Ca faisait un bout de temps que j’avais envie d’aller au Sifang Art Museum de Nanjing. Et vous allez comprendre pourquoi !
Pour une amoureuse de l’architecture contemporaine, c’est même incompréhensible que je n’y sois pas allée plus tôt ! À ma décharge, c’est assez compliqué de s’y rendre quand on n’a pas de voiture.
En effet, il est situé dans une partie de Nanjing où on se croirait en pleine campagne, et où par conséquent, il n’y aucun transport en commun. Du coup, c’est métro, petit bus et tchouctchouc (des minuscules véhicules à 3 roues).
Pourquoi avoir construit ce musée ici ? J’avoue que je ne sais pas trop, mais contre toute attente, il y a pas mal de monde qui y va ! Il faut dire que le parc dans lequel il est situé est assez connu, surtout des architectes et des urbanistes.
Une sorte de réserve protégée dédiée à l’architecture contemporaine
Laissez-moi vous expliquer en quelques lignes.
En 2003, 12 architectes de renommée internationale ont été invités à réaliser dans ce parc une construction en dehors de toute contrainte commerciale. On retrouve donc entre autres un bâtiment de l’artiste dissident chinois Weiwei (oui, oui, vous avez bien lu, dissident !) ou encore de l’architecte anglais David Adjaye. Le tout financé par le milliardaire local Lu Jun et son fils collectionneur d’art, l’idée étant de montrer que l’architecture moderne ne se borne pas aux immenses tours carrées qui poussent de manière anarchique sur tout le territoire chinois. Une sorte de réserve architecturale en somme …
Le parc est absolument immense et j’aurais finalement eu besoin d’une journée complète pour faire le tour de tous les bâtiments. Ca veut dire qu’il faut que j’y retourne 😉 car j’ai passé beaucoup de temps autour de la pièce maîtresse du parc, le musée, construite par l’architecte américain Steven Holl.
Alors je crois que maintenant il n’y a plus besoin de beaucoup de mots et que les photos vont parler d’elles-mêmes ! Allons-y …
Comme d’habitude, cliquez sur les images pour les visionner confortablement !
Il y a quelques mois, je vous annonçais mon intégration chez Dalam Images. Aujourd’hui, c’est le studio Hans Lucas qui m’accueille ainsi que l’équipe de Dalam.
C’est une plateforme collaborative qui joue le rôle d’une agence photo et multimédia. L’agence est ouverte à tous types d’écriture car ses clients sont extrêmement variés, de la presse au magazine d’art, des galeries aux particuliers qui souhaitent acquérir des oeuvres directement auprès des auteurs et aux entreprises qui recherchent des photographes corporate.
Mais l’idée de fond est aussi de se regrouper en tant que créateurs de contenus multimédia car c’est bien connu, l’union fait la force ! Et ça marche ! Depuis sa création en 2011, Hans Lucas n’arrête pas de croître et l’agence est devenue un des acteurs français les plus importants dans le monde des iconographes de la presse notamment.
Alors voilà, c’est une nouvelle aventure qui commence avec beaucoup de travail en perspective. Mais c’est formidablement excitant !
Revenons un peu sur une série que je ne vous ai pas encore dévoilée. C’est celle que j’ai réalisée durant ma résidence d’artiste en octobre dernier. Je voulais attendre l’inauguration du festival et aussi … faire durer le plaisir 😉
Je vous laisse donc la découvrir, accompagnée de son texte de présentation officiel !
Le photographe est un passeur de représentations des réalités du monde. Et quand ce passeur veut se faire pont entre deux univers que tout semble opposer (rural/urbain), il fait le pari que ce n’est qu’une question de points de vue qu’il suffit de déplacer : la parallaxe.
Ainsi, comment relier le petit village de Jiulong avec des mégalopoles telles que Shanghai, Beijing ou Shenzhen ? Qu’ont-ils en commun ? Quelles sont les oppositions qui les unissent malgré tout ?
« Le plus que nous pouvons espérer, c’est de faire naître une idée du Tout en cernant un détail intime » nous dit Lucien Hervé à propos de la photographie d’architecture. Pour moi, ce fut la lumière, les ombres et les hommes qui me permirent de croiser ces mondes et de les faire co-exister dans une union naturelle.
Photographe, je possède la clé du temps, la terre est mon horloge, l’ombre ses aiguilles.
Ne me demandez « pas quelle heure est-il » ?
Demandez moi « où en est l’ombre »?Pierre de Fenoÿl
Je suis fière d’avoir 2 photographies qui ont été sélectionnées pour être exposées dans 2 galeries américaines !
La première, c’est le curateur Geoffrey Koslov qui l’a choisie pour le compte de « A Smith Gallery » (Texas) qui a organisé une exposition sur le thème de la « Lumière ». J’ai eu la joie de recevoir une mention Honorable du jury pour cette photo ! L’exposition a ouvert le 23 novembre dernier et se poursuivra jusqu’au 6 janvier 2019. Si vous passez dans le coin 😉
La seconde photo, c’est la photographe Emma Powell (que j’adore !) qui l’a choisie ! Le thème était « Fictional narrative » et c’est Photoplace Gallery, dans le Vermont, qui organise l’exposition. Celle-ci débutera le 6 décembre 2018 et se clôturera le 5 janvier 2019. Là encore, si vous passez dans le coin, n’hésitez pas à vous arrêter !!
Ouvrez les yeux, humez la brume matinale, écoutez le chant de l’aube du coq, touchez les gouttelettes de rosée, cherchez le rayon de soleil qui vous réchauffera.
J’ai eu la joie – et la chance – d’être invitée à participer à une résidence d’artiste afin d’y réaliser une série qui sera exposée lors d’un festival d’art.
Je vous explique …
Aujourd’hui, il y a une tendance en Chine qui pousse les citadins à chercher à quitter les immenses mégalopoles pour revenir dans des territoires avec une meilleure qualité de vie. Aussi, les provinces (équivalents de nos départements) tentent-elles d’attirer les candidats à l’exode et rivalisent pour montrer laquelle sera la plus attractive.
C’est ainsi que la province du Fujian a demandé à ma galerie Ofoto d’organiser un festival d’art afin de montrer le dynamisme culturel de la région. Un petit village perdu dans les montagnes a été choisi pour servir de théâtre à cet événement : Jiulong
Jiulong est à environ 900 km de Nanjing, là où je je vis 😉
Le festival (dont je ne connais pas encore le nom !!) devrait ouvrir ses portes le 3 novembre 2018 et durer 3 mois ! Au programme, les expositions bien entendu des oeuvres de tous les artistes qui ont été invités durant la résidence pour travailler sur le projet (photographes, peintres, sculpteurs, artistes multimédia, …) mais aussi performances (spectacles dans le langage du commun des mortels 😉 ), conférences, autres invitations d’artistes et d’écoles d’art (dont l’Ecole des Beaux-Arts de Paris). En parallèle, des événements seront également organisés dans des grandes villes telles que Shanghaï, Hangzhou et Fuzhou.
Jiulong est un petit village de 100 foyers (environ 400 habitants)
Alors, qu’est-ce que j’y ai fait ? Quelles photos ai-je produites durant cette résidence ? Et bien je ne vous montrerai pas tout de suite la sélection finale, la surprise viendra une fois l’inauguration passée 😉 Mais en attendant, je vous laisse découvrir un certain nombre de photos que j’aime bien et que je trouverai dommage de ne pas montrer 😉 …
Comme vous pourrez le constater, j’ai tout vu en noir et blanc, en ombres denses et en lumières éclatantes. Comme ces photos ne font pas partie de la série, leur assemblage ne contient donc aucune narration particulière. Aussi, je les ai rassemblées ici plutôt par grands thèmes, histoire de mettre un tout petit d’ordre dans le chaos 😉
Jiulong étant situé dans une région semi-tropicale, le soleil tape fort ici ! Aussi, presque tout le monde porte un chapeau. Fabriqués en paille (de riz probablement) ou en bambou, ils sont assez clairs et c’était donc idéal pour mes photos contrastées 😉
J’espère vous avoir fait découvrir un peu ce coin perdu de la Chine même si ces photos sont parfois à la limite de l’abstraction, et que vous aurez eu plaisir à les visualiser !
Pour ceux qui me suivent sur Instagram vous en avez déjà vu la plupart. Mais profitez d’être dans un espace où c’est autorisé d’agrandir les photos, et même recommandé !! Donc un clic sur les images s’impose 😉
Comme je vous l’ai annoncé il y a quelques mois, j’ai intégré l’agence de photographes Dalam Images. C’est donc armée de ma casquette « Photographe Reporter » que je me suis rendue cet été dans le Gansu, au nord de la Chine, dans un petit village appelé Yongtaï et que j’ai déjà évoqué dans ces pages (ici).
Lorsque j’y suis passée l’hiver dernier, j’avais été interpellée non seulement par ses murailles en forme de tortue, mais aussi par le fait que ce village paraissait en voie d’être abandonné malgré la subsistance de quelques « fake » monuments, dont une église ! J’avais donc très envie d’y retourner pour en savoir plus !
Après moult péripéties pour trouver un contact qui aurait un contact, lequel aurait un contact suivi d’un autre contact et d’encore un autre contact, ………. j’ai finalement réussi à trouver une famille qui a accepté de m’héberger pendant une dizaine de jours. Après 28 heures de train, une nuit d’hôtel et 2 heures de voiture (je passe la visite impromptue d’une mine d’extraction de minerai à ciel ouvert) , nous sommes donc enfin arrivées, ma traductrice et moi, dans ce village de 400 âmes. Là, j’ai découvert une toute autre Chine que celle que je connais dans l’est ! Extrêmement pauvre, rude, mais avec des gens qui, contre toute attente, se sont livrés à moi de manière très libre et qui m’ont fait comprendre la difficulté de se faire entendre dans le système de la politique chinoise.
Voici, en très très bref résumé, ce que j’y ai découvert !
LA TORTUE, LE DRAGON JAUNE ET LES MOUCHES
C’EST L’HISTOIRE DE YONGTAÏ, UNE CITÉ TORTUE NÉE IL Y A 400 ANS EN CHINE, DANS LE GANSU.
Jusque dans les années 70, la cité était prospère. Éleveurs et agriculteurs trouvaient les ressources nécessaires en eau et en pâturages. Mais la révolution culturelle est passée par là entraînant la pauvreté. Dans cette région aux hivers rigoureux, les habitants n’ont eu d’autre choix que d’abattre les arbres des forêts qui descendaient des monts Qilian. C’est alors, sans le savoir, qu’ils ont ouvert la porte à un ennemi redoutable, le Dragon Jaune. Ce vent, venu directement du désert du Tenggeli à une centaine de kilomètres plus au nord, apporte avec lui la sécheresse, le sable et la poussière. À cause du Dragon Jaune et de son partenaire de taille, le changement climatique, la région de Yongtaï n’est plus aujourd’hui que terre et pierres. La cité se meurt, les bergers ne trouvent plus à nourrir leurs troupeaux et les paysans arrivent à peine à l’auto-suffisance.
Mais comme si un ennemi ne suffisait pas, La cité Tortue est aussi la cible de l’industrie du tourisme, du cinéma et surtout des politiques locaux qui entendent bien profiter personnellement de ses dernières ressources. Ici, on les appelle les Mouches. Et cela fait bien des dégâts sur ce patrimoine pourtant protégé par les monuments nationaux : autorisations de construire des décors et aménagements pour une future aire touristique sans respect pour le lieu. Et surtout, des encouragements fermes de la part des autorités pour que les villageois quittent la cité. Si les politiques voient un avenir florissant pour Yongtaï, les habitants eux en seront réduits à être manoeuvres sur les chantiers. Bref, ils ne sont pas invités à la fête.
Comme d’habitude, commençons par une carte pour nous repérer.
Il y a une chose dont je ne vous ai pas encore parlé …
Nous avons donc effectué ce road trip l’hiver dernier durant les festivités du jour de l’an. En fait, pour être exacte, je devrais plutôt dire que que nous l’avons fait pendant la Fête du Printemps, donc au début du printemps chinois, soit … en plein mois de février. Tout le monde sait à quel point cette fête est importante pour les Chinois et que bien souvent elle est l’unique occasion annuelle pour les réunions de famille. C’est extrêmement important pour eux car il s’agit de répondre à l’obligation du culte des ancêtres, un des plus hauts degrés de la norme sociale en Chine. À ce titre, les chinois ont donc 8 à 10 jours de congé national. Durant la fête du printemps, il se produit une migration de masse des villes vers les campagnes. Mais attention, qui dit masse en Chine dit véritablement Masse avec un M majuscule ! C’est ainsi qu’un certain nombre de très grosses villes comme Pékin, Shanghai ou Shenzhen deviennent, pour le temps de ces congés, de véritables villes fantômes. Et bien entendu, ma ville, Nanjing, n’échappe pas à ce phénomène. Imaginez un peu tout Paris aussi calme qu’un village de la Creuse un dimanche après-midi … Et bien c’est exactement ça ! Ainsi, en quittant Nanjing pour ce voyage, nous pensions donc logiquement trouver beaucoup de monde dans les campagnes. Et bien il n’en fut rien … Vous avez dû remarquer dans la première partie de l’article à quel point les photos sont vides de gens, y compris dans des zones touristiques comme par exemple le désert du Tengger. En fait, on nous a expliqué que les gens sont bien là, mais dans les maisons, à festoyer et tenir des agapes gargantuesques.
C’est pourquoi lorsque nous sommes tombés à l’improviste sur une parade traditionnelle dans une petite ville que nous traversions, enfin nous tenions les images de notre imaginaire et de nos fantasmes ! Enfin du monde, des costumes, des masques et des dragons !!!
Vous serez peut-être surpris que je vous montre des photos en noir et blanc. D’abord, je souhaite titiller votre imagination 😉 Mais surtout, étant donné la profusion de couleurs criantes, qui plus est sous un soleil radieux et avec des zones d’ombre terribles, il me semble qu’ainsi on reste plus près de ces gens. C’est la magie du noir et blanc n’est-ce pas … on enlève le superficiel pour aller plus au fond, on supprime les distractions pour aller à l’essentiel…
D’après ce qu’on a compris, il semblerait que ce cortège allait de magasins en magasins pour souhaiter bonne augure et bonne fortune aux patrons pour la nouvelle année. En effet, il s’est arrêté devant une première boutique, le patron a fait un discours puis les « acteurs » ont entamé une danse au son des tambours et des cymbales avant de s’éloigner vers le magasin suivant. Nous n’avons pas osé les suivre longtemps car nous avons bien vu que notre présence était un tantinet trop remarquée . Vous imaginez, des blancs débarquant de nulle et qui s’arrêtent ici, ça aura probablement fait la une des journaux du lendemain ! 😉
Nous avons donc repris la route, destination les montagnes arc en ciel de Zhangye …
Zhangye et ses montagnes arc en ciel
Une immense « anomalie » géologique de plus de 500km2 s’étend dans les environs de Zhangye. C’est là que nous avions décidé de faire halte car les images aperçues sur internet nous avaient mis l’eau à la bouche : on nous promettais de véritables arcs en ciel !
Bon … Probablement que l’heure n’était pas la bonne, probablement que les restes de neige faisaient un effet miroir et atténuaient les couleurs, probablement que ce n’était pas la bonne saison, probablement que … Mais le fait est qu’en guise d’arcs en ciel, nous avons surtout profité de nuances de couleurs assez douces et très très trèèèèès éloignées des photos que nous avions vues !
Si vous tombez sur ce genre d’images, sachez que c’est du fake !
Image trouvée sur le net
Je préfère partager avec vous des images bien plus proches de la réalité !
Pour ma part, j’ai très vite compris que photographiquement parlant, il serait impossible d’obtenir le genre d’image « fake » que je vous ai montrée plus haut, à moins de les contraster de manière extrême et de reprendre les tons un par un pour saturer les couleurs en post production. J’ai donc imaginé toute une partie du parcours en noir et blanc. Laissez-moi vous en montrer quelques petits exemplaires …
Vous avez probablement compris que nous avons quand même été déçus… Même si les paysages étaient objectivement remarquables, la sensation de s’être faits rouler dans la farine nous a laissé un drôle de goût … Aussi, nous avons décidé de ne pas nous attarder plus que nécessaire et de reprendre la route …
La grande muraille de Chine
La fameuse Route de la Soie passe pour une bonne partie dans la province du Gansu. Et qui dit Route de la Soie dit … Grande Muraille de Chine ! Et la Muraille, c’est vrai qu’elle est grande … Vous imaginez ? 8800 km ! Et les Chinois ont mis 2000 ans pour la construire. Je trouve fascinant cette persévérance et cette constance à travers les dynasties pour s’atteler à un tel projet concret durant 2 millénaires. Il n’en demeure pas moins que dans mon esprit, la Grande Muraille était plus une idée qu’un édifice encore tangible. Et bien je pense que je me suis trompée 😉 Depuis Wuwei en effet, il nous arrivait de longer durant des kilomètres et des kilomètres un mur en terre. Au début, nous pensions qu’ils s’agissait de vestiges de murailles de villages fortifiés. Mais nous avons dû nous rendre à l’évidence … ce ne pouvait être que la Grande Muraille dans cette région ! C’est vraiment là que j’ai pris conscience du gigantisme de cette barrière construite pour protéger des invasions !
La plupart de ceux qui sont allés sur la Grande Muraille de Chine le font à partir de Pékin. C’est pourquoi lorsque nous avons découvert qu’à Jiayuguan se dressait le fort le mieux conservé (restauré) de la Grande Muraille, nous avons décidé de pousser plus loin notre périple et d’aller visiter cette fameuse partie la plus à l’Ouest de la Chine.
Connu aussi sous le nom de « Premier Col Majeur Sous le Ciel », ce fort a donc été construit entre 1372 et 1539 afin de contrôler cet étroit corridor situé entre le désert de Gobi et les mont Qilian. Il était une pièce maîtresse de la Route de la Soie.
Et pour finir sur ce fort, quelques clichés minimalistes et … un selfie familial 😉
En reprenant mes photos, j’ai cherché désespérément des images des alentours, celles de la muraille elle-même, des paysages que je me souviens parfaitement avoir prises …. Mais j’ai dû me rendre à l’évidence … Je les ai probablement purement et simplement supprimées de mon disque dur de voyage car je ne les retrouve plus. C’est la première fois qu’une telle erreur de manipulation m’arrive et je m’en veux abominablement !!!!!!! Vous ne verrez pas le fort avec en arrière plan les monts Qilian, ni la piste de ski en plein désert et au pied de la Muraille, ni les magnifiques gorges d’une rivière qui passe non loin de là 🙁 🙁 🙁
J’ai malgré tout réussi à récupérer 1 photo que j’avais mises sur Instagram afin de montrer l’envers du décor : derrière une partie de la Muraille se cache … une centrale nucléaire (ou une centrale à charbon ou à acier, je n’ai pas réussi à trouver l’info …). J’aime bien surveiller la pollution de l’air en Chine et Jiayuguan est très très très souvent dans le rouge. C’est étonnant car la région est désertique, mais il faut croire qu’il doit y avoir un bon nombre d’usines polluantes dans le coin …
À l’assaut du col de …
S’il y a quelqu’un pour me dire les noms des cols que nous avons passés, je lui en serais très reconnaissante ! 😉
Un peu échaudés par notre périple sur les routes verglacées (voir la première partie de l’article) et les monts Qilin nous semblant vraiment très très blancs vus de loin, nous avons préféré faire une « boucle demi-tour » sur les routes désertiques de Zhangye avant d’entamer la traversée de la chaine de montagnes sur un passage qui nous semblait moins large sur google maps. Avons-nous eu raison ou tort, nous ne le saurons jamais. Mais je crois que j’aurais adoré prolonger cette traversée tant les paysages m’ont coupé le souffle !
L’ascension vers ce col s’est finalement faite très en douceur ! Il faut dire que nous partions d’une altitude déjà bien élevée (environ 2000 mètres) même si on avait l’impression d’être en plaine !
Mais c’est en entrant dans les gorges que le spectacle a véritablement commencé avec la rivière totalement gelée.
La descente vers Jixing a été tout aussi merveilleuse. Bien entendu, relativement au plateau tibétain, 2500-3000 mètres d’altitude est somme toute modeste. Et pourtant, j’espère que les photos qui suivent réussiront à vous évoquer cette sensation de « toit du monde » que j’ai ressentie en traversant ces paysages. Est-ce dû au fait qu’il s’agit plutôt d’un haut plateau valloné plutôt que des montagnes affutées européennes auxquelles je suis plutôt habituée lorsque qu’on s’élève à ces altitudes ? Il n’en demeure pas moins que le ciel me semblait si près de nous !
Contre toute attente, il semblerait que nous n’en avions pas fini avec la Grande Muraille de Chine ! Car en traversant une petite bourgade, quelle n’a pas été notre surprise de découvrir un monument dédié à Marco Polo ! Ainsi, il semblerait que ce village ait été une étape importante de la Route de la Soie. Malheureusement nous étions aussi analphabètes qu’à notre départ, aussi je serais incapable de vous en donner le nom … 😉
Puis à nouveau cette longue descente pour arriver à Xining, la capitale de la province du Qinghai. En quelques mots, cette province est une des moins peuplée de Chine et Xining compte à peine 1 million d’habitants. Autant dire une petite ville à l’échelle de la Chine, surtout pour une capitale de province ! Il est dit qu’il faut aller dans le Qinghai pour découvrir l’authentique culture tibétaine. Mmmmm, tentant pour un prochain voyage dans les environs ! Sinon, bien entendu le Qinghai est aussi peuplé de minorités mongoles. Nous avons même découvert qu’il y avait des préfectures Tibétaines ET Mongoles autonomes. Et savez-vous que chez les Tibétains et les Mongoles il y a des musulmans ? Je suis décidément fascinée par la diversités des cultures humaines qui elles ne connaissent aucune frontière précise !
Allez, reprenons la route car le temps commence à se couvrir, et à cette altitude et par ce froid, c’est de la neige qui s’annonce !
De ce côté-ci de la chaine de montagnes, on découvre d’immenses plaines probablement plantées de blé en été. Ca et là se dispersent des villages d’agriculteurs et d’éleveurs de moutons, de yacks et de chevaux.
Voilà, notre voyage touche à sa fin. Une fois atteint Xining, nous avons retrouvé les mêmes paysages que ceux qui nous avaient accueillis à Langhzou. Aussi j’aimerais finir les photos de ce périple avec les hommes et les femmes que nous avons croisés. Le Gansu et le Qinghai sont des provinces pauvres indéniablement et d’où bien souvent les jeunes sont partis dans les riches province de l’Est pour travailler et gagner plus d’argent.
Mais l’histoire est toujours la même, quelque soit l’endroit du monde où nous nous trouvons. Regardez ces gens dans les rues et dites-moi si vous y voyez de la misère humaine ? Pour ma part, je n’y ai croisé que des gens souriants, heureux d’être ensemble et de partager de bons moments !
J’espère que je vous aurais donné envie de visiter un jour cette partie du monde ! En ce qui nous concerne, ce road trip a été une expérience fantastique car pour la première fois depuis que nous sommes en Chine nous étions enfin libres de nos mouvements grâce à la location de cette voiture. Notre seul regret a été celui de ne pas parler et de n’avoir pas de traducteur pour échanger avec les gens que nous avons croisés. En tant qu’étranger on se fait immédiatement remarquer et il est arrivé bien souvent (voire systématiquement !) qu’une petite boutique où nous étions entrés se retrouve tout à coup pleine (vraiment pleine !) de gens qui nous parlent et nous prennent en photo 😉 La prochaine fois, nous nous sommes donc promis d’emmener avec nous un étudiant en langues pour nous servir d’interprète. Ce n’est pas possible de passer à côté de tant de rencontres potentielles !
Si vous planifiez un voyage en Chine hors circuits, n’hésitez pas à me contacter ! Je ne suis absolument pas une experte touristique, mais si je peux vous aider, je le ferais avec plaisir (et bien entendu totalement gratuitement !), juste pour le plaisir d’aider à découvrir un pays dont il serait temps d’abolir les préjugés 😉
Voilà, c’est officiel et je peux enfin sortir de l’ombre et révéler cette information si importante pour moi : j’ai été intégrée à l’agence de photographie documentaire Dalam Images 🙂 🙂 🙂
Nous sommes donc désormais 8 photographes à l’agence. Notre rôle ? Réaliser des reportages/documentaires traitant de sujets de fond où l’humain et ses problématiques sont au coeur de notre travail.
Cette intégration représente une étape très importante pour moi et je vous explique pourquoi.
Sortir de ma zone de confort
La première raison est que depuis quelques mois je réfléchissais à renouveler mon approche photo. Jusque là, j’ai surtout été une photographe dite « artistique » ou « conceptuelle ». Bien sûr, j’adore toujours cet aspect de la photo mais j’avais envie de relever de nouveaux défis, de sortir de ma « zone de confort » et de me mettre à l’épreuve sur une autre manière de photographier. La photographie documentaire faisait indubitablement partie de mes options mais j’avoue que je ne savais pas trop par où commencer.
C’est lorsque j’ai dû changer de boîtier (pour cause de vieillerie avancée de mon matériel 😉 ) que je me suis posée les vraies questions de fond sur la manière dont je me voyais évoluer photographiquement. Le choix de ce Leica Q a donc été fort car le fait de me limiter à une focale de 28mm était tout sauf anodin ! Forcément, c’est la focale par excellence du reportage. Et forcément, ça m’oblige à regarder le monde autrement.
Un retour aux sources
Oui, je sais, invoquer un retour aux sources après avoir dit que je voulais sortir de ma zone de confort est contradictoire. Mais ça ne l’est que si on a eu une seule vie professionnelle 😉 Or j’en ai eu 3 …
Dans ma toute première j’exerçais le métier de journaliste. Mais attention, à l’époque, je ne jurais que par l’écrit et la photo me passait complètement au dessus de la tête ! Je rêvais alors d’être grand reporter, sauf que les circonstances m’ont fait atterrir d’abord dans un journal de presse quotidienne régionale puis dans la presse people. Exit mes rêves … La désillusion a duré 10 ans jusqu’à ce que j’entame ma seconde vie avec le web design et qui elle aussi a duré une dizaine d’années. Puis j’ai entamé ma 3ème vie avec la photographie.
Ainsi mon intégration chez Dalam me permet de réaliser une ambition que je n’avais pas pu (su) porter lorsque j’étais jeune, et d’un point de vue photographique cette fois-ci. N’est-ce pas fantastique ?
Additionner
Alors bien entendu, je ne vais pas renoncer à la photographie dite « artistique ». Non seulement je ne le souhaite pas car je tiens à garder ma liberté de création et je pense que l’un n’exclue pas l’autre, mais aussi je me dis qu’il y a sûrement une place à trouver entre la photographie artistique et la photo documentaire pures.
Je vais donc y aller à tâtons, je vais travailler dur pour ça, et surtout, surtout, je remercie du fond du coeur les photographes talentueux de Dalam qui m’accueillent parmi eux ! J’en ressens une immense fierté !
Je vous invite bien entendu vivement à visiter notre site à cette adresse : http://www.dalamimages.com/. Et bien entendu, si vous souhaitez suivre nos travaux documentaires, rien de tel que de vous abonner à la newsletter de Dalam !
Voilà, dans quelque temps je vais donc partir en immersion dans un petit village chinois pour mon premier vrai grand reportage photo. Stay tuned comme on dit car je vous en dirai plus prochainement !
* En ce qui concerne Instagram, personne dans l’équipe n’est très au point sur l’utilisation de cette plate-forme. Mais nous nous sommes lancés le défi d’en faire une vraie page !
Je ne pensais pas qu’une série pourrait ne jamais être finie … Et pourtant c’est bel et bien ce qui est en train de se produire avec ce travail que je fais sur la relation de l’homme moderne chinois et son environnement urbain. À chaque nouvelle photo je me dis que c’est la dernière et voici que je trouve encore un lieu inédit, une situation qui m’évoque cette sensation d’immensité et de petitesse de l’homme dans la ville moderne.
J’ai pourtant commencé cette série il y a environ 2 ans, sans vraiment d’idée précise derrière la tête, juste animée par une sorte de fascination de l’architecture moderne, un grand amour pour ce qu’on appelle la « street photography » et un goût immodéré pour les noirs et blancs ultra contrastés. Je vous ai d’ailleurs déjà montré un certain nombre d’images au cours des différents articles que j’ai rédigés ici mais jamais sous forme unifiée. C’est donc ce que je vais faire ici 🙂
La série photo
Mais auparavant, laissez-moi faire un petit aparté sur la notion de série photographique (ou portfolio selon les pays et appellations). J’ai déjà abordé à plusieurs reprises dans ces pages la construction photographique autour d’un thème précis. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : un portfolio est simplement une série d’images autour d’un thème. Ce thème peut être documentaire ou journalistique, narratif (le photographe raconte une histoire non documentaire, elle peut être littéraire, policière) ou bien conceptuel. Dans ce dernier cas, le photographe élabore sa série autour d’une idée abstraite et les photos agissent d’avantage comme les symboles visuels de cette idée.
Comment concevoir une série photo ?
Ce qui m’intéresse ici, c’est la manière de concevoir un portfolio. Je pense qu’il faut partir du principe que tous les chemins mènent à Rome, ce qui veut dire qu’il n’y a pas qu’une manière d’arriver à la réalisation d’une série, et que surtout cela dépend de l’intention première et du type de portfolio qu’on souhaite réaliser. Mais l’essentiel, quel que soit le style, est d’avoir un thème, de savoir où on veut arriver ! Ne pas perdre de vue que l’objectif c’est Rome, quelques soient les chemins qu’on emprunte. Autrement dit, il ne faut pas se perdre.
Il faut donc l’idée … Alors bien sûr, s’il est impossible de décrire les façons d’avoir une idée, on peut toutefois avoir quelques éléments de base …
Je dirais qu’avant tout, il faut avoir envie de raconter quelque chose et surtout de partager notre réflexion ! La photographie est un langage et je m’imagine souvent qu’une photo (ou une série) pourrait être comparée un apport à une conversation : qu’est-ce que j’ai d’intéressant à ajouter qui n’a pas encore été dit ? Comment puis-je formuler différemment mon idée afin que celle-ci apporte quelque chose de nouveau, ou tout du moins un point de vue différent afin de susciter en retour un intérêt, un questionnement chez mon interlocuteur ? N’y a-t-il pas une manière d’aborder la conversation de façon plus subtile, plus détaillée, plus originale, voire à contre-pied ?
Être passionné par son sujet !
Il faut donc être curieux. Curieux de son environnement (naturel, social), des autres et de leur vie, de soi-même et détecter ce qui nous interpelle le plus. Car il faut vraiment que le sujet sur lequel on va travailler nous plaise ! Rien de pire que de commencer à travailler autour d’une thématique qui ne nous intéresse que moyennement, juste parce qu’on a décidé de commencer une série ! Le sujet peut être très très simple, mais il doit nous « animer » en quelque sorte.
Une fois l’idée trouvée, il est vraiment important de faire des recherches : cette idée a-t-elle déjà été traitée ? De quelle manière, par qui, quand, avec quels moyens ? Je pense qu’il ne faut pas s’arrêter aux seules photographies et ne pas hésiter à aller faire un tour du côté de la littérature, du cinéma, mais aussi de toute documentation « technique »et théorique. Cela permet non seulement de pas faire de « redit », mais aussi de se nourrir de l’apport des autres.
La conception n’est jamais linéaire
Mais parfois, l’idée vient en faisant ! Tel est donc le cas de la série que je vous présente ci-dessous. Comme je le disais précédemment, je n’avais à priori aucune intention de faire une série et à l’origine ce n’étaient que des images indépendantes. C’est faisant le tour régulier de mes photos – je ne suis pas une championne de l’indexation et bien souvent je me contente seulement de noter mes photos, je sais, ce n’est pas bien du tout ! – et notamment celles que j’avais notées avec 2 étoiles, que je me suis rendue compte de la récurrence de la thématique et du traitement relativement uniforme de mes noirs et blancs. C’est donc ainsi qu’ « Espaces urbains » est née, et une fois identifié l’objectif, je me suis mise à arpenter les rues et les espaces modernes avec un oeil spécifique pour cette série. Le problème c’est que je ne sais plus m’arrêter ! Serais-je en train de me perdre ? Je ne pense pas, mais je fais indéniablement des détours et je prolonge le plaisir ! Je suis même allée revisiter certaines photos à l’origine en couleur pour les intégrer à cette série, c’est dire 😉
Je pense qu’il n’y a pas de nombre maximum de photos pour un portfolio. Cependant, si je devais les exposer, il me faudrait faire une sélection drastique pour n’en retenir que quelques unes. Et c’est peut-être parce que j’estime que je n’en ai pas encore suffisamment de haute qualité pour créer un ensemble cohérent en cas d’exposition que je n’arrive pas à m’arrêter ? Ou alors je n’ai tout simplement pas encore fini de faire le tour de la question …
Allez, je vais refermer mon aparté et vous présenter enfin cette série ! Vous trouverez le texte d’accompagnement à la fin 🙂
Espaces urbains
J’espère que vous prendrez au moins autant de plaisir à les regarder que j’en ai eu à les photographier !
Premier pays au monde par son nombre d’habitants, premier pollueur (57ème rapporté au nombre d’habitants), 3ème plus grand pays, unique nation ayant construit une muraille sur une durée de plus de 2000 ans (8800 km de long), la Chine est le pays de la démesure.
C’est aussi le pays à l’essor économique le plus rapide de l’histoire de l’humanité et le rythme de sa modernisation se joue des relations traditionnelles de l’homme à son environnement. Des ruelles labyrinthiques qui composaient le coeur des cités, le paysage urbain se modifie profondément en s’articulant désormais le long d’avenues à 6, 8, parfois 10 voies. Ici, les espaces semblent s’étirer à l’infini. Fabricants de vides et de pleins, ils allongent les perspectives, éloignent les horizons et se développent dans les verticales. Les villes sont surpeuplées ? Oui … Mais non … Les millions d’habitants semblent disparaître dans ces espaces ponctués de béton, d’acier et de verre. Même à l’intérieur des bâtiments modernes l’humain n’occupe plus qu’une infime portion, comme aspiré par l’espace dénudé.
D’un modèle fonctionnaliste hérité de l’époque Mao, la Chine ambitionne maintenant d’associer cette urbanisation post-moderne au modèle intégrationniste. Au coeur de ce projet, le “hexie sheshui” (société harmonieuse) et le “zhongguo meng” (rêve chinois). La société chinoise qui n’est encore urbanisée qu’à 50% se fait laboratoire d’une ville du futur où les espaces infinis et rationnels semblent absorber irrémédiablement ceux des quartiers traditionnels.
“Je ne sais séparer ni dans mon coeur ni dans ma tête, la photographie de l’ensemble des activités d’un homme, de l’ensemble des actions d’une société, avec leurs vertus et leurs défaillances. ” — Lucien Hervé
Êtes-vous partants pour la découverte en mode road trip d’une région de la Chine nommée Gansu ? Enfin, pour être honnête, je vous propose de découvrir plutôt un bout de région … C’est qu’en Chine, il faut se souvenir que tout est toujours grand, et que bien qu’on aie effectué une boucle de 2700 kilomètres on n’a pas eu le temps de parcourir l’ouest et encore moins l’est, ni le sud. En fait, on est restés au centre pour ainsi dire 😉 😉
Bon, commençons déjà par une carte, ça rendra la situation plus claire …
… et ajoutons à cela un peu de géographie basique et le décor sera totalement planté : le Gansu a une superficie de 454 000 km2 pour une population de 26 millions d’habitants et une densité de 56 habitants au km2. Pour comparaison, la France a une superficie de 543 000 m2 (hors DOM TOM) et sa densité est de 116 habitants au km2. C’est dire si cette région est peu peuplée. Mais normal me direz-vous car elle est essentiellement composée de zones arides à partir du nord de Lanzhou (capitale de la province). Avec une altitude moyenne de 1000 m, le Gansu est très montagneux dans le sud et relativement plat dans le nord. Les montagnes du sud font partie de la chaîne de Beishan et culminent au Qilian Shan, à 5 547 mètres d’altitude. Au nord, le Gansu comprend une partie du désert de Gobi. La province mesure plus de 1 500 km du nord-ouest au sud-est, mais souvent moins de 100 km dans sa partie centrale. Cette forme résulte de sa situation le long de l’ancienne route de la soie qui passait par un étroit corridor plus facile d’accès, coincé entre le plateau du Tibet et le plateau de Mongolie. (Merci Wikipedia ! 😉 )
Début du road trip !
Alors voilà, le petit tracé en vert sur la carte indique le chemin que nous avons parcouru. Bon, je vous passe les presque 3h d’avion qu’il nous a fallu pour rejoindre Lanzhou de Nanjing et je vous propose de partir directement en direction Lanzhou. Et en fait, je vous passe aussi Lanzhou, nous nous sommes contentés de passer une nuit à l’hôtel à côté de l’aéroport car les formalités pour louer une voiture ont été un peu … compliquées (bien que nous ayons notre permis de conduire chinois nous ne pouvons pas louer en tant qu’étrangers une voiture pour la simple et bonne raison qu’il faut une carte de crédit chinoise justement interdite aux étrangers. Je ne remercierai jamais assez l’assistante de mon cher et tendre époux qui nous confie à chaque fois sa carte de crédit et son permis de conduire. Car oui, les loueurs de voiture se fichent complètement qu’on ait notre permis ou non, ce qui compte c’est que le nom sur la carte et le permis soit le même !). Bref, vous imaginez bien qu’on a le temps de s’ennuyer sur un parking pendant que Monsieur se débrouille avec nos amis loueurs …
Je vous passerai donc Lanzhou mais pas un petit village dont je n’ai pas le nom, à quelques 150 km au nord où nous avons là aussi eu quelques heures d’ennui pour faute de … voiture en panne. Pfff, 3 heures d’attente par -10 degrés pour que nos loueurs nous ramènent une voiture en état de fonctionnement, ça fait long ! Dans ces cas là, il ne reste donc plus qu’à arpenter des ruelles désertes – il était 7h du matin et bien entendu il n’est même pas question de compter sur un petit café – , les habitants n’ayant commencé à sortir au compte goutte qu’à partir de 8h30, et bien souvent, seulement pour vider leurs pots de chambre. Car tel a été notre premier étonnement pour nous qui arrivions de Nanjing, une ville très moderne et riche : ici, visiblement pas d’eau courante et encore moins de tout à l’égout.
La lumière était absolument magnifique ce matin là et je ne résiste pas à l’envie de vous montrer quelques noirs et blancs très graphiques qu’elle m’a inspirés 🙂
Allez, reprenons la route et dirigeons-nous vers un village dont j’ai eu le coup de coeur en survolant google maps pour préparer notre itinéraire et où je voulais absolument m’arrêter.
Yongtai ou le village tortue
Pour comprendre pourquoi on appelle ce petit village « Turtle city », rien ne vaut une vue du ciel (merci google maps 😉 ) Regardez comme c’est beau !!!
Vous entendrez à nouveau parler de ce village bien plus en détail dans les prochains mois car je souhaite y réaliser un série photo pour parler de la problématique de l’eau et du désert dans cette région de la Chine. Stay tuned comme on dit !
En guise d’introduction, ce village compte aujourd’hui 100 habitants alors qu’il y en avait 1500 dans les années 1950. La raison de cet abandon ? Une avancée du désert due au sur-pâturage et au changement climatique, ce qui rend les terres trop salées et donc impossibles à cultiver. En prime, le gouvernement chinois a détourné il y a quelques années un court d’eau afin d’irriguer d’autres villes plus loin et ont encouragé les habitants à partir d’ici. Résultat, seules quelques familles de bergers y vivent encore.
Pourtant, il s’agit d’un village fortifié en 1608 durant l’époque Ming et classé monument historique par les autorités. Et il est vrai que ses remparts sont impressionnants car ils font en moyenne 12 mètres de haut sur 3 mètre de large et 1,7 km de circonférence ! Entièrement réalisés en terre ils sont encore en excellent état de conservation, à part la partie sud-est.
Mais à part cette muraille, le village est dans un état de délabrement très avancé et rares sont les maisons qui sont encore entretenues, sans parler de l’état des rues (si on peut les appeler ainsi !). C’est vraiment étonnant car comme vous avez pu le voir, le village précédent qui n’a pourtant rien d’historique est lui parfaitement entretenu, même s’il n’y a pas l’eau courante. Ici, à Yongtai, on a l’impression d’arriver dans une ghost city totalement abandonnée, seulement parcourue par des moutons en liberté ! Il est vrai que c’était en plein hiver, les quelques arbres complètement nus et qu’il faisait un froid mordant (vraiment !!!) et nous avons seulement trouvé une minuscule épicerie où la patronne nous a d’ailleurs gentiment préparé un repas pour nous réchauffer. Mais je vous laisse juger …
Allez, restons encore un peu à l’intérieur les remparts et laissez-moi vous faire découvrir … une église gothique !!!
En fait, il s’agit d’une fake église construite il y a 4 ans pour les besoins d’un film. Et quand je dis fake, elle l’est vraiment et c’est d’ailleurs très dangereux d’y pénétrer car tout est en train de s’écrouler. Elle est entièrement construite en fines planches de bois, lesquelles sont peintes pour imiter la pierre, à l’intérieur comme à l’extérieur !
Pour avoir construit de telles murailles, il fallait vraiment avoir quelque chose à protéger, mais quoi ? Car si c’était aujourd’hui, il est clair que la région n’aurait plus grand chose à revendiquer. Autour du village, ce ne sont qu’étendues semi-désertiques et montagnes où les bergers vont faire paître leurs moutons. Il est intéressant de noter la réserve d’eau à l’extérieur du village. Totalement gelée cet hiver, je vous dirai ce qu’il reste d’eau lorsque j’y retournerai cet été 😉
Allez, continuons notre road trip et mettons le cap sur le désert !
Tenggeli, une incursion en Mongolie intérieure
Continuons la route vers le nord en direction du désert de Tenggeli !
Mais un peu avant d’y parvenir, laissez-moi vous montrer une image du fleuve jaune, le second plus long fleuve de Chine avec ses 5464 km ! Pourquoi je vous le montre ? Parce que à ma grande surprise, ce fleuve immense est bordé par une vallée fertile au sud et exactement de l’autre côté, c’est un immense désert de sable qui s’étend. Le contraste est saisissant !
Comme vous pouvez le constater, pour notre passage dans le désert il neigeait ! C’est un fait rarissime et nous avons vraiment eu de la chance ! Je vous laisse apprécier la douceur des lignes que la neige trace dans le sable. Ca a été assez compliqué de le photographier car il faut bien étudier son parcours avant pour ne pas laisser de traces dans ces étendues. Ceux qui ont déjà eu la chance de parcourir ces déserts de sable savent aussi que c’est très physique et que les dunes ne se grimpent pas aussi facilement, malgré leur aspect tout doux 😉 Et enfin, même s’il neigeait relativement fort, la neige fondait à vue d’oeil sur ce sable. Le temps de repérer une belle ligne, d’y aller et pfouit ! Elle avait disparu !
Nous garderons bien sûr un souvenir inoubliable de cette journée entourés de sable, de vent, de neige, de froid … Mais surtout nous étions comme seuls au monde, cette zone pourtant très touristique étant complètement délaissée pour cause de mauvais temps je suppose, mais surtout pour cause de nouvel an chinois où les gens étaient en train de festoyer chez eux !
En blanc, bleu, rouge
Pendant que nous étions dans le désert il a donc pas mal neigé dans la région, et c’est seulement parce que nous sommes analphabètes (donc inconscients !) que nous avons osé prendre la route, ne comprenant rien aux panneaux mobiles disséminés un peu partout. Après coup, je pense qu’ils voulaient dire attention à la neige et au verglas, route quasiment impraticable, route interdite aux voitures non munies de chaines et j’en passe. Mais l’avantage de ne rien comprendre, c’est que tout reste toujours beau, possible, et que cette route déserte, même si elle est vraiment impraticable, comme on ne le sait pas, c’est pas grave 😉 😉
Nous voilà donc partis pour rejoindre Wuwei par un froid polaire mais un temps absolument magnifique. L’autoroute étant fermée (on ne sait pas – encore – pourquoi), nous décidons donc d’emprunter une route secondaire qui passe par des montagnes. Bon … je vais passer sur les quelques heures de sueurs froides que nous avons eues : rester coûte que coûte à 20km/h, ni plus ni moins, lever le pied juste ce qu’il faut dans les descentes pour rester à cette vitesse et accélérer juste ce qu’il faut pour conserver notre élan dans les montées. Bien entendu nous avons eu la mauvaise idée de stopper, forcément – oh ! le paysage est trop beau, arrête toi !- 😉 C’est lorsque nous avons mis le pied sur l’asphalte que nous nous sommes rendus compte que c’était un miracle que la voiture avance tant il était gelé. En fait, il y avait une couche de glace complètement transparente. Résultat … impossible de repartir ! Ce n’est qu’au bout de nombreux essais qu’on a pu tout doucement remettre la voiture « sur les rails ».
Autant dire que quand nous avons débouché sur la plaine, enfin du terrain plat, nous avons soufflé et … enfin pu prendre des photos 😉
On ne se croirait pas dans le désert n’est-ce pas ? Bon, cette partie du Gansu est plus aride que désertique et nos amis montagnards rigoleront de cette pellicule de neige qui semble si fine ! Elle l’était en effet, mais ne vous y trompez pas, le bitume que l’on voit était complètement glacé. Pour cette région, ces précipitations, aussi petites qu’elles soient sont une aubaine car le désert avance irrémédiablement. La Chine opère d’ailleurs un travail titanesque appelé barrage vert » depuis plus de 60 ans. Ce sont des centaines de milliers d’arbres qui sont plantés pour tenter de modifier le micro-climat. Mais il n’y a pas que des arbres qui sont plantés et ici plus que partout ailleurs, ce sont des forêts entières d’éoliennes qui sont mises en place. Nous en avons longé sur des dizaines de kilomètres tout au long de notre périple. Idem pour les champs de panneaux solaires. Je n’ai malheureusement pas trouvé le moyen de les photographier et que les images donnent un vrai aperçu de ce qu’on entend par forêts ou champs de production électrique. En fait, je pense qu’à moins de les survoler en drone, ils sont impossibles à photographier significativement. C’est que ces bêtes là sont très grandes et finalement très espacées, ce qui fait que quand on les approche ce n’est plus aussi impressionnant. Il n’en demeure pas moins que grâce à ces installations, la Chine est devenue la première puissance éolienne mondiale, même si le charbon représente encore un sérieux concurrent à la production électrique propre.
En attendant d’arriver dans les environs de Wuwei, je vous propose quelques visions très fugaces prises de la voiture. Et bien oui quoi, c’est un road trip ! 😉
Le p’tit lac
Après un repos bien mérité dans les environs du Wuwei, nous avions envie d’aller à la découverte d’un petit lac. Je dis petit car il est indiqué minuscule sur la carte. En vrai, c’est une autre paire de manche, et si au démarrage nous avions envie d’en faire le tour, en fait, nous nous sommes contentés d’aller sur une île artificielle au milieu … Pfff, la jeunesse se perd ! Mais de là nous avons pu embrasser la quasi totalité de l’étendue gelée et c’était … grandiose 🙂
Je vous propose maintenant de faire un break car la route a déjà été longue ! Il ne s’agit pas de garder le meilleur pour la fin car l’ensemble de ce parcours restera l’un des plus beaux que j’ai faits dans ma vie. Mais je ne veux pas que vous risquiez l’indigestion d’images 😉
Alors en attendant la suite et de nous replonger dans le froid hivernal, profitez des beaux jours de mai !
Il y a quelques semaines, je vous présentais le nouveau magazine photo en ligne « OpenEye » qui avait eu l’immense amabilité de publier une de mes séries.
OpenEye est animé par des passionnés de photographie. Je dirais même plus que passionnés : ils sont des professionnels de la photographie au sens expertise, que ce soit pour nous faire découvrir des portfolios de grande qualité d’auteurs émergeants, confirmés et même des grands maîtres ! À côté de cela, on trouve des interviews des acteurs du monde de la photo, des sélections d’événements à ne pas rater, des galeries de lecteurs, les nouvelles tendances,… Bref, vous l’aurez compris, c’est un magazine dense qui rivalise sans frémir avec les grands magazines actuels, avec un atout majeur, sa gratuité ! En plus de cela, le magazine exploite pleinement les nouvelles technologies et grâce à sa présence exclusive en ligne, tous les articles proposent des liens pour approfondir la lecture.
Bref, ce n’est que du bonheur et je ne peux que vous encourager à vous y abonner 🙂 🙂
…et pas seulement parce que dans ce numéro j’apparais à 2 reprises dans leurs pages, encore que j’en suis extrêmement fière et honorée !
La première est sous la forme de la « citation »! Quel privilège !
Et la seconde fois, c’est en guise de retour sur mon expérience avec le Leica Q
Ce numéro est très dense et varié, mais j’ai quand même eu mon coup de coeur pour les photographies de Laurent Chéhère dont j’avais pu voir les photos en vrai lors d’un festival en Chine. Une merveille de poésie ! Allez y jeter un oeil, c’est bon pour le moral 🙂 🙂
Alors tout ça pour dire merci à toute l’équipe d’OpenEye Magazine et surtout pour lui souhaiter longue vie !!!
Voici le lien pour le consulter et mieux encore, pour vous y abonner ! https://www.openeye.fr/
Un portrait n’est pas une ressemblance. Dès lors qu’une émotion ou qu’un fait est traduit en photo, il cesse d’être un fait pour devenir une opinion. L’inexactitude n’existe pas en photographie. Toutes les photos sont exactes. Aucune d’elles n’est la vérité.
Le week-end du 13 au 15 avril, j’ai eu le privilège d’exposer ma série « Ensemble » au Salon de la Photographie de Strasbourg en compagnie de 16 autres femmes photographes. Au centre de cet événement étaient exposées les oeuvres de Vivian Maier, pour beaucoup peu connues du public.
Pour sa seconde année, le Salon a connu un véritable succès ! Il faut dire qu’il était accueilli dans la Grande Salle de l’Aubette, place centrale et haut lieu culturel Strasbourgeois.
Je passe sur les grèves de train qui ont empêché un certain nombre de photographes de venir. Certaines ont été chanceuses et ont pu dégoter une place de train 😉 Pour ma part, j’ai bravé les éléments et c’est en compagnie de mes enfants (on a profité de ma présence en France pour se retrouver à Paris !) et de la photographe Julie de Warocquier que nous avons fait le trajet en voiture.
J’ai eu l’immense plaisir de rencontrer un certain nombre d’entre vous en vrai ! Merci de tout coeur pour avoir fait le déplacement, bien que ces moments soient toujours trop courts !
Les organisateurs souhaitant maintenir un niveau élevé d’exposition, ils ont décidé que ce salon deviendrai une biennale.
Laissez-moi vous présenter un vrai coup de foudre architectural : le « Nanjing Poly Grand Theater », parfois appelé le Nanjing international youth culture centre. Comme souvent en Chine, on ne sait pas trop comment les choses sont appelées compte-tenu des problèmes de traduction …
Composé de 2 principales salles de concert, ce poly-théâtre abrite aussi le centre des congrès des jeunes, des bureaux, des administrations et un hôtel. Le complexe est gigantesque (comme toujours en Chine !). En bas de l’article je vous met le lien vers un site qui résume les aspects « techniques »du complexe. Ca vaut le détour 😉
Ce centre culturel a été inauguré l’année dernière et il est l’oeuvre de l’architecte Iraquienne Zaha Hadid. Tout au long sa vie, cette femme aujourd’hui décédée, a été une véritable pionnière en matière d’architecture et de design. Ses oeuvres ne sont pas seulement belles, mais elles sont aussi presque vivantes. Et ce poly-théâtre en est un exemple parfait !
Je ne vais pas m’étendre avec les mots mais plutôt vous montrer quelques photos que j’ai pu prendre à 2 reprises. Et il me faudra bien y retourner une 3ème fois, voire une 4ème pour arriver à en faire une série cohérente et qui rende vraiment honneur au travail de cette femme. Et surtout, j’ai la ferme intention d’aller y écouter un concert dans la grande salle ! Mais pour l’heure, je n’ai pas réussi à me décider sur une démarche claire au moment des prises de vue, ce qui fait que les photos que je vous présente ci-dessous sont assez disparates, et notamment dans leur traitement. Est-ce que je veux de la couleur ou du noir et blanc ? De la sous-exposition ou au contraire de la sur-exposition ? Il faut encore que j’y réfléchisse 😉
Allez, place aux photos, ouvrez les yeux, ne rechignez-pas à être déstabilisé par les lignes et les courbes, c’est exactement comme ça en vrai ! Et bien entendu, je vous invite vivement à cliquer sur les photos pour les voir en grand !
Je n’ai pu voir que l’entrée à l’intérieur du Grand Théâtre. C’est de toute beauté et c’est vous dire si je ne manquerai d’aller y voir un spectacle ! La première photo que je vous montre est en couleur réelle pour vous montrer cet « or » qui recouvre ces murs aux formes organiques . Mais pour le reste, j’ai préféré les traiter en sépia.
Voilà, j’espère que vous en aurez pris plein les mirettes, au moins autant que moi lorsque j’ai découvert cet édifice !
Et pour faire mieux connaissance de Zaha Hadid, allez voir les réalisations de son cabinet d’architecture. C’est … rafraîchissant ! http://www.zaha-hadid.com/
D’habitude, je ne vous préviens que très peu de temps avant mes expositions parce que celles-ci ont quasiment toujours été en dehors en France et donc systématiquement trop loin pour vous chers lecteurs francophones. Mais cette fois-ci, tadam ! Elle va avoir lieu à Strasbourg ! Et là, je m’y prend carrément en avance :
Les dates à retenir sont du 13 au 15 avril 2018 !
Salon de la Photographie – Strasbourg
Pour vous mettre l’eau à la bouche et vous donner envie de retenir ces dates, cette exposition sera entièrement dédiée aux photographes féminines, avec en pièce centrale une sélection de photographies rarement exposées de Vivian Maier. Nous sommes 16 photographes à avoir été invitées et certaines d’entre nous ont un prestigieux palmarès. A ce stade, le mieux est que je vous donne l’adresse du site du salon où vous trouverez de plus amples détails : https://salondephotographie.fr
Pour ma part, j’y serais présente avec ma série « Ensemble ». Pour ceux qui ne la connaissent pas, vous pouvez la découvrir ici : http://laurencechellali.com/fr/ensemble-2/
Il y a de grandes chances pour que je fasse le déplacement, je serais alors plus que ravie de vous y rencontrer !
Les organisateurs ont créé une page facebook avec une mise à jour régulière d’informations et de news à propos du salon mais aussi des actualités photographiques. Vous pouvez la trouver ici : https://www.facebook.com/salondephotographie/. N’hésitez pas à suivre cette page !
Bien entendu, je vous rappellerai ce rendez-vous un peu avant.
En attendant ces jours printaniers, je vous souhaite une belle et lumineuse journée !
Il y a presque un an je faisais le grand saut avec l’acquisition d’un Leica Q. Pourquoi dis-je un grand saut ? Parce que non seulement il représentait un investissement financier non négligeable, mais aussi et surtout parce que je passais d’une focale dite « normale » (40mm) à un grand angle (28 mm), sans compter que j’échangeais un modeste Panasonic GF1 à un mythique Leica, ce qui mettait quand même une jolie responsabilité sur les épaules 😉
Alors voilà, vous avez été nombreux à me contacter pour me demander ce que je pensais de cet appareil photo, aussi j’ai envie de vous proposer aujourd’hui mon retour d’expérience avec ce boîtier.
Je ne vais pas faire durer le suspens, je vous le dis d’emblée, je suis heu-reu-se avec lui. Par conséquent, certains me diront peut-être que je ne serais pas forcément 100% objective dans les lignes qui suivent. C’est probable, encore qu’avec mon activité d’enseignement je manipule beaucoup d’appareils photo de toutes marques et j’ai donc pas mal de références sur lesquelles me baser. Il ne s’agit pas de faire des comparaisons, mais au moins je peux affirmer que mon point de vue n’est pas complètement naïf 😉
Voici en résumé les raisons qui m’ont fait choisir cet appareil photo :
Je voulais absolument un plein format pour des raisons de qualité photo et pour le flou,
Je ne voulais pas d’un réflex car je voulais rester légère et discrète. Je cherchais donc un appareil le plus compact possible malgré le plein format,
Je voulais changer ma manière de photographier,
Je voulais un appareil qui ne me propose pas des centaines d’options dont je ne me servirai jamais. Son ergonomie était donc très importante,
Je n’étais pas regardante sur le prix dans la mesure où il s’agissait d’un investissement professionnel. Par ailleurs, comme je change mes outils photographiques que très rarement, je suis donc le reste du temps très « économe » en matériel.
Première source de satisfaction : le confort d’utilisation
Bien qu’il soit relativement compact pour sa catégorie, ce Leica Q n’est pas non plus un poids plume – la faute à sa construction vraiment solide. Pour autant, ce n’est pas pour me déplaire car j’aime bien avoir un certain poids lorsque je cadre avec l’écran arrière. Je trouve que la stabilité et la précision y gagne. Ceci dit, j’utilise peu cet écran car porteuse de lunettes pour y voir de près, je préfère largement utiliser le viseur électronique que j’ai pu régler à ma vue. Et ce viseur, quel confort ! Je n’irais pas jusqu’a dire qu’il est équivalent au réflex, mais il s’en approche vraiment ! Un bonheur ! C’est donc lui que j’utilise la plus grande partie du temps.
Le viseur et la mise au point
Puisque nous sommes dans la problématique du viseur, j’aimerais aborder les fonctions de mise au point.
Tout d’abord, l’objectif est équipé d’une bonnette qui permet de désactiver l’auto-focus (lequel est ultra réactif !). Comme j’aime souvent utiliser des premiers plans un peu floutés, je passe régulièrement en mode manuel. Et l’ergonomie est absolument géniale car non seulement on n’est pas obligé de quitter l’oeil du viseur lorsqu’on passe au mode manuel, mais en plus elle autorise une précision incroyable. Je m’explique … Généralement, lorsqu’on est en mise au point manuelle, on doit légèrement lever notre bras pour tourner la bague de l’objectif. Or avec cette bonnette, on conserve le bras le long du corps et on ajuste la mise au point en la tenant entre 2 doigts. Donc non seulement on gagne en précision, mais je trouve aussi que c’est toute notre attitude qui est plus naturelle et discrète, ce qui est tellement important, notamment en photographie de rue.
Capture d’écran d’une video youtube. Vous remarquez que le fait de pouvoir saisir cette bonnette avec 2 doigts fait que tout notre corps est plus « ramassé »- donc discret et stable. De plus c’est beaucoup plus précis.
Par ailleurs, lorsque l’appareil est en mise au point manuelle, on a une aide qui s’appelle le peaking. Bon, vous me direz que la plupart des appareils modernes en sont maintenant équipés, mais pour moi qui vient d’un vieil équipement, je trouve ça génial ! Il y a également une fonction de grossissement pour l’aide à la mise au point mais personnellement je ne l’utilise pas car je la trouve très déstabilisante pour la composition finale.
L’échelle de profondeur de champ
Toujours dans le domaine de la mise au point manuelle, l’objectif comporte tout bêtement une échelle de profondeur de champ et une butée. Mais quel bonheur ! Moi qui utilise beaucoup l’hyperfocale, je peux enfin me passer de mon application sur le smartphone. Je ne comprend pas d’ailleurs pourquoi la plupart des objectifs modernes en sont désormais dépourvus. Cette hyperfocale est si pratique et nous permet d’être tellement réactifs, surtout en photographie de rue. Idem sur le fait que nombreux sont les objectifs sans butée. On tourne, on tourne, on tourne indéfiniment, on ne sait pas dans quel sens aller. Bref, la mise au point manuelle est quasiment impossible ou tout du moins … pénible. Alors qu’avec le Leica Q on ne fait qu’un demi-tour pour avoir tout les champs possibles de mise au point. C’est un gain de temps et de confort inestimable !
Minimalisme
Enfin, pour finir sur le confort d’utilisation, ce que j’apprécie vraiment, mais alors vraiment, c’est le minimalisme absolu des boutons et du menu. Il n’y en a pas un de trop ! Là, on est dans les fondamentaux de la photographie. Iso, ouverture (réglage sur l’objectif), vitesse. Il y a 2 boutons qu’on peut personnaliser. Le fameux FN auquel j’ai attribué le mode de mesure de lumière et un autre qui vient sous le pouce et dont je me sers pour bloquer l’exposition.
Et pour finir, on a une molette sur le dessus pour la correction d’exposition. Voilà, simple, efficace et de bon goût (pour la première fois de ma vie un bel objet à mes yeux !) 🙂
Le menu minimaliste du Leica a le mérite d’être clair et d’aller droit au but !
Allez, passons aux choses sérieuse et venons-en aux photos
Ce boîtier est donc équipé d’une focale fixe. Il s’agit d’un 28 mm f/1,7 et … on ne peut pas l’enlever. C’est ce qui m’avait fait beaucoup hésiter pour son achat car quand même, pour ce prix là, être bloquée à une seule focale ça me paraissait un peu bof-bof. Mais le pendant à cet inconvénient, c’est que cet objectif a donc été créé et pensé exclusivement pour le boîtier. Et puis f/1,7 c’est difficile de refuser 😉 surtout en plein format 🙂
Tout en délicatesse
Bon, je ne vais pas m’étendre sur la qualité des fichiers que ce couple procure. Elle est tout simplement à mon goût, que ce soit dans la délicatesse des détails, à la fois fins, précis mais doux aussi. Le seul mot que j’ai trouvé qui correspondrait à ma perception serait « Velouté ». Le rendu des couleurs est lui aussi génial et plus d’une fois j’ai été déstabilisée par le fait que je n’ai qu’à rajouter un peu de contraste à mes raw. Moi qui adore tripatouiller mes photos en post-production, là j’avoue que bien souvent je n’ai rien à faire. Qui sait, je vais peut-être finir par ne plus utiliser photoshop et me contenter de ce fichu Lightroom – que je continue à détester mais je n’ai pas (encore !) trouvé d’alternative en catalogage et retouches mineures – ?
Les couleurs du Leica sont vraiment naturelles et bien souvent, à moins d’intention particulière, il n’y besoin que d’un léger contraste pour corriger la « platitude naturelle » des raw.
28 mm donc, et pour la vie … Et bien figurez-vous que, contre toute attente, je trouve cette focale finalement très polyvalente et n’est pas du tout réservée à la photographie de rue uniquement ! Il suffit juste de se rapprocher, encore et toujours pour rentrer dans la photo. Ahaha, ce n’est pas toujours facile mais c’est bien ce que je recherchais en achetant cette focale, me mettre au défi de rentrer vraiment en contact avec mon sujet. J’ai pourtant beaucoup photographié au 35 mm, mais ces 7 petits millimètres font une sacrée différence !
Une focale assez technique
Tout d’abord, je trouve que c’est une focale finalement assez technique. C’est que ça en englobe des contrastes d’ombre et de lumière un 28 mm ! Et il faut donc miser assez juste de manière à avoir un photo équilibrée et ne pas hésiter à utiliser la mesure spot.
Par temps couvert, bien sûr, tout est plus facile 😉
La photo de rue
Je disais donc que je trouve cette focale relativement polyvalente. Alors bien entendu, c’est la reine de la photographie de rue à condition, il me semble, de trouver la bonne distance avec le sujet. Moi qui cherchait à renouveler mon approche photo, je suis servie ! Mais c’est franchement intéressant. J’ai l’impression qu’on a grosso modo 2 choix majeurs : intégrer un personnage au loin comme marqueur d’espace (ou point fort), ou bien faire carrément du rentre dedans en intégrant la personne de très très près. Bien entendu, il peut y avoir beaucoup des variantes, mais j’ai l’impression qu’avec cette focale plus que jamais il faut faire des choix drastiques.
le 28 mm permet de rendre justice aux échelles de grandeurNe pas hésiter à attendre que le personnage soit à 1m – 1,5 m de soi pour le mettre en premier planJ’aime bien aussi cette possibilité d’intégrer un tout premier plan flou afin de contraster avec le fond netJ’apprécie tout particulièrement le fait de pouvoir m’approcher de très près tout en conservant l’environnement, ce que je ne pouvais pas faire bien entendu avec mon 40 mm. Ici, cette photo représente un jardinier en train de faire tomber la neige des arbres afin que les branches ne se cassent pas sous son poids. Nous avons eu un épisode neigeux et glacial exceptionnel et globalement la végétation de Nanjing n’est pas adaptée à ce genre d’intempéries …
La photo de paysage
Le 28 mm est également réputé pour la photographie de paysage et je dois dire … que c’est vrai 😉 Que ce soit du paysage naturel ou urbain, cette focale permet de bien restituer les grands espaces et sa déformation sur les bords, à condition de maintenir l’appareil bien horizontal est franchement limitée.
Quand on penche l’appareil photo, le 28 mm permet des effets de déformation vraiment intéressants à exploiter.
Par ailleurs, j’apprécie vraiment les opportunités de jouer franchement avec les lignes. Cette focale a le don d’amplifier et de dynamiser les compositions, et plus particulièrement les diagonales. Moi qui était plutôt une photographe « frontale », je me surprend à me décaler bien plus souvent pour profiter de ces propriétés.
La photo d’architecture
Donc bien entendu, pour la photographie d’architecture, ce n’est que du bonheur ! Bon, il est vrai que si on veut éviter les déformations sur les côtés, il va falloir essayer de ne pas cadrer en format portrait à moins justement de vouloir jouer avec les lignes de fuite qui amplifient la dynamique globale. Mais il ne faut pas compter sur cette focale (à moins d’avoir un objectif à décentrement) pour avoir des lignes droites !
En format paysage, la déformation sur les bords, et à condition encore une fois de maintenir l’appareil bien droit, est quasiment imperceptible… À moins de vouloir jouer, encore une fois, sur les diagonales 😉
La photo de portrait
Enfin, pour finir mon petit tour d’horizon sur les propriétés de cet objectif, je m’attendais à ce que les portraits soient quasiment prohibés. Et bien contre toute attente, pas du tout ! Bon, comme tout grand angle, il faut quand même éviter de photographier de tout près les gens de face si on veut leur éviter l’effet « gros nez ». Mais la photo ci-dessous (prise par mon fiston, rendons à César ce qui lui appartient …) nous montre que ce n’est pas si catastrophique que ça !
Pour ma part, il me semble qu’à partir du moment où on réalise un portrait de profil, cet effet déformant disparait tout à fait, même de très très très près !
Et si on y adjoint une pause un peu lente pour exprimer le mouvement, on obtient un portrait très dynamique !
La photo macro
Cet objectif a une fonction Macro. Bon, à mon avis c’est carrément un abus de langage. Lorsqu’il est enclenché, il s’agit en fait de proxi photo et il permet de photographier à 17 cm (en mode normal, la distance minimale est de 30 cm) . Je dois avouer que je ne m’en sert pas beaucoup, mais c’est une fonction que je devrais plus souvent utiliser, d’autant plus qu’elle est vraiment facile à enclencher. En effet, l’objectif est pourvu d’une bague qu’il suffit de tourner, et de manière très astucieuse, on peut même voir apparaître une nouvelle échelle de profondeur de champ spécifique à ce mode !
Liberté en toutes circonstances
Bon, bien sûr, je ne vais pas vous faire un dessin sur le fait qu’avec une ouverture de f/1,7 en mode normal et f/2,4 mode macro, une excellente gestion des iso jusqu’à 3200, un stabilisateur interne et un capteur plein format, je ne me pose quasiment plus la question du manque de lumière, même de nuit ! Quelle liberté !
2h du matin dans un gare en Chine. 200 iso – f/1,7 – 1/60ème de seconde1600 iso, f/1,7, 1/15ème de seconde
Et les défauts alors ?
1.Il faut bien quand même que je lui trouve quelques défauts à cet appareil ! Après un an d’utilisation, en fait, je n’en vois qu’un majeur et qui me gêne très régulièrement. Cet appareil dispose de 2 modes de prise de vue : photo unique (S) et rafale (C). Personnellement, je ne comprend rien à ce mode rafale car il s’apparente plus au « live » des Iphone. En fait, c’est comme s’il prenait des minuscules vidéo et je n’aime pas du tout ça. Le problème, c’est que ce mode « C » arrive tout de suite après avoir mis l’appareil sous tension. Et comme c’est un bouton qui se tourne, si on ne le fait pas très délicatement (vraiment délicatement), on se retrouve immédiatement avec lui. Résultat des courses, j’ai tendance à ne pas éteindre l’appareil photo pour ne pas prendre le risque de me retrouver avec ce mode si je ne tourne pas le bouton assez doucement. Heureusement, la fonction économie d’énergie est réglable !
2. Autre petit défaut, beaucoup moins gênant pour la prise de vue mais sujet à grosses angoisses : la faible autonomie de la batterie. Il faut dire que j’ai une manière de photographier très énergivore car j’ai tendance à faire mon cadrage, laisser mon doigt appuyé à mi-chemin sur le déclencheur et à attendre « le bon moment ». Et parfois, ça peut durer longtemps 😉
3. Je dirais également, dans le domaine des angoisses, que je trouve franchement dommage que cet appareil ne soit pas tropicalisé. Il me semble que pour son prix, le minimum aurait été qu’il le soit. Et là où je vis, notamment pendant la saison des pluies, ça peut être tout à fait problématique. Mais même de manière plus générale, cet appareil photo qui est justement fait pour « barouder » a un sérieux handicap de ce point de vue !
4. Dernier petit reproche qui a surtout à voir avec l’aspect marketing. Leica annonce que cet appareil photo peut aussi déclencher en 35 et en 50 mm. Là, à mes yeux, Leica se moque de nous car il s’agit ni plus ni moins d’un simple crop ! En fait, si on met l’appareil sur la fonction 35 mm par exemple, on a juste un cadre dans le viseur qui nous indique les bords de la vue à 35 mm. L’appareil photo va quand même déclencher en 28 mm et il faudra cropper en post production. Bon, je veux bien que ce soit une aide à la prise de vue, mais par pitié, il ne faut pas annoncer les choses de cette manière ! Je le savais en l’achetant donc ça n’a pas été une surprise. Mais je n’aime pas la mauvaise foi 😉
Heu-reuse !
Voilà, je pense que j’ai fait le tour du propriétaire ! Je crois que ma plus grande satisfaction c’est qu’il répond parfaitement à une grande envie que j’avais : renouveler mon approche photo, voir différemment, découvrir de nouveaux angles. C’était un défi que je me suis lancée à moi même et je sais que j’ai encore de nombreux déclenchements devant moi avant avoir l’impression de tourner en rond comme c’était le cas auparavant. Je suis encore en plein apprentissage-découverte de cette focale et c’est un régal ! Et avec elle, j’ai l’impression d’enfin commencer à savoir photographier pour de bon. Ne dit-on pas que pour devenir un vrai photographe il faut savoir déclencher avec un grand angle ? Et bien je m’y attelle avec ce fantastique partenaire !
Je ne suis pas peu fière de vous annoncer que ma photo « At the James Turrell exhibition in Shanghai » est arrivée première dans la catégorie « Art in city » lors du concours annuel Italien de street photographie « Urban DotArt ». La partie était loin d’être gagnée car les participants ont été extrêmement nombreux et surtout, de haute, haute qualité !
Cette photo fera donc partie d’une série d’expositions collectives à travers l’Europe dont la première a eu lieu aux « Trieste photo days » en Italie. Malheureusement je n’ai pas pu être là pour la cérémonie de remise des prix. Mais pour la petite anecdote, une amie photographe s’y est rendue pour moi et donnera ma médaille à son fils … qui vit à Nanjing. Comme le monde est petit !
Ce concours a été un réussite exceptionnelle pour moi. En effet 3 de mes photos ont été retenues dans la sélection finale. Donc en plus de la photo ci-dessus, les 2 autres photos que je vous montre ici ont été classées dans les finalistes. Ces 2 photos étaient dans la catégorie « Street photography ». Je ne peux donc que remercier le jury et son président, le fameux photographe Maurizio Galimberti. C’est qu’il a fallu franchir des étapes importantes, tout d’abord faire partie des photographes sélectionnés, puis de la short liste pour les finalistes et enfin les vainqueurs et mentions honorables !
Elles seront donc publiées dans le livre « URBAN unveils the City and its Secrets – Vol. 03 » dont je vous tiendrai informés lorsqu’il paraîtra !
Je vous invite vivement à découvrir les photos de ce concours. Certaines sont tout simplement exceptionnelles !
Pour ceux qui suivent le blog depuis longtemps, le nom de « Jacquart » ne leur sera pas inconnu ! Combien de fois n’ai-je cité Anne-Laure Jacquart qui m’a tant appris lors de mes débuts ! Cette fois-ci, c’est du père dont je vais vous parler 🙂
Il y a quelque temps, celui-ci m’a contacté pour une parution dans un tout nouveau magazine de photographie dont il est le rédacteur en chef adjoint : « Open Eye ». Il s’agit d’un magazine 100% en ligne et 100% gratuit ! Je vous invite très vivement à le consulter pour vous faire vous même une idée, et je suis sûre que vous serez très agréablement surpris par la qualité, la diversité et les approches photographiques qui sont réellement bien représentées. Le slogan du magazine est « Le regard d’aujourd’hui sur la photographie » et il me semble qu’il réussi pleinement son pari !
Le grand intérêt de ce magazine, outre sa qualité éditoriale, c’est qu’il utilise à plein les technologies de l’internet. Ainsi, vous ne vous contentez pas de tourner des pages et de lire des textes, mais il y a aussi les interviews sous forme de fichiers audio, on peut suivre les liens vers différents sites, il y a de la vidéo, … Bref, c’est aussi un magazine interactif !
Open eye en est à son 4ème numéro. Il est donc tout jeune, plein d’ambitions et donc encore perfectible bien entendu ! Mais pour cela, il a besoin d’encouragements et de soutiens ! Et qui mieux qu’une belle audience de lecteurs peut le faire ? Aussi, si vous avez envie de soutenir cette belle équipe, n’hésitez pas à vous abonner ! Voici le lien du site : https://www.openeye.fr/
Pour ceux qui vont se rendre au salon de la photo à Paris, Open Eye y a un stand, apparemment juste en face de l’exposition Salgado. N’hésitez pas là non plus à vous y arrêter et à partager avec l’équipe un moment de convivialité !
PS : Il y a un petit souci sur le site du magazine … Si vous cliquez directement sur « Lire le magazine », vous n’aurez pas accès au numéro 4. Suivez donc le lien que je vous indique ci-dessus ou cliquez sur la photo pour accéder au numéro 4 !
Le voyage s’éprouve physiquement, en prenant la route et en partant à la découverte de nouvelles contrées, de nouveau paysages. Mais il s’éprouve aussi émotionnellement. Bien souvent, plutôt que des images précises que nos yeux ont retenues, nos sentiments se superposent aux souvenirs qu’elles ont laissés en nous.
Laissez-moi vous emmener sur les sillons d’un long voyage de plusieurs jours, en train, en car, de jour, de nuit, mais surtout en rêve. Comme le dit un proverbe chinois, « le vrai voyageur ne sait pas où il va ». Peu importe donc où ces images on été prises, ce qui compte c’est ce qu’elles permettent de découvrir de la profondeur de l’âme.
S’il n’y a pas d’émotion, s’il n’y a pas un choc, si on ne réagit pas à la sensibilité, on ne doit pas prendre de photo. C’est la photo qui nous prend.
Et bien oui, vive les vacances ! Les cahiers au feu, la maîtresse au milieu ! C’est ce que doivent chanter en ritournelle les élèves de mes classes de photographie 😉
Je ne vous l’avais peut-être pas dit, depuis un an j’enseigne la photographie pour des adultes au sein de la Nanjing International School ainsi qu’à titre privé. J’ai donc accompagné 5 groupes, débutants et confirmés, dans leur expression photographique. Cette activité m’a pris énormément de temps car j’ai dû construire toute ma pédagogie, l’adapter aux différents niveaux ainsi qu’aux différents équipements de mes élèves. Le tout en anglais bien évidemment, ce qui était loin d’être acquis compte-tenu que jusque là j’ai enseigné en italien la plupart du temps ! Autant dire que parfois j’ai réussi la gageure de m’exprimer en italo-franglais ! Mais qu’à cela ne tienne, mes élèves venant eux aussi des 4 coins du monde m’ont comprise. La tour de Babel en live !
De la street photo à l’architecture ou au paysage, du travail sur le contre-jour ou en macro-photographie, de la vitesse lente à l’utilisation de l’ouverture du diaphragme pour obtenir certains effets ou comprendre l’hyperfocale, j’ai essayé de transmettre à mes élèves le maximum de mes connaissances. Le plus dur ayant été les notions de cadrage et de composition … Le défi étant que chacun trouve sa propre vision … Difficile exercice pour un prof, d’être à la fois respectueux de la personnalité de son élève et présente pour le corriger et l’orienter dans ses choix !
Avant donc d’entamer ma migration estivale vers l’Europe, je me suis dit que je pourrais partager avec vous quelques photos prises durant des sessions pratiques réalisées dans le cadre de ces cours. Au menu donc aujourd’hui, un melting pot de photos sans thèmes ni rendus uniformes mais qui ont le mérite de vous donner un petit aperçu hétéroclite de Nanjing !
En métro !
Alors, pour commencer, laissez-moi vous emmener dans le métro de Nanjing. Celui-ci se développe à une vitesse grand V (en fait, comme tout en Chine !) et aujourd’hui c’est le 3ème métro le plus important de Chine après Pékin et Shanghai. Depuis que je suis arrivée, 2 lignes ont été ouvertes et une autre doit ouvrir dans quelque temps. Il y a 9 ans, lorsque je suis venue ici, il n’y en avait qu’une seule. En fait, cela représente grosso modo l’ouverture d’une ligne de métro par an …
Un petit tour à Shanghai Lu
Partons maintenant à la découverte d’un quartier populaire que j’adore, dans les environs de Shanghaï Lu sur le thème de la street photo. Ce qui est étonnant, c’est que ce quartier est situé en plein centre ville, à quelques pas des building archi-modernes. Et pourtant, ici, il n’y a rien qui nous rappelle cette modernité. Des gargotes en tous genres, des marchands à gogo, des ruelles à dédales, un joyeux foutoir … ici, chaque centimètre carré mériterait d’être photographié !
Comme je le dis précédemment, déambuler en groupe de 6 photographes étrangers ici n’est pas pour passer inaperçu ! Nous avons été interpellés par tant de monde, on nous a posé tant de questions – auxquelles on n’a presque jamais pu répondre faute de comprendre 😉 – tant de gens nous ont demandé de nous prendre en photo eux aussi ! Mais les plus rigolottes, ce sont les grand-mère avec leurs petits enfants. Ca n’a jamais coupé, elles nous ont systématiquement demandé de faire le portrait de leurs bambins. Elles sont tellement fière de leur descendance ! Alors je ne peux pas faire autrement que de vous montrer leurs frimousses 😉
Xinjieku
Quittons maintenant ce quartier et dirigeons-nous doucement vers la partie plus moderne, en direction de Xinjieku. Pour les 2 images ci-dessous, j’avais demandé à mes élèves de travailler sur les effets de lumière et d’ombre en jouant sur les forts contrastes.
Le quartier de Xinjieku est situé dans l’hyper centre de Nanjing. Encore une fois, cette zone a subi des modifications incroyables en 9 ans. A l’époque, nous étions logés dans un hotel qui avec ses 3o étages (je crois) était la plus haute tour de Nanjing. Aujourd’hui, le quartier est méconnaissable et on ne compte plus les gratte-ciels ! Un peu plus loin, dans la zone de Gulou, nous avons même la 10ème plus haute tour du monde, la Zifeng Tower !
Autant dire que ce quartier est celui des affaires et du shopping par excellence avec des centaines et des centaines de bureaux et de boutiques. Ces dernières, hyper « fashion », sont pour beaucoup situées dans un centre commercial sous-terrain assez hors normes. Dénommé « Fashion Lady », je m’amuse à l’appeler « Crazy fashion Ladies ». Imaginez un peu, un vrai dédale de « ruelles » souterraines, avec de la musique et des spots dans tous les sens, une foule non stop de jeunes filles – et quand même un peu de garçons ! – qui farfouillent dans des minuscules boutiques. Je n’ai malheureusement pas de bonnes photos à vous montrer du lieu car les conditions de lumière sont vraiment difficiles et je me suis donc consacrée 100% à mes élèves.
Par contre, à côté de ce centre commercial, il y en a un autre, le Deji Plaza et dont j’ai pris une photo ci-dessous. Ici aussi, la mode est au rendez-vous, mais la mode de luxe : Louis Vuitton, Prada, Chanel, Dior, Bvlgari … Imaginez 7 étages d’un monumental mall consacré 100% au luxe ! Sachant que tout ce qui est importé ici en Chine est lourdement taxé, un petit carré Hermès par exemple coûtera 30% plus cher que le prix en Europe.
A l’extérieur, tout au contraire de Crazy Fashion Ladies, les rues sont très dépouillées, immenses, et manquent cruellement d’ombre. Sachant que les chinois, et les chinoises en particulier ont l’obsession de la peau blanche (vous ne trouverez ici que des crèmes anti-bronzantes et même blanchissantes !!!) , traverser de telles avenues sous le soleil de plomb de Nanjing n’est pas des plus agréables ! Les chinoises utilisent donc toutes des ombrelles anti-UV et les stratagèmes pour éviter le moindre contact avec un rayon de soleil amène des tenues vestimentaires parfois … saugrenues et vraiment rigolotes. Je me dis qu’il faudrait que je fasse une petite série sur le sujet, ça vaut le coup d’oeil !
À l’assaut des buildings !
Allez, sortons un peu des centres commerciaux et abordons la partie « architecture » extérieure. Objectif pour mes élèves, jouer avec les lignes, les formes et surtout … la lumière ! Ces immeubles modernes de verre et d’acier sont de formidables terrains de jeux. Et pour un peu que le soleil se mette de la partie, ce n’est que du bonheur !
Étude autour d’un escalier.
Restons encore un peu dans la partie architecturale des workshops. Un des Apple store de Nanjing dispose d’un escalier absolument génial à photographier ! Je vous propose ici une petite étude autour de ce colimaçon, pas si évident que ça à photographier à cause de sa grande taille mais aussi de son matériau brillant. Ceci dit, il prend la lumière à merveille !
Détour par la macro-photographie
J’aurais encore beaucoup de thèmes à vous montrer sur lesquels nous avons travaillé mais j’ai peur que ça fasse un peu beaucoup pour aujourd’hui. Aussi je vais donc achever cet article sur une note rafraîchissante, la macro photographie ! Je vous ai déjà dit que Nanjing regorge de parcs et d’espaces verts absolument magnifiques ! Il ne nous a donc pas été difficile de trouver un petit carré de fleurs. La macro-photographie est une partie assez technique où chacun doit trouver son mode opératoire pour obtenir ce qu’il aime le plus. Pour ma part, c’est le flou, encore le flou, toujours le flou 😉
Les photos ci-dessus ont été réalisées avec mon Nikon D700 (full frame) accompagné de son 105 mm macro. Je dois dire que c’est mon couple préféré pour la macro. Pour ceux qui suivent le blog, vous savez que j’ai fait l’acquisition d’un Leica Q il y a quelque temps. Son objectif, un 28 mm a une fonction macro. Celle-ci est vraiment bonne et je vous montre, à titre indicatif, 3 photos ci-dessous prises avec lui. Bien que ces photos soient tout à fait correctes, je dois avouer que faire de la macro avec un grand angle et un appareil aussi léger n’est pas ce que je préfère. Et même si le Q dispose d’un viewfinder absolument génial qui nous donne une vision quasiment digne d’un reflex, même si ce Q est full frame et procure ce beau flou, mon coeur, en ce qui concerne la macro, est acquis à mon reflex !
Par contre, pour tout le reste, mon Q l’emporte haut la main et je suis plus que ravie de mon achat ! Cela fait maintenant presque 3 mois que je l’utilise et ça y est, je peux dire que je l’ai bien en main. Comme il est simple d’utilisation ! Cet appareil s’adresse à ceux qui ne souhaitent aucune fioriture, aucune option, seulement les fondamentaux de la photo. Mais alors, qu’est- ce qu’il le fait bien ! Allez, cela vaudra peut-être un petit article de retour d’expérience 😉
En attendant, je vous souhaite de passer un excellent été. Ici nous somme un peu en décalé par rapport à l’Europe et si nous sommes déjà en vacances, notre rentrée, elle, se fait en Août ! On se retrouve à ce moment là 🙂 🙂 🙂
NB : comme toujours, je vous invite à cliquer sur les photos pour les agrandir et les visionner individuellement. C’est tellement plus appréciable !
Depuis que nous nous sommes installés à Nanjing – c’est à dire presque 2 ans déjà !! – je ne vous ai pas encore montré d’images dites de la Chine traditionnelle. Et pour cause … N’ayant pas de voiture, tous nos déplacements se font par les transports en commun. Résultat, on se déplace beaucoup, mais toujours de ville en ville. Du coup, forcément, mes photos sont essentiellement urbaines, et donc « modernes » . Car oui, la Chine est un pays aux infrastructures archi-modernes. Quand il nous arrive de nous déplacer dans des quartiers dits plus « typiques », c’est bien souvent décevant car les rénovations ont vite fait de tomber dans le kitch, ou tout du moins ont un aspect assez superficiel qui ne m’ont jamais tenté photographiquement.
Jusqu’à ce qu’on découvre un petit village de l’Anhui niché dans les montagnes : Zhaji. Fondé sous la dynastie Ming, il compte aujourd’hui 2000 habitants. Mais à la belle époque, il a compté jusquà 100 000 habitants !
Zhaji, berceau de la peinture traditionnelle chinoise
Zhaji doit son succès à son exceptionnel feng-shui. Kesako ? Extrêmement résumé, il s’agit d’une doctrine philosophique liée au Taoïsme et qui parle d’harmonie et d’équilibre des forces. L’endroit a donc attiré de nombreux lettrés et il est devenu le berceau de l’art pictural chinois. Et la tradition se perdure car ce petit village compte de nombreuses antennes d’Universités de toute la Chine où les étudiants viennent en résidence artistique.
Loin du flot touristique de masse – à une cinquantaine de kilomètre il y a des villages plus connus car au pied des fameuses montagnes jaunes – la plupart des visiteurs temporaires sont donc des artistes peintres qui croquent les ruelles, les bâtiments, la nature selon les codes bien définis de la peinture traditionnelle.
Je suis loin d’avoir compris tous ces codes, mais ce qui m’interpelle le plus, c’est que ce qui compte pour la qualité d’une estampe, ce n’est pas tant la maîtrise technique que l’énergie qui se dégage de l’oeuvre. On retrouve aussi ce concept dans la calligraphie chinoise. Le feng-shui se glisserait-il aussi dans l’art ?
L’eau, le feng shui et la vaisselle
Zhaji est traversé par une petite rivière qui semble être l’épicentre de la vie quotidienne. À ma grande surprise, de nombreux villageois y font la vaisselle, y lavent leurs légumes ou leur linge, et ceci apparemment, été comme hiver. J’ai même pensé à un moment qu’il n’y avait pas l’eau courante. Peut-être que dans certaines habitations c’est le cas, mais quelque chose me dit que ce n’est pas la seule raison. Pour recevoir tous ces étudiants en peinture il y a pas mal d’infrastructures hôtelières, des restaurants, des bars et tous sont équipés d’eau courante. Par ailleurs, on nous a dit que la tradition des lettrés était en train de revenir sur le devant de la scène et de plus en plus de citadins de Nanjing ou de Shanghaï réinvestissent les lieux et les rénovations sont de plus en plus nombreuses et même luxueuses. Le village semble donc être parfaitement équipé et en eau courante, et en électricité et en … connexion haut débit et 4G. Et si donc le fait de laver son linge dans l’eau de la rivière avait à voir avec ce fameux feng-shui (feng= vent, shui=eau) ? Si tel était le cas je ne serais pas étonnée 😉 Les chinois sont extrêmement superstitieux et les croyances populaires sont encore bien vivaces !
Cette rivière est enjambée par une multitude de petits ponts, et bien entendu, des escaliers permettent d’atteindre la rive. Chaque pont a une histoire. Laissez-moi vous raconter celle du pont ci-dessous que j’ai trouvée adorable dans la symbolique.
Deux fils vivaient de part et d’autre de la rivière. Pour montrer leur attachement à leur mère et lui prouver qu’ils ne se disputeront jamais, ceux-ci ont décidé de construire 2 ponts côte à côte, absolument identiques reliés par un plateau unique ce qui fait qu’on voit à peine qu’il s’agit de 2 ponts. Ainsi, rien de les séparera, aucun ne peut se targuer d’en avoir fait un plus beau que l’autre et l’harmonie entre eux pourra perdurer. Jolie histoire, non ?
Ce qui participe grandement à la paisibilité du village, c’est son absence de voitures. Les ruelles sont si étroites que de toutes les façons ce ne serait pas possible d’y circuler. À part quelques rares motos, les gens se déplacent à pied.
Les notions d’espace
En Chine, la limite espace privé/espace public, intimité/extériorité ne cesse de me surprendre. Une chose est sûre, c’est que les français n’en ont pas du tout la même notion ! J’avoue que je n’ai pas encore compris comment les choses fonctionnent. Par exemple, si une terrasse de café est complète, il n’est pas du tout gênant de partager sa table avec de parfaits inconnus. D’un autre côté, presque tous les restaurants possèdent des salles privées ou des recoins fermés avec des paravents pour isoler certaines tables. De la même manière, les gens n’hésitent pas à carrément empiéter sur les ruelles – déjà très étroites ! – en y mettant leur linge à sécher.
Observez d’ailleurs sur les photos (pas seulement celle ci-dessus mais également les autres) comme les étendages sont différents des nôtres. Il s’agit en fait de bambous simplement appuyés contre le mur et ce sont les ramures qui servent de support à la barre horizontale. Super pratique pour enlever ou installer l’étendage facilement, mais qui oblige à utiliser des cintres. Pfiuuuuu, entre les 2 je ne sais pas ce que je préfère …
Et l’échafaudage de ce monsieur procède du même esprit, vous ne trouvez pas ? 😉
Toujours dans cette thématique de l’espace public/privé, parcourir les ruelles de Zhaji nous amène bien des surprises ! En fait, bien souvent, on ne sait pas si on est chez les gens ou non … C’est que les rues sont « coupées » par des arches, ou plutôt par des portes. Une fois franchies, la ruelle continue parfois, mais il arrive qu’on débouche dans la cour d’une maison. D’ailleurs celle-ci n’est pas forcément complètement fermée et on peut donc continuer notre chemin comme si de rien n’était …
Parfois, on peut même carrément traverser la maison ! C’est ce qui nous est arrivé … Un homme était en train de tailler un arbre (photo-ci dessous). Voyant que je le prenais en photo, la femme dans le fond m’a fait des grands signes. Je pensais qu’elle voulait que je m’approche, mais d’après ce que j’ai compris (enfin, de ce que j’ai pu comprendre !) elle m’encourageait pour traverser sa maison dont la porte à l’arrière débouchait vers d’autres ruelles. Ce que du coup j’ai fait à 2 reprises 😉
C’est ainsi que j’ai pu découvrir, outre celui de notre logement, des intérieurs de maisons assez stupéfiants. Bon, je ne vous cache pas qu’il m’est arrivé d’être très gênée et de penser que j’étais grossière de pénétrer ainsi chez les gens. Mais personne n’a semblé s’en offusquer, au contraire, les gens étaient plutôt avenants et toujours souriants, même s’ils étaient en train de manger !
Une architecture étonnante
Bien souvent, les plafonds sont extrêmement hauts et il y a une sorte de corridor à ciel ouvert. C’est étonnant car c’est une région où il fait très froid l’hiver – nous sommes en pleine montagne ! Les chambres que j’ai pu apercevoir sont quant à elles surélevées et fermées dans des alcoves. Je vous ai fait un petit plan ultra schématique pour mieux comprendre … Désolée pour mon écriture super nulle !
Bien entendu, certaines maisons comportent plusieurs chambres et pièces de vie. Et bien entendu, elles possèdent toutes une cuisine ! En ce qui concerne les salles de bains, je ne suis pas sûre. Car ça, c’est encore un mystère architectural pour moi … En effet, y compris dans des appartements modernes, il arrive que le lavabo de la salle de bain soit … dans la pièce de vie ! Le premier appartement de mon cher et tendre époux, avant qu’on le rejoigne, était comme ça. A l’époque, je pensais que l’architecte avait bu un coup au moment des plans 😉 Mais en fait non … La douche est bien séparée et fermée, mais on se rase, on se maquille et on se lave les dents dans le salon. Chez un ami de Shanghai, la lavabo est dans la cuisine … à côté de l’évier. Et attention, c’est un vrai lavabo avec miroir et joli meuble de salle de bain en dessous ! De même que le réfrigérateur, toujours absolument énorme – du type réfrigérateur américain – a souvent sa place lui aussi dans le salon. De quoi renverser nos conceptions de l’espace n’est-ce pas ?
Il arrive également assez fréquemment que les maisons aient une petite cour intérieure complètement fermée. C’était le cas dans notre maison d’hôte. Vous remarquerez l’utilisation des claire-voies qui procurent une lumière tamisée de toute beauté à l’intérieur de la maison.
Par ailleurs, j’ai noté que les gens aiment pratiquer leurs activités ménagères sur le pas de leur porte. Dans notre résidence à Nanjing ce n’est pas possible car il s’agit de grands immeubles. Mais nombreux sont ceux qui descendent dans le parc pour préparer leurs légumes – écossage de fèves, couture, menues réparations, … – et tous et toutes de se retrouver en petits groupes. À Zhaji, à l ‘époque où nous y étions, c’était la saison des jeunes pousses de bambous. C’est d’ailleurs absolument délicieux !
Ci dessous, tamis avec des bambous à sécher.
Une agriculture paisible
Outre l’exploitation du bambou, les habitants de Zhaji cultivent un thé très prisé des chinois et bien entendu du riz dont ils font 2 récoltes par an. La saison du riz était terminée en avril et c’était le temps du repos de la terre et … des buffles d’eau. J’espère y retourner à l’époque des moissons !
J’ai déjà parcouru beaucoup de kilomètres en Chine, que ce soit en train ou en avion. Ce qui me frappe en traversant les paysage – ou en les survolant – c’est l’absence quasi totale de ce qu’on nomme l’agriculture intensive. Les champs sont toujours très petits et je n’y ai pas encore vu de grosses machines agricoles. Oh, il doit bien y avoir des zones comme cela et ils doivent bien utiliser ces saloperies de pesticides ou d’engrais chimiques. Et puis la Chine est tellement immense qu’il me faudrait plus d’une vie pour la visiter. Quoi qu’il en soit, à Zhaji j’ai retrouvé le même modèle que ce que j’ai vu jusque là : des petites parcelles, des buffles, des motoculteurs, mais de tracteurs ou de moissonneuses que nenni.
Des croyances religieuses bien vivaces
Bien entendu, comme dans toute société humaine, les lieux de culte sont nombreux ! Zhaji compte un nombre impressionnant de temples, les uns consacrés au bouddhisme, les autres au taoïsme. Durant la révolution culturelle, ceux-ci ont été utilisés pour stocker les récoltes et ont été parfois très abîmés pour agrandir les ouvertures afin de laisser passer les charrettes.
Un fait assez remarquable est la structure architecturale qui est d’ailleurs valable pour toutes les constructions, y compris les maisons. Celles-ci n’ont pas de fondations ! En fait, les artisans font reposer la charpente sur des pierres et c’est celle-ci qui maintient tout le bâtiment. Et le tout sans un clou ni un schéma ! Les cloisons intérieures reposent entre les poutres porteuses. Observez ci-dessous non pas la jolie passante, mais la structure du mur 😉
Pour en revenir aux temples, ceux-ci reprennent la même conception que les habitations (ou vice-versa je ne sais pas …), à savoir ce « trou » à ciel ouvert au centre ou à l’entrée. Et la plupart ont les mêmes rigoles pour évacuer les eaux de pluie.
Mais quand est-ce que les gens se reposent ?
Comme bien souvent en Chine on a l’impression que la vie ne s’arrête jamais ! Bien que l’heure de repas se situe grosso modo à 11h et à 18h, on rencontre des gens qui mangent tout le temps ! Idem pour les heures de lever ou de coucher. De 5h du matin jusqu’à très tard dans la nuit, les gens sont dehors, se parlent, s’interpellent, se réunissent et bien souvent de manière dirons-nous bruyante 😉 Personnellement j’adore le bruit de la vie.
Mais une fois encore, la structuration du temps, comme celle de l’espace, est vraiment différente de la nôtre. Il semble que si une personne a faim, quelque soit l’heure ou le lieu, c’est totalement admis de manger. C’est ainsi que ça ne pose strictement aucun problème de prendre son repas dans son magasin – et même en famille ! – tout comme il est tout à fait possible de s’endormir n’importe où et n’importe quand. J’envie d’ailleurs souvent cette capacité !
En conclusion
Voilà, je crois que j’ai fini mon petit tour de Zhaji. Je reviendrai dans ce village c’est sûr ! Il n’est qu’à 3 heures de voiture de Nanjing et quel bien ça fait de sortir de la ville ! J’espère que ça sera accompagnée d’un chinois anglophone car d’infinies questions restent en suspens …
J’ai réalisé toutes les photos avec mon Leica Q. C’est la première fois que je le sortais disons en situation de reportage. Un régal !!! À part la batterie qui ne tient pas génialement la charge, cette expérience m’a confirmée dans mon choix. Je me fais petit à petit à sa focale de 28 mm. C’est exactement ce qu’il me fallait 😉
J’ai beaucoup hésité et tâtonné sur le traitement des photos. Est-ce que je devais les laisser « brut de brut » pour coller d’avantage au réel ou suivre mon envie de leur donner cet aspect vieillot et intemporel ? J’ai finalement opté pour la seconde option car elle correspond à mon sentiment lorsque j’étais à Zhaji : enfin je touchais du doigt cette Chine imaginaire, celle des campagnes et des traditions, si loin de l’ultra-modernité des villes. Bien qu’elle ne soit pas si différente sur le fond c’est certain, sur la forme j’ai enfin pu me croire dans un film 😉
Voilà, je vous laisse en compagnie de ce petit garçon pour clore cet article. Celui-ci nous a suivi à distance pendant un petit bout de chemin, sans oser nous adresser la parole. Une fois sur le pas de sa porte, il a réussi à prendre son courage à 2 mains et à nous adresser un magnifique « Hello » ! Je pense qu’il était adressé au monde entier tant ce garçon avait envie de nous saluer 😉
Tadaaaaaa ! Et bien qui l’eu cru ? Si on m’avait dit qu’un jour j’aurais mes photos exposées dans un musée, en solo, j’aurais fait une moue très très trèèèès dubitative. Et pourtant, c’est bel et bien ce qui va se passer à partir de la semaine prochaine. Il fallait que je vous l’annonce quand même !
Comme souvent, c’est à la suite d’une rencontre fortuite avec le Directeur de l’Art Museum of Nanjing University of the Arts que l’aventure a commencé. Et comme souvent ici, c’est parce que je suis étrangère que Zheng Wen a souhaité voir mon travail. Rendez-vous a donc été pris en compagnie du commissaire d’exposition pour la partie photographie/vidéo du musée, Chen Zheng. C’est assez tremblotante que je m’y suis rendue, car si les chinois sont très curieux vis à vis des étrangers et ont de manière générale une vraie soif de découverte de talents étrangers, le niveau artistique est vraiment très élevé, en photographie comme ailleurs. Rappelons-nous que cette culture est millénaire et que ce ne sont pas, à leurs yeux, les années d’égarement de la révolution culturelle qui auront suffit à balayer leurs savoir-faire artistiques d’hier et de demain. Bref, ce que je veux dire, c’est que si les portes sont généralement ouvertes et relativement faciles à passer pour les étrangers, elles ne le sont qu’à condition d’être à la hauteur des attentes, ce qui, dans mon cas, est loin d’être acquis – en tout cas, c’est ce que je pense …
Et voilà, c’est ainsi que mon Idéaliste contrarié et mes « fleurs » vont orner pour 2 semaines les murs de ce musée. 2 séries à la fois extrêmement différentes et pourtant complémentaires où Cheng Zheng y a vu une touche spécifiquement française (l’Idéaliste) et de forte influence chinoise (les fleurs), avec pour point commun une délimitation de l’espace grâce à leurs formes incrustées, mais qui par contraste et opposition permettent de dépasser les frontières du cadre. C’est bien vu de sa part et finalement cela me ressemble bien : être ici, pleinement ici, mais en même temps ouverte sur l’ailleurs.
Capture d’écran du site du Musée. Cliquez sur l’image pour y accéder !
L’AMNUA est un très important musée d’art contemporain à Nanjing. On peut même dire qu’il est LA référence d’après ce qu’on m’a dit et jouit d’une belle réputation au niveau national, notamment en termes d’avant-gardisme. Ce qui n’est pas rien dans ce pays encore très controlé par le Parti et où il est toujours plutôt risqué de sortir du cadre … Allez, je peux le dire, je suis fière !
Parallèlement, je vous avais informé dans un précédent post mon exposition personnelle dans la galerie OFOTO à Shanghai ! Elle dure encore jusqu’à la semaine prochaine. Laissez-moi le plaisir de partager avec vous quelques photos qui ont été prises à l’inauguration. Là aussi, cela permet de voir le travail accompli et j’en retire une jolie fierté !
Crédit photo @OFOTO
Voilà, j’espère que ces bonnes nouvelles vous mettront du baume au coeur pour affronter les jours qui viennent jusqu’aux élections et … mettez le bon bulletin dans l’urne !
Beaucoup de personnes qui visitent la Chine pour la première fois me disent qu’elles ne s’attendaient pas à voir ce qu’elles découvrent. La plupart du temps, ce qui les surprend, ce qui bouscule leurs clichés, c’est la propreté des villes, la jovialité des chinois, la sorte de « dolce vita » qu’on ressent, le fait que beaucoup de chinois aient l’air riches (vêtements, voitures, accessoires ostentatoires de richesse, …) et la modernité.
Laissez-moi vous parler de cette modernité sous l’aspect architectural, et vous emmener à Shanghai, dans le quartier financier de Pudong, là où à une certaine époque des dizaines de nouveaux gratte-ciel s’élevaient chaque mois.
Petite précision concernant les photos panoramiques … le jour de la prise de vue, il ne faisait pas beau du tout. Nous étions montés dans la plus haute tour – la Shanghai Tower, et les nuages étaient relativement bas. Et comme j’ai un sérieux penchant pour le drame 😉 je n’ai pas pu résister à dramatiser encore d’avantage les scènes en post-traitement …
La difficulté pour ces prises de vue a été d’essayer d’éviter tous les reflets parasites dans les vitres. Malheureusement ça n’a pas toujours été possible, c’est pourquoi il me reste toujours cette trainée blanchâtre qui traverse les 2 photos ci-dessus.
Alors quel effet cela fait-il d’être perché aussi haut ? Et bien contre toute attente – et je dis cela pour mes collègues de vertige – ce n’est pas plus effrayant que ça. En fait, on est tellement haut, qu’on se croirait en avion. Il faut croire que le vertige ne se déclenche plus une fois dépassée une certaine hauteur limite !
Vous voyez comme les voitures sont petites ? On pourrait se croire dans un avion qui va atterrir dans 5 mn 😉 Sur cette photo, vous apercevez la Jinmao Tower, symbole à l’époque de sa construction de l’ouverture de la Chine
Sur cette image, vous pouvez apercevoir le world financial center, aussi appelé le décapsuleur (vous comprendrez pourquoi dans une photo ci-dessous)
Bon, évidemment, lorsque des ouvriers sont apparus sous mes yeux suspendus dans leur petits nacelle (et pas franchement attachés me semble-t-il …) , là je dois avouer qu’ai eu du mal et que la sensation de jambes qui flageolent et d’estomac qui se noue est venue immédiatement !
Je vous propose maintenant de redescendre sur le plancher des vaches, qu’en dites-vous ?
Les vues précédentes ont donc été réalisées depuis la tour de droite. Ici, l’effet de perspective ne rend pas compte des différentes hauteurs des gratte-ciels. Mais pour vous donner des références, la Shanghai tower (à droite) mesure 632 mètre et a 128 étages. La Jinmao tower (au centre) mesure 421 mètre et possède 88 étages. Le décapsuleur (à gauche) est haut quant à lui de 492 mètre et dispose de 101 étages. Autant vous dire que ces géants d’acier et de verre ne sont pas faciles à intégrer dans le cadre !
Sur la plancher des vaches, c’est un enchevêtrement de buildings ! Je vous propose de découvrir 3 images prises à des moments différents – d’où les différences de luminosité et de traitement !
Mais pour tout vous dire, là où je me suis vraiment amusée photographiquement parlant, c’est en essayant de réaliser des photos presque abstraites. Les lignes de ces immeubles sont tellement pures, il y a un tel graphisme essentiel que j’ai réalisé les photos qui suivent avec une excitation visuelle indéniable. Vous savez, ces rares moments où vous avez l’impression que tout ce que vous photographiez est beau 😉
Allez, pour finir, je vous offre quelques prises de vue du même endroit mais sous un soleil radieux ! Ce ne sont pas mes préférées mais ces mastodontes sont tellement énormes qu’ils offrent une prise à la lumière réellement intéressante !
Voilà, mon petit tour du business district est terminé et j’espère que vous aurez pris plaisir à le découvrir. Shanghai est une ville absolument gigantesque et qui ne cesse de croître. C’est véritablement la capitale économique de la Chine (bien que d’autres villes soient également extrêmement dynamiques de ce point de vue). En comparaison, Pékin fait figure de ville de province. Sur une toute autre échelle, j’aurais envie de comparer Shanghai à Milan en Italie et Pékin à Rome. L’une est le poumon économique, l’autre est le poumon politique. 2 fonctions, 2 sentiments différents 😉
Connaissez-vous James Turrell, cet artiste américain qui produit des oeuvres abstraites uniquement avec la lumière ? Pour ma part, j’en avais bien entendu parler mais je n’avais jamais vu ses oeuvres en vrai. Depuis la semaine dernière, c’est chose faite 😉
Vous imaginez bien qu’en tant que photographe, aller voir une expo sur la lumière c’est quelque chose qui ne se loupe sous aucun prétexte ! J’étais vraiment curieuse de voir comment cet homme à la renommée mondiale manipulait notre matière première et je m’attendais à des surprises, à être étonnée, à découvrir la lumière sous un angle auquel je n’avais jamais pensé ! Bref, j’attendais de l’inspiration …
Bon, vous vous doutez bien après mon introduction, que ce ne fut pas vraiment le cas. Soit parce que le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui nous a déjà tant habitué aux illusions d’optique que je n’ai rien vu de novateur, de surprenant, de déroutant… bref la fille blasée 😉 Soit parce que décidément, l’art conceptuel ce n’est pas ma tasse de thé, ça ne me fait pas vibrer plus que ça. Pourtant, on a plutôt tendance à me classer dans la catégorie des « intellos » et c’est vrai que j’adore le monde des idées ! Mais en art, il faut croire que non et il me faut plus que la projection sophistiquée de lumière sur des murs pour que je ressente cette fusion charnelle, indispensable en ce qui me concerne, avec l’oeuvre.
Ceci dit, je me suis amusée comme une gamine à prendre des photos 🙂 Tout d’abord, c’était pour moi l’occasion de tester mon nouveau Leica Q dans des conditions extrêmes, c’est le moins qu’on puisse dire ! Et puis j’ai découvert que les photos de ces installations lumineuses sont finalement plus intéressantes que les oeuvres elles-mêmes. Ahahah, en fait Turrell fournit aux photographes non pas un sujet mais une matière première 😉 Finalement c’est logique et si vous allez voir son site, les photos sont d’ailleurs plus énigmatiques et surprenantes que les installations.
Allez, je vous montre les miennes. En fait elles ne sont pas d’une originalité débordante mais il est très difficile de faire autrement tant l’oeuvre est réduite à sa plus simple expression : la lumière. Aussi, pour essayer de me ré-approprier notre matière première, j’avais décidé de voir cet univers en noir et blanc. Mais j’ai quand même choisi de conserver la couleur des projections de Turrell sur certaines zones « stratégiques » afin de garder une trace de son intention. Bref, un petit jeu de cache-cache avec lui 😉
Je vous propose cette autre image également. Non, non, je vous assure, il ne s’agit pas d’un dessin en 3D, mais bel et bien d’une projection sur un angle de mur 😉
A la décharge de l’exposition (ou de Turrell, je ne sais pas 😉 ), je n’ai tout simplement pas pu pénétrer dans certaines salles. Peut-être ai-je loupé quelque chose de très intéressant ? Je ne le saurais jamais … . En effet, avant de pénétrer dans celles-ci, il fallait traverser un espace (couloir, corridor, salle ?) absolument et complètement noir. J’ai essayé à plusieurs reprises, mais à chaque fois une angoisse s’est emparée de moi et je n’étais pas sûre de savoir comment gérer cette absence totale de lumière.
Je vous livre ici une photo du gardien. Lui ne pouvait absolument pas me voir, mais par contre il écoutait très attentivement ce qui se passait car un certain nombre de personnes s’esclaffaient derrière moi dans ce noir. Brrrr, non non, décidément, c’était trop pour moi !
J’ai été ravie de découvrir ce musée Shanghaïen, le Long Museum West Bund à l’architecture fascinante – enfin pour qui aime les lignes épurées, le ciment, le minimalisme. Laissez-moi vous offrir quelques vues de l’intérieur. Contrairement aux apparences, il y avait beaucoup de monde – de toutes les façons, c’est une tautologie ce que j’écris , il y a TOUJOURS beaucoup de monde en Chine ! – mais l’espace est tellement grand que finalement ce musée se visite vraiment très bien.
A l’extérieur, le Musée est situé au bord d’un des bras du Yantsé dans une ancienne friche industrielle. Le quartier est encore en pleine restructuration – encore une tautologie, en Chine tout est TOUJOURS en restructuration ! – Des bâtiments industriels, les architectes ont conservé je pense des sortes de silos. Le reste est à l’image de l’intérieur : ultra moderne, épuré, bétonné mais vraiment très classe.
Voilà, j’espère que cette petite visite culturo-touristique vous aura plu !
Pour ceux d’entre vous qui avez eu l’occasion de voir des expos de Turrell, je serais vraiment curieuse de savoir ce que vous en pensez 🙂
Passez une excellente semaine !
PS : comme toujours, je ne le répète jamais assez, cliquez sur les images pour les agrandir si vous voulez en profiter ! Laissez les images riquiqui pour les instagram & co 😉
Ca fait quelques mois que je ne vous ai pas tenu au courant de mes petites et grandes actualités – depuis juin 2016 !, alors je me suis dit que cela vous ferait plaisir d’avoir un peu de nouvelles de ce côté là :). Alors on y va ?
Une solo exhibition
Allez, je vous annonce la belle et grande : la semaine prochaine, j’entame une exposition individuelle à la Galerie Ofoto à Shanghaï. Oui, oui, je vais avoir un bel et grand espace rien que pour moi pendant 2 mois entiers dans cette galerie d’art qui me représente désormais en Chine, et ce seront mes « petits écoliers » (Ensemble de son nom officiel) qui seront accrochés aux cimaises. Pour voir la série entière, cliquez ici : http://laurencechellali.com/fr/portfolio-item/ensemble-2-2/ .
Je suis vraiment heureuse de ma collaboration avec Ofoto, non seulement ce sont des gens charmants mais en plus ils sont vraiment professionnels. Pour cette exposition, ils ont demandé à une grande artiste peintre chinoise, Chen Haiyan, de rédiger un texte d’introduction à ma série. Sa lecture est vraiment intéressante à plus d’un titre, mais ce que je retiens, c’est qu’il me semble qu’il est profondément chinois dans son approche et dans sa perception de ma série, et à mon avis un « occidental » n’aurait jamais écrit la même chose. Je vous met à la fin de l’article le texte pour vous faire votre propre opinion 🙂
Voilà donc, est-ce que certains d’entre vous seront à Shanghaï le 4 mars prochain pour l’inauguration ? Je comprendrai que ce ne sera pas facile de faire un saut pour beaucoup d’entre vous – environ 24h d’avion AR – même si c’est pendant le week-end 😉 Mais allez, on peut rêver du jour où la téléportation sera possible, non ?
Une autre solo exhibition en préparation
Cette fois-ci, ça sera au mois de mai, à Nanjing, au musée d’art moderne. La date n’est pas encore définitive mais le curateur a fait son choix : il y aura 2 séries, L’idéaliste contrarié et VIXI. C’est qu’il faut pouvoir les remplir un peu ces salles immenses ! Je vous tiendrai au courant, c’est sûr 🙂
Des sélections de photos pour 2 expositions
Alors, je pense que je ne vous ai pas parlé de cette photo qui a été sélectionnée par Michael Kenna en personne pour une exposition dans la galerie américaine A smith Gallery.
Ni de ces 2 photos qui ont été sélectionnées par Sam Abel pour le compte de la galerie américaine Photoplace Gallery et la Texas Photography Society
Deux publications
Cette photographie a été publiée dans le livre URBAN unveils the city and its secrets vol.01 par DoArtL’excellent magazine Don’t Take Pictures a sélectionné ma photo pour le thème « Windows » de leur publication online trimestrielle
Développement de mes cours de photographie
Désormais, j’ai 4 classes de photographie de plusieurs niveaux ainsi qu’un module sur Photoshop Elements. Jusque là je prodiguais mes cours plutôt sous forme de workshops thématiques ou de sessions individuelles, et je suis en train de découvrir le travail d’enseignement au plus long cours. Et vous savez quoi ? J’adore !
Voilà, mes news sont à jour !
Je laisse place à la lecture du texte de Chen Ayian à propos de « Ensemble » si vous avez le coeur à lire en anglais ou mieux, en chinois ! Si ce n’est pas le cas, je ne vous en voudrai pas 😉
Bon week-end !
Words on the Side
by Chen Haiyan
« Modernity signifies the transitory, the fugitive, the contingent, the half of art of which the other half is the eternal and the immutable. » – Charles Pierre Baudelaire
“Together” is a series of works by Laurence Chellali, a French female photographer. When I put her name in Chinese « 希拉里 » in the search box of Baidu, the first entries that came up were all about the high-profile American presidential candidate Hillary Clinton. Chellali and Hillary are obviously not the same person, but this coincidence brings us to the keyword here: symbols. A name is a symbol or a code for a person. When a symbol is used multiple times in similar contexts, the abstract dimension of it fades away; it takes on specific conceptual meanings and relations with other words, and thus becomes a perceptible carrier of meaning. The Russian semiotician Yuri Lotman once said, “All language codes that work as symbol codes and trigger rich associations on the axis of consciousness work in the national historical and cultural context.”
That leads us to another concept: cultural discontinuity. When we come across a foreign cultural idea as we view or create artworks, we tend to unconsciously use familiar concepts, emotions, and habits to code or decode them.
To realize this series, Chellali spent half a year on a balcony looking out at a neighboring school playground. As an expat in China, she finds many things commonplace to us to be fresh and intriguing. On the one hand, such sensibility comes naturally from cultural discontinuity; on the other hand, it comes from her inquisitions of the juxtaposed objects and concepts such as child and adult, game and ritual, costume and everyday clothing, uniform and chaos, order and disorder, collective and individual, freedom and detention, obeisance and rebellion, nature and nurture, independence and attachment, individuality and conformity, performance and reality… Besides, to use a language code in various registers makes it possible to interpret it from multiple angles. For instance, the general word “操场” translates as either playground (for entertainment) or drill ground (for military training) and gets more specific in meaning. Such interpretation in the process of selective viewing is based on the cognition, understanding and focus of attention of the viewers, which is the same case for the process of photography.
For Chellali, what started as a kind of mystery seeking must have led to deeper thinking that inspired a fresh style that integrates the content and the form in her photography. Without a doubt, the meaning and value of an artwork is delivered through its form, but to fully understand it one has to put the content into the context of the times. Chellali empowered us with the rights to code and decode her photography series, along with the freedom to reminisce about our shared childhood experiences and unspeakable peculiarities. She seems to have visualized the roots of certain anxieties and struck a chord there, providing some « comfort” in the form of art, be it “slight. »
All humanity shares the longing for the ideal of freedom. For that there is no fundamental cultural discontinuity. People just go to different extents in pursuit of different versions of this ideal and such difference generates various forms of cultural shock. Has Chellali been through a cultural shock (in China)? I have no idea. At least there is no such a clue in her notes or work descriptions that would give away her attitude or position. There is a surprising or even disappointing lack of passion in her words just as in her photos: mild colors, blurred strokes, “mediocre” sizes that fail to pop out and grab my attention… It seems impossible to figure out the personality of the person who created these works. It might seem a little far-fetched to compare Chellali and Hillary, but they two stand for two completely different styles. The latter makes a scene in a tough pose even after her presidential campaign failures and during her marriage crises, showcasing her distinct personal symbol.
Alfred North Whitehead once said, “Mankind, it seems, has to find a symbol in order to express itself. Indeed ‘expression’ is ‘symbolism.’” His words seem to give us a key to reconsider Chellali’s sweet purpose of semiotic drift, which I believe is to “dissolve”! In term of the presentation of the artwork, the dissolving happens in the color balance, in the narrative of the grand scenes, in the dilution of the individual characteristics in the crowd, and in the hallucinatory noises that crowd makes. Meanwhile, the artwork dissolves all possible conflicting cultural symbols such as presumptions, positions, and moral judgments that a viewer might jump to. Thus, it downplays the so-called “objective » recording nature of photography, and gives back to the viewers the scope of free interpretation of the symbols. This is also the reason why I try very hard to tiptoe around my own interpretation of the works in this article. Cherishing the efforts Chellali has made, I certainly do not want to have my nose in the air and make arbitrary comments or « turn graphic language into texts”. I’m convinced that every choice a “translator” has to make comes with a cost to the original message. Through art, the artist magnanimously shares her privacy, and an “ideal” viewer of art should be able to respect that. After all, unlike selling artworks, art is a lonely pursuit.
I’m sure that other viewers can get a wider range of ideas and feelings from her works than I ever could. I might have noticed some of the more “eye-catching” points among the photos and in between the lines; however, missing the big picture for these are simply not worth it! More often than not, one way of contemplation and decipherment, even one with the most innocent intentions, may exclude other possibilities or freedom. Ultimate freedom, whether for interpretation of an artwork or for a person, can never be achieved. As the character Augustin Gora in the Romanian writer Norman Manea’s novel The Lair asks, “Is freedom the escape from the labyrinth dissolution of the labyrinth altogether? »
This series also reminds me of the trinity of body, image and life. In the studies of visual culture, this is what forms the relationship between biopolitics and art. To elaborate on that, GrorgioAgamben introduced the notions of “the bare life” and “form-of-life”, and Aristotle even stated that man is by nature a political animal, an animal with “language”! The pithiest statement in this regard should be a quote fromThe Gospels,“I’m the life. »
On another note, as I was viewing this series, I was particularly drawn to the photo of quilts aired on the playground. It resonated with me through its artistic language and brings me to a sweet secret realm beyond art. It mesmerized me like a few rare spots of delightful bright colors that pop out in an image. Of course, these are just words on the side.
人性里头对于自由的向往和渴望是终极乌托邦的理想彼岸,这一点从来没有过文化隔层,有的只是定义和程度的不同,因而产生了各式各样的文化休克(culture shock)。希拉里“休克”过吗?对此,我无权僭越给出判定或猜测。至少,她在自己的创作笔记和作品说明里就事论事,貌似看不到任何表明态度和泄露立场的观点,又或是在表达上没有我们想象和期待的那样情绪饱和,以致措辞不愠不火,“平庸”到不免令人失望,如同她作品的呈现效果,“设色”寡淡、“笔线”模糊,甚至作品的尺幅也“平庸”到引发不了任何视觉上抢眼的效果,乃至于作品背后的那个人也仿佛性格飘忽、面目不详。如果作个不恰当的比较,此希拉里与米国的希拉里完全是两种格调,彼是外表强势着作秀,即使竞选败北后“真诚”把婚给离了,也要梗着脖子在退出历史舞台前彪悍着发出一点声响,成为个人鲜明的符号炫耀。
阿弗烈•诺夫•怀海德(Alfred North Whitehead)曾说:“人类为了表现自己而寻找符号,事实上,表现就是符号。”论及此,我们似乎可以重新审视希拉里符号漂变的目的,了解其的用心良苦和举重若轻,那就是“消解”!从作品呈现来说,消解体现在色彩关系的统调里,体现在宏大场面的叙事里,体现在群像对个体的消解上,体现在鼎沸人声的幻听里;从作品意义来说,消解所有可能的先念、立场和道德评判,消解一切文化符号的对立性;从观看角度来说,消解预设的观看选择。从而,尽可能的弱化和虚化摄影本身所谓与生俱来的框取客观真实的能力,本质上仍服膺于主观的特征(我称之为“匡取”的能力),将符号释读的自由空间交还给观者。这也是我个人在码这篇文字时小心翼翼尽力规避阐释作品的原因,怕自己稍有疏忽,就破坏了希拉里的所有努力,成为一名用文本语言转译图像艺术、寄生并凌驾于作品之上“不自量力”的评论者。如同文本的翻译注定要面对一种选择,而每一次的选择都伴随着无可避免的损失,抑或有幸加塞的私货足够好,也仍是对作品本身的一种遮掩。艺术是光明磊落的隐私,不只对艺术家而言,对“理想读者”亦如是。艺术本质上拥有孤独的志向,艺术作品成为商品概念则是另一回事。
我倒是很想提一点作品引发的关于身体、形象和生命的东西,在视觉文化研究中,这三位一体共同结构了关于生命政治和生命艺术的关系。对此,吉奥乔•阿甘本(Giorgio Agamben)提出过两个概念:赤裸生命(the bare life)和生命形式(form-of -life),而亚里士多德曾有过对人的精彩定义,即人是享有“语言”的动物,且天生是政治动物!但这些论断,都不及《福音书》中的一句:“I’m the life.”来得简单与纯粹。
Et bien voilà, désormais, je peux dire que je suis équipée d’un beau Q …
Non mais franchement, quelle idée Leica a eue de nommer ainsi son « compact » ! C’est vrai que les companies ne peuvent pas prendre en compte toutes les interprétations de la terre qu’on peut faire d’un nom, mais là, j’avoue que pour la clientèle francophone, c’est fort de café 😉 Ceci dit, c’est aussi bien plus sexy que les noms à rallonge avec des chiffres et des lettres, genre (au hasard) PowerShot G9 X Mark II ou OM-D E-M10 Mark II !! Bref, avec mon nouveau Q, je ne vous raconte pas les blagues salaces qui fusent à la maison 🙂
Je crois que je n’ai jamais parlé à proprement dit de matériel photo dans les pages de ce blog. Il faut bien une première fois 😉 Aujourd’hui, je ne vais pas vous faire une review de cet appareil – vous en trouverez d’excellentes et des complètes un peu partout sur le net – mais j’ai plutôt envie de vous parler de la démarche qui m’a conduite à choisir cet appareil. C’est que changer d’outil pour un photographe, c’est loin d’être une mince affaire !
De la rationalité
En ce qui me concerne, j’ai commencé à penser changer d’appareil photo il y a à peu près un an et ceci pour 3 raisons principales :
Mon matériel devenait vieillissant. Depuis 6 ans, j’ai comme compagnon de route quotidienne un Panasonic GF1 équipé de son 20mm f/1.7. Je l’adore, mais vous imaginez le nombre de déclenchements qu’il a eu depuis tout ce temps !
Pour être en phase avec les exigences actuelles en termes de photographie commerciale (je travaille beaucoup pour les banques d’images Arcangel images et Goto-foto) et artistique, il fallait que je fasse évoluer mon matériel, surtout du point de vue de la résolution.
Je sentais comme une sorte de lassitude à utiliser toujours les mêmes outils et j’avais envie de renouveler un peu mon approche. Est-ce que cela passe par le matériel ? Pas forcément, mais celui-ci y contribue quoi qu’on en dise. Après des années et des années d’utilisation de ce GF1 et de mon Nikon D700 (j’ai 3 focales qui l’accompagnent : 35 mm f/2, 50 mm f/1.8 et 105 macro f/2.8), je les connais tellement par coeur que mon travail devenait quelque part un peu mécanique.
Voilà donc pour les 3 grandes lignes. Restait à choisir ! Car quand on est comme moi et qu’on ne s’intéresse au matériel qu’une fois tous les 36 du mois, par où commencer ?
J’ai donc commencé à lister les paramètres qui me paraissaient essentiels à avoir. En ce qui me concerne, les voici :
compaticité – donc très probablement un hybride
facilité d’accès à mes 3 commandes ouverture/sensibilité/vitesse
objectifs compatibles de très grande ouverture
haute résolution
bonne gestion de la montée des iso
si possible un full frame (un vrai 24×36)
Première étape bien entendu, questionner les amis et collègues sur leur matériel, leur utilisation, les pour, les contres. Partir un peu à l’aveuglette sur internet et commencer à faire ce fastidieux travail de lecture des reviews.
Du fantasme
À un moment, j’ai cru que j’avais trouvé le Graal ! Hasselblad a sorti cette année un appareil révolutionnaire : un moyen-format mirrorless, le XD1 !! J’ai sérieusement commencé à fantasmer, d’autant plus que pour la première fois, je trouvais cet appareil vraiment esthétique (je trouve que globalement les appareils photo sont très moches 😉 ). Allez, juste pour le plaisir je vous montre une photo
Éliminé !
J’avais tout ce qui me fallait avec lui ! Compaticité, ultra haute résolution, simplicité des commandes et un renouvellement drastique de ma manière de photographier : on ne passe pas au moyen-format impunément ! Ca se mérite ! Bon, bien entendu le prix est stratosphérique (entre 12 000 et 15000 euros avec l’objectif) mais je considérais cela comme un investissement professionnel. Je suis donc allée l’essayer et là, déception … Disons que je ne l’ai pas trouvé à la hauteur du prix qu’il aurait fallu mettre ( des petits trucs à droite à gauche qui m’ont déplu et/ou que je ne me sens pas capable de gérer) et il ne m’a pas convaincue. Mais je n’ai pas dit mon dernier mot avec lui et j’attends quelques années pour laisser le temps à Hasselblad d’améliorer son produit 😉
Alors voilà, je me retrouvais donc à la case départ … Re-lecture des reviews (car entre temps il y a eu la photokina et le salon de la photo où tous les fabriquant sortent leurs nouveautés !), re-demande de conseils aux photographes. Avec cette fois-ci une liberté intéressante : je suis partie de tellement haut en termes de prix avec ce Hasselblad (j’avais d’ores et déjà intégré que la famille serait au régime patates et pâtes pendant le reste de l’année) que tout le reste me paraissait accessible 😉
Je suis donc arrivée à une short-list avec mes critères énumérés plus haut :
Fujifilm X-pro2
Fujifilm XT2
Sony α 7R II
Olympus OMD EM5 mark2
Leica Q
… Et je suis partie les toucher et les essayer. De ce point de vue, l’organisation des centres commerciaux est géniale en Chine car ils sont tous spécialisés. J’ai donc passé une journée entière dans un mall photo à peser le pour et le contre de chacun.
De la subjectivité
J’ai tout de suite éliminé l’Olympus car il ressemble trop à mon Gf1 et j’ai eu l’impression de « prendre le même et de recommencer ». D’autre part, son look vintage avec tous ses boutons et ses molettes partout me fatigue. Mais pourquoi faire si compliqué ??
J’ai également éliminé le Sony pour des raisons tout aussi subjectives. Lui, sur le papier il remplissait pourtant strictement tous les critères que je m’étais fixés et tout le monde m’en parlait en excellent rapport qualité/prix. Et pourtant … je l ‘ai détesté en main. Trop carré, coupant, massif. Bref, j’étais sûre que ce ne serait pas un outil que j’aimerais utiliser.
J’ai éliminé ensuite le Fujifilm XT2 après avoir essayé le Fujifilm X-pro2. Tout simplement encore une fois ici pour une simple question d’ergonomie. J’avais mieux en main le X-Pro 2, les commandes tombaient plus naturellement sous mes doigts.
Quant au Leica Q, je l’ai aimé dès que je l’ai vu et touché 😉
Entre les deux mon coeur balance
Voilà, il ne me restait donc plus que 2 appareils photo en balance, et là j’ai mis longtemps à me décider …
Dans le Fujifilm X-Pro2, j’ai absolument adoré son viseur hybride : on peut passer d’un viseur électronique à un viseur optique (comme dans un réflex), son ergonomie est géniale bien qu’il soit vraiment moche comme un pou. Mais comme l’essentiel est invisible pour les yeux, j’étais prête à l’aimer quand même 😉 surtout qu’il est 2,5 fois mois cher que le Leica Q. Enfin, différence de prix à modérer dans la mesure où il est livré sans objectifs et si on veut en monter de qualité, il fait mettre une jolie somme en plus. Ceci dit, ça veut dire objectifs interchangeables alors que pour le Q, non… Mais, mais mais, il a un défaut rédhibitoire pour moi : il n’est pas full-frame. Or j’adore le flou de plein format.
Et le Q alors ? Et bien ça a été le coup de coeur comme je vous l’ai dit. Avant de le toucher, j’ai eu ce même frémissement esthétique que pour le Hasselblad, il m’a parlé direct 😉 Bon, c’est vrai que j’étais rassurée après ce que j’en avais lu dans les reviews. Car je dois dire que je regardais la marque Leica avec méfiance depuis que j’avais lu à de nombreuses reprises que l’entreprise avait raté le passage au numérique en proposant des appareils photo de qualité médiocre à des prix scandaleux. Or, avec le Q, tous les experts sont unanimes : Leica est prêt à entrer à nouveau dans la légende 🙂
Pourquoi j’ai craqué pour le Q
Ce qui m’a plu ? Outre son esthétique, c’est son ergonomie et la simplicité biblique des commandes. Chez lui, rien, rien, rien de superflu, juste l’essentiel qui tombe directement sous la main. Le viseur optique est absolument génial, du même acabit que le X-Pro2 même s’il n’est pas optique. Et sa bague de mise au point manuelle, un délice ! On n’a même plus envie de passer en autofocus, d’autant qu’il y a une aide à la mise au point vraiment intéressante : on a une vision du sujet grossie 3 fois qui apparait dans l’écran pour peaufiner, ainsi qu’un surlignage en rouge de ce qui est net.
Quant à la qualité des photos, comment vous dire … D’après les essais que j’ai pu effectuer, c’est à la fois ultra net et doux. Il y a une restitution des détails incroyable mais tout en nuances et subtilité. Et c’est vrai que je n’ai retrouvé cette finesse dans aucun des clichés test des autres appareils photo que j’ai pu faire lors de ma séance « shopping mall ».
Il a donc tout tout tout pour lui ( à part le prix bien entendu, mais quand on aime on ne compte pas n’est pas ? 😉 ), sauf que son objectif est fixe et donc on ne peut pas en changer. Il s’agit d’un 28 mm f/1.7. Et je dois dire que c’est ce qui m’a fait hésiter si longuement avec le X-Pro2. Ce n’est pas tant que je ne puisse pas changer de focale – mon GF1 a eu son 20mm (eq.40mm) monté pendant 6 ans sans que je n’ai jamais eu envie de changer de focale. C’est surtout que je ne connais pas le 28 mm et je me demandais comment j’allais m’y sentir. Je me suis donc testée avec mon téléphone portable qui est un équivalent 28 mm. Et même si je ne suis pas 100% à l’aise parce qu’il faut que je réapprenne les perpectives, les lignes de fuite, la manière de mesurer la lumière, mon positionnement par rapport au sujet, je sens intimement que cette focale va aussi changer ma façon de photographier (ça faisait partie des raisons de mes désirs de changement !) Et j’aime ce défi, il me stimule ! Bon, pour me rassurer, le Q offre la possibilité de cadrer en 35mm et en 50mm. Même si au final ce sont de simples crops, la taille du fichier reste tout de même intéressante.
Et puis cet objectif a une position macro. Alors ça c’est génial ! Faire de la macro au 28mm c’est un truc qui me botte complètement 🙂
Pragmatisme
Bref, je sens qu’avec cet appareil photo, j’ai trouvé véritablement un nouvel outil qui non seulement est agréable à manipuler, mais qui va m’ouvrir des perspectives que je n’ai pas vraiment explorées jusque là. Pour le moment, je n’ai réalisé que des clichés test, aussi je ne vais rien vous montrer dans cet article. De toutes les façons, vous aurez le temps de les voir. Tenez-vous au courant des mises à jour du blog 😉 😉 😉
J’espère que mon petit topo vous aura intéressé. Ce n’est pas tant que je veux parler de ma vie 😉 mais il me semble que ce choix de matériel est toujours un moment important pour les photographes. Aussi, partager ces démarches de choix d’appareil photo peut aider, inspirer, stimuler. Ne nous leurrons pas, la photographie ce n’est seulement l’oeil et le coeur, c’est aussi, très prosaïquement, une question d’outil.
Allez, vive le Q, vive les photos au Q – et non pas de Q s’il vous plait 😉
Changement de cap et d’univers par rapport à mon précédent billet ! De la jungle luxuriante dirigeons-nous vers le monde froid du concept architectural contemporain …
Cette fois-ci, c’est à Singapour que je vous convie, et plus précisément sous les plafonds du bâtiment en passe de devenir le symbole de cette ville : le très fameux hôtel Marina Bay Sands.
Le melting-pot Singapourien
Mais avant tout, quelques mots sur cette ville-Etat. C’est la seconde fois que j’y vais, et autant la première fois j’avais été charmée, autant cette fois-ci la magie n’a que partiellement fonctionné. Bien sûr, c’est une ville très agréable, avec de nombreux quartiers qui illustrent à merveille le multiculturalisme unique du lieu : du style néoclassique anglais à Little India, China Town ou encore Arab Street, en quelques pas ce sont les parfums et les ambiances de toute l’Asie au sens large qui s’offrent à nous. Bien que la population soit très majoritairement chinoise, tout est écrit en 4 langues : l’anglais (la langue véhiculaire), le chinois, le tamoul et le malais. C’est dire si chaque communauté est respectée pour ce qu’elle est et ce qu’elle représente, et de ce point de vue, même si tout n’est probablement pas tout le temps idyllique, j’apprécie vraiment ce parti-pris politique instauré depuis l’indépendance de cette ville-état : les 4 langues figurent dans la Constitution. N’oublions pas que les Chinois, les Malais, les Indiens et les autres (occidentaux au sens large) ne partagent ni les mêmes valeurs, ni les mêmes coutumes, ni les mêmes langues, ni les même religions. Et pourtant ils cohabitent dans un des Etats les plus puissant, riche et développé au monde alors que ce même Etat ne dispose de rien, même pas de l’eau douce ! De quoi faire réfléchir les frileux de tous poils.
Il n’empêche que cette fois-ci j’ai clairement ressenti le côté plus obscur de la force 😉 Certes, Singapour est une ville extraordinairement propre, sûre, moderne, mais peut-être un peu trop à mon goût. J’y ai ressenti parfois un côté Disney Land, surfait. Comme si tout était constamment sous contrôle et que la spontanéité, la fantaisie était archi-codifiée par des lois fatigantes à la longue. Les Singapouriens illustrent d’ailleurs avec humour cet état de fait et leurs tee-shirt pour touristes en sont une belle démonstration 😉
Ici n’apparaissent pas les interdictions telles que nourrir les oiseaux, danser dans la rue, interdiction de boire, de manger et de transporter du durian dans le métro, ne pas tirer la chasse d’eau dans les toilettes, se connecter au wifi du voisin, lire des magazines érotiques en public (Play Boy est tout simplement interdit !), s’embrasser dans la rue, faire du skate, traverser en dehors des passages piétons, être homosexuel. Et à chaque fois qu’une contravention peut être constatée par un policier en uniforme ou en civil, ce sont de 500$ à 1000 $ appliqués sans négociation possible !
Bref, pour résumer, je dirais que cette ville est très sympa, mais je ne m’y verrais pas couler des jours très heureux. Vous savez, c’est comme avec certaines personnes ; on apprécie d’aller boire un coup, de passer une soirée avec elles, mais de là à passer des vacances ensemble, c’est une autre histoire ! 😉
Le Marina Bay Sands
Voilà, cette petite introduction étant finie, venons-en au coeur de notre sujet ! La Matrice des maths !
Ahaha, pourquoi un tel titre ? Tout simplement parce que le détail architectural que j’ai photographié me fais réellement penser à un dédale d’équations qui aboutissent à des formes géométriques strictes, imbriquées les unes dans les autres, un mélange psychédélique de pierre philosophale et de Hal (2001 l’Odyssée de l’espace), à la fois rassurant, intrigant et … effrayant …
En fait, c’est plus ou moins ce que j’ai ressenti en pénétrant dans cet hôtel absolument gigantesque. Là, j’aurais pu être dans le film « Le 5ème Element » (excusez mes références de films qui datent sérieusement !), vous savez dans cette séquence qui se passe à bord d’un énorme vaisseau spatial fait pour les vacances de rêve (enfin, pas pour tout le monde 😉 ). Imaginez, 3 tours de 55 étages sur lesquelles est posée une plateforme de 1 hectare en forme de navire avec (entre autres) une piscine longue de 150 mètres, 2560 chambres, 1 centre commercial composé de 280 boutiques exclusivement de luxe, un casino géant, 2 grands théâtres, un palais des congrès, des restaurants, discothèques et même un musée (Musée des arts et de la science). Bref, démesuré et … archi tape à l’oeil … Voici une photo d’ensemble
La photo n’est pas de moi, je l’ai glanée sur internet (les miennes en vue extérieure sont vraiment de trop mauvaise qualité pour vous les présenter …). Voici la source : http://www.escapingabroad.com/blog/marina-bay-sands-infinity-pool/
Quand je vous dis que c’est bling bling … Et pendant qu’on y était, on s’est offert tout en haut un apéritif bling-bling – lounge en terrasse, jolie brise toute tiède, vue imprenable sur toute la ville, cocktail avec petite cerise pour madame et petit palmier pour monsieur, coucher de soleil, musique soft 😉
Entrons un peu dans ce complexe.
Je n’ai aucune idée de la partie du bâtiment où j’ai réalisé mes photographies … 1er, 2ème, 3ème ? Entre les tours ? C’est tellement grand !! On s’est d’ailleurs perdus et on a eu toutes les peines du monde à trouver la sortie …Mais je suis restée admirative d’un immense hall, ou plutôt de son plafond. J’ai été littéralement aspirée par cette pyramide architecturale.
La photo ci-dessus est la seule photographie d’ensemble et de référence que je peux vous proposer. Vous voyez à quel point les personnages sont petits ? Ce puit intérieur doit être plus grand que mon immeuble qui pourtant n’est pas de la gniogniotte, je vous assure !
Alors forcément, un tel lieu oblige à une petite pause graphique, voire abstraite ! Et c’est comme ça que je me suis retrouvée dans la matrice des maths 😉
Parlons technique et composition
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Vous comprenez maintenant pourquoi il fallait que je vous re-situe le contexte ? Si je vous avais dit que ces photos sont celles du « plafond » d’un hôtel et que les lignes que vous voyez correspondent chacune à un étage et sont en fait des balcons, je pense que vous auriez eu du mal à comprendre 😉
Techniquement, j’ai dû monter mes iso (640 – ce qui est très haut pour mon vieil appareil photo qui provoque immédiatement du bruit) bien que mon diaphragme était ouvert un max (f/1,8). Compte-tenu de l’énormité du lieu, je n’avais pas de souci à me faire quand à la mise au point ou à la profondeur de champ ; de toutes façons, tout était très loin de moi, pauvre petite fourmi …
Ce qui m’a posé plus de difficultés, ça a été côté cadrage et composition. C’est que contrairement aux apparences, si tout est parfaitement rectiligne, le bâtiment n’est pas une pyramide parfaite et le sommet du « puit » (du plafond) n’est pas au centre. Par conséquent, je me suis constamment retrouvée avec un décalage assez déstabilisant, suffisant à mes yeux pour « casser » l’harmonie graphique et créer un déséquilibre, certes pas très très important, mais tout de même présent.
Dans le cas de la photo 1, ayant opté pour une composition en diagonale, je me suis affranchie de tout problème de « rectilignitude » (ce mot n’existe pas, mais vous comprenez ce que je veux dire ? 😉 )
En ce qui concerne la photo 2, j’ai choisi de me positionner de manière à obtenir une composition à la fois au tiers vertical (le poteau blanc) et horizontal (la ligne sombre du faîte). À mes yeux, ce choix tient parfaitement la route et je trouve que c’est une photo plutôt bien réussie.
Passons à l’auto-critique
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Par contre, vous voyez les problèmes sur les photos 3 et 4 ? Tout d’abord je n’étais pas positionnée exactement sous le poteau blanc (appelons-le Poutre). Même si c’est infime, ça casse à mon avis le graphisme ultra-précis que cette architecture appelle. Dans le cas de la photo 3, bien que j’ai placé le faîte parfaitement au centre, la poutre elle n’est pas exactement symétrique – la pente du toit est plus importante à gauche qu’à droite. Ce n’est pas de ma faute, c’est l’architecte qui a fait les choses comme ça hein ! 😉 Le résultat avec cette composition n’est pas super top et il y a une sensation d’imperfection, de déséquilbre qui à mon avis ne sert ni mon idée (la matrice mathématique …) ni l’architecture.
Quant à la photo 4, j’ai penché mon appareil photo de manière à saisir un 3ème côté de la pyramide. L’idée n’était pas mauvaise mais la réalisation … à améliorer. Vous pouvez constater que le fait d’avoir penché mon appareil photo a eu pour effet de déformer les bords. C’est plus un problème lié à la perspective qu’à mon objectif (45mm). À part la ligne du faîte qui est parfaitement verticale au centre, les autres lignes verticales semblent converger en bas. Mais pas suffisamment à mon goût, c’est un peu ni fait ni à faire. En fait, ce que j’aurais dû également faire, c’est me déplacer de manière à carrément accentuer l’effet de déformation de la perspective car avec la même composition, j’aurais dû pencher d’avantage mon appareil. Et je pense que là, ça aurait été plus intéressant.
Affirmer et assumer ses choix
La morale de l’histoire, c’est que comme toujours je suis plutôt partisane d’une photographie exigeante où le photographe doit clairement montrer son intention, quitte à ce qu’elle soit provocatrice. À mes yeux, cette photo 4 est typiquement le genre de photo pas mal, mais à laquelle il manque la force de la prise de position, de point de vue, de conviction. Trop de petites erreurs et d’approximations l’émaillent pour en faire ce que j’appelle une « bonne » photo.
J’ai également essayé le format carré avec à nouveau l’option diagonale (photo 5), mais cette fois-ci en y intégrant un premier plan moins graphique avec les branches de cet arbre. Le résultat est pas mal mais là aussi la composition pêche à mon avis par manque de rigueur. La diagonale aurait dût être carrément diagonale ou carrément pas. Là, ce n’est pas ultra précis. Quel dommage, il m’aurait juste suffit de tourner d’un chouilla mon appareil photo ! Et là, difficile de réparer mon erreur en post production sans perdre le graphisme des carrés des bords (croyez-moi, j’ai essayé 😉 ). La morale encore une fois ici, c’est que dans une situation comme celle-ci, où le sujet ne risque pas de partir ;), il faut vraiment prendre son temps pour soigner son cadrage et sa composition aux petits oignons.
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En conclusion
Alors laissez-moi conclure avec 2 photos que j’estime réussies (en plus de la 1 et de la 2). Le but de ce blog n’est pas de m’auto-flageller tout de même ! Ceci-dit, j’espère que vous aurez trouvé intéressante cette auto-critique et que cela vous permettra d’être aussi exigeants avec vous-même que je ne le suis avec moi-même 😉 À mes yeux, c’est le gage de progrès et d’ambition 🙂 🙂 🙂
Belle journée à vous !
PS : comme toujours, un clic est vivement recommandé pour correctement visualiser les photos !
La semaine dernière, j’ai dû me pincer à plusieurs reprises pour croire que j’étais au mois de janvier, seulement quelques jours après les fêtes de fin d’année qui se sont déroulées sous des auspices plutôt frisquets. Non, non, non, là nous avions 35 degrés, un taux d’humidité max et … nos tongues 😉
Imaginez la Malaisie, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Kuala Lumpur, à Serendah plus exactement. Pour cette petite escapade de quelques jours, plutôt que la plage et les cocotiers que nous avions expérimenté auparavant sur notre île paradisiaque du Vietnam (Con Dao – il faut absolument que je vous en parle dans un prochain article !), nous avons choisi de nous immerger dans la jungle, ses lumières, ses bruits et ses senteurs. Nous étions très curieux de découvrir cet univers qui fait fonctionner à fond les manettes l’imagination, surtout en matière de bestioles en tous genres ! Enfin, en ce qui me concerne, je préférais ne rien imaginer du tout … Je ne suis pas franchement une adepte des reptiles et des insectes, et les moustiques – étonnamment pas si nombreux que ça ! – me paraissaient bien sympathiques par rapport au reste de la faune.
Après cette petite introduction pour situer l’intrigue 😉 j’ai envie de partager avec vous mes impressions au sein de cette forêt. En tant que photographe, c’est la lumière qui m’a le plus interpellée. Comment décrire cette sensation d’être à la fois dans le noir et dans la lumière ? Ce n’est pas seulement une question de contraste entre le sous bois et le soleil qui est bien entendu très présent. Au sol, la végétation est extrêmement dense et je me suis posé la question de comment elle s’arrange pour recevoir la lumière que les arbres à la hauteur vertigineuse s’approprient. C’est qu’à partir de 16:00 environ on avait l’impression d’être au coucher du jour et on n’y voyait plus grand chose ! Et le matin, avant 9:00 c’était à peu près identique. Peut-être est-ce pour cela qu’il n’y avait pas de fleurs, ou si peu ? En tout cas dans cette partie de la jungle où nous étions … Peut-être qu’ailleurs il y en a ? Ou alors elles sont tout en haut des arbres ?
Alors il n’y avait certes pas de fleurs, mais une profusion de verts, du plus clair au plus foncé, de celui qui est presque jaune à celui qui devient bleu. C’est cette palette de couleurs que j’ai souhaité photographier, en profitant de l’ombre totale ou alors de quelques rayons de soleil qui arrivaient à transpercer la canopée par ci par là. J’ai souhaité conserver cette sensation de clair-obscur qui m’a tellement frappée en sous-exposant drastiquement la plupart de mes images. Pour cela, techniquement, je me suis mise en mode spot en mesurant la lumière sur l’élément le plus clair, ce qui m’a permis par ailleurs de faire un « ménage visuel » au milieu de cette profusion de végétation.
PS : un clic pour agrandir les photos est vivement recommandé si vous souhaitez apprécier les détails !
Voilà, notre plongée dans le vert de la forêt vierge est achevé. J’espère que vous aurez apprécié 🙂
Si par hasard vous passez par la Malaisie et que vous souhaitez vivre une expérience de jungle, je vous recommande vivement l’hôtel où nous avons été hébergé. En fait, plutôt qu’un hôtel, il s’agit plutôt d’un espace de « retraite » comme ils l’annoncent sur leur site. Le lieu est constitué d’une dizaine « maisons » individuelles à l’architecture design, complètement intégrées et invisibles dans la forêt dont certaines très haut perchées dans les arbres. Totalement et 100% éloigné de tout tourisme, c’est un endroit extraordinairement paisible à une heure de Kuala Lumpur. Voici l’adresse du site : http://www.sekeping.com/serendah/home.html
Exactement ! Et je pourrais même ajouter que je veux des fleurs et des arcs en ciels et même des papillons pour embellir 2017. Ras le bol d’être raisonnable et réaliste dans ce monde qui n’est ni rationnel ni même intelligent ! Que finisse vite ce 2016 et en avant pour de nouveaux espoirs. Qu’en dites-vous ?
Encore que, dans le monde où je vis il me faudrait encore attendre le 28 janvier 2017 pour célébrer la nouvelle année et en plus celle-ci devrait s’appeler la fête du printemps. Et si je vivais dans une autre partie du monde, ce serait le 22 septembre 2017 !! La morale, c’est que finalement tous les jours on devrait fêter la non-nouvelle année et surtout, qu’il faut aussi apprécier tous les petits et grands bonheurs de la vie 😉
Aussi, en ce 8 janvier, je vous souhaite tout le meilleur, votre meilleur !
Je tiens aussi à vous remercier du fond du coeur pour votre présence malgré un rythme de publications qui s’amenuise drastiquement. Je suis pourtant très active photographiquement parlant, mais le temps me manque cruellement pour publier des articles. Je suis un peu plus présente sur Instagram et sur Facebook. Si vous souhaitez m’y rejoindre, c’est par là : https://www.instagram.com/laurence_chellali/ et https://www.facebook.com/laurencechellali. Je serais très heureuse de vous y retrouver 🙂 🙂 🙂
Ceci dit, je ne vais quand même pas changer nos bonnes vieilles habitudes et je vous propose quelques images prises au fil de l’année 2016. Vous êtes prêts ? Alors c’est parti 🙂
Janvier 2016
Il a fait froid, très très froid ! Laissez-moi vous emmener sur la montagne Pourpre, en plein coeur de Nanjing.
Février 2016
Restons dans l’histoire, et cette fois-ci, c’est au Mémorial du massacre de Nankin que je vous convie. Si vous vous arrêtez ici, ne manquez pas ce musée, émotions garanties …
Cette photo a eu l’immense privilège d’avoir été sélectionnée par Mickael Kenna pour un concours dans une galerie d’art américaine 🙂
Mars 2016
Voui, c’est le printemps 🙂 🙂 🙂 J’ai pris beaucoup de photos à cette époque mais c’était pour préparer ma série sur les fleurs que je vous ai déjà montrée ici. Et à l’époque, j’étais obnubilée par la macro. J’ai quand même réussi à extraire de ces archives de mars cette photo 🙂
Avril 2016
Nous avions anticipé l’été en nous rendant sur une île paradisiaque du Vietnam, Con Dao. Absolument éloignée de toute industrie touristique, si vous voulez respirer le calme et la volupté, c’est l’endroit tout désigné ! (la photo d’ouverture de ce post y a été prise)
Photographie réalisée avec mon fameux filtre « sac de plastique »…
Mai 2016
La chaleur s’installe, il est temps d’apprécier les clairs-obscurs …
Juin 2016
En route pour le festival de Tianshui, au centre nord de la Chine !
Juillet 2016
En route pour le retour aux sources italiennes !! Ahh, Genova mia 🙂
Je viens d’apprendre que cette photo a été sélectionnée pour faire partie d’une exposition sur le thème « composed »aux Etats-Unis 🙂
Août 2016
Comme c’est dur de quitter la Méditerranée. Mais il faut bien rentrer à Nanjing !
Désolée pour la piètre qualité de cette photo mais elle a été prise au téléphone cellulaire …
Septembre 2016
C’est la rentrée, il faut se remettre au travail 😉
Octobre 2016
Ah ! Pékin et sa pollution légendaire !
Novembre 2016
A Nanjing, il y a tellement peu d’étrangers que c’est mission impossible de passer inaperçu même quand on se planque pour faire de la photographie urbaine. Qu’à cela ne tienne, les nankinois sont absolument adorables !
Décembre 2016
Retour du froid intense, matins glacés …
Voilà chers lecteurs, j’en ai fini de mon petit pot-pourri d’images réalisées au fil de l’année dernière ! J’espère que le voyage vous aura plu !
En attendant de vous lire à mon tour, je vous réitère tous mes meilleurs voeux de bonheur et je vous souhaite …
Aaaah !!! Exactement 110 jours sans donner aucun signe de vie sur ce blog !!! Presque 4 mois sans un petit bonjour, une petite news, une petite photo, rien, nada, niente, nothing, meo … Bouh, c’est pas bien et je dois avouer que j’ai un peu honte… M’enfin, jusqu’à un certain point, n’exagérons pas 😉 J’ai le droit de jouer aux ermites, au moins ici 😉
Pourtant, ce n’est pas l’activité qui a manqué, ni les prises de vue, ni les projets que je pourrais partager, ni les réflexions photo, ni … rien du tout. Ma vie photographique a été et est actuellement intense. Je ne vais pas vous en faire la liste ici car cela ressemblerait un peu trop à de l’auto-congratulation et ce n’est pas le sujet 😉
En fait, je suis probablement victime du même symptôme, commun à tous les blogueurs un jour où l’autre de leur parcours sur la toile : la lassitude, la résistance à la chronophagie bloguesque, l’envie de passer à autre chose, la frustration de voir que les efforts énormes pour rédiger un bon texte ne sont pas toujours encouragés (et donc encore moins récompensés), la peur de la répétition, le sentiment d’une certaine superficialité, …
Attention, je ne dis pas que bloguer c’est nul ! Je suis ravie d’avoir mon espace d’expression bien à moi et vous, chers lecteurs, vous représentez une richesse absolument extraordinaire ! Si j’ai beaucoup donné dans cet espace, vous m’avez en retour apporté bien plus que vous ne le pensez probablement ! Et c’est pour cela, bien que l’idée m’a effleuré à de nombreuses reprises, que j’ai décidé de ne pas fermer ce blog. Par contre, désormais le rythme sera très aléatoire et les publications se feront véritablement au gré des événements, de mes envies. Bref, je ne m’imposerai strictement aucune contrainte 😉
En fait, sur le fond, je pense que vous serez peu nombreux à vous en rendre compte, sauf vous, les vrais fidèles lecteurs de Photofolle qui m’avez envoyé des messages inquiets me demandant les raisons de mon silence. Car qu’est-ce qu’un blog qui ralentit parmi des centaines de milliers d’autres, pour beaucoup d’excellente qualité ? Une minuscule goutte d’eau dans un océan à vrai dire 😉
Allez, assez palabré, assez justifié, passons aux choses sérieuses 😉 Car ne croyez pas que je vais perdre mes bonnes vieilles habitudes de vous présenter des photos qui illustrent mes élucubrations !
J’ai pris ces photos lors d’un expo à Pékin, dans une zone de la ville appelée « Art district 798 ». En fait, il s’agit d’une ancienne usine militaire désaffectée qui s’étend sur plus de 650 hectares. Ici, on y trouve un nombre incalculable de galeries d’art, d’ateliers d’artistes, de cafés, de restaurants. Bien entendu, on y trouve du meilleur et du pire (comme partout d’ailleurs), comme ici, où il s’agit à mon avis du pire … ou du meilleur de l’enfumage de l’art contemporain, ça dépend comment on prend les choses. L’artiste suédois, dont je pensais avoir noté le nom mais que j’ai perdu (!), a intégralement recouvert les murs et le sol de cartons de l’un des entrepôts (ah non pardon, d’une galerie d’art !) afin de donner au spectateur une nouvelle notion de l’espace. Si en vrai c’était vraiment nul, photographiquement je me suis quand même un peu amusée …
… et cela me permet de vous proposer des photos qui illustrent bien mon état d’esprit concernant le blog photofolle : je suis là, sans être là, parfois j’apparais, parfois je disparais. Hop, hop, un petit tour et puis s’en va, mais jamais complètement ni pour toujours 😉 😉 😉
PS : J’ai un peu bossé pour l’artiste suédois en colorisant en quelque sorte ses cartons grâce à un contraste extrême ce qui a pour mérite de rendre un peu plus intéressant le lieu. Parce que sinon, en vrai, ses cartons étaient simplement des cartons, absolument sans intérêt … La preuve :
En avril dernier, je vous montrai un projet de nouvelle série que j’avais intitulée tout à fait provisoirement « Drôle de printemps ».
Depuis, j’ai beaucoup travaillé dessus et les photographies que je vous propose de découvrir ci-dessous n’ont plus grand chose à voir avec ce premier jet de l’époque, bien que l’idée initiale n’ai pas changé. Au moment de cette première présentation, j’avais beaucoup insisté sur le fait qu’il ne s’agissait que d’une première esquisse, que l’idée était bel et bien là mais qu’il me manquait encore d’affiner et de définir bien plus clairement et de manière assumée mon intention. Ceci pour vous dire que bien souvent on a besoin de plusieurs ébauches lorsqu’on décide de travailler réellement sur une série photo, et qu’il est bien rare que le premier jet soit le définitif. Car entre le premier développement et les suivants, les idées viennent, s’affirment, s’emboîtent les unes avec les autres et c’est par ce travail de construction-déconstruction-reconstruction qu’une série prend forme.
Alors voilà, tout est là maintenant, même mon texte de présentation de cette série 🙂
Titre et texte de présentation :
Le clair de lune progresse vers l’ouest, l’ombre des cerisiers en fleur chemine vers l’est *
C’est le printemps. Comme chaque année, je regarde le déploiement de la nature, admire la force vitale qui émerge de la matière terrestre. Je ressens, je vis mon appartenance profonde au cycle de la vie. Autoritaire, ce souffle vital m’accompagne et m’impose son énigme.
Mais cette fois-ci, la magie n’opère pas comme d’habitude. Le jardin que j’observe m’échappe, refuse de se laisser définir, ses contours se dissolvent à mesure que j’essaye d’en comprendre le sens et l’ordonnancement. Je connais – je reconnais – pleinement les essences végétales, et pourtant je suis dans un ailleurs lointain, inhabituel. Je suis placée devant une autre manière de représenter l’espace naturel et je n’en saisis pas encore tout à fait la portée. Je découvre que je vis un bonheur printanier d’un genre nouveau, riche d’une inspiration tentante. Je suis arrivée en Chine.
Pour exprimer cette vision, je suis allée puiser dans les formes organiques des pierres de Jade, dans celles des bijoux et des éventails qui appellent à mes yeux l’Asie. Elles consentent à la fois une rupture et une continuité entre ce qui m’est familier et ce qui m’est énigmatique, entre le défini et l’indéterminable. Par leur contour lumineux, elles m’autorisent à faire émerger la vie.
Ces photographies figurent ce mystère, cette oscillation et ce balancement entre 2 cultures. Suspension des frontières pour un temps, va et vient entre l’ici et l’ailleurs, jonction avec le principe vital, elles vous racontent ce voyage.
Le premier jet de cette série est visible ici : https://www.photofolle.net/drole-de-printemps/. Vous remarquerez que j’ai éliminé certaines photos et en ai réalisé de nouvelles pour mon propos, les formes que j’ai dessinées sont bien plus structurées, j’ai également fait pas mal de photos pour obtenir ces points de lumière que j’ai juxtaposés, parfois je suis juste allée puiser dans mes archives pour « récupérer » certains éléments qui me manquaient.
Bref, il s’agit d’une petite cuisine interne et j’espère que « le plat » qui en résulte vous plaira au moins autant que le « hors d’oeuvre » 😉
Le texte original en japonais est intraduisible fidèlement et après de très nombreuses recherches, j’ai fini par adopter la forme en français que vous découvrez.
Le temps file à une vitesse hallucinante ! Voilà déjà 10 mois que nous sommes venus nous installer à Nanjing, et depuis j’ai bénéficié d’une accélération professionnelle dont je ne me serais jamais doutée en arrivant ici ! À quelques semaines de retourner pour les vacances en Europe, je me suis dit qu’il était temps de faire un petit bilan …
Ce qui est paradoxal, c’est qu’ici tout est à la fois plus compliqué et plus facile. Plus compliqué car basiquement j’ignore grosso modo tout de la Chine, de son organisation, de sa culture, de sa géographie, de sa politique et bien entendu, de sa langue. Oh, j’ai bien quelques connaissances ça et là, mais elles me paraissent tellement superficielles et il me reste tellement à approfondir que je préfère me considérer encore comme grande ignorante. Le plus gros handicap au quotidien est la langue, et là, ce n’est pas de la gnognotte 😉 J’éprouve pleinement et en pleine figure ce que c’est d’être 100% analphabète, l’inconfort qui en résulte, le sentiment de fragilité et d’être à la merci des événements sans pouvoir les contrôler ou tout du moins les anticiper. Car c’est une chose de ne pas parler et comprendre, mais c’en est encore une autre de ne pas pouvoir lire ! Je vous en reparlerai probablement car sur le fond c’est très intéressant …
D’un autre côté, cette ignorance et/ou cette naïveté qui en découle me permet d’oser des choses que je n’aurais jamais faites en Europe. De toutes les façons, je n’ai pas le choix … Alors j’y vais, je fonce et de ce point de vue là, la Chine a cette capacité d’accueil et de réceptivité à la dynamique des opportunités stupéfiante. De par mon statut d’étrangère (rarissime, je rappelle que la proportion d’étrangers est de 0,01% !), je me fais immanquablement remarquer. Les Chinois sont tellement adorables et curieux. Quand je pense à l’accueil qu’on leur fait en Europe … Non, je préfère pas, j’ai honte …
Ma position de photographe est également une source d’intérêt pour les gens, surtout que ma photographie est assez « atypique » et personnelle et elle provoque énormément de curiosité. Bref, à chaque fois que je suis conviée quelque part, il en ressort une prise de contact, une opportunité, un projet, un possible …
Et ces deux facteurs m’ouvrent des portes à toute vitesse !
Ainsi donc, voici quelques événements marquants de cette année :
Participation au festival international de Lishui en novembre 2015 avec ma série VIXI grâce à ma rencontre avec le directeur du département photographie de l’Université des beaux-arts de Nanjing.
Participation d’une de mes photos pour une vente aux enchères au profit d’une association caritative. J’ai été émue de voir les gens surenchérir pour acquérir cette photographie jusqu’à atteindre un prix vraiment conséquent et bien au delà de son prix initial déjà élevé !. Là, j’y ai rencontré le curateur du musée des beaux-arts de Nanjing.
Rencontre avec la galerie photographique Ofoto à Shanghaï. Celle-ci me représente désormais. J’en suis très fière car d’après ce que les gens du milieu photographique m’ont dit, c’est actuellement une des meilleures de Chine ! Wouahou … Il est vrai que lorsque l’on voit la liste des photographes qu’elle représente, j’ai comme qui dirait l’impression de rentrer dans la cour des grands. Mais ne vous inquiétez pas, je ne vais pas prendre la grosse tête 😉 😉 😉 Je suis juste un peu frustrée qu’ils n’aient pas encore ajouté mon nom dans la liste de leurs artistes. Ils m’ont dit qu’ils allaient le faire incessamment sous peu …
La semaine prochaine, je pars pour la Biennale photographique de Tianshui dans le nord de la Chine avec Ofoto. On va présenter ma série « Ensemble ». Là encore, quand je vois la liste des photographes qui vont exposer, je me sens toute toute toute petite … Exposer aux côtés d’un Marc Riboud, ça met la pression … Juste pour la petite histoire et pour vous donner une idée du dynamisme économique de la Chine, ma participation à ce festival est prise en charge à 100% par la galerie : des tirages à leur encadrement, à leur transport et à leur accrochage, de mon déplacement en avion à l’hébergement, cette manifestation ne me coûte pas un centime ! En ce qui me concerne, c’est du jamais vu …
À Nanjing, il y a une grosse entreprise spécialisée dans le tirage fine-art des photographies, Fantac. C’est là que je réalise mes tirages. Le directeur de cette entreprise est « tombé amoureux » de mes photographies et a décidé de me sponsoriser en m’offrant tous mes futurs tirages d’exposition, en publiant un article sur mon travail dans une revue chinoise de photographie et en le diffusant dans leur newsletter (qui couvre toute la Chine, mais aussi Hong-Kong et Manille !).
Tout ça me donne tellement la pêche, que je suis entrée en contact avec une galerie américaine, Vamp & Tramp, car je cherche un débouché pour mon livre d’artiste « Amour perdu ». Oh joie, j’ai été acceptée dans leur catalogue et c’est désormais elle qui me représente !
Projets pour la suite … et à l’heure d’aujourd’hui …
L’AMNUA, le musée des beaux-arts, me propose une exposition pour 2017,
Je dois faire une lecture de mon travail photographique pour la Nanjing University of the Arts,
Cette même université souhaite que j’anime un cours de photographie créative,
Je prépare un cours de photographie pour la Nanjing International School
Je suis engagée dans un projet de montage d’une exposition sur le travail d’Etienne-Jules Marey, l’inventeur de la chronophotographie. Ce projet de très grande envergure doit associer le Nanjing Arts Institute, l ‘AMNUA, le Nanjing Tech Institute, la fondation Marey et l’Université de Bourgogne.
Participation à Photo Shanghaï, …
Bien entendu, je suis parfaitement consciente que tout cela ne tombe pas du ciel et que c’est le résultat de beaucoup de travail, de remises en questions, d’apprentissage, de volonté de toujours s’améliorer, de ne jamais considérer les choses pour acquises. Je regrette juste que cela se fasse au détriment du blog pour lequel je peine à trouver du temps …
À cause de cela, je tenais vraiment à vous remercier de votre fidélité malgré mon absence qui se fait de plus en plus sentir. Je tenais à vous dire aussi que tout cela est rendu possible grâce à votre soutien sans faille depuis la création de ce blog, à vos encouragements, à tous vos messages qui ont alimenté de manière si précieuse ma pratique photographique. Sachez donc que tout ce qui m’arrive ici, c’est aussi grâce à vous !
Je ne pourrais jamais vous remercier assez !
*les photos qui illustrent cet article ont été prises à 350 km/h durant un trajet en train entre Nanjing et Shanghaï
Il y a quelques mois, la réforme de l’orthographe est rentrée en vigueur et je me souviens avoir lu de nombreuses critiques offusquées à son propos. Pour ma part, je trouve que lorsqu’une langue écrite change et évolue, c’est bon signe. Ca veut dire que c’est une langue vivante ! Et puis franchement, qui serait capable de lire dans la langue de Molière de l’époque ? Pas moi en tout cas … Comme si le français d’aujourd’hui était écrit dans la roche et était directement descendu d’une parole divine … Ah ! comme nous ne voyons que par le minuscule bout d’une lorgnette, coincés dans une temporalité et un espace si étriqués …
Il y a parmi les mots changés celui de « nénufar ». Alors là je dois dire que je le trouve 1000 fois plus joli ainsi ! Il parait que la suppression du « ph » était logique car c’était en fin de compte une aberration. Ce mot dérive en effet de l’arabe dans lequel il est écrit avec un « f ». Vous ne trouvez pas que ce « f » lui redonne toute une poésie, un goût d’ailleurs, une douceur, une ondulation que ce fichu « ph » lui confisquait ?
Alors voilà, juste pour dire merci aux académiciens et aux linguistes, 3 petites photos toutes simples mais qui disent la richesse de cette plante.