Il y a quelque temps, je vous annonçais mon acquisition du moyen format Fujifilm GFX 50R en complément de mon Leica Q. Après plusieurs mois d’utilisation, je me suis dit que vous aimeriez savoir ce que j’en pense et c’est donc ce que je vais faire ici 🙂
Je ne vais pas revenir longuement ici sur le pourquoi de cet investissement. Mais voici en très résumé mes motivations :
- Besoin de diversifier mes focales,
- Le Leica que j’avais en tête était vraiment trop trop trop trop cher,
- Besoin d’un boîtier avec des fichiers de très bonne qualité,
- Volonté de découvrir une nouvelle façon de travailler.
Si vous souhaitez plus de détails, voici l’article dans lequel je développe mes idées :
Pour l’heure, je vais plutôt vous faire part de mes immenses joies avec cet appareil, mais aussi … de mes petits déboires 😉
Avertissement
Je tiens à préciser qu’il ne s’agit pas d’un test, que je ne suis pas une professionnelle des « avis », que les lignes qui suivent rendent compte d’une utilisation personnelle et donc forcément subjective et qu’il n’y aura pas de note sur 10 ou d’étoiles à la fin de ce post pour évaluer cet appareil photo 😉

L’ergonomie et la prise en main
Les plus
Petit, léger, discret, tropicalisé, écran orientable
Lorsque je l’ai pris en main pour la première fois, j’avoue que j’ai été franchement surprise par sa – relative – petitesse et légèreté. Bon, bien entendu, on ne parle absolument plus d’appareil compact et il est bien incapable de tenir dans une poche ! Non, il est gros à peu près comme un réflex professionnel et il a besoin d’un sac dédié. Mais on parle d’un moyen format et ses dimensions sont une avancée majeure dans ce domaine !

Ahaha, moi qui aimais me déplacer léger, j’ai donc dû investir dans un sac photo qui puisse emporter mes 2 appareils ! Et lorsque je suis en prise de vue, j’ai donc les 2 boitiers autour du cou. C’est assez lourd mais j’avoue que je m’attendais à plus d’inconfort et je peux déambuler pendant 2 ou 3 heures avant d’en sentir vraiment le poids.
Du fait de sa sobriété, ce GFX 50R est vraiment discret ! On dirait une brique. Et l’objectif que je lui ai adjoint, un 63 mm f/2.8 (équivalent 50 mm) n’est pas très très gros ce qui fait que ce couple est parfaitement adapté à la photographie de rue. Bon, il est moins discret que le Leica, mais franchement, il passe assez inaperçu et surtout, il n’a pas ce look « agressif » qu’ont souvent les reflex pro.
Deux autres points super positifs : une tropicalisation totale et un écran orientable. J’ai pu apprécier cette tropicalisation cet hiver alors que nous étions dans le désert et en pleine tempête de sable et j’étais franchement rassurée de savoir que les joints étaient bien étanches et ne risquaient pas de laisser passer la poussière. Et je l’apprécierai sûrement dans quelque temps quand la saison des pluies arrivera ! Cette protection manque cruellement à mon Leica et je trouve même scandaleux qu’au prix où il est il ne soit pas tropicalisé !
En ce qui concerne l’écran orientable, même si c’est moins indispensable, ça peut s’avérer pratique. Bon, pour le moment je dois bien avouer que je ne m’en suis pas encore beaucoup servie, mais c’est tout simplement par ce que je n’y pense pas 😉

Les moins
Le menu, trop de boutons et le grip
- LE MENU
Aaaaaah, le menu ! Moi qui suis passée d’appareils photo datant de Mathusalem (donc relativement peu d’options disponibles par rapport à ce qui se fait aujourd’hui) au Leica Q dont le menu est vraiment minimaliste, là je me retrouve devant des milliards d’options dont, il faut le dire clairement, je n’ai rien à faire !
Et je ne sais pas si c’est un problème de traduction, mais les termes sont souvent complètement abscons pour moi … Sans compter la logique qui m’échappe parfois. Par exemple, pour formater la carte, il faut aller dans « Paramétrages » et « configuration utilisateur » ! C’est sûr qu’avec une telle arborescence on ne risque pas de formater les cartes par inadvertance 😉
Mais si ces menus sont si complets, ou disons que s’ils regorgent d’options à ce point, c’est peut-être que la plupart des gens les utilise ? Faites-vous partie de ces photographes qui configurent tout à partir de leur boîtier ? Même des options telles que « effet du grain », « couleur effet Chrome », « plage dynamique DR100% – DR200% » (aucune idée de ce que c’est !) et j’en passe ! Éventuellement je peux comprendre qu’on souhaite maîtriser ce genres de paramètres lorsqu’on fait de la photo de studio, mais pour une utilisation plus en mode « reportage », et qui plus est en format raw, c’est le genre de réglages à priori qui m’échappe.
Qu’ils soient présents pourquoi pas ! Il en faut pour tous les goûts 😉 Mais par pitié, pas au milieu des autres réglages plus fondamentaux. J’aurais donc une suggestion à faire à Fuji … Pourquoi ne pas proposer à l’instar de Photoshop qui offre des espaces de travail spécifiques à chaque métier (« les indispensables », « photographe », « 3D », etc …), des menus rapides qui permettraient d’accéder à un espace de travail spécifique. On pourrait imaginer par exemple un menu « Les essentiels », un autre « Studio » ou encore « Paysage », etc …
Bref, vous l’aurez compris, le menu me donne la migraine …

- LES BOUTONS
Alors, vous allez peut-être rigoler, mais là aussi je trouve qu’il y a trop de boutons. Quinze il me semble plus 4 molettes ! Le Leica en compte 8 (y compris le déclencheur) et 2 molettes. C’est à dire exactement la moitié ! Et sincèrement ça suffit ! Parce que quand même il ne faut pas exagérer. De quoi a besoin un photographe ?
- 1 déclencheur,
- 1 réglage iso
- 1 réglage ouverture
- 1 réglage vitesse
- 1 mode de mesure de lumière
- 1 mémoire d’exposition (éventuellement du focus)
- 1 compensation d’exposition.
Le réglage de l’ouverture se fait sur l’objectif et celui de la vitesse avec une molette de même que la compensation d’exposition. Restent donc les Iso, le mode de mesure de la lumière, la mémoire d’expo et … le déclencheur. 4 boutons importants et 2 molettes en résumé. Donc ma question est : pourquoi autant de boutons sur le Fuji ?
Heureusement ils sont paramétrables ! Donc pour ma part, j’ai fini par tous les désactiver sauf mes 4 essentiels, parce que non seulement je me perdais complètement dans les commandes, mais en plus il m’arrivait de les toucher sans faire attention. Et je les ai mis presqu’au même endroit que ceux du Leica Q, et ça c’est pas mal car mes doigts viennent naturellement les chercher 🙂

- LE GRIP
Comme je vous le disais plus haut, on dirait un peu une brique. Les ingénieurs ont tout fait pour rendre ce moyen format le plus compact possible et c’est tout à leur honneur. Mais à mon sens, la poignée aurait pu être légèrement plus proéminente. Comme il est très plat, on est obligé de l’empoigner assez fermement. Mais que se passe-t-il ? Du coup, on a tendance à toucher ces fichus boutons !
Et encore. J’ai monté le 63 mm qui est le plus petit et léger des objectifs de la gamme des moyens formats. Je ne sais pas ce qui pourrait se passer si j’avais le zoom ou pire, l’énôôôrme 120 mm macro.
Par ailleurs, j’attends de voir comment mes mains vont l’agripper cet été. Il faut savoir qu’à Nanjing on a 100% d’humidité et 30º-35º en moyenne l’été (c’est l’un des 4 fours de Chine dit-on !). Autant dire qu’on transpire beaucoup, beaucoup, voire plus 😉 En prévision, j’ai acheté une coque en cuir. Non non, ce n’est pas pour faire vintage, mais outre le fait que ça protège quand même l’appareil, le cuir a l’immense mérite d’absorber la transpiration. D’ailleurs, la coque en cuir de mon Leica a déjà une belle patine comme si elle avait 15 ans 😉

En conclusion, vous l’aurez compris, mes reproches vont à l’ergonomie du boîtier qui peut être largement perfectible à mes yeux. De ce point de vue, on dirait parfois que les ingénieurs se sont fait plaisir en oubliant les photographes 😉 À moins que ce ne soit purement marketing pour donner l’impression de ne pas être en reste par apport à ce qui se fait chez la concurrence, ou peut-être aussi pour dire aux acheteurs qu’ils en auront pour leur argent ? Personnellement, je fais plutôt partie de cette école du « Less is more » parce que quand c’est bien fait comme pour le Leica Q, on peut vraiment se concentrer sur l’essentiel : la prise de vue !

Alors pour quelles utilisations je recommande ce GFX 50R ?
Et bien en fait, je pense pour toutes les opportunités photo, ou presque, le presque étant parce qu’à mon avis les photos de sport sont à exclure. Mais ceci est inhérent au moyen format, j’y reviendrai plus loin.
Pour ma part, je suis une photographe assez polyvalente. Mon Leica Q pourrait me suffire, j’en avais fait la démonstration dans cet article :
Mais du fait de la focale fixe non interchangeable du Leica Q, il m’arrivait, surtout en situation de reportage, de ressentir un manque en termes de diversification de focales. C’est pourquoi j’ai opté pour un objectif équivalent au 50mm, le Fujinon GF 63mm f/2.8 qui à mes yeux est le complément idéal d’un 28 mm.
Petit aparté …
Certains me diront que j’aurais pu prendre un zoom. Mais dans mon mode de fonctionnement très personnel, j’avoue que je n’aime pas ces objectifs. Non seulement ils sont la plupart du temps moins lumineux qu’une focale fixe – ou s’ils ont une grande ouverture ils deviennent absolument énormes !-, ils sont moins qualitatifs, mais surtout je perds un temps fou à décider de mon cadrage.
C’est donc pourquoi ce Fuji est mis exactement à la même sauce que le Q, à savoir …

Le reportage, la photographie de rue
Et il réussit super bien !
Comme je le disais plus haut, ce GFX 50R est un appareil assez discret aussi ce n’est vraiment pas un problème de l’avoir dans la rue. En fait, j’ai l’impression que les gens, lorsqu’ils le remarquent, sont plus intrigués que dérangés ou intimidés contrairement aux gros reflex pro qui eux provoquent plus de méfiance.



Les exemples ci-dessus nous montrent des personnages que j’ai pris de relativement loin. Mais même lorsque je me rapproche beaucoup, je reste très discrète et en fait, personne ne fait attention à moi ;).
Le bruit du déclencheur est aussi assez discret (beaucoup moins que celui du Leica c’est sûr !) et si besoin j’ai vu que je pouvais aussi le mettre en mode « silencieux ».



Par ailleurs, j’ai été extrêmement favorablement étonnée de la vitesse de l’auto-focus. On m’avait mise en garde sur leur lenteur à cause du moyen format. Là, franchement, même s’il est loin de battre l’extraordinaire rapidité du Leica Q, il n’a pas à rougir du tout du tout ! Je dirais qu’il est aussi rapide qu’un appareil moyen de gamme actuel, ce qui franchement, est déjà bien ! Je n’ai pas encore eu à regretter une photo que j’aurais loupée à cause de la lenteur de l’AF. Et de ce point de vue là, bravo Fuji ! On peut vraiment dire qu’ils ont réussi à faire sortir des studios les moyens-formats !

La photographie d’architecture
Génial !
Avec le portrait, c’est probablement ce qui me manquait le plus avec l’usage exclusif du 28 mm : la possibilité de cadrer plus serré et d’avoir un peu moins de déformations et de fortes lignes de fuite. Attention, j’adore littéralement les superbes lignes que procure le 28 mm, mais varier les plaisirs n’a jamais fait aucun mal à personne ;).
Avec ce 63 mm, je n’ai quasiment pas de déformation, et il suffit que je sois bien positionnée exactement dans l’axe et là, je peux dire que la déformation est proche de zéro !





Vous remarquez peut-être que toutes ces photos sont en format 2/3 (24×36). Je voudrais juste préciser que ce n’est pas tout à fait un choix de ma part mais j’ai opté pour ce format par défaut car mon Leica ne dispose que de celui-ci. Là j’avoue que le choix des dimensions est une super option proposée par le Fuji (2/3, 4/3, carré, panoramique) et Leica ferait bien de le proposer aussi. Bien sûr vous me direz qu’il est toujours possible de recadrer en post production, mais le fait de pouvoir cadrer directement au bon format est un véritable plus pour moi qui adore soigner mes cadrages aux petits oignons au moment de la prise de vue 😉
Zut, moi qui me plaignait du trop d’options du Fuji, il n’y en a peut-être pas assez chez Leica ? 😉 😉

La photographie de paysage
Re-génial 😉
À mes yeux la photo de paysage est assez proche de la photographie d’architecture ou même de rue, mais ce qui la distingue le plus c’est le fait que bien souvent il est difficile de trouver un point fort. Et avec cette focale de 50 mm, c’est quand même plus facile d’en avoir un sans être obligé de faire des kilomètres pour se rapprocher de ce point afin qu’on le voie quand même. Un oiseau dans le ciel avec le Leica, ça ressemble souvent plutôt à une tache 😉

La photo ci-dessus est l’exacte illustration de quand j’ai été heureuse d’avoir un 50 mm monté sur un moyen format ! Certes, c’est très très trèèèèès loin d’être un objectif pour la photo animalière (et d’ailleurs cette photo est une photo de paysage, les oiseaux ne sont là que pour le petit plus), mais j’étais sûre qu’on les verrai bien. C’est que côté définition, cet appareil déchire ! 😉 😉
Allez, je vous montre quelques exemples de photos prises au Fuji …




Parfois, lorsque c’est possible, j’aime bien introduire un flou de premier plan dans mes photos de paysages, je trouve que ça leur donne de la profondeur mais aussi une certaine forme de mystère. Et la qualité du flou de ce boîtier est une merveille ! Le flou de profondeur de champ du Leica est fantastique aussi bien entendu, mais ça reste un flou de 28 mm, alors … c’est pas pareil 😉



Allez, puisque je vous parlais du flou, j’en profite pour approfondir le sujet 😉
La proxi-photo
Flou, flou, flou et bulles de lumière
Alors, que l’on soit bien d’accord, ce 63mm équivalent 50 mm n’est pas un objectif macro ! Et il n’a pas non-plus de fonction macro comme on peut en trouver sur certains objectifs. Mon Leica en a une, ce Fujinon non !
Mais …
Malgré une distance minimale de mise au point de 50 cm, même une focale normale sur un moyen format devient un outil de créateur de flou et de bulles de lumière comme je les aime. Absolument génial !

Toutes les photos que je vous montre ici sont garanties sans recadrage ou minimal pour enlever les petites broutilles gênantes sur les bords. Je les ai prises avec l’ouverture maximale à f/2.8. Bon, il faut avouer qu’à cette ouverture extrême, les bords ne sont plus très nets, mais par contre au centre on a une magnifique définition !




Je vous laisse donc imaginer ce que pourrait donner le 120 mm macro (équivalent 100mm) !
PS : je ne vous ai montré ici que des exemples de « proxi-photo » avec des fleurs, mais bien sûr tous les sujets pris de près sont valables 😉

Le portrait
Re-re-re-re-génial 🙂
Bien sûr, on sait tous que le 50 mm est très bien adapté au portrait même si idéalement il vaut mieux une focale entre 75 et 85 mm. Mais c’est quand même bien mieux que le 28 mm même si je ne me suis jamais gênée d’en réaliser avec le Leica Q 😉
En fait, c’est aussi beaucoup à cause des grosses restrictions en portrait du Leica que je me suis décidée à investir dans un autre boîtier. En effet, comme j’effectue de plus en plus de reportages, c’était une facette qui commençait à me manquer sérieusement.
Alors que dire sur ce boîtier et de son objectif en portrait ? Et bien que du bon ! Déformation ultra minimale, un « piqué » superlatif et une ouverture qui permet de flouter à merveille l’arrière-plan. Que demander de plus ? Et bien j’ai un petit plus que j’adore parce qu’il s’intègre bien à mon style de photos : la tendance de l’objectif à créer de superbes flares en fonction des conditions lumineuses, comme dans la photo ci-dessus mais aussi celle qui vient ci-dessous !

Une fois n’est pas coutume (du tout du tout !), je vous dévoile ici les membres de ma famille ! Ce n’était pas intentionnel mais je n’avais pas assez d’exemples de photos de portrait 😉 😉 Donc permettez-moi de vous présenter ma fille Inès, mon cher et tendre mari, Ryad, et mon fiston Alexandre 🙂

Mais ce flou de profondeur de champ est un atout formidable lorsque l’arrière-plan est confus.
Encore une fois, et de manière tout à fait exceptionnelle parce que je n’ai pas sous la main d’autres exemples parlants, cette fois-ci c’est mon propre portrait que je vous présente ! Non, non, ce n’est pas un selfie, c’est une photo réalisée par mon fiston Alexandre ! Alors j’en profite ici pour vous dire qu’il est un très talentueux photographe et surtout vidéaste professionnel ! Allez voir son site si vous ne me croyez pas ou si vous êtes curieux de découvrir ses réalisations ! : http://www.alexandrechellali.com

Et bien entendu, la qualité est exceptionnelle ! Ci-dessous je vous propose un crop à 100% du visage de la vieille dame. On peut compter ses cheveux et la presque sentir le toucher de la trame de sa chemise !


Comme vous pouvez donc le constater, ce moyen format est donc définitivement fait pour sortir des studios et se frotter à une photographie de terrain très variée !
Mais alors, qu’est-ce qui change entre un moyen format comme ce Fuji et un appareil « classique » ?

Les spécificités du moyen format
Avant de développer ce sujet, je tiens ici à préciser que je ne suis pas (encore 😉 ) une spécialiste du moyen format ! Les lignes qui suivent sont mes propres conclusions après plusieurs mois d’utilisation. Peut-être d’ailleurs que certains parmi vous, chers lecteurs, pourrez apporter votre contribution à ma liste !
- PROFONDEUR DE CHAMP TRÈS RÉDUITE
La différence entre un appareil full-frame et un appareil APSC ou micro 4/3 réside essentiellement dans la grosse différence de gestion de profondeur de champ. Une ouverture à f/3 par exemple fera apparaître beaucoup plus de flou sur un full frame que sur des appareils à plus petit capteur.
On peut donc s’attendre à ce que ce soit la même chose avec un moyen format.
Oui, bien entendu ! Les exemples des photos ci-dessus sont tout à fait parlantes de ce point de vue. Mais parce que le flou est extrêmement prononcé, la mise au point devient du coup beaucoup plus délicate. CQFD 😉
J’ai donc dû prendre l’habitude de fermer mon diaphragme entre f/8 et f/16 la plupart du temps, surtout lorsque je suis en situation de photographie de rue où l’on a très peu de temps pour réagir. En photo d’architecture, où c’est souvent quand même mieux d’avoir une grande profondeur de champ, là je n’y vais pas par 4 chemins, je ferme même à f/22, voire f/32 !

- VITESSE PLUS ÉLEVÉE
On dit que généralement la vitesse minimale pour être certain d’avoir une photo nette et sans flou de bougé de la part du photographe, c’est de caler la vitesse sur la longueur focale. Cela revient simplement à dire que pour un full frame (24×36) équipé d’un 50 mm, il faut que la vitesse d’obturation soit au minimum de 1/50ème de seconde. On connait tous le calcul de conversion si on ne dispose pas d’un full frame. Pour un appareil micro 4/3 par exemple, la vitesse minimale si on a un 50 mm fixé, ce n’est plus 1/50ème mais 1/100ème à cause du coefficient multiplicateur de 2.
On pourrait donc s’attendre à ce que ce soit la même chose avec un moyen format, mais en sens inverse …
Mon fuji est équipé d’un 63mm qui est équivalent à 50 mm en Full Frame. J’aurais donc logiquement tendance à penser que la vitesse minimale devrait être de 1/40ème environ. Et bien ce n’est pas le cas du tout du tout et c’est même tout le contraire !
J’ai en effet constaté qu’en dessous de 1/100ème j’ai presque une photo sur 2 qui souffre de flou de bougé ! Ça a eu tendance à me vexer car je suis plutôt une photographe stable 😉
Mais j’ai fini par comprendre que ça tient de la taille du fichier et de sa qualité ! En effet, avec des fichiers qui font 51 millions de pixels, la moindre erreur ne pardonne pas ! Non seulement du point de vue du flou de bougé mais aussi de mise au point !

Ainsi, comme la plupart du temps je dois pas mal fermer le diaphragme pour être sûre de ne pas trop commettre d’erreur de mise au point mais que je dois AUSSI avoir une vitesse d’obturation assez élevée pour éviter le flou de bougé, j’ai donc activé l’option « ISO AUTO » avec un seuil minimal de 1/100ème pour autoriser l’augmentation des iso. Là, j’avoue que c’est une chouette option de ce fuji 😉
Cet aspect fait que l’utilisation de ce boîtier est beaucoup plus exigeante, même qu’un full frame, surtout dans toutes les variétés de situations dans lesquelles je m’en sert !
Mais la récompense c’est …
- LA QUALITÉ D’IMAGE QUI EST … STUPÉFIANTE
Malheureusement sur votre écran vous ne pourrez pas l’apprécier à sa juste valeur. Je dois en effet mettre des fichiers en taille réduite et compressés pour des questions de poids. Une image raw pèse en effet plus de 112 méga et fait 8256 x 6192 pixels ! J’aime autant vous dire que ça a été l’occasion d’augmenter la Ram de mon ordinateur pour traiter de tels fichiers 😉
Ce que j’aime par dessus tout dans ces fichiers, c’est la taille des pixels 😉 En fait, ils sont très gros, ce qui donne des images à la fois extrêmement définies mais aussi toutes en douceur. Finalement, c’est un rendu assez proche de celui du Leica Q que j’aime justement pour cette sorte de « clarté-douceur » et dont le meilleur terme que j’ai trouvé c’est velouté.




En haut à gauche, un fichier du Fujifilm et à sa droite, celui du Leica Q. En dessous, j’ai fait des crops à 100 %. Vous voyez comme tous les 2 ont ce « velouté » à la différence près que les pixels du Fuji sont beaucoup plus gros que ceux du Leica ?
Et puis il donne un niveau de détails que je n’ai jamais vus jusque là sur aucune de mes photos (on voit les ailes de la petit abeille dans la photo ci-dessus !). Et dans l’image ci-dessous, en contrastant juste légèrement la photo, on peut voir la Lune et même la trace d’un avion !
Autant dire que ce genre de photo, imprimée en haute qualité, c’est un régal !

En conclusion
Et bien je crois que j’ai été assez explicite tout le long de ces lignes n’est-ce pas ? Malgré quelques défaut d’ergonomie, et après 4 mois d’utilisation je peux dire que je suis heur-reuse et que pas une seconde je ne regrette cet achat !
Ce Fujifilm GFX50R est certes un boîtier exigeant où les erreurs techniques se payent cash mais il remplit génialement son rôle d’appareil photo tout à fait polyvalent !
J’aurais juste bien aimé, à l’instar du Leica qui certes a affublé d’un lettre qui prête à sourire en français son modèle, le Q, que le Fuji fasse un petit effort sur son nom lui aussi. GFX 50R, c’est horriiiible 😉 Du coup je lui ai donné un petit nom et désormais c’est « La Bulle ».
Et je l’aime ma Bulle 🙂 🙂 🙂
Vous êtes nombreux à me demander où j’ai trouvé la coque en cuir pour cet appareil. À ma connaissance, j’ai bien l’impression qu’il n’y a qu’une seule personne au monde qui la fabrique et elle est située à Singapour. Ce que je peux dire, c’est qu’après 2 ans d’utilisation, elle n’a pas bougé d’un pouce. C’est donc de la top qualité ! Voici le site en question : https://kenjileather.com/



Laisser un commentaire