Il y a quelques mois je vous montrais la première photo d’une série que j’étais en train de réaliser et que j’avais intitulée « L’idéaliste contrarié ».

J’ai cessé par la suite de vous dévoiler les étapes de ce « work in progress » car j’avais besoin de me concentrer en toute autonomie sur ce projet, et surtout, je n’étais pas encore en mesure de vous expliquer clairement ma démarche. Car le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est une série vraiment particulière et je pense que ceux qui avaient découvert ce travail à l’époque ne me contrediront pas …

Depuis, j’ai donc continué vaillamment à développer mon idée de départ. Je dis vaillamment car je suis allée puiser dans des recoins tout à fait insondés et inexplorés jusque là de ma « créativité » – est-ce ainsi que je dois appeler ce processus de construction ? Il va sans dire que j’ai pris de gros risques, tant vis à vis de moi-même que du monde extérieur et vos réactions à l’époque en sont la preuve ; pour certains le début de cette série « parlait » immédiatement et sans détour, pour d’autres un sentiment de malaise, voire de rejet prévalait. Quoi qu’il en soit, ce que j’ai trouvé d’intéressant c’est que dans tous les cas de figure rares sont ceux qui sont restés indifférents. Étant d’un naturel « entier », je me demande si au fond ce n’est pas ce que je cherchais : provoquer, rechercher à rentrer en communication coûte que coûte avec l’autre et établir un dialogue, pas de tout repos certes, mais qui permette un échange, même « musclé », pourquoi pas.

Voilà, ceci étant dit, je crois maintenant qu’il est temps que je vous laisse découvrir cette série avant que je ne vous en dise plus sur son actualité car depuis sa réalisation il s’est passé certaines « petites choses » 🙂

Comme d’habitude pour les images miniatures, je vous conseille vivement de cliquer dessus afin de les agrandir.

 

Je vous propose maintenant de lire le texte décrivant mon « intention artistique » :

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Et si un idéaliste contrarié n’était rien d’autre qu’un rêveur réaliste ?

Chacun porte en soi la représentation d’un monde idéal qui se plie à nos désirs, nos envies, nos espoirs, nos aspirations ; en résumé, un monde où le « bonheur absolu » est possible.

Dans le même temps, cette idée du « bonheur absolu » se trouve confrontée au réel dont chacun de nous a une perception toute personnelle. Face à lui, nos aspirations à la félicité se trouvent bousculées, chahutées, car si les idées sont facilement manipulables, la réalité l’est beaucoup moins.

De ce point de vue, le medium photographique est au coeur même de cette confrontation :en tant que tel, il a le pouvoir de nous mettre face au réel, de ce que les éléments formels nous décrivent.[/two_columns_one][two_columns_one_last]Mais il a aussi le pouvoir de montrer ce qui n’est pas représentable : une certaine idée de la condition humaine ; ce que les surréalistes appelaient “la puissance subversive” des images.

À travers ces photographies je souhaite représenter la confrontation d’un idéaliste avec la réalité, tel qu’il la perçoit ou plutôt qu’il la subit, de manière plus ou moins violente, mais toujours intense et sans concessions. Parfois, les contrariétés viennent du monde extérieur, d’autres fois, ce sont les limites intrinsèques à l’idéaliste qui l’enferment dans ses propres contradictions.

C’est donc ainsi que je peux décrire cette série de 12 images : spontanée par la fulgurance des visions, mais raisonnée par la construction méthodique et réfléchie de chaque photographie.[/two_columns_one_last][divider]

Ce que vous ne pouvez pas voir ici, c’est le rendu de l’impression et c’est bien dommage … J’ai en effet trouvé un papier (chimique et non pas jet d’encre) qui contient beaucoup de métal. C’est le Fuji Pearl. Le résultat final me plait vraiment car ce papier donne un effet métallique assez incroyable et qui convient parfaitement aux photos. Par exemple, le cadre jaune semble être une feuille d’or, les tons clairs ressortent quasiment en tri-dimensionnel et les noirs conservent beaucoup de profondeur et de détails.

J’ai ensuite fait coller les tirages sur un support qu’on appelle ici du foam board, une espèce de dibond ultra léger mais assez épais (1 cm) et surtout SANS pellicule de protection qui ruinerait l’effet du papier, et le tout encadré dans une caisse américaine. Le résultat final est vraiment très claaaaasse 🙂

 

Passons maintenant à l’actualité de cette série 🙂

[wc_fa icon= »arrow-circle-right » margin_left= » » margin_right= »10px »][/wc_fa] Depuis le mois de juillet, je sais qu’elle a été sélectionnée dans le concours CONFINI auquel je l’ai fait participer. Je dois dire que je suis vraiment fière car il s’agit d’un concours réputé en Italie et de haut niveau artistique. Contrairement aux autres concours auxquels je participe de temps en temps aux États-Unis et qui sélectionnent des photos individuelles sur un thème précis, CONFINI choisi exclusivement des portfolio, c’est à dire des séries complètes avec ce qu’on appelle une démarche d’auteur. Il s’agit donc d’un niveau au dessus et je suis en quelque sorte soulagée d’avoir franchi le cap. À la clé, une tournée d’expositions pendant un an dans 8 galeries d’art italiennes : Rome, Milan, Venise, Pistoia, Genova, et d’autres villes moins connues. Je vous tiendrai au courant des dates et des villes, on ne sait jamais, certains d’entre vous y seront à ce moment !

[wc_fa icon= »arrow-circle-right » margin_left= » » margin_right= »10px »][/wc_fa] Mon idéaliste est actuellement en ligne sur le site de Regard-perdu (http://www.regard-perdu.com), le site de ce collectif de photographes dont je fais partie. C’est d’ailleurs cette publication qui m’a décidé à vous prévenir de l’achèvement de cette série et de son succès à Confini. Je vous invite vivement à aller visiter les galeries des auteurs, il y a certaines séries vraiment superbes.

 Je suis bien entendu extrêmement curieuse de lire votre ressenti sur cette série que je vous présente enfin achevée, et bien entendu, je suis totalement ouverte au dialogue ! Aussi, n’hésitez pas à réagir 🙂

 

[wc_divider style= »dotted » line= »single » margin_top= » » margin_bottom= »30px »]

Pour mémoire, les liens vers les articles où je présentais les premières photos :

http://www.photofolle.net/lidealiste-contrariee-1/ . Vous remarquerez que j’ai modifié cette première image afin de la rendre cohérente avec le reste de la série 🙂
http://www.photofolle.net/lidealiste-contrariee-2/
http://www.photofolle.net/lidealiste-contrariee3/
http://www.photofolle.net/idealiste-contrarie-4/

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21 commentaires sur “MON IDÉALISTE CONTRARIÉ PREND DU GRADE

  1. Bonjour Laurence,

    je suis ravie de retrouver ton blog à mon retour de Mozart avec cette idéaliste et son destin. Je suis absolument séduite; j’aime la récurrence du détail rouge, fil rouge en violence, en subtile passion qui affleure; j’aime vraiment ce mélange de rigueur (cadre, couleurs) et d’imaginaire. Le mouvement et la statique s’opposent et dialoguent à la fois. C’est un mélange qui me touche et me parle vraiment.
    J’adorerai pouvoir la découvrir dans sa réalité: la description du papier donne très, très envie de ne pas se « contenter » du numérique.
    Celles qui me touchent particulièrement dans cette série sont:
    « Réalité » car cette pierre qui retient au sol, qui empêche l’envol me semble tellement juste… Avoir le sens de la réalité maintient les pieds sur terre, et gêne l’envol des rêves en même temps.
    « Hypocrisie » car cette main qui semble loin du regard, comme un faux, prolongement ou bien autre? Là encore cela fait mouche en moi.
    Quant au cauchemar: il reste une image très forte sur laquelle j’avais déjà donné mon avis.
    Encore bien fatiguée, je n’en dirais pas plus car je ne suis pas encore l’esprit très vif, et je ne suis pas capable de dire bien les choses, mais vraiment j’adore cette série!

    1. Bonjour Cécile !
      Je suis absolument ravie que tu fasses partie de ceux qui sont touchés par cette série ! Tu parles de grande rigueur dans sa réalisation, c’est vrai et ça a été un grand défi pour moi de faire en sorte qu’il y ait un fil conducteur très fort mais qui à la fois ne soit pas trop répétitif. Trouver le juste équilibre des choses est un sacré défi !!!

      Il est vrai et normal me semble-t-il qu’il y aient des « tableaux » qui font plus mouche que d’autres comme tu dis, moi-même il y a des photos dans lesquelles je me retrouve d’avantage que dans d’autres. Encore que, je ne vous ai pas montré toutes mes tentatives sur les innombrables idées que j’ai eues. Heureusement que j’ai arrêté de vous divulguer ces photos au fur et à mesure de leur réalisation car je crois qu’on aurait tous été perdus 🙂

      Pour la petite anecdote, la photo « Réalité » dont tu parles, je m’y suis reprise à de nombreuses reprises. A chaque fois en effet il manquait quelque chose mais je ne savais pas vraiment déterminer quoi. Jusqu’au jour où j’ai réalisé qu’il fallait que les pieds soient sales pour que cette photo prenne la vraie force que je lui voulait … J’ai donc demandé à ma fille d’aller marcher dehors et après, tout est allé sur des roulettes 😉

      J’en profite aussi pour dire que mes enfants et mon mari ont été d’une patience d’ange avec moi car je les ai tellement souvent sollicités pour mes idées farfelues. Sans leur coopération, cette série n’aurait jamais vu le jour !

      Merci de tout coeur Cécile pour avoir pris le temps de commenter mon « Idéaliste » !

  2. C’est vraiment formidable d’avoir l’ensemble des images et la pensée de la démarche cela renforce la cohérence du tout! Dommage qu’on ne puisse pas voir les tirages en vrai cela à l’air d’être aussi important que le reste… Bravo, Laurence!

    ( Intolérance avec un a et cauchemar n’a pas de d à la fin…)

    1. Bonjour Chri,

      Olala, ces derniers temps je suis en train de vraiment perdre mon français moi … Je me rend compte que je fais de plus en plus souvent des erreurs. Merci pour ton rappel, jai corrigé, aïe 😉

      Oui, pour les photographes les écrans peuvent être réellement frustrants lorsqu’on veut montrer un travail finalisé. Car je me rend compte que très souvent on parle peu du papier et pourtant il a une importance capitale ! Pour cette série, j’en ai essayé plusieurs et figures-toi que celui qui avait le pire rendu était le plus cher, alors que celui-ci est le plus abordable. Comme je le dis souvent, à chaque projet photographique son papier !

      Merci Chri pour tes encouragements !

      1. C’est un tel plaisir! J’ai l’impression d’être un peu dans ton atelier et de suivre ton “travail” au fur et à mesure! Grand plaisir, vraiment!
        Pour les erreurs d’ortho j’en fais aussi mon lot et heureusement que des gens osent me dire, il y a de la bienveillance là dedans!
        Amitié.
        1. Bien sûr que je sais que c’est avec bienveillance !! Et bien sûr aussi que je sais que personne n’est à l’abri de fautes. Il n’empêche que je me rend compte aussi que de plus en plus mon petit cerveau peine à faire la différence entre les langues quand ce n’est pas qu’il perd toute notion d’orthographe 🙂
  3. Et bien moi qui ai eu la chance de voir et toucher ces photos, je peux vous assurer que les tirages sont magnifiques et le résultat vraiment à la hauteur de tout le travail consenti par Laurence sur cette série. Je fais partie de ceux que ces photos mettent mal à l’aise, ce qui ne m’empêche nullement d’admirer le travail à la fois de réflexion qui sous tend ces images ainsi que leur réalisation. C’est vraiment très pro. J’ai aussi eu le plaisir d’assister à une lecture de ce portfolio par deux experts italiens. Ils ont tout à la fois été surpris, un peu déstabilisés par cette photographie atypique mais également séduits par la démarche de l’artiste et son travail. Je te l’ai déjà dit Laurence, tu peux être fière de toi, en tous cas moi je le suis de toi et me réjouis pour toi de la tournée de cette série dans toute l’Italie. Si j’en ai l’occasion, j’essaierai de venir la voir à Milan. Bravissima Cara 🙂
    1. Bonjour chère Christine !

      Nous en avons effectivement longuement parlé mais tu as fini par me dire, à moins que je ne me trompe, qu’à la fin tu t’étais presque habituée à la voir 🙂
      Tu as raison de rappeler cette lecture de portfolio et pour ma part, ce que je retiens de plus étonnant dans ce qui m’a été dit, c’est que c’est un travail « terriblement français » (les lecteurs étaient italiens). Je crois vraiment que c’est ce qui m’a le plus surpris. Est-ce que c’était un compliment, je n’en sais rien du tout 😉

      Ca serait vraiment super que tu viennes à Milan ! Je peux d’ores et déjà donner la date : ça sera du 10 décembre 2014 au 16 janvier 2015. On s’y donne rendez-vous ?

      Merci très chère cop’s pour tout ton soutien, il est extraordinairement précieux. Mais tu le sais, hein 😉

  4. Tu démontres là parfaitement la force que peut avoir une série en regard d’une photo unique. L’ensemble est tout à fait cohérent, personnel, et je suis totalement fan. Tu peux être très fière de toi.
    1. Merci Pastelle, ton enthousiasme est vraiment gentil et me touche beaucoup !!
  5. Ravie pour toi, car c’est une reconnaissance toujours importante dans le travail ! Ravie pour ce port-folio dont l’amplitude humaniste touche ! Alors bon voyage à tes photos et je serais curieuse des échos 🙂
    1. Merci très chère Marie-Laure ! Nous en avons déjà parlé longuement et il va sans dire que bien entendu, tu seras aux premières loges concernant les news futures 🙂
  6. Félicitations pour le concours! (Je ne serais pas contre une exposition à Prague, je suis sûr que ça aurait aussi du succès). Sur la série, je note que plusieurs titres ont changé, pour celles qui avaient déjà été publiées. Le texte explicatif aide. À l’origine, je me souviens avoir été un peu perplexe, ne pas savoir vraiment ce que tu cherchais à faire derrière ta série. Les photos ne me dérangeaient pas (je voyais les contradictions, je les comprenais, mais je ne saisissais pas vraiment ton intention derrière). Au moins, maintenant c’est plus clair, et la série reflète vraiment bien l’intention que tu avais. Pas étonnant que tu aies remporté ce concours 🙂
    1. Bonjour elPadawan !

      Et bien figures-toi que moi non plus je ne serais pas du tout contre une expo à Prague ! Wouahou, ca en jetterai 😉
      Oui, comme tu le remarques, il y a eu pas mal de changements et c’est d’ailleurs pour cela que j’ai arrêté de montrer l’évolution de cette série. Réaliser un portfolio demande de nombreux allers-retours, des ajustements, des rectifications, des éliminations (tant de photos que je n’ai finalement pas intégrées à la série !!) et si au départ je pensais que ça serait une bonne idée de vous associer à ce travail, à la fin je me suis rendue compte que ça déstabilisait tout le monde, autant vous que moi.
      Merci en tout cas de ton soutien, cela me touche beaucoup !!

  7. Ce travail est passionnant tant au niveau de l’idée que de la réalisation, … avec le Fuji Pearl, ça doit claquer … créativité intense … dirais-je 🙂
    1. Bonjour Patrice !
      Merci de tout coeur pour ce mot enthousiaste et bienvenue dans ces pages 🙂
      Tu connais ce papier ? Il est absolument superbe sur cette série effectivement et pour en avoir essayé des très nombreux et différents, c’est vraiment lui qui « lui colle à la peau ».
      A tout bientôt alors !
  8. Félicitations pour cette sélection et ces expos à venir! Je suis de celles qui étaient mal à l’aise au départ mais qui comprend bcp mieux la série aujourd’hui… Je me rend compte que face à la photo isolée des autres je ne savais que penser, elle générait un malaise quand au sens, et il m’était difficile de sortir d’une lecture assez négative et « contrariée »… La série prend bcp de sens, l’individu est complexe et ce fil rouge dans ma lecture « l’humanise » …. Et permet d’accéder à une autre forme de réalité.. Je t’en donne un ressenti suite à des premières impressions, mais ai très envie de me replonger dedans car la série appelle à de nouvelles lectures… 😉
    1. Bonjour Carla !
      Avec cette série, je crois que nous sommes à la frontière avec ce que nous avons pour habitude de voir en photographie : nous sommes ici dans un univers purement conceptuel, avec une série construite de toutes pièces, un peu à la façon des peintres, c’est à dire de manière quasiment « ex-nihilo ». J’ai utilisé le médium photographique parce que c’est le seul outil créatif que je maîtrise, mais on peut dire que la photo était déjà réalisée avant dans ma tête.
      Et comme je l’ai dit à de nombreuses reprises, j’ai moi-même été très surprise de la « tournure » qu’a pris cette série …
      Mais je vais te dire quelque chose en avant-première quasiment : en fait, cette série n’est pas finie et elle n’est que la première partie. Je suis en train de travailler sur la seconde et qui s’intitulera, je pense, « L’idéaliste réconcilié ». Affaire à suivre donc 😉
      Merci de tout coeur pour ta lecture attentive, c’est extrêmement motivant pour moi !
  9. […] d’abord, mon Idéaliste contrarié continue son petit circuit italien d’expositions. Jusqu’à il y a quelques jours, il […]
  10. […] Pour rappel, j’ai été sélectionnée pour participer à cette exposition itinérante d’un an avec mon « Idéaliste contrarié ». Les détails et la série sont visibles ici : http://www.photofolle.net/mon-idealiste-contrarie-prend-du-grade-2/ […]
  11. […] voilà, il y a quelque temps, j’ai été sollicitée par Léo Brogioni, un des curateurs du concours Confini dans lequel j’avais eu ma série « L’idéaliste contrarié » […]

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