont fouettés par les vents donc couvrez-vous bien et protégez-vous les yeux !

    Pour les passagers qui souhaitent prendre leurs appareils photo, nous vous recommandons également de bien les protéger. Bien entendu les paysages qui s’offrent à vous sont à couper le souffle, mais prêtez aussi attention aux détails dans le sable. Les traces de pas que vous laisserez seront vite effacées par le vent et les ombres et les lumières de cette fin d’après-midi accentueront les reliefs.

    Peut-être sera-ce l’occasion de réaliser des photographies totalement abstraites ?

    Il sera difficile aujourd’hui d’écouter le chant du vent dans le sable car cela supposerait de s’assoir tranquillement et de se laisser bercer par une subtile mélodie. Or, comme je vous l’ai dit, l’air est absolument glacial et le vent est trop puissant pour pouvoir écouter avec sérénité sa chanson. Mais les courageux peuvent tenter !

    Il sera ensuite temps de quitter notre planète Dune. N’oubliez pas de remettre vos guêtres à l’entrée du vaisseau spatial ou laissez-les dans les corbeilles à votre disposition aux alentours du parking.

    N’hésitez pas à solliciter Laurence, votre chef de cabine, si vous avez besoin de quoi que ce soit ou si vous souhaitez poser des questions !

    Nous vous souhaitons un bon voyage à bord du vaisseau Chellali Air Dreams et vous remercions pour votre présence !

  • 3,2,1 … décollage

    3,2,1 … décollage

    La compagnie Chellali Air Dreams est heureuse de vous accueillir à son bord. Je m’appelle Laurence et je suis votre chef de cabine. Je mettrai tout en oeuvre afin que votre voyage dans le désert de Gobi se passe le mieux possible.

    Actuellement, nous volons à une vitesse de de 10 000 km/s et je vous invite à ouvrir votre hublot afin de vous faire une idée où nous allons atterrir.

    Compte-tenu de notre vitesse extrême, nous nous approchons rapidement de notre destination …

    Captures d’écran de Google maps

    Dans quelques instants nous serons arrivés aux confins des provinces du Qinghai, du Gansu et du Xinjiang, en Chine.

    En attendant notre atterrissage en douceur, laissez-moi introduire brièvement quelques éléments clé qui vous permettront de mieux comprendre notre voyage.

    Comme vous le savez, en 2019 la Terre était menacée par le réchauffement climatique. Malheureusement, les hommes ne firent rien pour résoudre ce problème et aujourd’hui notre planète originaire est brûlée par le soleil ou envahie par les eaux. C’est pourquoi nous avons dû quitter la Terre et nous réfugier ailleurs.

    Il faut vous imaginer qu’aux origines les couleurs des paysages que vous allez découvrir n’étaient pas les mêmes car l’atmosphère était encore respirable et le trou d’ozone ne laissait pas encore passer les rayons nocifs.

    Mais pardon, nous sommes arrivés à destination et je continuerai mes explications durant votre visite.

    Mais pour la partie du monde où nous allons, ces événements n’ont pas eu beaucoup d’incidence car depuis plusieurs milliers d’années elle était déjà sujette à une sécheresse terrible. Nous sommes à la pointe sud ouest du Désert de Gobi et à la frontière Est du désert de Taklamakan, tous deux parmi les plus inhospitaliers de la Terre. Des températures extrêmes règnent ici tout au long de l’année : de plus de 45º en été à – 30º en hiver, des amplitudes thermiques entre la nuit et le jour exceptionnelles pouvant aller jusqu’à 30º, des vents puissants venus du pôle et une pluviométrie minimale avec 10 à 250 mm par an.

    Ce sont ces conditions atmosphériques extrêmes qui ont forgé ce paysage et qui ont formé ces concrétions appelées yardang. Presque chaque désert du globe en comporte, mais celui-ci est un des plus grand et il est protégé dans un parc national de près de 400 km2.

    La visite du parc se fera en bus. Nous déplorons de ne pas pouvoir vous laisser libres de vos mouvements dans une telle immensité, mais des mesures conservatoires sont obligatoires tant l’espèce humaine a une propension à dégrader tout ce qu’elle touche. Pour preuve, dans le Joshua Tree Park les rangers ont dû récemment stopper leurs activités de surveillance pour des raisons politiques (shutdown). Quelques jours après, les dégâts causés par les gens se chiffraient en centaines d’années pour que la nature puisse retrouver son aspect initial : arbres détruits, graffitis, sentiers en ruine, destructions d’écosystèmes pour cause de conduite hors piste, ….

    C’est donc le vent puissant associé à une pluviométrie quasi absente qui a sculpté au fil des millénaires les montagnes autrefois imposantes. Réduites en poussière il ne reste plus de ces montagnes que des monticules voués à disparaître un jour.

    Chaque yardang a ses propres caractéristiques géologiques en fonction du terrain. Ici à Yadan, une fine pellicule de sable très sombre recouvre le plus clair, comme s’il avait été passé au charbon. Nous vous recommandons donc de ne pas fouler le sol aléatoirement et de rester dans les sentiers balisés afin de préserver cet environnement exceptionnel !

    Nous sommes à un point du parc où vous pouvez admirer l’impressionnante armée de nefs. Telle une flottille, ces rochers sont tous alignés parallèlement et avancent en ligne continue sur un axe nord-sud, suivant les vents dominants.

    Normalement c’est au lever ou au coucher du soleil que l’on peut le mieux profiter de leur beauté brute. Mais aujourd’hui nous avons de la chance car une fine brume les enveloppe et atténue la lumière souvent trop forte à cette heure.

    Vous pouvez vous promener tout en restant au bord de la route mais attention ne vous éloignez pas trop. L’environnement est hostile, le parc est immense et nous aurions toutes les peines du monde à vous retrouver !

    Notre visite s’achève et je vous invite à vous arrêter dans les boutiques du parc avant de remonter dans notre navette et surtout avant que la nuit ne tombe.

    Nous prendrons ensuite la route pour les dunes de Dunhuang. Le trajet risque d’être un peu pénible car nous allons traverser une partie de désert absolument plat et composé essentiellement de cailloux. Mais vous trouverez devant vos sièges de grands écrans avec les photos prises aujourd’hui et ce sera l’occasion de les visionner dans le confort.

    La compagnie Chellali Air Dream vous remercie et espère que vous avez effectué un agréable voyage !

  • So California !

    So California !

    S’il y a bien une chose qui me fait doucement rigoler, ce sont ces gens qui se plaignent, qui ont peur, qui refusent, qui crient au Grand Remplacement et j’en passe, face aux hordes de migrants qui bientôt vont transformer la France en un immense pays Africain. Parce que bien entendu, les migrants, ce sont toujours des Africains, des noirs, des Arabes. Les jaunes, c’est pas vraiment pareil, et les blancs pas du tout, sauf les Polonais et les Roms. C’est une insondable mixture de bêtise, mais c’est comme ça …

    Parce que ces mêmes gens ne voient pas que cette soit disant culture 100% française, ça fait quelques lustres qu’elle a déjà été « colonisée » par une autre : l’Amérique du Nord. Il ne faut pas manger de couscous (même s’il parait qu’officiellement c’est le plat nº1 préféré des français), mais on peut y aller sur les hamburgers du Mc Donald (même si aux USA cette enseigne est la plus bas de gamme des restaurants fast food) et des cafés très à la mode Starbucks (très chers et assez pourris à mon avis )

    Le fast food Elmer’s où l’on ne mange rien à moins de 800 calories 😉 Pelouse propinette, drapeau américain sur le fronton, le papa et la maman jouant avec le petit, palmiers et ciel bleu, sans aucun doute possible on est aux States !

    Attention, je ne critique pas les États-Unis ! Je m’amuse juste du 2 poids 2 mesures et surtout de la perception qu’on en a la plupart du temps 😉

    Faire un voyage aux Etats-Unis, quel que soit l’Etat d’ailleurs dans lequel on se rend, est une expérience vraiment intéressante. Peut-on dire qu’on y va pour la découverte ? Peut-on dire qu’on y va pour le dépaysement ? À mon avis, rien n’est moins sûr.

    En fait, je dirais qu’on y va pour reconnaître tous les lieux, tous les stéréotypes dont nous sommes abreuvés depuis des décennies grâces aux films, aux séries, aux clips vidéos, aux publicités, aux livres, … Et on se rend compte de visu que ceux-ci ne nous ont pas menti !

    Prenons l’exemple des voitures ! Aaaah, les américains et leurs voitures, 2 entités totalement indissociables, surtout en Californie où les transports en commun sont réduits au … néant …

    Alors vous me direz qu’on peut trouver les mêmes en Europe en cherchant bien pour certaines. Mais là je trouve que ces voitures sont vraiment californiennes, plantées dans leur décor les rues de Los Angeles ou Palm Springs.

    Il paraît qu’à Los Angeles la moitié des habitants sont des acteurs en devenir ou en puissance ou … au chômage. Pourtant, n’allez pas croire qu’on croise à tous les coins de rue des Johnny Deep ! Non, loin de là ! Les gens sont normaux et la plupart du temps pas aussi beaux que lui 😉

    Mais aux yeux d’une petite française, c’est comme si je les avais déjà tous vus jouer dans le dernier film des Frères Cohen. Ils sont pourtant habillés normalement, marchent et vivent normalement et pourtant j’ai l’impression de les reconnaître. C’est encore l’effet du « on ne nous a pas menti ! »

    Ou alors c’est à cause des lunettes de soleil que tout le monde a tout le temps tellement il fait toujours beau !

    Aaaah et puis les plages ! Los Angeles sans Malibu ou Venice ne serait plus Los Angeles ! Ses surfeurs, ses gardes, ses dauphins, ses phoques et ses mouettes pour Malibu ; ses basketteurs, ses skateurs, ses artistes et ses fumeurs de joints pour Venice.

    Non, non, nous ne sommes pas dans un film, nous sommes dans la vraie vie ! Même que c’est un vrai sunset 😉

    … Que c’est un vrai terrain de basket !

    … Et que c’est un vrai skate park avec des gens normaux qui ne sont pas tous des champions ! Les surdoués de la planche à roulettes, ça c’est plutôt dans les films. Tiens-tiens, je note un petit accroc dans ma théorie du « on ne nous ment pas » 😉

    Et puis il y a aussi les artistes de rue – mouettes comprises !

    Je ne vous montrerai pas les fumeurs de haschich parce qu’en fait tout le monde tire sur son joint ou sa pipette. Oui oui, depuis 2 ou 3 ans, la consommation thérapeutique est légale ici. Partout c’est interdit de fumer des clopes, mais on peut déambuler au milieu des vapeurs de joints et des pots d’échappement sans que ça ne choque personne. So California !!

    Et puis la Californie, c’est l’incontournable architecture mid-century, ses golfs à la pelouse impeccable en plein désert, ses fontaines, ses piscines, ses lumières, … C’est tellement croquignolet que ça nous ferait oublier que les Etats-Unis sont parmi les premiers pollueurs au monde par tête d’habitant !

    Émissions de CO2 par tête d’habitant

    Les photos ci-dessus ont été prises à Palm Springs, une petite ville à une centaine de kilomètres de Los Angeles. Elle a acquis ses lettres de réputation dans les années 50 lorsque les gens de la jet-set ont cherché à s’éloigner pour le temps d’un week-end de Hollywood. Aujourd’hui, elle est surtout connue de la communauté gay et des amateurs de golf et elle respire plutôt globalement le bon chic – bon genre, sage et propinet.

    S’il y a une chose sur laquelle on ne nous ment pas, c’est la lumière qui règne ici. Aaaaaahhh, comme c’est bon en plein mois d’hiver de se lever avec un ciel toujours bleu, des températures clémentes (bon, n’exagérons pas, ça caille la nuit, on est quand même dans le désert !)

    Mais cette lumière est bénie pour un photographe ! Tous les jeux de contraste sont permis, les couleurs sont éclatantes ! La preuve … le moindre mur blanc est prétexte à tous les jeux de composition !

    Alors non, on ne nous ment pas, ni dans les films, ni dans les séries, ni dans les clips, ni dans les publicités, ni dans les livres et lorsque je suis allée à Los Angeles, j’ai bel et bien tout reconnu sans avoir rien découvert de vraiment nouveau et sans même aucun effort d’imagination !

    J’ai été dépaysée bien sûr car cette ville est tellement différente de celle que je vis au quotidien à Nanjing. Mais tout collait avec ce que j’ai déjà vu, avec les images mentales déjà fabriquées par ces américains qui sont décidément très très très forts en marketing 😉 Ils réussissent à rendre beaux leurs palmiers maigrelets (qui en soit, si on analyse la chose, ne sont franchement pas des beaux arbres), leurs pylônes électriques qui sortent de cette ville très basse, leurs trottoirs et leurs routes déglingués, donnant une impression de ville hirsute et dépenaillée.

    Et pourtant, on l’aime cette ville !!!! Vous savez, c’est comme ces amis qu’on connait depuis si longtemps et qu’on aime malgré leurs défauts que l’on connait par coeur. Et bien là c’est pareil. La Californie, elle fait partie de la famille à force de la côtoyer 😉

    PS : Comme toujours, un click sur les images est vivement recommandé pour en profiter pleinement !!

  • Le massacre de Nanjing

    Le massacre de Nanjing

    S’il est une cicatrice laissée par l’histoire de Nanjing qui ne se referme pas, c’est bien celle de l’occupation des Japonais en 1937.

    Ceux-ci commirent un massacre de plus de 300 000 civils. Exécutions de masse, viols, tortures, cette page monstrueuse de l’histoire permet de mieux comprendre les relations tendues qui subsistent entre la Chine et le Japon. En effet, ce dernier refuse toujours de demander pardon pour ces crimes commis en seulement 8 semaines (certains mouvements négationnistes japonais usent de toutes leurs forces pour en empêcher la reconnaissance).

    Nanjing a érigé un mémorial sur un lieu symbolique où a été retrouvé un charnier. Il est appelé « La fosse aux 10 000 morts » et prend la forme d’une sépulture à moitié enterrée.

    Le lieu est fort, très fort. Dès qu’on y pénètre on ressent une tension et un recueillement indescriptibles. Il n’est pas morbide, non, loin de là. Il est solennel et le silence règne malgré les centaines de personnes qui y déambulent.

    J’y suis allée à plusieurs reprises et à chaque fois je me pose les mêmes questions : comment est-il possible que l’Homme commette de telles atrocités ? Je peux concevoir un acte de folie pure individuel. Mais de manière collective ? Comment toute une armée, des centaines de milliers d’individus peuvent-ils se transformer en de tels monstres ? Et pendant des semaines, massacrer des innocents, des gens sans défenses, mutiler des enfants, arracher des têtes, faire des concours de décapitation, violer des femmes par milliers,… et laisser leurs cadavres flotter sur les rivières, pourrir sous le soleil, les brûler dans les rues.

    Et comment est-il possible, malgré toutes les preuves réelles et physiques, tous les documents, les photos, les films, les témoignages, … que certains croient que ces actes n’ont jamais existé. Comment est-il possible de ne pas avoir envie de toutes ses forces de hurler pardon ?

    Dans les photographies qui suivent, je ne vous montrerai pas les lieux. Je ne vous montrerai rien des scènes choquantes qu’on découvre au fil des salles qui se suivent et se ressemblent par l’horreur de ce que l’Homme peut faire.

    Je vous montrerai les gens, leurs émotions, leur incompréhension, leur stupeur. Ces photos sont à l’image de ce qui s’est passé pendant ces semaines de cauchemar : irrationnelles et brutes.

    Je n’ai pas de réponses à mes questions mais je sais qu’il y a une qualité formidable en l’Homme : la capacité de résilience. Et au delà, la capacité de donner un sens à l’innommable, de faire en sorte que ces victimes ne soient pas mortes pour rien.

    Puisse leurs martyrs apporter la paix dans le monde …

  • Le HDR a dû être inventé à Joshua Tree !

    Le HDR a dû être inventé à Joshua Tree !

    Bien entendu, c’est une blague ! Non seulement les photos présentées ici ne sont absolument pas du HDR, mais en plus cette technique a été inventée il y a plus de 150 ans par un français, Gustave Le Gray, et qui n’a jamais mis les pieds en Amérique …

    Alors reprenons les choses dans l’ordre …

    Tout d’abord, Joshua Tree est un parc naturel en Californie, à environ 200 km à l’est de Los Angeles. Ce qui fait sa spécificité, c’est qu’il est à cheval entre 2 types de déserts, celui du Colorado et celui du Mojave. Mais il est surtout connu pour ses arbres de Josué, lesquels à mon avis se rapprochent plus du cactus que de l’arbre. Mais c’est une ignorante qui vous parle, donc laissons les scientifiques dire qu’il s’agit d’arbres !

    Ensuite, qu’est-ce que le HDR ?

    HDR signifie High Dynamic Range. En français on dirait Grande Gamme Dynamique, mais personne ne connait le GGD 😉 Donc restons sur le HDR.

    En fait, depuis tout temps, la photographie a du mal à reproduire en même temps les tons sombres et les tons clairs. Comme je le disais plus haut, c’est Gustave Le Gray qui a mis au point pour la première fois la technique. Sauf qu’à l ‘époque celle-ci avait pour nom « Ciels rapportés », bien plus poétique que celui d’aujourd’hui ! Le principe était le même : on fusionne plusieurs images exposées à des valeurs différentes afin de récupérer des détails dans les tons très sombres et dans les tons très clairs.

    On me pose souvent la question de la différence entre le HDR et le bracketing. Vous avez probablement cette dernière option dans votre appareil photo. Si vous activez la fonction bracketing, votre appareil photo prendra simultanément X photos (souvent 3, mais ça peut être plus !) de la même scène et exposée à des valeurs différentes (sous-exposée, normale, sur-exposée). Ensuite, si vous choisissez de les fusionner dans un logiciel, vous obtiendrez une image HDR. C’est donc grâce au bracketing qu’on obtient une image HDR. La différence est là 😉

    Comment procéder ?

    Tout d’abord, il vaut mieux que votre appareil photo soit posé (sur trépied ou autre) et que la scène que vous photographiez soit statique. Si vous avez activé la fonction bracketing, votre appareil photo devrait prendre en rafale 3 photos (ou plus selon vos ajustements). Ensuite, dans un logiciel type Photoshop, vous fusionnez vos 3 images grâce à la fonction HDR.

    Mais vous pouvez aussi procéder manuellement si vous n’avez pas la fonction bracketing. Vous prenez une première photo qui vous servira de base « neutre ». Puis vous prenez une autre photo en changeant la vitesse d’obturation. Une vitesse plus lente, et votre photo sera sur-exposée (il y aura des détails dans les tons sombres), au contraire, une vitesse plus rapide, et alors votre photo sera sous-exposée (les tons les plus clairs seront protégés et bien exposés).

    Changer les iso au lieu de la vitesse d’obturation n’est pas une bonne idée car la qualité de votre image sera différente (quand on monte en iso on perd en qualité). Et jouer sur l’ouverture du diaphragme n’est pas non plus une bonne idée car vous allez changer les flous de profondeur de champ, à moins que vous ne fassiez de la macro. En effet, certaines personnes utilisent le bracketing de profondeur de champ lorsqu’ils veulent être très près du sujet mais en même temps avoir une grande zone de netteté. Elles font alors différentes photos avec diverses zones de mise au point puis les fusionnent ensuite.

    Ce qui est drôle, c’est que je vous raconte tout ça mais je ne réalise jamais de HDR, et les photos que je présente dans cet article ne sont pas du HDR 😉

    Pourquoi je n’en fais jamais ?

    D’une part je n’aime pas le rendu la plupart du temps. Si vous faites une recherche d’images sur internet, vous verrez que les HDR ont un effet absolument pas naturel et trop dur à mon goût. La raison c’est que nous même, (les humains), on est incapables de voir tous les tons en même temps. On les voit mieux que notre appareil photo, mais enfin, on est quand même limités.

    D’autre part, c’est trop technique pour moi. Déjà l’idée du trépied me fatigue, mais passer des heures ensuite en post-production pour ajuster au poil les 3 (ou plus) photos pour qu’elles correspondent parfaitement ne me tente pas du tout ! Surtout pour un résultat que je sais par avance ne pas me convaincre 😉

    Mais alors pourquoi je vous parle de HRD ?

    Et bien en fait, je trouve que mes photos ont presque cet effet. Nous sommes arrivés au bord de ce petit lac dans Joshua Tree et la lumière était tellement incroyable qu’elle en était surréaliste !

    Je vais donc vous donner la recette pour obtenir ce genre d’images 😉

    • Être au bon endroit à la tombée du jour (au petit matin ça pourrait aller tout à fait aussi mais alors la lumière serait plus froide)
    • Avoir un ciel qui se charge de nuages. Mais pas des nuages blancs, de gros nuages bien menaçants !
    • J’ai pris ces photos le 28 décembre, soit au coeur du coeur de l’hiver. Je suis sûre que cela a une incidence. Prise à une autre période de l’année, même à la tombée du jour, ça n’aurait pas été pareil car le soleil est vraiment en rase motte !
    • Joshua Tree est un désert. Donc l’atmosphère est extrêmement sèche, et même si je parle de gros nuages et que je suis près d’un lac (donc beaucoup de flotte 😉 ), je suis sûre aussi que ça a eu une incidence sur la qualité de la lumière.
    • Et enfin, certains rochers étaient très clairs, ce qui fait qu’ils absorbaient et restituaient la lumière de manière extrêmement intense en créant un magnifique contraste avec le reste du paysage

    Il faut beaucoup de chance pour obtenir de telles conditions de lumière ! D’autant plus que ces moments ne durent que très très peu de temps ! Dans le cas présent, 30 minutes, pas plus. Et ce n’est que par hasard que nous sommes passés à cet endroit à ce moment précis. Une demi-heure plus tard et ça n’aurait plus été la même chose.

    Alors bien entendu et pour conclure, comment ne pas du coup penser à cette célèbre citation :

    La photographie est une brève complicité entre la prévoyance et le hasard.

    John Stuart Mill
  • Le moyen format GFX 50R, un compagnon exceptionnel pour mon Leica Q

    Le moyen format GFX 50R, un compagnon exceptionnel pour mon Leica Q

    Tadaaaam ! Je suis désormais l’heureuse possesseuse du moyen format Fujifilm GXF 50R ! Que de caps franchis depuis 2 ans …

    Vous vous souvenez ? Après de nombreuses années de bons et loyaux services, j’avais troqué mon très très très modeste Panasonic GF1 pour ce fabuleux Leica Q. Et depuis lors, j’ai réalisé avec le plus grand bonheur 99% de mes photos avec lui. Mais avec sa focale fixe de 28mm non interchangeable, je sentais ces derniers mois que j’avais besoin de la compléter avec un autre objectif. Je me suis donc mise en quête du nouveau Graal, à savoir un appareil photo à objectifs interchangeables.

    Ma wishlist

    • Appareil à objectifs interchangeables
    • Full frame – ou plus !
    • Appareil compact
    • Excellente qualité des images
    • Appareil qui me mette au défi (de je ne sais quoi, mais qui me stimule dans la découverte d’une nouvelle manière de photographier)
    • Forte orientation reportage
    • Max 5000 euros de budget

    Vous imaginez bien que je me suis d’abord tournée vers les Leica ! Car je vous le dit, une fois que vous y avez gouté, c’est difficile de s’en passer ! Toutes les lignes de ma wishlist étaient cochées sauf … le prix. Là, je dépassais allègrement mon budget. Pourtant, Dieu sait si j’aimerais me frotter à la visée télémétrique ! Ceci dit, je n’ai pas dit mon dernier mot, il se pourrait que je passe un jour un accord avec Leica. Affaire à suivre, nous sommes en contact 😉

    D’autres appareils se sont retrouvés en lice mais ont vite été éliminés par manque de vibration totale entre eux et moi (les Sony, Nikon et Canon mirrorless). Attention, encore une fois je ne dis pas que ces appareils ne sont pas bons. Sur le papier, ils ont toutes les qualités, et après avoir lu en long et en large tous leurs tests je n’ai strictement rien à leur reprocher ! C’est juste que je n’ai pas le feeling avec eux, quand je les ai en main je m’ennuie d’emblée. Ca ne s’explique pas …

    Donc, un moyen format ?

    Et bien oui, quand on a fait le tour des full frame et que ceux qui nous plaisent nous mettraient au régime patates pendant de longs mois (voire années !), on se creuse la cervelle et on se dit « et au fait, les moyens formats » ?

    Car il y a 2 ans, j’avais vu ces appareils photos et je me souvenais d’eux comme des challengers du Leica Q.

    Or, voilà-t-y pas que Fujifilm a sorti en septembre dernier le successeur de son premier moyen format mirrorless : le GFX 50 R 😉

    Voilà la bête :

    En fait, pour ceux qui connaissent un peu la marque, il ressemble fortement au X-pro. Il est juste plus grand

    Alors, je vous l’accorde, on ne peut pas dire que ce nouvel appareil soit non plus très beau. On dirait un peu une brique en fait 😉 Mais il a le mérite de cocher TOUTES mes cases, y compris celle de la compacticité à laquelle j’avais renoncé en lorgnant du côté des moyens formats. Alors certes, il est gros mais pas plus qu’un reflex pro, et il a un look finalement très discret (en tout cas plus qu’un reflex pro !) Et surtout, contrairement à son prédécesseur, il est orienté reportage ! Ca veut dire quoi ? Que tout simplement il est très rapide pour un moyen format.

    Et côté prix, il est imbattable. Ici en Chine, je l’ai acheté pour l’équivalent de 4150 euros avec un objectif 63 mm (eq. 50 mm). Pas de régime patate pour la famille Chellali et je garde mon rein en prime !

    Mais le moyen format me demanderez-vous, qu’est-ce que ça change ?

    À 1/60ème de seconde, il y a un très très très léger flou de bouger

    Bon, je vous le dit tout de suite, je ne suis pas une spécialiste, loin de là ! Il m’arrive de prendre des photos en moyen format, mais c’est en argentique et avec des appareils très cheap (Holga, yashica Mat) et c’est donc difficilement comparable avec les engins numériques dont on parle 😉

    En fait, jusqu’à l’arrivée du Hasselblad mentionné plus haut et de ce Fujifilm, le moyen format était plutôt destiné aux photos de studio (nature morte, portraits, mode) et au paysage plutôt sur trépied. Pourquoi ? Car de ce que je sais, les moyens format demandent généralement plus de lumière (donc temps de pose plus long ou flash). Et c’est vrai que de ce que j’ai expérimenté, la règle générale en 24×36 qui dit que le temps de pose doit être au moins équivalente à la la focale ne s’applique pas. En effet, logiquement avec mon équivalent 50mm, je devrais pouvoir avoir une photo nette au 1/50ème. Or, lors de ma petite séance de prise de vue test, les photos prises en dessous du 1/60ème sont presque toutes floues. Pas beaucoup, mais un peu. C’est que justement, la grande différence avec le 24×36, c’est le niveau de détails et la qualité d’image ! La moindre erreur ne pardonne pas !

    Crop à 100% d’une partie de l’image. Les détails de la rambarde sont tout simplement incroyables !

    La qualité d’images, parlons-en !

    Là, on entre dans une autre dimension ! Bon déjà, accrochez-vous. La dimension du fichier est de 8256 X 6192 pixels et le poids du raw … 110 MB !! – autant dire que je ne vais pas garder les « déchets » sous peine d’une multiplication anarchique des disques durs. Par contre, ces dimensions s’accompagnent de détails que je n’ai jamais vus jusque là ! La preuve en images …

    Un clic sur les images pour les agrandir est plus que recommandé pour apprécier 😉

    Et là, les gouttes d’eau !!

    Les autres différences du moyen format

    Le flouuuuuuuuuuuuu de profondeur de champ 🙂 On connait tous la qualité du flou en 24 x 36. Et bien là, c’est encore mieux ! Mmmmm, j’en frémis d’avance !

    Bien entendu le flou dépend aussi de l’objectif. Pour commencer, le 63 mm que j’ai pris ouvre à f/2,8. Alors forcément, avec ça, je serais gâtée !

    Petit aparté … Le choix d’une focale normale pour commencer m’a paru judicieux. Fujifilm a un très bel équivalent 35 mm mais il me semblait trop proche du 28mm du Q. Une plus longue focale me paraissait au contraire trop éloignée et surtout, dans ma pratique actuelle de la photo (principalement du reportage) je n’ai que rarement – voire jamais – besoin d’une focale plus longue. Je ne dis pas que je ne lorgne pas sur un 120 mm macro (équivalent 100mm) Fuji, mais on verra ça plus tard 😉 Et qui sait, je vais peut-être pouvoir profiter du fait qu’il y a beaucoup de vieux objectifs moyen format que je peux trouver d’occasion dans d’autres marques et les adapter à mon Fuji !

    Allez, revenons à notre sujet, le flou 😉

    Je n’ai pas encore eu l’occasion de travailler beaucoup sur le sujet, mais j’ai pris quelques photos que je trouve assez parlantes.

    Par exemple, la photo ci-contre montre, je trouve, la qualité exceptionnelle de ce flou. Regardez le flou de premier plan comme il est beau ! Et ces bulles de lumière, quelle douceur ! Par contre, on voit bien que la profondeur de champ se limite à quelques millimètres. Et je vous rappelle que ce n’est pas un objectif macro, mais un « simple » éq. 50 mm ouvert à f/2,8.

    J’ai pris une autre photo dans un tout autre style. Là, mon diaphragme était fermé à f/16 et … l’immeuble juste derrière est légèrement flou ! C’est dire que si on veut une grande profondeur de champ, il ne faut pas y aller par 4 chemins et fermer, fermer, fermer !

    Alors c’est sûr que, entre passer d’un grand angle où la profondeur de champ est quoi qu’il en soit plus importante qu’une focale dite normale, et passer d’un 24x 36 à un moyen format, il va falloir que je me fasse la main ! Mais c’est précisément ce que je cherchais, donc je suis comblée 😉

    Je ne vais pas parler ici de l’ergonomie du boîtier, je le ferais probablement dans quelques semaines après l’avoir bien manipulé. Ce que je peux toutefois dire d’ores et déjà, c’est qu’il comporte une quantité de boutons qui me « prend la tête » ! Quand on travaille avec le Q qui va seulement à l’essentiel (quel bonheur !!!), c’est sidérant de voir toutes les fonctions que je trouve totalement inutiles. Mais bon, il parait que c’est normal, tous les boîtiers sont comme ça, sauf les Leica justement 😉 En attendant, je suis en train de les désactiver tous un par un pour n’avoir que ceux qui sont importants pour moi en dehors de l’ouverture, de la vitesse et des Iso, c’est à dire le mode de mesure de lumière et le verrouillage de l’exposition 😉

    Autant je peux comprendre que pour des appareils qui sont destinés à la photo de studio il puisse être important d’avoir accès à des commandes de réglage des tons, d’ajustement de la luminosité de certaines couleurs, etc … Mais pour un appareil qui est destiné surtout au reportage, je trouve ça ridicule. Ou alors, ça veut dire qu’on passe plus de temps sur son écran qu’à regarder ce qui se passe autour de nous !

    Allez, sur ce je vais continuer à aller faire des photos ! Et il faut aussi que je trouve un petit nom à ce GFX50R. Avouez que c’est franchement moins sexy que le Q de Leica. Des idées ?

    EDIT : J’ai réalisé un article sur mon retour d’expérience après quelques mois d’utilisation. C’est à voir ici : https://www.photofolle.net/mon-experience-avec-le-moyen-format-fujifilm-gfx-50-r/

  • Le blog Photofolle fête ses 10 ans !

    Le blog Photofolle fête ses 10 ans !

    Je n’en reviens pas ! Rendez-vous compte, j’ai publié mon tout premier article le 31 janvier 2009 !!

    Il y a 10 ans, c’était le début des plateformes gratuites du type Overblog, Blogger and Co. Et c’était la grande mode, tout le monde avait son blog – enfin presque, en tout cas, tous les bavards 😉

    Pour ma part, je débutais quasiment en photo et nous avions déménagé en Italie. J’avais tellement envie de partager cette passion auprès de mes amis mais nous habitions loin d’eux et le blog me semblait être une merveilleuse solution ! Ce qu’elle était en effet !

    Et puis petit à petit je me suis affirmée en photo et mon cercle d’amis a commencé à s’étendre auprès de gens que je ne connaissais pas mais qui m’ont fait l’honneur de me suivre. Cela a donné aussi de vraies rencontres, dans la vraie vie et certaines ont débouché sur de vraies amitiés ! D’autres rencontres sont restées « virtuelles » mais le respect réciproque lors de nos échanges par blogs interposés font qu’on peut aussi parler d’amitié. Et rien que pour ça, si c’était à recommencer, je le ferais avec le plus grand bonheur !

    Mais il y a aussi le fait qu’en publiant des photos accompagnées de textes, j’ai dû quand même un peu réfléchir à ce que je partageais 😉 Et ça m’a été d’une aide extrêmement précieuse pour approfondir mon approche de la photo. Et pour ça aussi, si c’était à refaire, je m’y plongerais sans hésitation !

    565 articles publiés !

    En 10 ans, j’ai donc publié 565 articles, ce qui fait, si mes calculs sont bons, une moyenne d’un article tous les 6-7 jours ! Alors bien entendu, ça n’a pas toujours été régulier, parfois je publiais 2 articles dans la semaine puis plus rien. Notamment ces 3 dernières années, j’ai été beaucoup moins régulière.

    Je pense que cela s’explique non seulement par le fait que depuis que je me suis installée en Chine j’ai vu mon activité professionnelle faire un sacré bon en avant, et donc beaucoup moins de temps à consacrer à Photofolle, mais aussi parce que la mode des blogs est passée ces dernières années, remplacée surtout par Instagram et Facebook.

    Exit donc les blogs où il faut un peu se poser pour lire et bienvenue dans le monde de la consommation à la seconde de dizaines d’images qu’on fait défiler sans même plus vraiment les regarder. Sur Instagram les photos sont minuscules, et peu importe le soin qu’aura mis le photographe à soigner sa composition ou son cadrage et à faire toutes sortes d’ajustements aux petits oignons. De toutes les façons ça ne se voit pas, on ne peut pas agrandir, ça va vite et on passe à la suivante. Facebook dans une moindre mesure est identique. Et puis le texte qui accompagne les photos n’en parlons même pas, il est inexistant ou presque.

    Alors bien sûr je suis présente sur ces plateformes car en tant que professionnelle c’est incontournable. Je me suis aussi demandé si je devais abandonner le blog étant donné que les gens passent beaucoup plus de temps sur les réseaux sociaux qu’avant. Et puis j’ai décidé que non !

    C’est parti pour 10 autres années ?

    Tout d’abord parce que ce blog est mon espace de liberté car il est très séparé de mon site professionnel. Je peux décider quoi publier, quand, le sujet, court, long, léger, plus profond, … Et puis le nom de Photofolle me protège bien et veut bien dire ce qu’il veut dire 😉

    C’est une manière aussi pour moi de ne pas céder à la facilité des réseaux sociaux, lesquels, pour les raisons évoquées plus haut, nous emmènent dans un monde superficiel que je trouve très frustrant pour ma part.

    Et puis j’aime partager ! Bien entendu les images, mais aussi tout ce qu’il y a derrière elles, les histoires qui les accompagnent, les réflexions qui ont mené à leur réalisation, les questions qu’elles soulèvent.

    Écrire un article demande du temps et de la réflexion. En amont, dès la prise de vue et au moment d’éditer les photos, sur le moment car il s’agit d’organiser ses idées, mais aussi en aval s’il faut répondre aux commentaires qu’ont laissé les visiteurs. Bon, je dois bien dire que les commentaires se font beaucoup plus rares, ça aussi c’est passé de mode 😉 Mais je ne regrette en rien ce temps passé ici car il me permet d’approfondir ma propre pratique photographique.

    Et puis enfin, je n’ai pas envie d’abandonner ce blog car bon an mal an, vous êtes toujours aussi nombreux à le visiter, même si comme je le dis plus haut, votre présence est beaucoup plus discrète qu’il fut un temps 😉

    Alors quel cadeau pour les 10 ans de Photofolle ?

    Et bien comme vous pourrez l’avoir constaté, je lui ai donné un nouvel espace, plus orienté sur le magazine qu’il ne l’était avant. C’est surtout visible sur la page d’accueil mais pas que …

    La lecture devrait être facilitée avec une police de caractères plus grande et je profite des nouvelles fonctionnalités de wordpress pour offrir des mises en page plus variées, avec différents formats de photos et notamment des très grands formats. En fait. c’est exactement à l’opposé d’Instagram et de Facebook 😉

    Vous pourrez constater aussi que lorsque vous aurez fini de lire cet article, le suivant se chargera automatiquement. Pour le coup, cette fonction est assez similaire à mes chers réseaux sociaux : on ne clique plus, on fait défiler 😉

    J’espère que ces changements vous plairont !

    Tout reste à écrire !

    De manière tout à fait exceptionnelle, je n’ai pas mis de photo dans cet article. Enfin si, une quand même 😉 Tout en haut de l’article.

    Je l’ai choisie parce que je me suis dit que sur ce mur (presque) blanc on pouvait imaginer tout ce qui reste à écrire autour de la photographie. Et j’ai plein d’idées pour le futur !

  • L’homosexualité n’est pas une maladie

    L’homosexualité n’est pas une maladie

    J’ai décidé de partager sur Photofolle certains reportages que j’effectue en vue de diffusion dans les médias via la plateforme du Studio Hans Lucas. Cet article fait partie d’un travail sur le long terme que j’effectue autour de la problématique de l’homosexualité en Chine. D’autres suivront bien entendu, au fur et à mesure de mon avancée !

    Voici l’article :


    Un artiste chinois et un policier gay ont lancé une campagne de protestation pacifique afin de dénoncer les thérapies de conversion pratiquées par certains hôpitaux. 

     

     

    Laobai explique que sa démarche comporte des risques. En effet, bien que l’homosexualité soit dépénalisée, en parler relève de « troubles à l’ordre public ». Par exemple, le propriétaire du logement dans lequel il a dormi la veille a été interrogé par la police sur les activités et projets de Laobai.

    Inspirée du film «Three Billboards», cette campagne de protestation est organisée par l’artiste chinois Wu Qiong et un ami policier gay (qui souhaite conserver l’anonymat) afin de démontrer l’absurdité de la thérapie dite de « conversion » que certains hopitaux chinois pratiquent.

    Bien qu’ayant été retirées de la liste officielle des maladies mentales en 2001, la termologie employée pour parler de l’homosexualité et de la bisexualité inclut toujours de vagues références aux « troubles de l’orientation sexuelle ». C’est pourquoi certains médecins proposent de soigner les homosexuels par le biais de traitements psychologiques et médicamentaux, allant même parfois jusqu’à proposer des électrochocs.

    Wu Qiong a donc eu l’idée de faire défiler dans les rues de 8 grandes villes chinoises une procession de 3 camions sur lesquels sont affichés des slogans visant à sensibiliser le public sur ce problème : « Soigner une maladie qui n’existe pas », « L’orientation sexuelle fait encore partie des critères de diagnostic des maladies psychiatriques », « L’homosexualité a été officiellement supprimée de la liste des maladies mentales il y a 19 ans. Pourquoi en est-on encore là ? ».

     
     
    3 camions, 3 slogans : 1. Soigner une maladie qui n’existe pas. 2. La déviance sexuelle fait encore partie des critères de diagnostic des maladies psychiatriques. 3. L’homosexualité a été officiellement supprimée de la liste des maladies mentales il y a 19 ans. Pourquoi en est-on encore là ? La procession de camions passe par des lieux symboliques de Nanjing, ici à Xinjieku au centre ville de Nanjing.

    Parallèllement, Wu Qiong qui se dit hétérosexuel, prend rendez-vous avec des médecins en se faisant passer pour un homosexuel désirant « se soigner », afin de démontrer l’absurdité de ces traitements.

    L’homosexualité n’est plus un crime depuis 1997 mais le sujet reste largement tabou en Chine, notamment chez les plus anciens qui vont même jusqu’à dire qu’elle n’existe tout simplement pas ici. Chez les jeunes, l’acceptation est beaucoup plus large mais les autorités préfèrent maintenir autant que possible l’omerta sur ce sujet et bloquent quasi systématiquement les événements qui pourraient lui être liés. L’homosexualité fait également souvent partie de la campagne de « purge » des sujets malsains dans les médias, ce qui fait que la communauté LGBT a du mal à se normaliser.

    Manifester en public son appartenance à la communauté gay reste délicat en Chine. L’homosexualité n’est plus un délit depuis longtemps mais demeure un fort tabou et les autorités ne la voient pas d’un bon oeil, aussi elles surveillent de très près toute forme d’activisme.Ici, le slogan sur le camion explique que la déviance sexuelle (sous entendu l’homosexualité) fait encore partie des critères de diagnostic des maladies psychiatriques en Chine.

    Pour le moment, Wu Qiong n’a pas encore rencontré d’opposition de la part des autorités et il se réjouit que son hashtag lancé sur les réseaux sociaux chinois n’ait pas été censuré. Mercredi 16 janvier, quelques jours après son lancement, il comptait 6 millions de vues.

  • Publication dans Life Magazine China

    Publication dans Life Magazine China

    Ma série « Parallaxes » a été publiée dans le somptueux Life Magazine China dans le numéro de décembre 2018.

    Je dis somptueux car ce magazine est vraiment magnifique ! Déjà son format A3 donne aux photos tout l’espace dont elles ont besoin et la mise en page épurée les met en valeur sans aucune distraction. La qualité d’impression est superbe, avec des effets d’impression en relief sur certaines pages. Et puis … bien entendu la qualité éditoriale est au rendez-vous ! Alors, oui, je peux le dire, je suis très fière d’avoir eu une parution dans ce magazine 😉

    La journaliste du Life Magazine a vu mon expo lors du festival « Art Harvest » et elle a eu envie de m’interviewer. Voici mon entretien avec elle, si quelqu’un veut bien traduire je suis preneuse 😉