La perfection ne s’obtient que par la retouche et par la refonte.
– Antoine Albalat
Et bien voilà, ce qui devait arriver arriva … Depuis que j’ai dû me résoudre à changer d’ordinateur car mon ancien était devenu vraiment trop lent et pas assez puissant pour mes fichiers photo et les mises à jour des logiciels de plus en plus gourmands, ma fidèle tablette Wacom m’a lâchée.
Oh ! Ce n’est pas faute d’avoir essayé de la dépanner, d’être allée sur les forums pour comprendre pourquoi tout à coup elle se comportait comme une simple souris (les fonctions tactiles et les boutons ne fonctionnaient plus), d’avoir désinstallé et ré-installé des dizaines de fois le driver ! Non, rien n’y a fait …
Alors pourquoi utiliser une tablette graphique me demanderez-vous ?
Oui, parce que après tout, un photographe n’est pas un graphiste ! À part des cas très particuliers qui requièrent des outils tels que Photoshop pour faire des retouches spécifiques, des montages ou des manipulations sophistiqués, dans l’immense majorité des cas on se contente d’outils généraux tels que l’ajustement d’exposition, de contraste et de la balance des blancs, le redressement et le recadrage.
Sauf qu’à mon avis, c’est une erreur d’appliquer ces ajustements à l’ensemble d’une image et c’est bien mieux de les faire localement, zone par zone et au cas par cas.
Bien sûr ces ajustements ne sont pas nouveaux !! J’aime toujours rappeler à ceux qui dédaignent ce qu’on appelle maintenant la « post production », que depuis que la photographie existe ce même travail est effectué en chambre noire « traditionnelle ». Et que toutes les photos un peu anciennes qu’ils admirent tant sont toutes passées par un travail de développement minutieux. Je vous invite d’ailleurs à visualiser la vidéo ci-contre, elle est tellement instructive !
On découvre donc notamment dans cette vidéo que la technique du « dodge and burn », qui consiste à éclaircir ou assombrir certaines zones de la photo par un ajustement d’exposition, est exactement celle qu’on utilise dans nos « chambres claires » informatiques. Et c’est là que la tablette graphique intervient 🙂
En effet, tout ce travail local d’ajustements est tellement plus agréable et surtout précis à faire lorsqu’on a un crayon dans la main plutôt qu’une souris ou encore pire, qu’un trackpad ! Le geste est beaucoup plus naturel, fluide et fin. C’est pourquoi ça fait des années que j’utilise une tablette et son stylet, non pas pour dessiner, mais pour faire des ajustements locaux. Et je ne suis pas la seule, loin de là ! Bon nombre de photographes ne pourraient pas s’en passer 🙂
Personnellement, je peux d’autant moins m’en passer que je travaille avec Capture One (ici le post que j’avais rédigé à propos de ce logiciel) qui, au contraire de Lightroom, utilise constamment les « pinceaux ». C’est vous dire à quel point j’ai été consternée lorsque ma tablette m’a lâchée.
Il a donc fallu que je me mette en quête d’une nouvelle tablette …
La tablette Huion Inspiroy
Bien sûr, il y a pléthore de tablettes sur le marché, mais une marque domine de manière quasi monopolistique, c’est l’entreprise Wacom. Et à juste raison car il faut reconnaître que leurs produits sont d’excellente qualité et fiables (mais pas éternels la preuve 🙂 ). Sauf que ces tablettes coûtent très cher, ce qui pouvait se comprendre tant qu’il y avait peu de concurrence, mais aujourd’hui c’est une autre histoire compte-tenu de ce qui se fait sur le marché.
Et lorsque j’ai vu que pour remplacer la mienne il m’aurait fallu débourser près de 350 euros, mon coeur a fait un bond !!
Du coup, vous imaginez bien que je suis allée faire un tour chez la concurrence 🙂 Et je suis tombée sur la marque chinoise Huion. Après quelques lectures d’avis sur différents sites de graphistes, il semblerait que cette marque soit une excellente alternative à Wacom et pour un prix vraiment, mais vraaiiiiiiiiiment inférieur ! Regardez un peu … J’ai opté pour le modèle Inspiroy H1161 pour l’équivalent de 35 euros ! En Europe, ce modèle est vendu 89 euros sur le site du constructeur.
Alors qu’est-ce qui justifie une telle différence de prix ? Et bien à vrai dire, je ne sais pas trop … Bien sûr, la Wacom est indéniablement d’une construction plus solide, plus épaisse, plus lourde. Mais comme je ne suis pas nomade avec cette tablette et qu’elle reste toujours bien sagement sur mon bureau, ce n’est pas un facteur déterminant pour moi et le matériau semble être de toutes façons de très bonne qualité.
L’autre différence, majeure celle-ci, est le support pour le stylet qui est vraiment trop cheap, à tel point que le crayon tient à peine. En fait c’est un bout de plastique creux – mais qui renferme quand même 8 mines de rechange – donc à garder quand même 😉 Ceci dit, le stylet en lui-même est également tout à fait correct, peut-être plus léger que celui de la Wacom, mais qui tient vraiment bien en main, très doux à la fois au toucher et à la pression, ce qui fait qu’il est franchement agréable à utiliser. Et surtout, surtout, il n’y a pas besoin de batterie pour fonctionner !! Ça c’était un facteur choix déterminant pour moi !


Il y a d’autres différences entre cette tablette et la Wacom, certaines sont insignifiantes pour mon cas, d’autres au contraire représentent de sérieux avantages.
La tablette Huion n’est pas wifi/bluetooth et ne fonctionne que si elle est branchée à l’ordinateur par un bon vieux fil. Personnellement, étant donné que je suis contrainte d’utiliser un VPN, tout ce qui fonctionne par wifi est source de problèmes car il y a presque toujours des conflits. Donc là je fais comme avec ma Wacom, je branche cette tablette avec l’USB directement 🙂
Cette tablette n’est pas non plus totalement tactile. Hormis une zone représentée par un trait vertical près des touches, le reste est insensible au toucher et ne réagit qu’au contact du stylet. Je dois dire que c’est une limitation qui me convient parfaitement ! En effet, avec la Wacom qui était tactile sur toute sa surface, je devais toujours faire attention de ne pas l’effleurer par inadvertance, surtout en été lorsqu’on a les bras nus. C’était donc plus pratique pour moi de la mettre à distance, au dessus de mon clavier. Mais du coup c’était moins ergonomique car je devais toujours avoir le bras un peu tendu quand je l’utilisais. Avec la Huion ce n’est plus le cas et je suis tellement contente de pouvoir la mettre sous mon clavier, juste en face de moi ! Et cette petite zone tactile de la Huion est tellement basique que c’est impossible de faire un mauvais geste : c’est juste haut/bas. Je m’en sers donc pour zoomer et dé-zoomer. Et qui dit basique, dit que ça marche à tous les coups et extrêmement bien !
Pour le reste, les dimensions des 2 tablettes sont sensiblement identiques. Celui de la Huion fait 28cm x 17 cm ce qui est parfaitement adapté à la taille de mon grand écran 🙂
Et leurs stylets ont tous deux 2 touches supplémentaires dont personnellement je me sers pour le « clic droit » et la gomme.
Plein de touches paramétrables !
En fait, il y a une différence majeure entre les 2 tablettes et dont je suis plus que ravie, c’est le nombre de touches : la Huion n’en compte pas moins de 10 physiques et 16 tactiles ! Et ça c’est absolument génial ! Alors que la Wacom la moins chère à taille plus ou moins égale ( 201 euros sur le site Wacom) ne compte que 4 boutons personnalisables et la plus chère à taille légèrement supérieure ( 534 euros !) en compte 8, la Huion a donc 26 boutons au total. C’est une différence absolument énorme en termes d’ergonomie d’utilisation !
Avec toutes ces touches à disposition et évidemment entièrement paramétrables, j’ai pu me faire mon petit bureau de raccourcis des outils que j’utilise le plus. Bien entendu, certains d’entre vous me diront que les raccourcis claviers ne sont pas faits pour les cochons et qu’ils peuvent allègrement remplacer ces touches. Je vous l’accorde. Mais ces raccourcis ne sont pas non plus faits pour les ânes comme moi qui n’arrivent pas à mémoriser plus que le « Command C », le « Command V », « Z » et Escape 😉
Du coup, je me suis fabriqué des petites étiquettes que j’ai scotchées sur la tablette. Pour le moment c’est fait un peu de bric et de broc, entre des étiquettes que j’ai récupérées à droite à gauche dans mes « boîtes à bordel », des stickers et des zones sans étiquettes parce que pas besoin je sais à quoi elles correspondent. Un de ces 4 j’essayerai de faire une installation un peu plus design 😉
Mais pour le moment, c’est un vrai plaisir de travailler ! Entre un ordinateur qui enfin ne rame plus et cette tablette qui me permet de travailler mes photos en plein écran sans avoir à aller dans les menus, donc avec le moins de distractions possibles, et le tout avec un crayon à la main, c’est le nirvana !
Bref, la conclusion de tout cela, c’est que si vous cherchez une tablette à un prix plus que compétitif, même en Europe, cette marque chinoise est sérieusement à prendre en considération. Reste à savoir évidemment si le produit tiendra la route sur le long terme, mais ça, je ne pourrais vous le dire, je l’espère, que dans 10 ans 😉 Vous pouvez aller faire un tour sur leur site ici. Et si vous souhaitez un comparatif avec Wacom, c’est ici. Je tiens à préciser que je ne touche strictement aucune commission de rien, que ce n’est pas du « publi-reportage » ou quoi que ce soit dans le genre. C’est juste un petit retour sur cet achat qui peut-être servira à quelques uns d’entre vous 🙂 Et je rappelle également que l’avis que je donne est pour une utilisation de photographe qui est très différente et certainement moins exigeante qu’un graphiste ou un dessinateur !
Et sinon je voulais vous demander … Vous, vous êtes plus tablette, souris, trackpad ou … chambre noire traditionnelle ? Et comment vous-y prenez-vous pour vos retouches ? N’hésitez pas à partager votre expérience dans les commentaires !






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