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  • JE VAIS FAIRE DES JALOUX

    JE VAIS FAIRE DES JALOUX

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    Jusque là je n’ai (presque) jamais mis de photos de la vue qu’on a de la maison au 300 mm car je ne voulais pas passer pour une pétasse qui se la joue « gnagnagna chez moi c’est comme ça et pas chez vous ».

    Mais hier soir, c’était quand même particulièrement joli …

  • SOUVENIRS D’UN SOIR D’ÉTÉ

    SOUVENIRS D’UN SOIR D’ÉTÉ

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    Plage de Laigueglia, Ligurie, Italie

  • PHOTOGRAPHIER EN FAIBLE LUMIÈRE

    PHOTOGRAPHIER EN FAIBLE LUMIÈRE

    La Boîte à Photos reprend du service, et pour cette 9ème édition nous avons décidé de partager avec vous notre expérience de la photographie en faible lumière. C’est une situation que j’apprécie souvent, car loin d’être un handicap je trouve au contraire qu’elle nous donne des opportunités de faire des photos mystérieuses, amusantes, expressives, étonnantes, abstraites, déroutantes, éloquentes, suggestives … bref, de belles et bonnes photos !
    Qui dit faible lumière en photographie dit souvent flash et/ou trépied. Pour ma part, vous savez à quel point je n’aime pas m’encombrer de matériel et pour éviter de donner trop vite raison à l’adage qui dit « chasse le naturel il revient au galop », je vais vous parler de la photographie en faible lumière sans flash et sans trépied.

     Qu’entend-on par faible lumière ?

    Vous m’avez déjà souvent entendu dire qu’il n’y a pas en soi de bonne ou de mauvaise lumière. Il n’y a que des lumières adaptées ou non au sujet de la photographie. De même il est difficile de définir à partir de quand on considère qu’il n’y a pas beaucoup de lumière tant les paramètres sont variés, interagissent entre eux de manière dépendante :

    • Quantité de lumière
    • Ouverture de l’objectif
    • Sensibilité du capteur ou de la pellicule
    • Mode de mesure de la lumière (toute la scène, une partie de la scène ou spot)

    Lune Nikon D700 105 mm 200 iso f/2,8 Vitesse : 1/160 Compensation d’exposition : +0,67 ev Mode de mesure : spot Une photo prise à la tombée de la nuit, donc par très faible lumière globale. Avec les paramètres de mon appareil photo, l’ouverture de l’objectif et surtout avec la mesure de lumière sur « spot » qui m’a permis d’évaluer la quantité de lumière sur la lune et seulement elle, je n’ai eu aucune difficulté à prendre cette photo à main levée.

    FaibleLumiere

    Ainsi, imaginons que nous avons une quantité de lumière donnée. Selon la sensibilité de mon capteur ou de ma pellicule, les possibilités d’ouverture de mon objectif et la manière dont je mesure la lumière, la photographie que je projette de faire sera possible ou non sans déclencher le flash et monter l’appareil sur un trépied. Ceci dit, attention ! Lorsque je dis que la photographie sera possible ou non, j’entend par là que j’obtiendrai confortablement une image non bougée à main levée car en soi il est toujours possible de faire une photo et il n’est pas dit, bien au contraire  que je ne veuille pas des photographies bougées et floues !!

    C’est pourquoi, à la vue de tous ces paramètres qui interagissent entre eux, une fois n’est pas coutume je vais vous parler de mon matériel photo et dans tous les exemples que je vous donnerai je vous indiquerai les données exif pour vous donner une idée des conditions de prise de vue. Sachez toutefois que la plupart des images que j’ai sélectionnées ont été prises alors que la lumière était en faible quantité, c’est à dire que j’ai dû modifier les paramètres de sensibilité et monter les iso que je garde habituellement au plus bas possible pour limiter le bruit numérique (vous savez, tous ces petits points verts-jaune-rouge absolument horribles) et avoir des images les plus propres possible.

    Ces photographies ont donc été prises soit avec un reflex Nikon D700 qui gère extrêmement bien le bruit numérique jusqu’à 1600 iso, soit avec un micro 4/3 Panasonic GF1 qui lui ne donne pas des images très propres à partir de 600 iso je trouve.

    Ceci est important car pour faire des photographies en faible lumière, il faut bien connaître les possibilités et les limites de son matériel afin d’anticiper les éventuelles retouches en post-traitement ou tout simplement pour obtenir directement l’image souhaitée. Pour ma part, je sais pertinemment que je ne ferais pas le même type de photographie en faible lumière si je suis avec mon D700 ou avec mon GF1, et ceci surtout à cause de la gestion de ce bruit.

    Non ! Nikon D700 105 mm 1600 iso f/3 Vitesse : 1/40

    FaibleLumiere (1)  Bon à savoir :

    Je vous conseille vivement de régler votre appareil photo afin qu’il prenne les photos en raw ce qui vous permettra de corriger de manière subtile vos clichés et surtout l’exposition. Il peut en effet arriver que vos photos soient sous-exposées à la prise de vue car vous aurez eu besoin d’un temps de pause plus court pour que la photo ne soit pas trop floue. En raw, même si ça ne fait pas de miracles non plus, vous avez encore la possibilité de compenser cette sous-exposition comme si vous étiez sur le moment de la prise de vue, alors qu’en jpeg vous agirez sur un fichier déjà développé, donc définitif !

     Pourquoi se passer du flash et du trépied ?

    Et bien tout simplement pour des questions de rendu esthétique, de liberté de mouvement et de spontanéité.

    En prison Panasonic GF1 20 mm (éq 43 mm) 800 iso f/1,7 Vitesse : 1/60 Compensation d’exposition : -0,66 ev

    FaibleLumiere (2)

    Vous connaissez les fameuses photos « fromage blanc » ? Celles où le flash intégré donne une lumière qui aplatit tout, où les ombres sont disgracieuses et où, dans le cas des portraits par exemple la peau brille bien comme il faut ? Donc à moins d’avoir un flash externe (et de savoir s’en servir !!) et à l’extrême limite d’avoir mis un filtre devant le flash (il y en a en vente dans le commerce pour pas cher du tout ou vous pouvez vous arranger avec une chaussette transparente), je vous déconseille vivement d’utiliser le flash intégré de l’appareil photo !

    Quant au trépied, souvent accompagné d’ailleurs d’une télécommande pour le déclenchement ou le retardateur de l’appareil photo, il limite indéniablement la liberté de mouvement et on l’utilisera pour des photos « posées » mais n’espérez pas faire un reportage avec !

    Et puis, décider de se passer du flash ou du trépied est l’occasion d’obtenir des photos assez suggestives, ou en tout cas rarement descriptives. C’est l’occasion également de s’entraîner à avoir le « déclenchement souple », c’est à dire à bien maîtriser son geste et à faire en sorte que seul le doigt appuie sur le déclencheur, à retenir sa respiration et à contrôler ses mouvements.

     Comment obtenir des photographies nettes ?

    Pour vous donner une échelle de temps de pause à partir duquel on est à peu près sûr d’obtenir une image nette, on dit généralement qu’il faut que le temps de pause soit équivalent à la longueur focale en 24×36. Traduction : si par exemple vous avez un compact équipé d’un objectif de 50 mm, votre temps de pause minimal devra être de 1/500ème (la longueur focale équivalent 24×36 d’un objectif de compact doit être multiplié par 5,62 mais par commodité je multiplie simplement par 5). De même sur un réflex APS équipé d’un objectif 50 mm, il faudra multiplier par 1,6. Votre temps de pause devra donc être grosso modo de 1/75ème de seconde (pour ma part, je multiplie rapidement par 1,5) et pour un micro 4/3 il faut multiplier par 2 (il faudra donc que mon temps de pause soit à peu près de 1/100 ème). Vous aurez donc compris que si vous avez un zoom, il vaut mieux privilégier la focale la plus courte en faible lumière plutôt que d’essayer de faire des photos au 250 mm ! Bien entendu cela dépend aussi de votre degré de fermeté, lequel augmente avec l’entraînement …

    Némo Nikon D700 35 mm 1000 iso f/4 Vitesse : 1/125 Compensation d’exposition : -1,33 ev Vitesse confortable pour obtenir une photo nette car les « némos » étaient assez correctement éclairés

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    Méduses Nikon D700 35 mm 1000 iso f/4 Compensation d’exposition : -1 ev Vitesse : 1/20 Temps de pause limite mais j’ai le doigt assez sûr. Il n’aurait pas fallu descendre en dessous.

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    Les 2 photos ci-dessus sont correctement exposées dans la mesure où j’ai souhaité conserver cette ambiance assez sombre qui régnait dans l’aquarium et vous remarquerez que je n’ai pas hésité à sous-exposer. Mais cela ne veut pas dire qu’on n’a pas de marge de manoeuvre et dans les 2 photos qui suivent, je vous propose 2 visions de la même statue prise dans des conditions identiques car exactement au même moment. Vous remarquerez que plus la photo est sur-exposée plus le temps de pause est long, et plus elle est sous-exposée plus le temps de pause est court. C’est tout à fait logique car dans le premier cas il faut que le diaphragme reste ouvert plus longtemps pour faire passer d’avantage de lumière, alors que dans le second cas on veut au contraire que moins de lumière arrive sur le capteur, d’où un temps de pause assez bref.

    Statue Panasonic GF1 20 mm (éq 43 mm) 800 iso f/3,2 Compensation d’exposition : +2,33 ev Vitesse : 1/15 J’ai dû véritablement retenir ma respiration et me camper fermement sur mes jambes pour ne pas bouger avec une telle vitesse d’obturation.

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    Statue Panasonic GF1 20 mm (éq 43 mm) 800 iso f/3,2 Compensation d’exposition : -1,66 ev Vitesse : 1/800

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    Vous remarquerez que ces photos ont été converties en noir et blanc. En effet, comme je vous le disais plus haut, mon petit Panasonic GF1 a toutes les qualités sauf celle de la gestion du bruit numérique qui apparait de manière assez dérangeante dès 600 iso. Ce qui fait que presque systématiquement lorsque je dépasse cette sensibilité je sais que mes images seront développées en noir et blanc. Ce qui signifie aussi que je compose pour le noir et blanc, c’est à dire que je suis particulièrement attentive aux contrastes et/ou au graphisme de la scène. C’est pour cela que je vous disais également plus haut qu’il est important de bien connaître son matériel et ses limites.

    Rencontre Panasonic GF1 20 mm (éq 43 mm) 800 iso f/2 Compensation d’exposition : -0,66 ev Vitesse : 1/250 Sur un sujet en déplacement, il faut maintenir une certaine vitesse d’obturation si vous ne voulez pas qu’il soit flou

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    De manière générale, il faut toutefois avoir bien en tête que les photographies en basse lumière prises sans flash et/ou sans trépied n’auront pas la même qualité que des photos avec des iso bas et un diaphragme d’avantage fermé. Il ne faut donc pas être allergiques aux photos non piquées et non détaillées !

     Une occasion pour réaliser des photos presque nettes

    Généralement, j’aime bien les photos avec un rendu pleinement assumé par le photographe. J’aime lorsque son langage est entier et j’aurais tendance à privilégier dans ce sens les photos carrément floues. Mais il est des cas où ce presque net est malgré tout très expressif et sert véritablement l’esprit de la photo.

    Lorsqu’il y a peu de lumière, il est donc facile d’obtenir une photo pas tout à fait nette mais pas tout à fait floue non plus. Ne vous précipitez pas à les jeter et prenez le temps de les regarder ! Ainsi cette photo ci-dessous, prise non seulement dans des conditions de faible luminosité mais en plus en reflet dans un double vitrage, ce qui a pour effet de dédoubler en quelque sorte le visage. Les fenêtres de l’immeuble dans le fond me servent de texture et forment une espèce quadrillage. Seule une partie du visage était éclairée et je pense que si l’ambiance lumineuse globale avait été plus claire ma fille (oui oui, c’est elle !) n’aurait certainement pas eu la même expression. Il s’agissait d’un moment rendu intime aussi par la faible luminosité.

    Marie Nikon D700 105 mm) 800 iso f/4 Compensation d’exposition : +0,67 ev Vitesse : 1/100 De l’importance de déclencher en format raw : cette photo était très sous-exposée mais je ne pouvais aller au delà en compensation sans qu’elle devienne trop floue et illisible à cause du reflet, mais grâce au fait que je l’ai prise dans ce format j’ai pu ensuite rajuster l’exposition.

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    Dans un autre genre, on peut également souhaiter prendre des photos à dominante floue mais où malgré tout on souhaite conserver assez de structure de l’environnement pour leur donner une assise, des points de repère structurants. Dans les 2 photos ci-dessous, vous remarquez que les iso ne sont pas élevés. Je les ai en effet prises avec mon Panasonic et comme je souhaitais les développer en couleur je ne pouvais pas me permettre d’avoir trop de bruit numérique. Il existe bien des logiciels spécialisés pour supprimer ce bruit mais pour ma part et après en avoir essayé un (DXO), je trouve qu’au final les photos ont un rendu assez artificiel et lissé que je ne trouve pas franchement esthétique. Ceci dit, ils ont peut-être fait des progrès depuis lors !

    Voile supsendu Panasonic GF1 20 mm (éq 43 mm) 320 iso f/5 Compensation d’exposition : -0,33 ev Vitesse : 1/6 Bien entendu, à cette vitesse et à main levée il est impossible d’avoir une photo nette. En même temps, cela m’a permis de mettre en valeur la structure des pliures du tissu qui semble être nette ainsi que quelques éléments architecturaux

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    Noël Panasonic GF1 20 mm (éq 43 mm) 125 iso f/4 Compensation d’exposition : -0,66 ev Vitesse : 1/4 Photographie prise de nuit, en ville. Ici aussi rien n’est net. Cependant un certain nombre d’éléments, en plus du graphisme des trainées lumineuses de la guirlande semblent être nets ce qui permet au regard d’accrocher à l’image.

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     Profitons des basses lumières pour réaliser des photos presque entièrement floues !

    Je vous disais précédemment que j’aime particulièrement les photos où l’empreinte expressive du photographe est claire et assumée. Prenons un exemple avec les 2 photos ci-dessous. Ce n’est pas la première fois que je rentre dans cette église et à chaque fois je trouve qu’elle est très photogénique grâce à sa porte d’entrée qui s’ouvre directement dans la nef (ce qui n’est au final pas courant !), donnant ainsi l’occasion de réaliser des contre-jours très intéressants. Mais là j’ai été surprise par cette femme qui se détachait bien et je n’ai pas eu le temps de faire les ajustements nécessaires et mon compact était resté sur 100 iso alors que la lumière générale était très basse.

    À l’église Panasonic GF1 20 mm (éq 43 mm) 100 iso f/2,8 Compensation d’exposition : 0 ev Vitesse : 1/5 Mon temps de pause très long à main levée me donne un cliché entre-deux, ni net ni flou que je ne trouve pas intéressant.

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    À l’église Panasonic GF1 20 mm (éq 43 mm) 100 iso f/1,7 Compensation d’exposition : 0 ev Vitesse : 1/10 Dans la précipitation, je n’ai eu le temps que d’ouvrir d’avantage mon diaphragme mais cela n’a pas suffi et mon second cliché ne valait pas mieux que le premier. Au moment où cette femme sortait, j’ai tenté une dernière photo en bougeant volontairement cette fois-ci mon appareil photo. Autant assumer jusqu’au bout ce manque de lumière ! Et il s’avère qu’au final cette photo une fois recadrée en format carré exprime vraiment bien l’idée que je me fais de la religion.

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    Mais rien ne nous empêche d’aller encore plus loin dans la pause longue à main levée et je suis convaincue que tout est permis de ce point de vue. Ainsi cette photo ci-dessous prise un soir dans une ruelle sombre. C’est vraiment dommage, à mon avis elle manque d’un point fort, comme par exemple un personnage (ou mieux encore, j’aurais bien aimé un chat !), mais l’ambiance y est, assurément. En fait, il y avait bien un personnage qui passait, mais le temps de pose a été tellement long qu’il a tout simplement disparu !

    Le soir Panasonic GF1 20 mm (éq 43 mm) 100 iso f/4 Compensation d’exposition : -0,33 ev Vitesse : 2,5 s Ici, j’ai passé la barre de la seconde de temps de pause ce qui a eu pour effet de tout « flouter » bien que j’ai essayé de bouger le moins possible et le personnage qui s’avançait vers moi a « disparu » dans son propre mouvement

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    Le soir Panasonic GF1 20 mm (éq 43 mm) 100 iso f/16 Compensation d’exposition : +1 ev Vitesse : 60 s ! Autre tentative extrême à une minute de temps de pause !! Il y avait un passant qui marchait très lentement mais pas suffisamment pour qu’on en conserve une trace. Attention également aux luminaires sous peine d’avoir ces trainées disgracieuses. Dans la photo ci-dessus en noir et blanc j’avais pris soin de dissimuler la source lumineuse derrière les branches d’un arbre

    FaibleLumiere (9) Enfin, pour clore ce chapitre sur les temps de pause extrêmes, rien ne nous empêche d’essayer de faire des photos abstraites comme ci-dessous voire psychédéliques …

    Abstrait Panasonic GF1 20 mm (éq 43 mm) 400 iso f/6,3 Compensation d’exposition : +1 ev Vitesse : 6 s Il s’agit d’une photo d’une plage au parasols fermés, prise en pleine nuit. Ici, c’est le graphisme des lignes qui fait la force de l’image.

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    Psychédélique en bleu Panasonic GF1 20 mm (éq 43 mm) 800 iso f/1,7 Compensation d’exposition : -0,33 ev Vitesse : 1,6 s Lors d’une soirée dansante j’avais emporté mon compact. La piste de danse était éclairée par intermittence de spots qui changeaient constamment de couleurs. J’avoue que j’ai été moi-même très surprise de l’effet que ces spots ont donné sur les photos que je vous garantis sans aucune retouche ! Je pense que ce sont les passages successifs et très rapides du noir au très éclairé qui a permis d’une part de ne pas surexposer les photos et d’autre part ces couleurs aussi flashy.

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    Psychédélique en rose Panasonic GF1 20 mm (éq 43 mm) 800 iso f/1,7 Compensation d’exposition : -0,33 ev Vitesse : 2 s

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     Trucs et astuces pour compenser le bruit ou le flou

    J’aimerais vous donner quelques astuces lorsque le bruit numérique est trop important ou quand le flou de bougé dérange la lecture de l’image.

     Nous avons vu précédemment qu’une des méthodes pour éliminer le bruit était tout simplement de convertir la photo en noir et blanc. Cela fonctionne pour de nombreuses photos et je vous conseille vivement pour des raisons de composition, de gestion visuelle des contrastes et du graphisme dans ce cas de vous projeter dès la prise de vue dans une photo finale en noir et blanc. Pour ma part, lorsque je suis au compact et que j’ai donc la visée à l’écran, j’aime bien dans ce cas régler directement la visée en noir et blanc. Cela facilite vraiment les choses. Et si vous êtes en raw, en plus, vous pouvez toujours avoir votre image en couleur une fois ouverte sur l’ordinateur (tiens, tiens, encore une raison pour être en format raw …)

    A l’inverse, il se peut que vous souhaitiez proposer une photo en couleur. Parfois, l’ajout d’une texture peut rendre tout à fait secondaire ce bruit, voire le faire disparaître ! Il est très facile de se constituer une petite bibliothèque de texture. Il suffit de photographier des vieux murs décrépis, des fenêtres sales, des rayures sur du métal … bref, tout ce qui pourrait servir de fond. Ces photos, vous pouvez, à l’instar de toutes les photos, les sur-exposer, les sous-exposer, changer les teintes, les convertir en noir et blanc et que sais-je encore ! Dans votre logiciel de post-traitement, il suffit de les ajouter comme calque au dessus de votre photo principale puis de jouer sur ses propriétés de fusion.

    Épouvantable ! Panasonic GF1 20 mm (éq 43 mm) 800 iso f/1,7 Compensation d’exposition : -0,33 ev Vitesse : 1/8 s Mon petit monstre d’halloween est plein de bruit et tout flou, mais cela passe bien avec l’ajout de cette texture aux teintes sanguinolentes

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     Et pendant qu’on y est, si vous cherchiez délibérément à dégrader la qualité de la photo directement à la prise de vue. Le bruit deviendra alors complètement secondaire, voire invisible ! Et ceci grâce à un filtre que vous pouvez placer devant l’objectif. Pour ma part, j’utilise tout bêtement un bout de plastique, mais n’importe quel matériau assez transparent (mais pas trop propre !) peut convenir

    Le filtre plastique Panasonic GF1 20 mm (éq 43 mm) 400 iso f/5 Compensation d’exposition : 0 ev Vitesse : 1/6 s

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     Dans le même ordre d’idées, n’hésitez pas à ajouter du bruit en post traitement (souvent accessible via un panneau « filtres-bruit »). C’est un formidable moyen pour gommer ce fichu bruit numérique et par la même occasion pour atténuer les flous de bouger

    L’idée folle Nikon D700 105 mm 200 iso f/3,5 Compensation d’exposition : 0 ev Vitesse : 0,6 s Compte-tenu du temps de pause, je peux vous garantir que cette photo est floue. Je ne parle pas du visage bien entendu mais de tous les éléments qui étaient fixes et donc supposés être nets. Mais j’ai complètement noyé ce flou avec l’ajout de bruit. Entre ce bruit et ce flou, ça donne au final un rendu très doux à regarder.

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     En conclusion

    Voilà, j’espère que je vous aurais convaincus de ne pas renoncer à faire des photos sous prétexte que vous n’avez pas assez de lumière, pas de flash et/ou pas de trépied ! Je dirais même au contraire, profitez de ces opportunités pour faire des photos qui sortent des sentiers battus. En plus, cela vous permettra d’assez bien cerner vos propres limites et celles de votre matériel.

    Les jours qui viennent sont particulièrement propices à ce genre de prise de vue et quand je pense à toutes ces guirlandes et ces luminaires qui vont éclairer (mais pas trop justement !) nos fêtes de fin d’année, j’en ai la pupille qui frémit d’avance. L’hiver, entre le peu d’heures de jour et le mauvais temps est une époque très favorable à la photographie en basse lumière. Je vous invite d’ailleurs si le sujet vous intéresse à lire l’article que j’avais écrit pour une autre édition de la boîte à photos : la lumière en hiver

    Voilà, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter de réaliser des photos mystérieuses, amusantes, expressives, étonnantes, abstraites, déroutantes, éloquentes, suggestives … bref, de belles et bonnes photos 🙂

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    Pour ceux qui connaissent pas la Boîte à photos, il s’agit d’un collectif de blogs francophones parlant de photographie et qui chaque mois propose de réfléchir autour d’un thème choisi ensemble. Chacun étant libre de traiter le sujet à sa manière, cela donne une vraie richesse et diversité de points de vue que je suis certaine, vous ne manquerez pas d’apprécier !

    Pour cette édition de la Boîte à photos, c’est Antoine de 1point2vue qui joue le rôle de site hôte et qui a donc l’énorme responsabilité de rassembler nos articles sur une même page et d’en faire la synthèse en fin de semaine.

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    Merci à Laurent Vaissade de jogg.com pour le logo

  • L’IDÉALISTE CONTRARIÉ(E) #1

    L’IDÉALISTE CONTRARIÉ(E) #1

    Voilà, depuis quelque temps, en parallèle avec d’autres projets en cours (si vous êtes curieux vous les trouverez ici ), je suis en train de réfléchir à une nouvelle série. Ca fait beaucoup de projets en même temps me direz-vous, mais j’ai ce besoin de développer des pistes photographiques variées sur le long terme. Ainsi, si je ne menais qu’une seule série à la fois, je crois d’une part que j’aurais vite fait de suffoquer et d’autre part, je suis convaincue que le principe des vases communicants fonctionne parfaitement bien en créativité.

    Par ailleurs, j’ai appris avec l’expérience qu’une série se développe avec le temps, qu’une (bonne) idée ne suffit pas et qu’un temps de maturation est nécessaire entre l’idée de départ et la réalisation finale. Je crois d’ailleurs que j’aimerais bien rédiger un article sur ce sujet si ça vous intéresse.

    Mais revenons à nos moutons d’aujourd’hui et laissez-moi vous proposer une première image d’une série que j’aimerais réaliser et qui aurait pour titre : l’idéaliste contrarié(e). D’après ce titre, vous comprendrez que je plonge à plein dans la photographie émotivo-conceptuelle …

    Ces photographies ne seront pas spontanées et j’ai déjà pas mal d’idées de mises en scène. Mais attention, quand je parle de mise en scène, ça ne sera pas de la super-production et celle-ci restera très simple. De même je ne pense pas que je ferais de photo-montage à proprement parler (je ne suis pas assez douée en post-production pour cela !) mais que je jouerai avec l’apposition de textures, voire que j’interviendrai directement sur la photo une fois imprimée car j’ai très envie en ce moment de manipulation physique.

    Bon allez, j’arrête mon blabla et je vous laisse découvrir ma première idéaliste contrariée. J’espère qu’elle vous plaira et que vous ne trouverez pas l’idée trop « tordue ». N’hésitez surtout pas à intervenir, vos avis me sont précieux !!

    IdealisteContrarie


    PS : les titres seront intégrés à la photo et seront en anglais, non pas par snobisme mais par nécessité dans notre sphère mondialisée

  • CONTENTE !

    CONTENTE !

    Oui, aujourd’hui je suis contente 🙂 Je vous explique …

    L’agence Arcangel images s’occupe de vendre mes photos pour des utilisateurs en recherche d’illustrations créatives. Je vous le dis tout de suite, cette agence représente également une flopée de photographes du monde entier et la concurrence est rude ! Bref, je dépose régulièrement mes images dans ses rouages en espérant que celles-ci seront vendues à des clients, et cela arrive de temps en temps.

    C’est ainsi que j’ai eu le plaisir de découvrir qu’une de mes photos faisait la couverture du livre « Enfant de fer » de Mo Yan, ce chinois prix Nobel de Littérature en 2012.

    ryad  

    Bien sûr, j’ai mon petit orgueil qui se gonfle car n’est pas qui veut un illustrateur pour un prix Nobel 😉 . Et puis c’est un livre de poche de la collection Points et j’imagine ma photo en tête de gondole chez vos libraires préférés. Non, blague à part, c’est surtout que pour une fois, ma photo a été utilisée strictement telle quelle. Elle n’a même pas été recadrée ! Elle fait partie de la série « Paysages de ma vie » que vous pouvez voir (ou revoir !) en cliquant ici 

    Voilà, vous voyez, comme quoi il ne m’en faut pas beaucoup me rendre contente …

    Je profite de ce petit article pour vous montrer 2 autres couvertures de roman, mais celles-ci je doute que vous tombiez dessus par hasard … D’ailleurs, est-ce que quelqu’un pourrait me dire ce que ça veut dire ?

    barbara

    marie

  • BRRR … IL FAIT FRISQUET AUJOURD’HUI

    BRRR … IL FAIT FRISQUET AUJOURD’HUI

    brrrFrisquet

     

    Une photo hivernale pourtant prise en plein été … La recette ? Une bonne désaturation globale et une balance des couleurs modifiée 🙂

  • GRAVITY

    GRAVITY

    Mon « Gravity » à moi, en 2D

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  • CARUGGI DI ZENA

    CARUGGI DI ZENA

    Aujourd’hui, je vous propose une petite promenade dans les « caruggi di Zena ». Ces termes appartiennent au dialecte gênois et il faut les traduire par « vicoli genovesi » en italien et par « les ruelles de Gênes en français.

    Je vous l’ai souvent dit dans ces pages à quel point je trouve cette ville attachante. Peut-on dire que c’est parce qu’elle est belle ? Je n’en suis pas sûre car elle ne l’est pas vraiment au sens esthétique classique du terme. Je dirais plutôt que c’est une ville forte et d’après ce que je connais de l’Italie, Genova est vraiment une ville unique en son genre.

    La vieille ville (classée patrimoine de l’Unesco), d’après ce que j’ai lu à plusieurs reprises, est le plus grand centre historique habité d’Europe. Et je veux bien le croire. Son labyrinthe de ruelles est tout simplement impressionnant (il s’étend sur plusieurs kilomètres) et je peux vous assurer qu’il grouille de vie.

    Ce qui rend cette ville particulièrement attachante, c’est que toutes la catégories sociales et ethniques cohabitent, les magasins de luxe côtoient les boutiques populaires, les marchands de légumes et les bouchers interpellent les artisans ferronniers ou tapissiers, le tripier embaume le marchand de chaussures, la droguerie fait face à l’antiquaire et dans les ruelles étroites les italiennes bon chic bon genre croisent les prostituées, les hommes élégants vont taper la causette chez le barbier tandis que des immigrés illégaux sortent leurs présentoirs portables pour vendre une improbable babiole.

    Au niveau urbanisme, c’est une ville très particulière. Les immeubles, rehaussés au fur et à mesure de l’histoire (depuis l’antiquité quand même !) atteignent souvent 6 ou 7 étages, ce qui fait que c’est une ville qui semble assez sombre compte-tenu de l’étroitesse des ruelles. Les gênois vivent très repliés sur eux-mêmes et les façades ne laissent qu’occasionnellement apparaître la richesse du propriétaire, mise à part une extraordinaire tradition de trompe-l’oeil. Et quand une porte cochère s’ouvre, c’est souvent sur une entrée monumentale insoupçonnable !

    Photographiquement, c’est une ville très difficile à prendre : les ruelles étroites sont souvent bondées de monde, elles sont sombres mais il y a cependant un très fort contraste avec la lumière dure du sud, les perspectives sont souvent identiques, il n’y a évidemment aucun recul pour permettre une vue d’ensemble ou pour montrer l’architecture.

    C’est pourquoi au final, je me rend compte que je prends peu de photos et pourtant, je pense que réaliser un reportage sur cette ville pourrait représenter un vrai défi photographique ! Ainsi, les photos que je vous présente aujourd’hui sont un entraînement pour un futur projet que j’aimerais réaliser avec un holga et pellicule noir et blanc. Il me semble que cette ville est particulièrement bien adaptée à ce rendu mystérieux, voire un peu angoissant (style polar). J’ai pris ces photos en compagnie de 2 autres photographes (Patrick et Cath), un week-end bien pluvieux et où il fallait vraiment avoir un moral photographique pour avoir du plaisir à déambuler dans ces caruggi !

    Voilà, je vous laisse en compagnie de ces visions spontanées, non ordonnées et fragiles de nos brèves déambulations au sein des caruggi di Zena mais qui représentent assez bien, il me semble, la diversité des rencontres et des situations.

    étroitesse
    Petite illustration de l’étroitesse des ruelles…

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    les églises
    De toutes les tailles, elles se découvrent à tous les coins du labyrinthe

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    hall d’entrée
    Il suffit de pénétrer à travers une porte cochère pour découvrir des entrées monumentales

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    le barbier
    Carmine Mazzone nous a fait pénétrer dans sa boutique hors d’âge, consacrée exclusivement aux barbes de ces messieurs, mais dont toutes les pensées vont visiblement vers les jolies femmes au son de l’opéra diffusé par sa radio

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    au café
    Ici, on peut boire bien entendu du café, manger des pâtisseries mais aussi acheter du thé, des alcools fins, lire et y faire de bien jolie rencontres. Bref, la dolce vita …

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    artisan
    Les boutiques d’artisans sont très nombreuses. Ici, une céramiste qui reproduit des motifs traditionnels gênois

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    Livreurs
    Les ruelles sont souvent inaccessibles en voiture et encore moins en camion. Les livraisons se font donc à pied et il est très fréquent de rencontrer des livreurs pressés

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    modernité
    Les boutiques ultra-modernes de mode en côtoient d’autres hors d’age

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    Les tags
    Malheureusement, il y a beaucoup de tags un peu partout et souvent ils ne sont pas beaux. Mais parfois il y en a qui diffusent un message sympathique, et même en français !

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    Communauté étrangère
    Il y a de nombreuses nationalités représentées à Genova. La plus grande est probablement d’Amérique du sud, puis viennent les marocains, les chinois et les indiens.

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    Voilà, j’espère que vous avez apprécié de faire ce petit tour ! Je n’ai volontairement pas classé les photos par fidélité à l’esprit de la ville : c’est ce patchwork de cohabitations en tous genres qui en fait le charme indéniable. Il n’y a pas de quartiers réservés à tel ou tel type d’activité, et malgré des efforts faits ces dernières années par la municipalité, les touristes sont encore très peu présents ici, ce qui fait qu’elle reste une ville extrêmement authentique. C’est peut-être (et probablement !) pour cela que c’est une ville qui mérite vraiment le détour. Si vous en avez l’occasion, ne faites pas que passer, arrêtez-vous et prenez le temps de déambuler dans ces caruggi. Vous y découvrirez des merveilles de vie.

  • LES PAVÉS

    LES PAVÉS

    Paves

     

    J’adore les urbanistes italiens ! Grâce à eux, on ne s’ennuie jamais. Et même sur cette immense place Caricamento, rénovée il y quelques années grâce en partie à la contribution de l’architecte génois Renzo Piano (celui qui a construit le centre Georges Pompidou à Beaubourg), les pavés ont conservé ce petit air « bordélique » qui me convient parfaitement. Les maçons ont dû bien s’amuser…

    C’était le clin d’oeil du week-end 😉

  • AUTOMNE DE L’ENFANCE

    AUTOMNE DE L’ENFANCE

    Comme je lai déjà dit à de nombreuses reprises, la musique est pour moi une source d’inspiration très forte. Je ne pense pas avoir de préférence pour un style particulier, et je l’écoute tous azimuts. Lorsque je tombe sur un morceau qui résonne particulièrement en moi, il m’arrive de l’écouter en boucle pendant des heures, soit directement sur ma chaîne, soit … dans ma tête (je ne me risque plus à chanter, j’ai été trop souvent accrochée à un arbre tel le barde Assurancetourix !). C’est ainsi que souvent, lorsque je photographie j’ai un morceau qui traîne dans ma tête et les photos que je prends sont influencées par la mélodie. À l’inverse, je ne développe quasiment jamais mes photos sans choisir d’écouter une musique qui colle particulièrement bien à mon état d’esprit du moment. C’est pour cela d’ailleurs que je vous propose régulièrement de visualiser mon travail photographique accompagné du morceau qui m’a inspirée pour lui. Je dirais que c’est comme citer la référence d’un auteur qui m’aurait aidé à réaliser mon travail.

    Ainsi, il y a quelques mois, mon cher et tendre inventeur me faisait découvrir un trio de jazz dont je suis restée absolument sous le charme : Możdżer Danielsson Fresco (je ne pense pas qu’ils aient un nom de groupe). L’émotion musicale est réelle lorsque je les écoute et je peux dire qu’ils m’ont directement inspiré la série que je vous propose aujourd’hui. Je n’ai donc pas pu résister à l’envie de la partager avec vous !

    Une fois n’est pas coutume, je vous propose aujourd’hui une vraie vidéo (jusque là, je ne mettait que la musique). Mais quand vous verrez ces musiciens à l’oeuvre, c’est un vrai spectacle et je suis sûre que vous ne manquerez pas d’admirer leur virtuosité. La vidéo est assez longue, 17 minutes ! Je sais, ça ne se fait pas dans le monde du « blogging » où il faut que tout aille vite et soit lu rapidement, mais il y a deux morceaux à l’intérieur ! Allez, une fois n’est pas coutume, prenez votre temps, installez-vous tranquillement, écoutez, regardez !

    La série que je vous propose a été inspirée par le premier morceau. Cette mélodie m’a évoqué de la nostalgie certes, mais aussi beaucoup de fraîcheur, de douceur, de fluidité. Ainsi, cet été lorsque j’ai été devant une piscine un soir avec des enfants-presque-ados, je l’ai tout de suite « fredonnée » dans ma tête. Dans la joie de ces enfants, dans leurs mouvements, leurs attitudes on sentait bien qu’il se passait quelque chose, qu’une part de leur innocence puérile partait pour les laisser grandir : leurs gestes étaient plus assurés, plus harmonieux, plus posés. Leurs galipettes devenaient élégantes, elles n’avaient presque plus rien de la maladresse enfantine. Je ne sais pas si je me fais bien comprendre …

    J’ai donc eu l’idée de faire des images très étranges où mon objectif était de superposer 2 photos pour montrer la transformation de ces jeunes êtres, un peu à la manière des chrysalides. Je dois avouer que j’ai pas mal tâtonné au développement pour trouver cette manière d’exprimer mon intention, mais j’espère qu’au final j’y suis arrivée. Ce n’est pas dit …

    [youtube]http://www.youtube.com/watch?v=2viHnithECY&feature=share&list=PLP-0U8DCCfD5JzbWukt5Pi2mhx4gPq9wS[/youtube]
    Le clic sur la vidéo est recommandé maintenant …

     

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    J’ai intitulé cette série « Automne de l’enfance » mais je ne souhaite pas qu’on y voie de la tristesse. L’automne est une magnifique saison et surtout, elle est inscrite dans les cycles de la nature, dans le temps qui passe, dans ce qui est et doit être. Il y a besoin de cette saison pour que la vie puisse continuer, elle n’est pas l’annonce de la fin, mais celle d’une pause pour qu’un printemps puisse renaître.

    :::::::::::::::::::::::::::::::::::

    J’espère que vous avez regardé la vidéo jusqu’au bout car le second morceau est tout simplement … extraordinaire ! Vous avez vu comment ces musicien, sur ce rythme endiablé qui n’a rien à voir avec le premier morceau vont au bout des possibilités de leurs instruments ? Comment ils en tirent les potentialités ? Pour ma part, je suis admirative !

     

  • PHOTOGRAPHIE ET RÉALITÉ : BRISONS LES IDÉES REÇUES (IV)

    PHOTOGRAPHIE ET RÉALITÉ : BRISONS LES IDÉES REÇUES (IV)

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    Nous voici arrivés à la quatrième et dernière partie de cette conférence. Je vous rassure tout de suite, celle-ci sera beaucoup moins longue que la précédente et servira surtout de conclusion à tout ce que nous avons vu jusqu’ici.

    Ainsi, après vous avoir démontré, je pense, que la photographie ne peut pas représenter la réalité (partie 1), que le processus matériel de production d’une photographie ne permet pas de reproduire la réalité (partie 2), et que par les choix du photographes (qu’ils soient matériels, techniques ou subjectifs) une photographie ne représente qu’une réalité subjective, j’aimerais aujourd’hui finir en vous convainquant que le regard du photographe est « un constructeur de mondes ».

     Une photographie peut-elle être vraie ?

    Après tout ce que nous avons vu dans les parties précédentes, cette question vous paraîtra peut-être surprenante. Mais j’aimerais cependant revenir quelques instants sur cette notion de « véracité » et préciser ma pensée.

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     Nous entendons souvent dire « ah, ça c’est une vraie photographie » pour celles qui sont censées représenter la réalité.

    Or, nous avons vu que la photographie ne peut représenter ni le réel ni la réalité. Elle ne peut que reproduire quelque chose qui a été vue, mais ceci à travers le prisme subjectif du photographe et celui concret des contraintes techniques et matérielles. S’agit-il alors vraiment de reproduction ?  Non, car elle n’est pas vraiment l’empreinte de la réalité, elle en est une interprétation. Serait-ce alors de l’imitation ? Non plus, la photographie fait bien plus qu’imiter sauf si on se range à la pensée d’Aristote qui démontre qu’il y a 3 façons d’imiter (la mimésis) : comment les choses sont, comment on les dit et comment elles devraient être. Mais la photographie serait alors toutes les 3 à la fois, ce que Baudelaire rejette (et c’est d’ailleurs pour cela qu’il ne considère pas la photographie comme une art).

    J’en conclurais que tout au plus nous pouvons dire qu’une photographie est vraisemblable.

    Mais vraisemblable pour qui ? J’aimerais enfin faire intervenir à ce point de l’exposé le « regardeur », le « lecteur » de la photographie que j’ai volontairement mis jusque là de côté. Comme je l’ai déjà écrit précédemment, je ne souhaite pas m’attarder trop longuement sur cet aspect car il nous faudrait encore plusieurs chapitres pour en faire le tour ! Cependant, je ne peux pas le passer non plus sous silence …

    Les potentialités infinies du cadrage, en sélectionnant, en découpant l’environnement ouvrent la voie à l’abstraction et à l’inconscient visuel. Pour m’expliquer, je vais prendre des exemples extrêmes mais qui me semblent parlants.

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    J’ai pris cette photo pour illustrer un article que j’avais fait sur le thème de l’abstraction  . Mon intention était de démontrer, qu’à partir d’une base extrêmement simple et concrète (o pourrait presque dire sans sujet !) on pouvait obtenir des photos relativement complexes dans leur interprétation. C’est ainsi que j’ai photographié un angle de mur blanc. J’ai choisi un cadrage carré dont les propriétés sont aisément exploitables lorsqu’on souhaite faire des photographies graphiques. Dans ma composition, j’ai pris soin que cet angle forme un triangle et qu’il y ait une ligne verticale bien centrée. Mon intention était de représenter une notion abstraite de géométrie. Mais si vous regardez attentivement cette photo et que je vous demande ce que vous y voyez, certains d’entre vous me diront qu’ils voient un triangle, d’autres un angle de mur, d’autres la pointe d’un cube !

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    Quelques heures plus tard, le soleil donnait en plein sur mon angle de mur et j’avais tiré les rideaux pour l’atténuer. Il y avait ainsi des ombres et des rais de lumière rouge-jaune (de la couleur du soleil et du rideau). J’ai donc repris une photo, avec cette fois-ci un cadre vertical et une composition en diagonale. Vous serez d’accord que mon angle de mur est radicalement différent de celui d’avant ! Et personnellement, je n’y vois plus aucun angle, ni aucune géométrie, mais … les cuisses d’une femme nue. C’est fort abstrait, j’en conviens, mais il n’empêche que je n’arrive plus à y voir autre chose.

    Aucune de ces 2 images n’est vraie dans la mesure où il est impossible de décider pour le lecteur quelle est l’option juste si je ne donne pas d’explications. Il y en aura des plus vraisemblables et l’inconscient, la subjectivité de chacun choisira laquelle l’est le plus. Ce qui est vrai, c’est qu’il s’agit d’un angle de mur, ce que je vois est tout à fait différent.

    Prenons 2 autres exemples dans un autre esprit cette fois-ci :

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    Dans le même article sur l’abstraction, j’ai expliqué (plus ou moins bien !) comment j’ai obtenu ces photos. En gros, il s’agit du reflet de la lumière à l’intérieur même de la lentille de mon objectif. Ce qui est intéressant dans ce cas de figure et pour notre propos ici, c’est que ce sont des images que j’ai bel et bien vues, mais dans des conditions si particulières que je suis la seule à avoir pu les voir. Elles sont donc à la fois réelles et irréelles, impalpables mais visibles, elles ne s’appuient sur rien de concret puisqu’il ne s’agit que de reflets de lumière et pourtant, j’ai pu les photographier.

     Le photographe est un menteur !

    Attention, c’est un gentil menteur, hein ! Pour ceux qui me suivent et me connaissent, vous savez que j’ai le verbe parfois excessif …

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    Eh oui, comme nous l’avons déjà vu, même si le photographe propose un panorama à 360 ° (obligatoirement par photomontage d’ailleurs), il manquera toujours une partie de la réalité à sa photo (le haut et le bas dans ce cas).

    Ainsi, même avec la meilleure volonté du monde, le photographe est condamné à tailler dans la réalité et à choisir quelle partie il donnera à voir.

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    Vous voyez ce berger rencontré dans les Dolomites à la frontière autrichienne ? On dirait le grand-père d’Heïdi ! Tout y est : la barbe, le chapeau avec la fleur d’edelweiss, le bâton de marche, les mains et les traits du visage rugueux de celui qui vit au dehors, et si on y prête attention, on voit même les jumelles ! Bref, c’est une image intemporelle de l’idée qu’on se fait d’un homme des montagnes, d’autant que pour renforcer ce côté « hors du temps » j’ai converti la photo en noir et blanc (ça, ce n’est pas du tout réel, on voit en couleurs « en vrai » !). Mais la réalité au moment de la prise de vue était toute autre : j’ai pris soin de ne pas montrer les remontées mécaniques ultra-modernes situées juste à côté. Oh, je n’ai pas voulu mentir sciemment, mais j’ai juste « omis » de montrer que le contexte de vie de cet homme n’est pas forcément celui qu’on s’imagine. D’autant que son commerce de mouton n’est pas forcément celui qu’on s’imagine. Dans la « vraie vie », cet homme vit effectivement toute une partie de l’année dehors avec son troupeau de moutons. Mais ces moutons, il les vend aujourd’hui à des musulmans qui veulent de la viande de haute qualité pour la fête de l’Aïd, mondialisation et échange de cultures oblige ! Qui l’aurait cru en regardant cette photo ? Dans la « vraie vie », avouez qu’on est assez loin de limage d’Épinal que je vous propose.

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    Et dans cette photo de jeunes mariés, qu’ais-je « oublié de vous montrer ? Bien sûr le contexte ! Si vous saviez comme l’environnement était laid et vraiment pas romantique ! Un bâtiment carré d’un jaune criard, une porte moderne avec des grilles (qu’on aperçoit en fond), une flopée de personnes, un temps gris et triste à mourir. Et surtout je vous ai caché les couleurs ! Là, je dois avouer que ce n’est pas un mensonge par omission, mais c’est bel et bien sciemment que j’ai supprimé ces informations (j’avais déjà ce projet en tête au moment de la prise de vue). Si je vous les avait laissées, vous auriez vu que les vêtements de ces 2 amoureux n’étaient absolument pas assortis, que le bouquet de fleurs l’était encore moins, que la dentelle du petit sac « tombait comme un cheveux sur la soupe » dans ce contexte. Bref, cette embrassade joyeuse et tendre n’aurait pas été celle que je vous montre maintenant.

     Le regard du photographes est un constructeur de mondes

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    Ainsi, j’espère vous avoir convaincu tout au long de cet exposé, que le regard du photographe n’est pas spectateur ou témoin du monde, mais qu’il est un véritable acteur de l’idée qu’il s’en fait. La photographie montre ce que l’oeil ne peut voir, c’est toute la différence entre « voir » et « regarder ». Car qu’y a-t-il à voir ? « Rien d’autre qu’une multiplicité des organisations du monde, que l’opérateur anticipe, que l’appareil capte et que l’image va révéler. »(C.Vollaire). Or, c’est la multiplication des points de vue rendue possible par la photographie, c’est par l’esthétisation (au sens organisation pour rendre intelligible) que l’homme manifeste sa relation au monde et y déploie sa puissance, c’est par elle qu’il accède à la révélation de soi-même. C’est ainsi que Rodtchenko nous dit : « Chaque image photographiée sous un angle nouveau agrandit le champs de nos représentations visuelles ».

    Une photographie agit tant sur le photographe que sur le spectateur comme une stimulation imaginative, elle fonctionne par « contamination ». Ainsi, par la multiplicité des photographies aujourd’hui à notre portée nous accédons chaque jour à d’avantage de connaissance sur nous mêmes et sur le monde qui nous entoure, elles sont activatrices de stimulis cognitifs et émotionels.

    J’aimerais finir cet exposé par une autre citation de Rotdchenko qui devrait nous inciter, nous photographes, à aller au delà de ce que nous voyons et à exploiter notre manière de regarder :

    « Nous qui sommes dressés à voir les choses habituelles, à voir ce qu’on nous a inculqué, nous avons à découvrir le monde du visible »

    À bon entendeur … salut 😉

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    Maintenant que j’ai rempli ma promesse de mettre par écrit cette conférence, je vais enfin pouvoir retourner faire des photos ! Car c’est bien connu, c’est ceux qui en parlent le plus qui en font le moins … J’espère que vous aurez pris du plaisir à lire mes élucubrations et que celles-ci vous auront donné des arguments pour briser ces idées reçues !

    ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

    Ci dessous les liens directs avec les différents articles de ce sujet :

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    Photographie et réalité : brisons les idées reçues

    I partie : Le rapport de la photographie avec la réalité

    II partie : Qu’est-ce qu’une photographie ?

    III partie : L’acte photographique : de l’intention à la photographie

    IV partie : Photographie et réalité : le regard du photographe est un constructeur de mondes

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    :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

      BIBLIOGRAPHIE

    • Alexandre Rotdchenko . Ecrits complets : sur l’art, l’architecture et la révolution
    • Henri Vanlier : Philosophie de la photographie
    • Christiane Vollaire : Trancher dans le vif : sur les fonctions esthétiques de la photographie (revue de l’École des philosophes)
  • L’ACCROCHE-COEUR

    L’ACCROCHE-COEUR

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    Je bosse dur pour finir la dernière partie de l’exposé « Photographie et réalité, brisons les idées reçues ».

    En attendant, je vous laisse avec cette vision fort automnale 🙂

  • PHOTOGRAPHIE ET RÉALITÉ : BRISONS LES IDÉES REÇUES (III)

    PHOTOGRAPHIE ET RÉALITÉ : BRISONS LES IDÉES REÇUES (III)

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    Nous avons donc vu dans les deux premières parties de cet exposé que la photographie ne peut en tant que telle représenter la réalité, non seulement parce que celle-ci est irreprésentable mais aussi parce qu’une photo, pour exister, passe par pas moins de 7 étapes physiques, en dehors de toute intention photographique.

    Dans cette troisième partie, j’aimerais précisément parler de cette intention photographique.

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    Pourquoi vous, moi photographions ?

    Comme nous l’avons vu, la photographie couvre une infinitude de domaines. Mais à titre individuel, nous sortons notre appareil photo avant tout pour témoigner d’un événement, pour informer, pour donner notre vision de la représentation du monde que nous nous faisons, et parfois, dans un but artistique.

     Quand je dis « témoignage », j’englobe la photo souvenir, celle de la soirée pizza passée entre amis comme celle du coucher de soleil dans les îles Canaries ou de la parade du festival de Venise. Elle nous permet de témoigner de notre présence à ce moment et dans ce lieu et de ce que nous en retenons. Il y a souvent une dimension affective et nous y adoptons un point de vue.

     Il nous arrive aussi souvent de prendre des photos pour informer : notre intention est plus neutre (tout du moins elle est censée l’être !). C’est ce que nous attendons principalement des journalistes par exemple.

     Nous sortons également notre appareil photo lorsque, plus qu’un témoignage ou une information, nous avons envie de partager disons une certaine conception du monde et de la manière dont on se le représente. Je dirais que c’est le cas de la photographie dite conceptuelle.

     Enfin, je cite une dernière catégorie, celle de l’expression artistique qui est bien plus difficile à cerner dans la mesure où la photographie est en elle même pour certains une pratique artistique. Ce qu’on peut dire, c’est qu’on ne s’attend pas forcément à ce que les représentations du monde de la part des artistes photographes soient réalistes et qu’on admet à priori que celles-ci soient des créations.

    Quoi qu’il en soit, mon objectif ici n’est pas de catégoriser (ce qui est impossible et au final pas très intéressant ni surtout pertinent). Comme je le disais dans la première partie, les frontières sont tellement fluctuantes que c’est à se demander si elles existent vraiment ! Il n’en demeure pas moins que nos a priori trouvent leur source justement à cause de cette ambivalence de la photographie.

    Ainsi, on s’attend à ce qu’une photo représente une certaine réalité vécue. MAIS, comme nous l’avons vu dans la seconde partie de l’exposé, il y a un certain nombre d’étapes pour y parvenir et parmi lesquelles, au delà de l’aspect purement pratique de la photographie, la subjectivité du photographe par le biais de ses propres émotions conscientes et inconscientes, ses choix techniques et matériels ont une influence indéniable sur la photographie finale.

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     Penchons-nous dans un premier temps sur la subjectivité du photographe

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    Quelque temps après avoir commencé la photo j’ai pris des cours. Je me souviens encore qu’à l’époque notre professeur nous avait dit que le photographe ne voyait pas comme tout le monde. Je dois dire que j’étais plutôt sceptique et que j’avais pris cette allégation plus comme un petit snobisme, une coquetterie pour se distinguer du « reste de la masse ». Aujourd’hui, je dois bien avouer qu’il avait raison, et je m’entends maintenant moi aussi dire à mes élèves que nous ne voyons pas comme tout le monde. Voici pourquoi.

    En première instance, il y a la question du choix de la scène.

    Qu’est-ce qui fait qu’on a envie de déclencher à ce moment plutôt qu’à un autre ? Qu’est-ce qui fait que notre attention est focalisée sur un événement ? Les raisons sont bien évidemment multiples, mais ce qu’on peut dire c’est que parfois c’est une scène qui trouve un certain écho, une certaine résonance en nous (à cause d’une lumière particulière, un événement, une intuition, un projet, … ?). L’intention photographique est un acte volontaire : c’est une décision active qui préside au projet. Mais c’est en même temps un acte inconscient.

    Prenons un exemple : RPG (26)

    Nous étions avec mon mari dans le hall d’un hôtel et attendions je ne sais plus quoi. Nous divaguions au gré des oeuvres d’art que cet hôtel présente (le Négresco à Nice). J’ai vu mon mari s’arrêter devant une statue de Niki de Saint Phalle. Aujourd’hui, je me demande encore ce qui m’a attiré à ce moment là et qui m’a incité à prendre en photo cette séquence. Est-ce parce que je connais bien mon amoureux et que je me doutais qu’il allait se produire quelques chose d’intéressant ? Justement, il n’est pas trop du genre à se faire remarquer dans les lieux publics, même si c’est son humour souvent « pince sans rire » qui me fait « craquer ». Est-ce parce que je voulais garder un souvenir de ce hall impressionnant et que je voulais intégrer un personnage pour le rendre plus vivant ? Certes, mais dans ce cas, pourquoi avoir fait cette séquence à quelques secondes d’intervalle ? Il ne se doutait absolument pas que je le prenais en photo et je ne me doutais absolument pas que cette statue de femme aux formes généreuses aurait cet effet sur lui ! Il me semble que c’est un parfait exemple de subjectivité quant au choix de la scène, où la démarche consciente et active du projet photographique (je voulais prendre en photo ce hall) se superpose avec ce qu’on pourrait appeler l’inconscient (une tension, une attirance en quelque sorte irrépressible et incontrôlable vers le sujet).

     Nous avons également vu précédemment qu’une photo doit être contenue dans un cadre.

    Comment le photographe s’y prend-il ? Qu’est-ce qui va motiver la sélection des éléments qu’il va inclure dans ce cadre et ceux qu’il va exclure ? Bien souvent, notre champ de vision est soit supérieur soit inférieur à celui que nous montre l’appareil photo. On dit généralement qu’une focale de 50 mm (lorsqu’elle est montée sur un appareil dit full-frame) correspond plus ou moins à notre vision. La manière dont le photographe va choisir de couper la scène réelle est bien entendu extrêmement subjective ! Ce qui va paraître essentiel à conserver dans le cadre va être superflue pour un autre, selon l’angle de vue que le photographe adopte il lui sera possible ou non d’intégrer ou exclure un élément. Si un élément le gène, il a la possibilité de se déplacer pour l’exclure du cadre ou de changer de focale. Je crois que la première question à se poser lorsqu’on photographie une fois qu’on a décidé de la scène à photographier, c’est de se demander « comment couper », comment isoler cette scène afin de la rendre visible sur une image. Tout le reste (les réglages, le point de vue, la composition, etc …) vient après.

    Portrait
    Le cadrage est tout à fait subjectif. Par le fait de cadrer, le photographe prend un pouvoir énorme sur la réalité : celui de suggérer. Dans cette photo, j’ai choisi volontairement de couper le visage de cette petite fille alors même que mon intention était de faire un portrait. Étrange tournure d’esprit pour certains, il n’en demeure pas moins que ce type de photo montre parfaitement toute la subjectivité du cadrage.

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     On dit que photographier, c’est peindre avec la lumière.

    Soit. Mais comme le souligne Vanlier « la lumière, agent physique ne saurait ni dessiner ni écrire » et d’ajouter plus loin : « le photon qui travers la lentille de l’objectif et altère les alogénures de la pellicule n’est pas vraiment une substance et ne produit pas d’impact ». Ce que je veux démontrer ici, c’est que d’une part dire que l’on peint avec la lumière est en soi une vision de l’esprit, une abstraction, mais que cette lumière lorsqu’elle parvient sur la surface sensible (pellicule, capteur, ..) ne possède pas de qualité intrinsèque. C’est le photographe qui lui donnera sa substance, sa « tessiture », et même sa couleur.

    Ainsi, j’aime souvent dire qu’il n’y a pas de « bonne ou mauvaise » lumière. Certes on peut mesurer sa quantité, mais sa qualité est directement dépendante de la perception du photographe. Telle lumière inspirera le photographe à réaliser telle photo, par exemple une photo de paysage sous un soleil resplendissant avec des couleurs éclatantes. Mais son voisin lui préfèrera peut être se positionner en contre-jour et obtenir ainsi une image dramatique qui met en exergue les ombres menaçantes des arbres.

    Mélancolie
    Cette image m’a été directement inspirée par la lumière qui régnait ce jour là. J’étais à la fenêtre en train de regarder le paysage qui disparaissait à moitié à travers le brouillard. Pourtant, le soleil n’était pas loin, ce qui conférait à la scène une ambiance extrêmement particulière. J’ai eu la chance de déclencher au moment où passait un groupe d’oiseaux. Je suis convaincue que si je n’avais pas été photographe, que si je n’avais pas eu cette acuité à la lumière due à l’habitude des photographes, je n’aurais pas déclenché : il n’y avait pas grand chose à voir ni à montrer. Seule la lumière suggérait une ambiance. Pourtant d’aucuns diront qu’elle n’était pas belle. C’est vrai. Mais elle correspondait exactement à mon intention.

    RPG (30)

     

     Enfin, il est clair que par la composition le photographe va directement influencer le lecteur à lire ce qu’il veut qui soit lu.

    De même que pour la lumière, il n’y a pas en soi de bonne ou de mauvaise composition : il y a celles qui sont adaptées au projet, à l’intention du photographe (ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de règles qui permettent de donner de la force et de l’impact à une image !). La manière dont le photographe va ordonner les éléments qui composent l’image (par le choix du point de vue), l’instant durant lequel il va choisir de déclencher car il estime que ces éléments entrent « en harmonie » entre eux va déterminer la lisibilité de la photo, et donc son impact. Selon la composition choisie une photo peut être lue de manière très différente. Mais est-ce à dire que le photographe est toujours pleinement conscient de tous ses choix ? Bien sûr que non, et plus particulièrement en situation de reportage où la scène est infiniment trop complexe pour être « évaluée ».

    La belle italienne
    La composition influe sur la lecture de l’image. Je me suis servie de manière consciente des éléments visuels de cet endroit pour diriger le lecteur vers la silhouette de cette femme et donner de l’impact à la photo. Bien qu’ayant eu le temps de composer, ce serait faux de vous dire que j’ai été consciente de tout l’environnement complexe. J’ai notamment découvert au développement (avec joie !) cette ligne en bas formée par le reflet du sol.

    LaBellaItalienne

     

    En résumé, voici le schéma que je propose pour comprendre la vision du photographe :

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    Prenons encore une fois un exemple dans lequel j’aimerais vous montrer que nos différents éléments nous emmènent à l’interprétation de la réalité :

    morcellement

     

    Je devais faire un reportage sur un centre culturel de jeunes dans ma région. Je devais le faire en 10 images. Bien entendu, le fait de tailler la réalité en 10 images nous coupe de facto de la réalité. Ce centre de jeunes est bien plus que ce que je vous en montre. Ceci dit, j’ai essayé de produire des images qui deviennent en quelque sorte des symboles de la vie dans ce centre (donc des représentations abstraites !). Comme vous pouvez le constater, j’ai alterné des plans larges avec des détails, des particularités architecturales avec les activités qui s’y déroulent, j’ai pris en photo des messages griffonnés sur les tables ou sur les murs et qui me semblaient représentatifs de l’état d’esprit de ces jeunes, des compositions graphiques, des scènes de vie, etc …

    Arrêtons-nous un instant sur l’une de ces photos :

    morcellement2Ici, nous voyons un couple de jeunes qui discute de manière assez vive semble-t-il, pour ne pas dire de manière agressive. Le jeune homme fait un geste qui pourrait presque passer pour menaçant, il est à moitié tourné vers la jeune fille, elle même semble assez fermée et a un regard dur. Bref, l’ambiance n’est pas au beau fixe !

    morcellement3Dans cet autre cadrage, on y voit une jeune fille tout sourire (même franchement rigolarde) et qui est en train de jouer au baby foot. Par le fait qu’elle nous regarde, même si elle est seule et plus loin, elle contrebalance largement le « poids » des 2 autres protagonistes. Ce qui ressort de cette image, c’est que finalement, certes il y en a qui se disputent, mais il y en a d’autres qui s’amusent ! L’ambiance est moins « dramatique » qu’avec le premier cadrage !

    morcellement4

    Et voici le cadrage et la composition finale (et originale !). Ma perception de la réalité, dans ce centre, ce sont les contrastes qui existent entre les jeunes, que ceux-ci se confrontent entre eux, mais qu’ils s’amusent aussi et qu’ils ne sont pas si terribles qu’ils en ont l’air ! J’ai intégré dans mon cadrage les caméras pour signifier qu’ils sont sous surveillance parce qu’ils sont jeunes. Cette photo représente bien la perception que j’ai eue de ce centre. Mais je suis très consciente que c’est ma vision et mon approche personnelle de ce genre d’endroit qui ressort avant tout et non pas tel que cet endroit est ! Un autre photographe aurait-il été présent, très certainement aurait-il cherché à révéler d’autres aspects sur lesquels je suis passée car ils n’ont accroché ni consciemment ni inconsciemment ma perception de l’endroit.

     Penchons-nous maintenant sur le matériel utilisé par le photographe

    Comme nous l’avons vu précédemment, les choix matériels du photographe ont une grande influence sur la photographie finale. Je dirais qu’il y a 2 types de choix :

    • les choix a priori
    • les choix a posteriori

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     Les choix à priori

     Il y a les photographes chanceux qui ont plein d’appareils photo. J’en fait partie ! Oh, je vous rassure tout de suite, je n’en ai pas une pléthore, mais j’en ai quelques uns (5 en fait). Ils sont tous très différents et surtout ils produisent des photos très différentes dans le rendu final sauf pour les appareils numériques qui sont assez similaires. Pour ma part, je les considère comme des outils qui vont me permettre de réaliser tel ou tel type de photo, exactement à l’instar d’un peintre si on veut faire un parallèle, qui aura des pinceaux ultra-fins ou au contraire ultra-épais, des couteaux, des spalters, etc …. Bien entendu, il y en a certains que j’utilise quasiment quotidiennement et d’autres que je sors beaucoup plus occasionnellement. Mais j’aime cette variété d’approche, elle me permet de me renouveler, d’essayer des choses différentes.

     Il en est de même pour les objectifs. Pour ma part, j’ai opté depuis longtemps pour les focales fixes car dans ma façon de photographier, la possibilité d’une très grande ouverture est essentielle. J’aime en effet beaucoup jouer sur la profondeur de champs, les situations de lumière extrême me parlent et cela me permet de ne jamais utiliser de flash (je crois que je ne sais même pas comment on le déclenche ! J’exagère mais à peine …)

    Je disais donc que je faisais partie des photographes chanceux qui ont plusieurs outils à leur disposition. Mais qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie avant tout qu’avant chaque photo ou sortie photo je dois me demander : « qu’est-ce que je prends, quelle est mon intention aujourd’hui, quelle est mon humeur ? Le choix même, à priori, aura une conséquence sur les photos que je prendrais. Et je ne parle pas de technique là, je parle d’état d’esprit.

     Ces choix ne s’arrêtent pas qu’au matériel (appareil photo et objectif), ils concernent également les pellicules, qu’elles soient argentique ou numérique. À ce propos, je m’amuse beaucoup à observer la réaction des gens lorsqu’ils prennent une photo avec leur téléphone cellulaire et l’application type Hipstamatic. Ils sont la plupart du temps persuadés qu’ils n’ont effectué aucune intervention. Mon fils (mon propre fils !!!) me montrait une photo qu’il avait prise dernièrement avec son hipstamatic et qu’il trouvait très réussie, à raison d’ailleurs. Il m’a soutenu qu’il n’avait effectué aucune intervention, sous-entendu pour lui, qu’il n’y avait eu aucune post-production et que la photo était « brute » en quelque sorte, vierge de toute transformation. Bien sûr, d’un certain côté il avait raison dans la mesure où ce n’est pas lui qui a opéré le « traitement » de l’image. Il n’a fait que choisir à priori le rendu final. Mais physiquement, la photo est passée à la moulinette du logiciel APRÈS avoir été prise.

     Enfin, parmi la palette des choix à priori pour le photographe il y a les filtres. Il en existe de toutes sortes, plus ou moins utiles, plus ou moins créatifs et ils viennent se placer sur le devant de l’objectif.

    Dans tous les cas de figure, ces choix à priori impliquent que le photographe ait une idée AVANT de photographier, qu’il se soit fait une représentation mentale de sa photo, de son projet.

    Choix du Polaroïd
    En utilisant un Polaroïd et une pellicule n&b des premiers temps d’Impossible Project, je cherchais à obtenir cet effet de douceur propore à cet appareil et à ce film.

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    Pellicule Hipstamatic
    Exemple de photo prise au téléphone portable avec une pellicule n&b numérique d’hipstamatic

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    Photo au Holga
    Choix à priori du Holga et d’une pellicule N&B pour obtenir ces superpositions

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    Photo sténopé
    J’ai fait le choix à priori de ne pas utiliser d’objectif pour prendre cette photo. Je savais qu’elle serait très incertaine et de mauvaise qualité en terme de résolution, mais c’est l’effet que je recherchais.

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    Photo avec filtre
    Utilisation d’un filtre fait maison pour obtenir cet effet de flou et de douceur.

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     Les choix à postériori

    Comme nous l’avons vu dans la seconde partie, pour qu’une photo puisse être vue, il faut qu’elle soit développée. Que ce soit avec une méthode dite traditionnelle (je pense que cette expression n’aura plus de sens d’ici un certain temps !) du développement en chambre noire ou avec un logiciel interne ou externe à l’appareil photo, il est obligatoire que celle-ci passe par un processus qui va révéler l’image qui a été en quelque sorte « imprimée » sur le capteur ou la pellicule par la lumière.

     L’étape du développement est essentielle.

    Il est bien évident que ce processus est de la plus haute importance car sans lui on peut presque dire que l’image n’existe pas ! Je suis souvent étonnée d’entendre dire des photographes qu’ils n’aiment pas cette étape. Selon moi, ce serait presque de dire pour un cuisinier qu’il n’aime pas faire cuire ses plats. Il choisi avec soin les ingrédients, les coupe, les taille, les associe, y met des épices, les goûte, anticipe le plat final, mais … n’éprouve pas de plaisir à l’accompagner dans la cuisson, à vérifier s’il est à bonne température, s’il faut lui ajouter un soupçon de poivre ou de coriandre, s’il faut le laisser mijoter encore un instant ou au contraire arrêter là, … Un plat qui n’est pas cuit est un plat en devenir. De même, une photo qui n’est pas développée est une photo en devenir. Laisser une photographie dans les mains d’un logiciel qui fera tout pour le photographe, c’est comme de mettre le plat soigneusement préparé du cuisinier au micro-ondes : c’est pratique, ça va vite, c’est efficace … mais ça refroidit vite et laisse souvent un goût d’eau. La photographie est tout un processus, et depuis ses débuts le développement en fait partie. Bien sûr que c’est difficile, bien sûr que ça demande du travail ! Les grands photographes de l’époque avaient leurs développeurs et tireurs attitrés, tout comme les grands cuisiniers ont leurs bataillons de « petits mains » spécialisées. Mais ces « petites mains », ces tireurs font leur travail sous la surveillance de l’auteur !

     Ne pas confondre développement et impression !

    Du « temps de l’argentique », la plupart d’entre nous confiait ses pellicules à un laboratoire qui les développait pour nous. Les connaisseurs avaient leurs laboratoires privilégiés dont ils estimaient qu’ils développaient correctement leurs photos et se retrouvaient bien dans le rendu final du développement. Les purs et durs et les passionnés les développaient eux mêmes chez eux. Aujourd’hui, avec le numérique, tout se fait directement dans l’appareil photo ou à la maison sur l’ordinateur (il ne faut pas confondre le fait de faire imprimer ses photos numériques et de les donner à développer : lorsqu’on confie nos photos numériques à un laboratoire, celles-ci sont déjà développées. Les différences de rendu d’un laboratoire à l’autre sont dues à leur matériel, leurs encres, leurs papiers, etc … bref, tout ce qui a trait au tirage et à l’impression et non pas au développement).

     Et si nous parlions de développement numérique !

    Bref, ce que je veux dire, c’est que peut-être pour éviter les confusions ou disons pour bien replacer la démarche et l’acte photographique dans sa spécificité, au lieu de parler de post-production avec les photos numériques, si nous parlions de « développement numérique »  dans le cadre d’une pratique photographique dite « traditionnelle ». Pour moi, la post-production serait plus réservé pour le domaine de la création artistique (et peut être dans certains cas de la publicité) : les photographies subissent une véritable transformation – je pense aux photo-montages par exemple. Ici, l’acte photographique, l’intention photographique est secondaire par rapport à l’intention finale. La photographie est en quelque sorte la matière première à une création, mais ce n’est pas l’acte photographique en soi qui a présidé au projet. Il n’y a rien de péjoratif dans ce que je dis ! Pour faire encore une fois un parallèle, il n’y a pas besoin d’être fabriquant de couleurs pour produire des oeuvres d’art à base de peinture.

     Le choix du papier et des dimensions physiques

    Enfin, la dernière étape de la photographie est son tirage (ou son impression). Cette étape est moins indispensable aujourd’hui grâce au visionnage sur écran (elle devient même marginale !). Pour ma part, il y a certaines photographies que je veux voir imprimées en petit format pour leur conserver leur intimité, leur secret. Au contraire, pour d’autres je me mets à rêver de tirages monumentaux car c’est dans ce format que je pense qu’elles trouveront leur expression finale. Le papier a bien entendu toute son importance ! Lequel choisir pour cette photo ? Un satiné, un brillant ou au contraire un mat afin de faire ressortir le velouté de ses noirs profonds ?

     

    Développement dramatique
    Pour faire ressortir la tension et la colère de ces étudiants, les poings levés, les cris et les revendications, j’ai fortement augmenté les contrastes au développement

    RPG (40)

    Photo développée en N&B
    À l’origine en couleur, j’ai préféré convertir cette photo en noir et blanc sépia afin d’accentuer le côté intemporel de la scène

    RPG (41)

    Une erreur au développement
    Une erreur au développement m’a fait atterrir sur … mars. J’ai choisi de conserver cette version

    Senza titolo

    Développement « traditionnel »
    Il y a 60 ans, le tireur de l’agence Magnum, Pablo Inrio, prenait des notes pour développer cette image de James Dean …De quoi réfléchir …

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     Enfin pour clore cette longue troisième partie, je ne pouvais pas passer sur les choix techniques du photographe

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    Je ne vais pas m’étendre longuement sur le trio du photographe car je dirais que c’est la base de la photographie et que s’il fallait rentrer dans les détails, il nous faudrait encore des dizaines d’articles et j’ai bien peur d’être à la limite de votre patience !

    Ce que je peux dire maintenant c’est que nous savons tous que ce trio infernal est celui qui nous feras réussir ou non une photographie ! Au delà de cet aspect, il est cependant indéniable qu’en fonction de nos choix techniques, qui une fois de plus sont subjectifs, une photo aura tel ou tel aspect. Exactement à l’instar de la lumière, il est impossible de dire qu’il y a la bonne exposition et la mauvaise. Toutes les expositions sont valables, y compris les extrêmes et c’est au photographe de décider et d’évaluer si celle qu’il a choisie exprime son intention de la bonne manière.

    Ouverture maximale du diaphragme
    En choisissant d’ouvrir au maximum mon diaphragme, cela me permet d’isoler mon sujet en plongeant le reste de la scène dans le flou et en obtenant des jeux de lumière intéressants. Je perds certes en qualité de « piqué », mais ce n’est pas cela que je recherche donc cet inconvénient est secondaire pour moi.

    RPG (44)

    Liberté
    En fermant au contraire mon diaphragme, je peux avoir une profondeur de champs bien plus importante, me permettant d’obtenir une netteté du premier plan à l’infini

    RPG (45)

    Flou de mouvement
    Pour obtenir ce flou, je baisse la sensibilité de mon appareil photo au maximum et je choisis un temps de pause « relativement » long, juste ce qu’il faut pour que les hautes lumières ne soient pas brûlées.

    RPG (46)

    Effet « high key »
    Une franche sur-exposition me permet d’obtenir cette image évanescente et délicate.

    the contact

    Effet « low key »
    Au contraire, une sous-exposition radicale me permet d’isoler ce trait de lumière (en fait une toile d’araignée vue de profil).

    RPG (48)

     

    Me voici arrivée à la fin de cette looooongue troisième partie.

    Encore une fois, j’espère vous avoir démontré que même s’il est de bon ton d’être sceptique dans notre monde actuel quant aux images qu’on voit, et à partir du moment où l’auteur ne cherche pas volontairement à nous faire prendre des vessies pour des lanternes, c’est à dire qu’il ne cherche pas à nous tromper et à falsifier son message, nous pouvons être tout à fait sereins quant à la non-réalité d’une photo.

    En effet, pour résumer, la photographie en soi, par sa nature même, ne peut représenter la réalité (partie 1), le processus physique et matériel ne permet pas de reproduire la réalité telle qu’elle est perçue (partie 2) et l’intention du photographe, à travers sa subjectivité et ses choix matériels et techniques fait que toute photographie est engagée car à partir du moment où il y a un projet photographique il y a une élaboration mentale avant même d’obtenir la photographie (partie 3).

    Dans la quatrième partie (qui n’arrivera pas je pense avant une semaine pour cause d’emploi du temps serré dans les jours à venir !), j’espère que je vous convaincrai définitivement qu’un photographe est un constructeur de mondes

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    Ci dessous les liens directs avec les différents articles de ce sujet :

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    Photographie et réalité : brisons les idées reçues

    I partie : Le rapport de la photographie avec la réalité

    II partie : Qu’est-ce qu’une photographie ?

    III partie : L’acte photographique : de l’intention à la photographie

    IV partie : Photographie et réalité : le regard du photographe est un constructeur de mondes

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      BIBLIOGRAPHIE

    • Alexandre Rotdchenko . Ecrits complets : sur l’art, l’architecture et la révolution
    • Henri Vanlier : Philosophie de la photographie
    • Christiane Vollaire : Trancher dans le vif : sur les fonctions esthétiques de la photographie (revue de l’École des philosophes)
  • PHOTOGRAPHIE ET RÉALITÉ : BRISONS LES IDÉES REÇUES (II)

    PHOTOGRAPHIE ET RÉALITÉ : BRISONS LES IDÉES REÇUES (II)

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    Me revoici donc avec cette seconde partie de ma conférence, où nous allons radicalement nous éloigner de l’aspect théorico-philiosophico de la première partie pour entrer en plein dans le côté pratique : Qu’est-ce qu’une photographie ?

    Attention, nous sommes bien d’accord, je ne vais pas traiter de qu’est-ce que LA photographie, mais de qu’est-ce qu’UNE photographie, comment est-elle obtenue et par quels mécanismes il faut passer pour en obtenir une. Cela paraitra certainement très basique pour certains, mais j’aime revenir à la source, car au final cela nous permet bien souvent d’éviter des confusions et je peux mieux préparer ce que je vais dire dans la 3ème partie.

    Nous partirons de ce schéma :

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    Pour obtenir une photographie, il y a 3 « intervenants » : l’événement, les moyens techniques et le photographe.

     L’événement

    J’aurais pu dire « sujet » ou « objet », mais j’ai préféré utiliser ce terme car il me semble plus proche de la réalité, de la « chose vue » car il contient en lui même une notion de temps. Nous avons vu dans la première partie que ceci est tout à fait relatif et qu’au final la photographie réduit la dynamique de la vie, son espace-temps à un espace en 2 dimensions. Il n’empêche que pour obtenir une photo, il faut bel et bien qu’il y ait quelque chose de la réalité pour que le capteur ou la pellicule l’enregistre. J’ajouterais également que cet événement doit avoir lieu dans un endroit où il y a suffisamment de lumière pour qu’il puisse être enregistré. J’ai entendu dire qu’une photographie est possible tant qu’on peut distinguer quelque chose. Avec les ultra hautes sensibilités qu’on a maintenant avec les nouveaux appareils photo, je me demande jusqu’à quel point c’est encore vrai.

     Les moyens techniques

     Pour prendre une photographie, il faut un appareil photo et un objectif.

    L’appareil photo peut être d’une extrême simplicité et une boîte fermée hermétiquement et percée d’un petit trou en guise d’objectif peu faire l’affaire. De même, un appareil photo ultra sophistiqué avec tout un jeu de miroirs associé à un zoom capable de passer d’une ouverture minimale à une ouverture maximale, de passer d’une longueur de focale minimale à une longueur maximale permet bien entendu lui aussi de prendre une photo.

    Ainsi, le choix de tel ou tel outil aura une énorme influence sur la photo finale, car si chacun permet de prendre une photo, ils ne permettent pas de rendre visible l’événement de la même manière !

     Pour prendre une photographie, il faut une surface sensible.

    Pour que l’image puisse être enregistrée il faut une surface sensible. Celle-ci peut être sommairement une feuille photo-sensible ou de manière plus élaborée une pellicule ou un capteur numérique. Il existe des dizaines de pellicules différentes, allant du noir et blanc à la couleur. Elles ont toutes des rendus différents, sont plus ou moins « douces », saturées en couleurs, sensibles. Il en va de même pour les capteurs. Selon l’appareil photo (un reflex, un compact, un micro 4/3, etc …) et la marque de l’appareil (un nikon, un canon, un olympus, etc…), vous n’aurez pas les mêmes rendus. Il est vrai que les différences sont moins flagrantes en numérique que pour les pellicules, mais il n’en demeure pas moins que chaque appareil photo de telle marque a en quelque sorte son « identité de rendu ».

     

     Du côté du photographe

     L’instant décisif

    Ah, ce fameux instant décisif « immortalisé » par Henri Cartier Bresson : « Une photographie est pour moi la reconnaissance simultanée, dans une fraction de seconde, d’une part de la signification d’un fait, et de l’autre d’une organisation rigoureuse des formes perçues visuellement qui expriment ce fait ».

    Cette vision de la photographie a été saluée, reprise, glissée dans les dictionnaires des citations, mais aussi beaucoup critiquée par les théoriciens de la photographie qui la jugent très réductrice et surtout très confuse quant au rapport du photographe avec la simultanéité des faits : elle laisse entendre qu’il y a une adéquation parfaite entre la réalité des faits et leur « idéalité », réduisant toute marge interprétative du photographe. Or, comme nous l’avons vu dans la première partie, la photographie n’existe justement que grâce à cette marge interprétative . C’est parce que « le réel est inassignable à un espace, parce qu’il est soumis à la discordance des temps, parce qu’il entre en conflit avec la réalité sensible […] que la photographie est un objet possible non seulement de l’activité technique, mais de la perception visuelle (C. Vollaire)

    Bref, ce que je veux dire ici, c’est que j’entends par « instant décisif » le moment où la lumière entre en contact avec la surface sensible. J’ai décidé d’inscrire cet instant décisif dans le paragraphe consacré au photographe car même si je semble le réduire à une simple action technique, celle-ci dépend directement du choix du photographe, y compris dans le cas de photographies prises en son absence. En effet, même dans ce cas, le moment, la cadence de prise de vue dépend de son évaluation, de son anticipation à décider du « meilleur » instant, de l’instant optimal pour obtenir la photo qui conviendra à son intention.

     Le cadrage

    Une photographie est contenue dans un cadre à 2 dimensions : une longueur et une largeur. Sa forme peut être très variée (classiquement rectangulaire, carrée, ronde, ovale mais au fond toutes les formes sont possibles !). Pour obtenir une photographie, le photographe va donc couper, tailler dans la réalité, intégrer des éléments et en exclure d’autres. On dit souvent qu’en première instance le choix du cadrage est déterminant pour la qualité de la photo : les éléments qui sont contenus dans cette photo vont-ils permettre d’interpréter justement la scène montrée, y en a-t-il assez ? Ou au contraire y en a-t-il trop et rendent-ils la photo confuse ? Tout dépend de l’intention du photographe et nous verrons cet aspect dans la prochaine partie.

     Les choix techniques

    Nous avons vu plus haut qu’une photographie pour exister a besoin d’un environnement matériel et technique. En tant que tels ils ne suffisent pas : il faut que le photographe fasse des choix parmi toute la palette à sa disposition afin de déterminer ceux qui conviendront le mieux à son projet. Il est clair qu’un photographe reporter n’utilisera pas les mêmes outils qu’un photographe de mode !

    Dans ces choix techniques entre également en ligne de compte la façon dont le photographe va gérer le fameux trio ouverture/vitesse/sensibilité. Selon ses décisions, une photo apparaîtra plus ou moins nette, claire, sombre, bruitée ou non, etc ….

     Une photo doit être développée

    Enfin, le dernier point est souvent, et étrangement mis à part dans le processus photographique. Et pourtant, il n’y a pas que l’avant-prise de vue ou « l’instant décisif », mais pour exister en tant que telle, pour être visible, une photographie a besoin d’être développée ! Encore une fois, que ce soit en chambre noire avec des procédés chimiques ou à travers un logiciel, une photographie doit passer par la « moulinette du développement ».

    Autant ce passage est accepté comme une évidence dans la photographie argentique, autant dans la photographie numérique il y a beaucoup de gens qui pensent qu’une photo n’a pas besoin d’être développée pour être vue. Or, lorsque sur l’écran de contrôle nous découvrons la photo que nous venons de prendre, nous devons avoir en tête que celle-ci vient d’être développée en instantané (pour faire un parallèle, exactement au même titre qu’un polaroïd !). Une photo numérique est toujours prise dans le format d’origine de l’appareil photo (le fameux raw), et de même qu’une pellicule argentique doit passer dans des bains chimiques, une photo numérique doit passer dans le bain numérique. Et il est tout à fait illusoire de croire que parce que je peux voir la photo instantanément que celle-ci n’a subi aucune transformation ! C’est encore plus vrai pour les photos au format jpeg qui, au delà du fait qu’elles subissent une compression, subissent une vraie transformation par rapport au format d’origine.

    Cette transformation serait un peu comparable au choix du papier pour le tirage en argentique : une photo n’aura pas les mêmes contraste, les mêmes couleurs si elle est tirée sur du papier brillant ou mat. De la même manière, une photo au format jpeg « large » n’a pas le même rendu qu’une photo au format jpeg « petit » et encore moins qu’une photo au format raw.

     En conclusion

    Vous remarquerez que j’ai fait une espèce de « fromage » dans mon schéma, où j’indique avec la couleur l’ordre et l’importance que j’accorde à chaque « intervenant ». Il me semble juste que le photographe y occupe la plus grande partie : au final, c’est lui qui « voit » l’événement et qui fait les choix matériels en plus de tout le reste. Bien entendu, la part de fromage « événement » est plus importante que celle des moyens techniques car c’est elle qui va inciter le photographe à faire la photo.

    Comme vous le voyez, il y a 7 interventions au strict minimum pour obtenir une photo. Et je n’ai pas décrit chaque processus et ses multiples possibilités intrinsèques ! Je me suis contentée de donner les éléments de base pour produire une photographie. Dans la partie suivante je traiterai de la manière dont le photographe se sert de ces « interventions » pour produire sa photo. C’est ce que j’appelle l’intention photographique.

    Au stade où nous en sommes et après avoir lu ces 2 parties, je pense que vous mesurez déjà à quel point il est illusoire de dire que la photographie représente la réalité, et que ce fameux mythe de la photographie réaliste est justement … un mythe. Et nous n’avons pas encore abordé « l’intention du photographe » ! Avez-vous remarqué que dans mon listing des éléments essentiels pour obtenir une photo, la part « développement » (argentique ou numérique) n’occupe qu’une seule ligne ? Pour ma part, cela m’interpelle car nos a priori portent justement plutôt sur cet aspect alors que déjà en amont il y a toute une suite de processus qui « pervertissent » la réalité : la perception de la réalité, les passages matériels et les choix forcément subjectifs du photographe.

    Pour finir cette partie de rappel basique sur ce qu’est une photographie, j’ai eu envie de vous donner quelques illustrations qui n’étaient pas comprises dans ma conférence à l’origine. L’objectif, à travers ces quelques exemples n’est pas de vous décrire mon intention photographique, mais juste de vous montrer que l’aspect purement pratique et matériel a une grande influence sur la réalité retransmise.

    A tout bientôt pour la suite !

    Photo au Holga
    Photographie prise avec un appareil photo extrêmement simple et tout en plastique. Seule la mise au point (très grossière) et 2 positions d’exposition (soleil-pas soleil !) sont disponibles. Il fonctionne avec des pellicules 120.

    RPG (12)

     

    Photo numérique
    Photographie prise avec un Nikon D700 (full frame) et un objectif 105 mm macro. Tant l’appareil photo que l’objectif sont ultra-évolués en regard du Holga. Ce type d’appareil photo produit des photos très nettes et piquées sur les zones de mise au point, impossibles à obtenir avec un Holga. De plus, la longueur focale modifie mon champs de vision qui devient ici très étroit.

    RPG (14)

    Photo au compact numérique au grand angle
    L’utilisation du grand angle me permet d’englober une partie bien plus large de la scène comparé à la photo ci-dessus. Malgré un diaphragme relativement fermé (f/9), je suis cependant trop près de mon premier plan pour que celui-ci soit plus net.

    RPG (19)

     

    Photo avec pellicule N&B
    Photographie prise avec un Yashika Mat 124 et une pellicule Ilford PAN/F 50 asa. Celle-ci a la spécificité de donner des contrastes extrêmement élevés dans certaines situations particulières.

    RPG (15)

    Photo avec pellicule à développement instantané polaroïd
    Photographie prise avec un polaroïd. Il s’agit d’une pellicule The Impossible Project couleur SX70. Ce type de pellicule a un rendu très vintage (qui n’est pas forcément de mon goût !)

    RPG (16)

     

    Photo avec un Hasselblad XPAN
    Appareil photo qui a la particularité de permettre les photos panoramiques sans trop de déformation. Le champs couvert est supérieur à celui du champs visuel naturel.

    RPG (18)

     

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    Ci dessous les liens directs avec les différents articles de ce sujet :

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    Photographie et réalité : brisons les idées reçues

    I partie : Le rapport de la photographie avec la réalité

    II partie : Qu’est-ce qu’une photographie ?

    III partie : L’acte photographique : de l’intention à la photographie

    IV partie : Photographie et réalité : le regard du photographe est un constructeur de mondes

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      BIBLIOGRAPHIE

    • Alexandre Rotdchenko . Ecrits complets : sur l’art, l’architecture et la révolution
    • Henri Vanlier : Philosophie de la photographie
    • Christiane Vollaire : Trancher dans le vif : sur les fonctions esthétiques de la photographie (revue de l’École des philosophes)
  • PHOTOGRAPHIE ET RÉALITÉ : BRISONS LES IDÉES REÇUES (I)

    PHOTOGRAPHIE ET RÉALITÉ : BRISONS LES IDÉES REÇUES (I)

    Voici comme promis la version « blog » de la conférence que j’ai tenue aux Rencontres Photographiques du Genevois les 12 et 13 octobre 2013.

    Comme mon exposé n’a pas été enregistré (ce qui est pas mal car cela vous évitera toutes mes hésitations et mes bafouillages), je me suis dit que le plus simple et peut-être le plus didactique était de vous le proposer en 4 parties distinctes. En effet, je crains fortement que vous le présenter en une seule fois soit franchement rébarbatif sur la longueur. J’ai bien pensé par ailleurs à m’enregistrer en vous faisant défiler les slides, mais il me semble que l’écrit a cet avantage de laisser le temps à chacun d’aller à son rythme, de revenir sur une phrase ou un concept s’il ne l’a pas saisi d’emblée, de lire une première fois en diagonale et de revenir plus tranquillement ensuite … bref, je pense que l’écrit a ses vertus et qu’elles sont en l’occurrence tout à fait appropriées à notre sujet !

    NB : je vais quand même suivre le même déroulement que j’avais choisi de faire par oral et vous proposer en guise d’illustration les slides que je faisais défiler au cours de la conférence.

    On y va ? C’est parti !

    RPG

    Lorsque Contact Images m’a sollicitée pour donner une conférence lors de ces Rencontres, j’ai immédiatement eu envie de traiter de ce sujet qui me semble être au coeur même de l’acte photographique. En effet, que de fois ai-je entendu dire  : « sur cette photo, je ne suis pas arrivé à reproduire ce qu’il y avait en vrai », « en vrai, c’était tellement plus beau », « ça ne rend pas exactement ce qu’il y avait en vrai », … Et à chaque fois de m’entendre répondre : « bien sûr, c’est normal, la photographie ne reproduit pas la réalité ! Au mieux, elle rend compte de ton interprétation d’une situation, au pire, elle ne fait qu’enregistrer un objet selon des paramètres inhérents à l’outil ».

    De plus, je crois que c’est un discours que j’aurais vraiment aimé entendre à mes débuts. J’ai découvert la photographie il y a une dizaine d’années, et je dois dire, par hasard. Comme tout le monde, nous avions un petit appareil photo histoire de pouvoir immortaliser les souvenirs marquants de notre vie, mais rien de plus. Je savais que mon mari rêvait d’avoir un appareil photo plus performant que notre petit compact de l’époque, aussi un jour me suis-je mis en tête de lui offrir un réflex. J’ai donc acheté un « kit de départ » nikon avec ses 2 objectifs. Il était absolument ravi ! Puis, je me suis dit que j’allais quand même essayer cette bête qui pour moi était absolument étrange et qui ne me disait rien qui vaille : trop technique, plein de boutons partout, un viseur qui m’empêchait de voir correctement, etc … Et figurez-vous (je n’en revient toujours pas moi-même), après quelques essais j’ai carrément phagocyté mon cadeau : un monde s’était ouvert à moi et je devais partir à sa découverte ! Pourquoi plus à cette époque qu’à une autre, je n’en ai aucune idée. Mais il est clair que le numérique et la possibilité de voir immédiatement ce que j’avais pris en photo a été déterminant.

    De plus, et ceci me permet d’expliquer pourquoi j’aurais aimé entendre un tel discours à mes débuts, je pouvais « développer » mes photos, aller au bout de mon idée, au bout de ce que « j’avais vu » !! Mais ceci a demandé pas mal de temps, car manquant cruellement de toute culture photographique, j’étais persuadée moi aussi qu’une photo devait représenter la réalité, et qu’une photo n’était que le résultat de la prise de vue sur le moment. Je faisais bien mes « petites bidouilles » sur ordinateur, mais je les gardais pour moi, avec le sentiment que je trichais, que je ne faisais pas vraiment de la photo. Et bien entendu, je me gardais bien de les montrer. C’est ainsi que je me suis empêchée pendant longtemps par exemple de faire du noir et blanc, pensant naïvement que c’était réservé à la pellicule puisque mon appareil photo ne me permettait pas de prendre directement en n&b. Et faire passer une photo à la moulinette d’un logiciel de traitement d’image, oh quelle horreur, je pervertissais la photographie !

    J’espère donc qu’avec ce petit exposé, les débutants (et tous les autres !) qui liront ces lignes comprendront à quel point, loin de pervertir la photographie, bien au contraire, développer soi-même ses photographies, que ce soit en chambre noire ou à travers un logiciel, est une acte hautement photographique et que c’est uniquement par ce biais qu’on devient le véritable auteur de sa photo.

    RPG (2)

    Avant de continuer dans le vif du sujet, je vous propose de découvrir ci-dessus le plan de mon exposé et le cheminement de ma pensée. Je commencerais par essayer de décrypter le pourquoi de nos idées reçues et surtout d’analyser le rapport qu’entretient la photographie avec la réalité. Après cette première partie qui sera certainement la plus théorique (et j’espère pas trop rébarbative !), nous entrerons dans le monde plus familier de l’intention du photographe et de ses interprétations en fonction de son usage de ses outils et ceci d’une manière bien plus concrète et sur la base d’exemples !. J’espère qu’à la fin de ces articles, vous serez convaincus que le regard du photographe est un constructeur de mondes et que vous ne vous poserez plus  la question « pourquoi est-ce que je n’arrive pas à reproduire la réalité ?« , mais plutôt « la représentation en image que j’ai de cette scène correspond-elle à ce que j’ai voulu exprimer ?« .

    Diapositivachap1

     Quelles sont les idées reçues et pourquoi avons-nous ces idées reçues ?

    Je vous ai fait part dans mon introduction de quelques questions qui reviennent souvent et qui selon moi découlent de ces idées reçues. Je ne vous parle même pas ici d’autres remarques largement répandues du type « ton appareil photo fait de belles photos », « si j’avais un appareil photo comme le tien j’arriverai à prendre de belles photos, avec les bonnes couleurs au moins ! ». Non, je vous parle des idées reçues selon lesquelles une « vraie/bonne photo » représente la réalité. Non seulement elle représente la réalité mais elle ne doit être ni retouchée, ni transformée (à peine si elle doit être développée ai-je envie de dire !)

    RPG (4)

     

    Je ne considère pas les gens comme des êtres stupides et je pense qu’ils ont de bonnes raisons pour avoir ces à priori. Par ailleurs, tout le monde n’est pas un photographe aguerri, loin de là. Je dirais même que la très grande majorité des photographies prises à notre époque le sont par des personnes pour qui la photo « n’est qu’un » instantané de vie, bon pour l’anecdote, le souvenir. Et enfin, tout le monde n’est pas un théoricien de la photographie et a réfléchi à ses tenants et aboutissants durant des heures …

    Bref, ce que je veux dire, c’est qu’aujourd’hui la photographie est à la portée de tout le monde et que, comme chacun sait, plus nous sommes nombreux à l’utiliser au quotidien, plus nous la connaissons et la méconnaissons à la fois. C’est ce qu’on appelle la démocratisation de la photographie. C’est ainsi que ces a priori fleurissent, avant tout par peur de la manipulation, que ce soit sur des sujets d’actualité, dans les images publicitaires ou de communication. Et comme plus que jamais chacun sait que les outils de retouche sont d’une performance incroyable, que tout le monde peut aussi y aller de sa retouche personnelle (là aussi on peut dire qu’il y a une réelle démocratisation des outils type photoshop), la méfiance s’installe. Parfois à juste raison, lorsqu’on a affaire à des photographies qui soutiennent que c’est la réalité (photos de reportages truquées, les fameuses photos des mannequins dans les magazines qui nous montrent des êtres tout sauf réels mais qui en ont l’apparence, etc …), parfois à tord lorsque l’intention du photographe n’était clairement pas de « représenter la réalité » mais de nous en montrer sont interprétation, son point de vue. La frontière est parfois difficile à cerner, elle est parfois très subtile. D’où ces idées reçues …

    RPG (5)

     Le rapport de la photographie avec la réalité

     La photographie est au coeur d’un processus de civilisation

    Dit comme ça, cela peut paraître exagéré à première vue mais pourtant je ne pense pas abuser. D’après les historiens, l’homme est entré en civilisation en laissant des marques iconiques, synonymes d’une capacité d’abstraction et par conséquent de représentation du monde. Des peintures rupestres des grottes de Lascaux en passant par les hiéroglyphes égyptiens et les idéogrammes chinois, les représentations du monde par l’homme n’ont cessé d’évoluer et la photographie, à mon avis, au même titre que la peinture ou la vidéo en tant qu’outil représentatif affecte indéniablement notre perception du monde.

    La photographie est dans tous les domaines de notre vie et nous l’utilisons à de multiples fins : que ce soit du domaine que j’appelle affectif (l’anniversaire du petit dernier, les vacances à la mer) en passant par une finalité informative (qui deviendra documentaire et historique par la suite), pour des aspect purement pratiques (photos d’identité, science, justice) ou encore pour la communication et bien entendu dans le domaine artistique, la photographie fait intégralement partie de notre civilisation. Créatrice d’oeuvres d’art bien entendu, mais surtout créatrice d’icônes et de symboles, la photographie est le socle de nos représentations mentales que nous nous faisons de ce qui nous entoure. Bien plus qu’un texte ou qu’une peinture, la photographie nous permet  en un seul regard d’englober une situation complexe. Quel journal aujourd’hui se passerait d’illustrations, quelle publicité éviterait de nous montrer le produit qu’elle souhaite nous vendre, quel homme politique se passerait d’une photographie ? La fonction de l’image dans notre civilisation n’est dont plus seulement de montrer, mais elle a aussi des répercussions sur le monde économique, politique et social. C’est dire l’importance à accorder sur son rapport à la réalité et à l’idée que nous nous en faisons !

    Diapositiva3

    Et, il n’est donc certainement plus besoin de légitimer la photographie pour en reconnaître la place essentielle dans notre civilisation, voire d’en être un acteur indéniable d’un certain « devenir culturel » par sa capacité à créer ces icônes.

    Note
    Durant la conférence, je suis passée assez rapidement sur cet aspect, d’une part par peur du manque de temps, et d’autre part car il fait appel à des concepts disons philosophiques, et je craignais qu’ils soient un peu rébarbatifs dans le cadre d’une conférence « grand public ». Je profite donc de cette version écrite pour développer d’avantage cette idée très théorique certes, mais néanmoins fort intéressante, voire essentielle à la compréhension de notre chère discipline.

     La photographie comme processus de dé-réalisation

    Paradoxe du réel et de la réalité

    Et si nous commencions par définir ce dont nous parlons et que je vous explique pourquoi j’utilise le mot réalité plutôt que réel.

    Il est courant (et normal !) de faire la distinction entre la réalité et le réel. Je ne vais pas nous plonger dans un cours de philosophie et de psychologie, mais je dirais dans les grandes lignes (très grandes lignes !!) que le terme « réel » désigne ce qui est, ce qui est extérieur à nous, indépendant de nous. Or, ce réel, qui est là, est dans le même temps invisible car la personne qui le regarde ne peut le voir, elle ne peut que l’interpréter car ce que nous percevons est un espace, une temporalité faite d’une infinitude d’éléments que nos capacités cognitives et affectives ne peuvent pas englober toute à la fois. Nous n’avons donc d’autre choix que de rendre compte d’une partie du réel sous forme d’interprétation. Et à partir du moment où on va interpréter, nommer, décrire ce réel, et encore plus tenter de le représenter, nous entrons dans la phase symbolique qu’on appelle la réalité. Je trouve pour ma part formidablement excitant intellectuellement de se dire que la photographie nous interpelle précisément sur ce paradoxe car elle se situe à la fois dans le permanent (ce qui est) et l’invisible (un réel trop complexe), le captable (ce que je peux enregistrer avec mon appareil photo) et l’inaccessible (ce que je ne verrai jamais). La photographie puise sa matière première dans le réel et pourtant elle ne peut le représenter puisqu’il nous échappe. Le réel apparait différent si on est un géant tel Gulliver ou un microbe infinitésimal pour lequel une molécule est une planète. Qui n’a pas été saisi de vertige lorsqu’à l’école, en cours de physique, on nous a appris que le « monde », ce qui est, le réel,  est en première instance fait de vide ?

    « On bavarde autour (de la photographie), nous dit Henri Vanlier dans Philosophie de la photographie, à la fois pour échapper à la panique du réel qui gît là, et pour alimenter la réalité défaillante ».

    Ce que la photographie désigne donc pour nous n’est jamais la nature fondamentale et en quelque sorte brutale des phénomènes du réel, mais bien plus des signes que nous reconnaissons : la photographie établit un rapport de ressemblance avec le réel, au même titre d’ailleurs que la peinture. Pourtant, dans le même temps, elle capte, conserve une empreinte, une trace physique de ce réel au contraire de la peinture qui est une création ex nihilo.

    La photographie comme rupture du temps

    A la différence du cinéma, la photographie dans son essence technique est … fixe. Dit comme cela, c’est évident, et pourtant là aussi cette simple réflexion peut nous emmener très loin. Car il ne s’agit pas de la même fixité que la peinture dont la staticité de l’objet représenté (objet au sens scène ou sujet) n’y est pas du même ordre : la fixité d’une photographie se présente comme une rupture d’une dynamique. La photographie est par définition un instantané et représente un arrêt du temps (la fameuse expression « arrêt sur image »). Si la photographie nous présente une réalité, c’est donc d’emblée par une dé-réalisation, une réduction de la dynamique temporelle de la vie à l’espace physique de l’image. Bien entendu, à ce stade nous pensons tous au fameux instant décisif de Cartier Bresson sur lequel je reviendrai plus en avant. Cette rupture de la dynamique est-elle arbitraire ? Non répondront les photographes qui mettent un point d’honneur à capter le « meilleur moment », le moment « exact », oui nous diront les physiciens pour qui le temps est un continuum relatif.

    Mais à quelle temporalité avons-nous à faire ? « Tout ce qui concerne le regardeur se trouve dans le présent, la simultanéité concrète de Bergson ; tout ce qui concerne (la scène photographiée) se trouve dans l’espace temps à quatre dimensions, dans la simultanéité abstraite d’Einstein » (Henri Vanlier). Il y a ainsi entre le temps réel et le temps de la réalité un véritable conflit dont la photographie est le lieu : une réalité phénoménale (que nous percevons, organisée dans un espace et que nous comprenons) qui s’oppose à un réel inaccessible aux sens, en quelque sorte a-phénoménal et irreprésentable encore une fois.

    RPG (7)

    Par ailleurs, la photographie a ce pouvoir d’exprimer le temps de bien des manières différentes alors que dans la réalité celle-ci s’exprime de manière que l’oeil par définition ne peut saisir. Ainsi, toute photographie existe dans le présent de son exposition mais travaille des temporalités d’une grande diversité : temps exprimé, temps symbolisé, temps suggéré, temps de lecture, temps figuré, temps de la découverte. Le temps d’exposition pour qu’une photographie s’imprime sur notre capteur ou la pellicule est différent du temps réel. Le temps photographique est une de-réalisation du temps de la vie.

    Enfin, la réalité que nous percevons est infiniment plus complexe que ce que nous prenons en photographie : les stimulis extérieurs à l’image qui s’imprime sur notre rétine, tels que le son, la sensation de chaud, de froid, les odeurs, le vent, la moiteur et que sais-je encore, et qui participent à notre perception de la réalité sont radicalement éliminés : au mieux la photographie va suggérer ces stimulis, les symboliser. Là encore, nous sommes face une fois de plus à la problématique de la dé-réalisation du continuum existentiel et de l’espace-temps.

    La photographie comme violence faite à la réalité

    À l’origine, le développement de cette idée n’était pas incluse dans ma conférence, mais une réflexion d’Olivier Föllmi lors de la conférence qu’il a donnée au cours de ces Rencontres et la discussion qui s’en est suivie avec mon amie Spiruline m’a fait gamberger. Il nous a expliqué que lorsqu’il photographiait, il ressentait de l’amour pour son prochain et qu’il était en harmonie avec le monde. Pour ma part, lorsque je pense avoir une bonne photo, je suis plutôt dans l’excitation du chasseur qui a eu sa proie, même dans le cas de photos posées où le fameux instant décisif est moins délicat à attraper (et pourtant je vous promets que je suis une grande pacifiste !). Je pense que le message de Föllmi est une vision extrêmement romantique et qu’il cherche plus à entretenir son look de bouddhiste converti puisqu’il n’a plus rien à prouver en photographie plutôt que de nous livrer les détails et les secrets de ses prises de vue. Je m’explique.

    Je trouve que l’acte photographique, par sa technicité est un acte brutal : le bruit du déclencheur, l’appareil porté comme une arme, le viseur, sa précision à la limite de la vivisection, tout contribue à lui conférer la rigueur d’une exécution en règle. Non seulement la photographie rompt le mouvement de la vie et l’emprisonne dans la fixité de l’image, mais le photographe agit comme un véritable prédateur, tous les sens aux aguets afin d’attraper pour l’éternité un moment déjà mort dès lors qu’il est passé (Serais-je en train de dire que le photographe se prend pour un Dieu, ayant droit de vie et de mort sur ses sujets et leur octroyant parfois l’éternité ? Henri Cartier Bresson serait peut-être d’accord : « La photographie peut fixer l’éternité dans un instant » )

    Les termes utilisés en photographie sont des termes de chasse (voire guerriers) : prendre, tirer, rafale, objectif, mire, collimateur, viser, … Jusqu’à l’accrochage de nos photos dont nous ornons les murs tels des trophées peut trouver son corollaire dans le monde de la chasse ou de la guerre.

    Dans l’acte photographique, il y a une violence originelle unique par rapport à toutes les autres pratiques « esthétisantes », une sorte de mise à mort de la vie, une brutalité sans égal. Et je suis convaincue que les déclarations telles que celles de Föllmi sous le masque le plus généreux qui soit et avec les toutes intentions poétiques que l’auteur peut y mettre sont au fond d’une grande hypocrisie et masquent la violence originelle de l’acte photographique. Comment est-il possible de soumettre le monde et sa complexité à la précision mathématique d’une mécanique sans lui faire violence ? Fondamentalement, et même dans les pratiques photographiques les plus respectueuses, les plus pacifistes, les plus contemplatives qui soient, il y a ce moment crucial du choix du déclenchement, une sorte de vivisection de la réalité. Quel photographe peut renier ce sentiment de toute puissance lorsqu’il a réussi à soumettre la réalité à sa volonté ? Ce sentiment de toute puissance, cette impression qu’on a réussi à faire plier les éléments visuels à notre conception et à notre interprétation de la réalité tel que nous l’avons décidé, aidés d’une mécanique implacable, est selon moi une disposition à faire violence à ce qui nous entoure. Le photographe n’est pas un contemplatif, le photographe est un chasseur au regard aiguisé et aux sens en alerte qui veut soumettre le monde qui l’entoure à ses propres désirs.

     Conclusion

    Voilà, maintenant que j’ai posé les bases théoriques de notre réflexion, j’espère que vous aurez déjà entrevu que la photographie, par son essence même ne peut pas représenter la réalité et encore moins le réel ! La réalité est trop fluctuante et dépend exclusivement de celui qui la perçoit. Dans son rapport à la photographie intervient bien entendu également le spectateur de la photographie pour qui, la réalité représentée peut ne pas coïncider avec la sienne. Mais je n’aborderais pas maintenant ce sujet qui en lui même demanderait au moins une autre conférence !

    Je vous propose de nous retrouver dans quelques jours pour la suite (le temps de me laisser rédiger!) où nous nous pencherons sur ce qu’est UNE photographie (et non pas LA photographie!) Je vous promets une partie bien plus pratique.

    Bien entendu, ces réflexions ne sont pas sorties « toutes seules de ma tête » et je me suis appuyée sur une bibliographie dont je vous mets la référence au pied de cet article si vous avez envie d’approfondir le sujet.

     

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    Ci dessous les liens directs avec les différents articles de ce sujet :

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    Photographie et réalité : brisons les idées reçues

    I partie : Le rapport de la photographie avec la réalité

    II partie : Qu’est-ce qu’une photographie ?

    III partie : L’acte photographique : de l’intention à la photographie

    IV partie : Photographie et réalité : le regard du photographe est un constructeur de mondes

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      BIBLIOGRAPHIE

    • Alexandre Rotdchenko . Ecrits complets : sur l’art, l’architecture et la révolution
    • Henri Vanlier : Philosophie de la photographie
    • Christiane Vollaire : Trancher dans le vif : sur les fonctions esthétiques de la photographie (revue de l’École des philosophes)
  • LE P’TIT GROS

    LE P’TIT GROS

    LePtitGros

     

    Vraouuuuuummmmm !!!!

  • CITATION#2

    Nous qui sommes dressés à voir les choses habituelles, à voir ce qu’on nous a inculqué, nous avons à découvrir le monde du visible.

    – Alexandre Rodtchenko

  • EN ROUTE !

    EN ROUTE !

    Et voilà, les 9èmes Rencontres Photographiques du genevois pour lesquelles je m’étais mise au vert sont finies. Quelle expérience ! C’est la première fois que je participais à un festival de ce type et je dois dire que j’y ai pris énormément de plaisir pour toutes les rencontres occasionnées.

    Comme je vous l’ai dit, j’y étais présente avec ma série VIXI et j’avoue que j’avais un peu des craintes car je pensais que ce n’est pas une série très facile à appréhender. Et bien j’ai été absolument ravie de voir tout l’intérêt qu’elle a suscité, de la part de personnes si différentes et les discussions qu’elle a soulevées ont été un véritable enrichissement pour moi.

    Minuscule aperçu 
    Figurez-vous que je ai eu le temps de prendre seulement 2 photos du lieu de l’expo ! Voici donc un petite aperçu du grand hall du lycée, vraiment très agréable, ouvert, avec une belle lumière en journée et tout à fait convivial. Le système d’accroche des photos était vraiment top et il était très confortable de les regarder !

    RPG2

    Et quelle joie de rencontrer « en vrai » ceux avec qui j’échange en temps habituel à travers ce blog. Qu’on ne me dise pas qu’internet détruit la sociabilité ! Pour ma part, c’est tout le contraire, ce formidable outil m’a permis de faire la connaissance de personnes que je n’aurais probablement jamais rencontrées autrement !!

    Et puis bien entendu, cette manifestation m’a permis découvrir d’autres photographes, d’autres talents, de lier connaissance avec eux, de parler photo, d’échanger des idées, des concepts, d’apprendre ! Quelle richesse !

    Quelle émotion également le moment de la conférence (je devrais plutôt dire LES conférences puisque je l’ai tenue 2 fois) ! Au final, tout s’est bien déroulé dans l’ensemble. C’est plus difficile pour moi de vous donner un retour, mais je crois qu’elle a suscité pas mal d’intérêt à entendre les personnes qui sont venues me voir à la fin pour me demander si on pouvait la retrouver quelque part. Je crois que je vais essayer de vous la proposer sous forme d’articles dans les semaines qui viennent, il faut que je réfléchisse sous quelle forme.

    Et pour finir mon petit compte-rendu, je voulais faire honneur à l’Association Contact Images qui organisé ces Rencontres de manière absolument remarquable (n’est-ce pas Caro ?). Vraiment, sincèrement, un grand bravo à eux !

    Ils avaient fait (entre autres !) une petite installation où ils proposaient aux gens de les prendre en photo devant l’affiche des Rencontres avec un panneau sur lequel ils avaient indiqué la destination où ils souhaitaient se rendre. Vous imaginez bien qu’avec ma cop’s Spiruline (qui était présente et exposait elle aussi) nous nous sommes prêtées au jeu avec plaisir. Je vous laisse deviner où nous sommes …

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    Alors maintenant … en route pour les prochaines aventures !

  • MISE AU VERT

    MISE AU VERT

    MiseAuVert

    Je dois absolument me mettre au vert quelques jours afin de finir de préparer ma participation aux Rencontres Photographiques du Genevois !

    Conférence, tirages, encadrements, il me reste 1000 choses à faire !

    Je suis sûre que vous me pardonnerez mon peu de présence parmi vous … À tout bientôt !

    Lien vers les Rencontres photographiques du Genevois

  • À VOS AGENDAS !

    À VOS AGENDAS !

    Je me dis qu’il est temps de vous informer de ma participation aux « Rencontres Photographiques du Genevois » qui se tiendront les 12 et 13 octobre prochains à St Julien en Genevois.

    Organisée par l’association Contact Images , cette manifestation sera riche (très riche !) en expositions, conférences, rencontres, ateliers, … Comme ce serait sympathique de s’y retrouver !

     Pour ma part, j’y exposerai ma série V I X I dont vous pouvez avoir un aperçu en cliquant ici : VIXI

    VIXI 018

     

    J’y animerai également une conférence sur le thème : « Photographie et réalité, brisons les idées reçues ». Je suis d’ailleurs en train d’y travailler d’arrache pied pour ne pas raconter trop de bêtises !

    Voilà, je crois que tout est dit et je vous invite vivement à consulter le programme de ces rencontres, histoire de vous allécher et de vous donner envie de vous déplacer !

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      • PS : pour les habitués de ce blog, ce sera également l’occasion de retrouver Spiruline qui y expose elle aussi une série.
  • MYSTÈRE ET BOULE DE GOMME

    MYSTÈRE ET BOULE DE GOMME

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    Que se passe-t-il ici qu’on veuille me cacher ?

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  • AUTOMNE

    AUTOMNE

    Automne (2)

     

    Ils annoncent un week-end pluvieux.

    L’automne arriverait-il ?

    Y aura-t-il un poète pour me bercer de la musique de ses mots ?

  • GUEULE D’ABSTRAIT

    GUEULE D’ABSTRAIT

    Pour cette 8ème édition de la Boîte à Photos, nous avons décidé de plancher sur le thème de la photo abstraite. Tout au long de cette semaine, nous vous proposons donc d’étudier de plus près ce style de photographie assez particulier et j’espère que celui-ci n’aura plus de secrets pour vous ! Pour ma part, j’ai choisi (comme souvent !) de ne pas vous parler de technique, mais plutôt de partager avec vous ma conception de la photo abstraite.

    Une photo peut-elle être abstraite ?

    Partons du tout début du questionnement et posons-nous la question de savoir si la photographie, par sa nature même, peut produire des images abstraites.

    abstrait

    Physiquement, bien entendu, c’est impossible ! La photographie s’appuie sur le monde concret et le reproduit en deux dimensions. C’est d’ailleurs là que tout l’art du photographe entre en jeu. Bien au delà de l’aspect technique, qui somme toute demande peu ou prou de virtuosité, c’est sa capacité à mettre en scène la réalité par le cadrage et la composition qu’il va produire une image plus ou moins forte. Au contraire du peintre (pour rester dans les arts visuels) qui peut créer de toute pièce des formes sorties directement de sa pensée, le photographe lui doit s’accommoder du réel dont il dispose

    Ainsi, en soi, on peut dire que la photographie abstraite n’existe pas. Et pourtant, une image n’est rien d’autre qu’une forme d’abstraction qui trouve sa réalité dans la construction du cerveau humain (et peut-être chez d’autres espèces animales dites « évoluées »). Pour preuve, mettez un animal devant une photographie et pour lui ce n’est pas une image, mais un obstacle visuel qui l’empêche de voir plus loin. Un chien est bien incapable de reconnaître un autre chien dans un photo et ce n’est que dans la publicité qu’un chat va piéger son maître en remplaçant le poisson rouge de l’aquarium par une photo !

    J’en déduis donc que si la photographie abstraite n’existe pas en soi, la représentation abstraite qu’on se fait d’une image existe bel et bien.

    De la forme concrète à la forme abstraite

    Ainsi, puisqu’on sait que la palette du photographe est le monde concret et la lumière, il nous arrive la plupart du temps de nous questionner sur l’origine réelle d’une photographie dite « abstraite ». On se demande quel objet a été photographié et quel procédé a été utilisé.

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    abstrait (1)

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    Le photographe s’est-il servi du flou de profondeur de champs, de mise au point, de bougé ? Est-ce un paysage, une macro ? Comment cet objet ou cette scène a-t-elle été fragmentée pour que j’en perde toute notion d’échelle ou quel cadrage surprenant le photographe a-t-il choisi pour me faire perdre à ce point pied avec la réalité ? Ces questions qu’on se pose lorsqu’on regarde une photographie abstraite, on doit faire de même lorsqu’on a l’intention d’en faire une.

    Au fond, cela revient pour le photographe à s’abstraire lui-même de la réalité et à prendre la liberté de voir des « choses » que seul il peut voir au moment de la prise de vue. L’adage qui dit que le photographe ne voit pas comme tout le monde  prend pleinement son sens en photographie abstraite.

    Je crois pour ma part qu’une photographie abstraite est réussie quand le spectateur renonce à se poser ces questions par rapport au monde concret. Cela signifie alors que le photographe est parvenu à donner une dimension graphique, colorimétrique, poétique ou conceptuelle suffisamment forte pour que cette référence ne soit plus nécessaire et qu’elle disparaisse derrière le message visuel ou conceptuel.

    La question n’est plus alors « qu’est-ce que c’est » mais « qu’est-ce que je vois » ?

    Ainsi, ce n’est pas parce qu’une photo est floue, bougée ou encore qu’elle a un cadrage serré que cela suffit à en faire une photographie abstraite. Si la référence au monde concret est trop présente ou évidente, le spectateur aura du mal à s’en défaire pour se laisser emporter dans le monde « poétique » du photographe. Par exemple, les photos ci-dessous ne sont pas des photos abstraites selon moi. Elles jouent sur le graphisme, la couleur, la surprise, mais je pense que leur référence au monde matériel est trop forte pour en faire des photos abstraites. De la même manière, je pense qu’il ne faut pas confondre avec des photos que j’appellerai « impressionnistes ».

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    Les différents types de photo abstraite

    J’ai envie de donner 3 grandes catégories aux photos abstraites. Celles qui donnent la priorité au graphisme et/ou à la couleur, les photographies conceptuelles et celles qui relèvent de la pure création sans appui au monde concret visible.

    Les photos dites graphiques

    Dans les photos ci-dessous, j’ai donné la priorité au seul graphisme final. Il n’y a rien d’autre à voir que des lignes et des formes que j’ai jugées harmonieuses soit au moment de la prise de vue, soit au moment de la post-production pour les photos en mouvement (il est en effet extrêmement difficile de se rendre compte exactement sur le moment de la qualité globale d’une photo où le mouvement entre en jeu. Il y a souvent de multiples tentatives !)

    Par ailleurs, vous remarquerez que les photos abstraites peuvent être indifféremment en couleur ou en n&b

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    Les photos dites conceptuelles

    Poussons à présent les choses un peu plus loin. Nous avons vu plus haut que par essence la photo est la représentation abstraite d’une réalité concrète. Et pourquoi alors ne pas aller au coeur même de l’abstraction et tenter de représenter une idée, un concept. Réaliser une photo abstraite d’une abstraction (non, je vous jure, je ne rigole pas !!). Étant donné l’infinie diversité de nos perceptions individuelles, il faut souvent que le photographe ajoute un titre pour aider le lecteur à pénétrer la photo et à en comprendre le sens au-delà de ce qu’il voit. Mais pas toujours. Pour certains, telle photo aura un sens évident alors que pour d’autres elle sera impénétrable ou elle sera comprise dans un tout autre sens. L’important est de faire comprendre qu’il faut aller chercher un sens qui dépasse la forme.

    Prenons un exemple concret : les mathématiques et la géométrie. Il n’y a rien de plus abstrait, n’est-ce pas ?

    Angle droit Ici, j’ai souhaité représenter le concept de l’angle droit. Remarquez-vous qu’on peut voir l’angle droit soit en creux soit en relief ?…

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    Intersection

    abstrait3 Mais quittons un peu le monde des mathématiques pour plonger dans celui plus poétique des symboles  

    Esprit Il ne s’agit bien évidemment pas d’un vrai fantôme, mais cette espèce de forme vaporeuse formée par un voilage pris en pause lente m’évoque indéniablement un esprit vagabond. Cette photo fait partir d’une série qui porte sur la mémoire …

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    Fukushima Ici encore une fois la photo n’a rien à voir avec la réalité. Il s’agit d’une macro d’un espèce de kaléidoscope. La forme sombre dans le fond m’a fait penser au mont Fuji au Japon et les prismes en forme de vague m’ont évoqué une tempête. Le mont Fuji symbolisant universellement le Japon, il n’y avait qu’un pas pour transformer cette fausse tempête en tsunami puis en Fukushima. Il s’agit donc à nouveau d’une photo abstraite conceptuelle …

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    Nu Nous retrouvons notre angle de mur déjà vu plus haut mais cette fois-ci traité de manière radicalement différente. Une composition en diagonale, une exaspération de la teinte initiale rosâtre et un jeu avec les ombres et voilà que j’ai vu les cuisses d’une femme nue assise. Rien à voir avec la réalité ni non plus avec mon angle droit précédent !

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    Survivance On pourrait penser que cette photo ne peut en aucun cas être considérée comme abstraite puisqu’elle représente clairement et objectivement un élément concret de la réalité. Pourtant, je la classe dans la catégorie des photos abstraites car elle évoque indéniablement aussi une espèce d’animal irréel,  avec une gueule ouverte, des naseaux, un oeil, une patte, des écailles qui n’a rien à voir avec la réalité. C’est une paréidolie qui se joue de notre faculté mentale à reconstituer des éléments reconnaissables à partir d’éléments vagues.

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    Origines De la glace, du soleil, mon ombre, un dédoublement de la photo en post-production et nous voici en compagnie d’une représentation que je me fais de nos origines.

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    Mirage Dans cette photo, on reconnait assez facilement la mer. Cependant, je pense que c’est quand même une photo abstraite car cet élément en lui-même assez indéfini et mouvant laisse toute la liberté à notre imagination. Bien qu’aux contours flous et aux couleurs ton sur ton, il se dégage de cette photo un graphisme subtil qui me laisse entrevoir ce que j’ai envie de voir. C’est comme un mirage …

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     Les photos abstraites « hors catégorie »

    Pardonnez-moi, mais je n’arrive pas à trouver de classification pour le type de photo dont je souhaite vous parler et que j’expérimente ces derniers temps. Je ne pouvais pas ne pas vous en parler dans ce thème ! Il s’agit de photos du reflet d’objets dans la lentille de l’objectif. Je vais essayer de mieux m’expliquer en vous montrant 3 photos :

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    Ici, on reconnait bien évidemment qu’il s’agit d’une plante. Mais ce que j’ai photographié, ce n’est pas la plante en elle-même, c’est son reflet dans la lentille, ou plus exactement l’ombre qu’elle produit en se reflétant dans la lentille. Techniquement, j’ai fait la mise au point sur cette ombre.

    Je classe ce type de photos dans la catégorie des photos abstraites car physiquement mon sujet n’est pas la plante en elle-même, mais la lumière qu’elle produit et la réaction de cette lumière sur les différentes lentilles de mon objectif. Le moindre infime mouvement de mise au point modifie complètement l’image qu’on obtient. J’aime cette idée que l’on peut photographier un objet qui n’existe que dans certaines conditions particulières et que si ces conditions ne sont pas réunies il n’existe plus et disparait. C’est fascinant n’est-ce pas ?

    Dans le même ordre d’idée mais en allant plus loin encore dans l’abstraction du monde concret : photographier la lumière, pour ce qu’elle est ! Dans les 2 photos ci-dessous, mon sujet n’est strictement rien d’autre que la lumière à travers les lentilles. Aucun reflet d’objet physique, mais juste un alignement donné et unique des particules de la lumière.

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     En conclusion

    Le monde de la photographie abstraite a ceci d’intéressant que la frontière entre l’intention du photographe et la sensibilité du lecteur est infime. Le monde ne s’arrête pas à ce qui a été photographié physiquement mais il ouvre sur des portes où le créateur et le spectateur ont chacun une immense liberté. Une fois encore, l’objet d’une photographie abstraite n’est pas « qu’est-ce que c’est » mais « que vois-je ». Ne trouvez-vous pas cela excitant ?

    Mais comme toute liberté, celle-ci n’est pas facile à maîtriser. Techniquement parlant,  les méthodes pour obtenir des photos abstraites ne sont pas plus compliquées que pour obtenir n’importe quel autre type de photo. Ce qui est difficile me semble-t-il c’est qu’à cause son absence de référence au monde concret il faut que la photo ait suffisamment de contenu, de matière (physique ou conceptuelle) pour qu’elle crée  un autre univers de représentations, souvent poétique d’ailleurs. La photographie abstraite est une invitation pure à la réflexion et … au rêve …

     

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    Pour ceux qui connaissent pas la Boîte à photos, il s’agit d’un collectif de blogs francophones parlant de photographie et qui chaque mois propose de réfléchir autour d’un thème choisi ensemble. Chacun étant libre de traiter le sujet à sa manière, cela donne une vraie richesse et diversité de points de vue que je suis certaine, vous ne manquerez pas d’apprécier !

    Pour cette édition de la Boîte à photos, c’est Régis Moscardini de Auxois Nature qui joue le rôle de site hôte et qui a donc l’énorme responsabilité de rassembler nos articles sur une même page et d’en faire la synthèse en fin de semaine.

    [green_box]A signaler une grande nouveauté à l’occasion de cette édition : la Boite à Photo est désormais disponible sur smartphones iOS et Androïd avec l’application GoodBarber. Cette application rassemble tous les articles de toutes les éditions actuelles et passées de la boîte à photos dans un seul endroit. N’hésitez pas à la télécharger en cliquant sur le logo ci-dessous, elle est gratuite !![/green_box]

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    Par ailleurs, vous pouvez toujours nous retrouver  sur Facebook ou sur Twitter !!

    Merci à Laurent Vaissade de jogg.com pour le logo

  • AMOUR PERDU (SECONDE VERSION)

    AMOUR PERDU (SECONDE VERSION)

    Vous souvenez-vous, il y a quelques mois je vous proposais une série sur le thème de « l’amour perdu ». Je vous y racontais l’histoire de cette femme qui, passant par hasard dans un village, se souvenait d’un amant qu’elle avait eu et s’interrogeait sur l’échec de leur liaison.

    La série que je vous montrais n’était qu’un premier jet et j’ai toujours en tête de la développer. En effet, le thème du romantisme m’intéresse beaucoup, car les sentiments qu’il véhicule sont forcément accompagnés d’une tension dramatique qui finit toujours sur la perte de l’être aimé. N’y voyez pas une corrélation avec mon propre vécu mais plutôt un moyen d’exprimer la fragilité  du bonheur, cette mince ligne qui sépare le « j’aimerais » d’avec le « j’aimais ». J’explore donc diverses pistes de travail et je continue à me constituer une sorte de « bibliothèque » de photos prises à des moments différents mais toujours avec le même modus operandi : un format carré, mon filtre magique, le fameux bout d’emballage en plastique et souvent la proximité de la mer, à la fois tentatrice et dangereuse.

    Ne cherchez pas dans les images qui suivent une suite à la série précédente, il s’agit d’une autre histoire que j’ai constituée. Dans la première série, la protagoniste parlait à la première personne (elle se souvenait). Ici, c’est moi qui raconte l’histoire de 2 êtres qui se sont séparés à cause de la mer, à cause de l’appel du large, à cause de cet irrépressible besoin de liberté qu’a l’homme tandis que la femme voudrait le garder dans son giron. Ici, je donne la raison de l’échec de leur liaison.

    Voilà, je vous laisse en compagnie de nos deux amants. Je suis très curieuse de connaître l’interprétation que vous donnerez à cette série. Y voyez-vous une cohérence entre les photos, la séquence vous semble-t-elle bien ordonnée, la colorimétrie est-elle harmonieuse ? Bref, toutes les questions qu’un lecteur de portfolio doit se poser afin de pouvoir donner son avis sur une série !

    Note
    Cliquez ici : « Amour perdu » si vous souhaitez voir (ou revoir !) la première interprétation.

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  • EN AVANT VERS LA COURS DE RÉCRÉ

    EN AVANT VERS LA COURS DE RÉCRÉ

    CoursRecre

    Aujourd’hui, c’est la rentrée des classes en Italie !

     

  • CITATION#1

    Si je savais prendre une bonne photographie, je le ferais chaque fois.

    – Robert Doisneau

     

  • LA PETITE SIBÉRIE

    LA PETITE SIBÉRIE

    Je vous disais dans un précédent article que je n’avais pas été très productive cet été en matière de photos et que je me suis plutôt focalisée sur la macro. Mais ce n’est pas tout à fait vrai … La preuve avec ce qui va suivre.

    Voilà, j’ai passé une partie de mes vacances près d’un village banal. Lorsque je dis cela, je veux dire que c’était un village classique, tout à fait dans la normalité : aucun monument particulier, son église, ses écoles, son supermarché, ses commerces, sa zone industrielle, etc.. Bref, passez, il n’y a rien à voir. Si on vient ici en vacances, c’est parce qu’on y est né ou qu’on y a de la famille ou des amis, mais certainement pas pour faire du tourisme. Donc, comme dans tout village banal, il a vu croître sa zone pavillonnaire (ou plutôt ses zones). Parmi celles-ci, il y en a une qui a acquis ses lettres de noblesse. Pourquoi elle ? Je ne sais pas vraiment pourquoi. Le fait est qu’au départ c’était le must pour les exploitants agricoles de s’y faire construire sa maison pour la retraite car près du « centre-ville » et du supermarché, et de fil en aiguille, ce lotissement est devenu le coin « huppé » de ce village.

    Ca fait assez longtemps que je suis interpellée par ce lotissement mais jusque là, je n’avais jamais eu l’idée d’en faire des photos. Pourquoi interpellée ? Parce que je trouve que tout y est d’un conformisme qui moi me terrifie (le mot est un peu fort mais je suis d’une nature excessive) : l’herbe des pelouses est taillée exactement à la même hauteur dans tous les jardins (quand il y en a, car pour certains c’est sale et ils préfèrent le bitume), les fleurs sont en pots alignés, les arbres sont taillés, les garages sont rangés, les maisons sont toutes dans les mêmes matériaux et les meubles viennent tous du même grand magasin (je sais, je sais j’exagère encore mais je vous assure qu’il y a une part de vérité !). Je suis sûre que le ménage est fait impeccablement, que le sol aux dalles lisses reluit de tout son éclat et que même le feu dans la cheminée doit être propre ! Pour les maisons en cours de construction on sent clairement que le modèle sera identique.

    Lorsque j’y passe, je ne peux m’empêcher de penser à l’esprit de concurrence qui doit régner entre les voisins : on sent de manière palpable qu’ils s’observent et que c’est à qui aura la plus belle clôture, le plus beau portail, les plus belles plantes en pot. Et bien entendu, la plus belle maison. Mon petit doigt me dit d’ailleurs à qui appartient la plus grosse (donc belle !) maison.

    En même temps, je sais aussi que l’activité sociale de ces lotissements est importante et que tout le monde se connait entre voisins, que souvent la convivialité est vraiment riche, que c’est le royaume des enfants qui y divaguent en vélo, qu’il y a des échanges de bons procédés, etc …

    Bref, cet été, j’avais donc rendez-vous pour faire un contrôle technique pour une voiture. Comme je m’ennuie systématiquement et dramatiquement dès que je mets les pieds dans un garage, je me suis donc dit qu’ayant une heure devant moi, ce pouvait être l’occasion d’aller faire un tour dans ce lotissement et d’essayer d’en faire quelques photos. J’avais en tête de photographier les indices de vie qui font que malgré les apparences chaque « parcelle » contient une famille avec sa propre personnalité, qu’au delà des apparences ultra-conformistes chaque maison et jardin nous révèle le caractère unique de ses habitants.

    J’ai échoué … Je crois que j’ai été victime de mes propres a-priori. Il ressort de mes photos, je trouve, un sentiment d’ennui terrible et une espèce de mélancolie. Elles sont fadasses, sans âme, vides et sans intérêt. Mais j’ai des excuses : c’était pourtant le plein milieu d’après-midi (16 heures) au mois de juillet (en pleines vacances scolaires et il faisait chaud) et je n’ai pas rencontré une âme qui vive ! Au contraire, tous les volets étaient fermés, les jardins vides, les rues absolument désertes, il n’y avait pas un bruit. Pourtant devant presque toutes les maisons il y avait une voiture garée. J’en déduis qu’il y avait du monde à l’intérieur. Ce n’est qu’à la fin de mon tour que j’ai aperçu au loin 2 personnes.

    Note
    Le rendu de ces photos est tout à fait inhabituel chez moi : peu de contraste et de saturation de couleurs. Tout cela révèle que décidément ce n’est pas mon monde …

    J’ai beaucoup hésité à publier ces photos car il est très rare que je ne porte pas un regard bienveillant sur mes sujets lorsqu’il s’agit d’un reportage. Et puis ces photos révèlent un côté très snob chez moi : pour qui je me prends de juger ainsi la manière de vivre des autres ? La mienne n’est-elle pas tout aussi banale dans ma catégorie ? Probablement, que dis-je, certainement que oui !

    Voilà, je serais très curieuse de savoir ce que vous éprouvez à la vision de ces photos car elles sont tout le contraire du sensationnel, de l’esthétique, du rêve, de la poésie que j’ai l’habitude vous proposer. Serez-vous déçus, interpellés, ennuyés ? Que vous évoque cette série ?

  • MINIMALIST

    MINIMALIST

    minimalist

    TADAAAAAAA !!!!! Bienvenue sur mon blog aujourd’hui relooké avec un mot d’ordre pour cette nouvelle version : minimalisme, minimalisme et encore minimalisme, à l’instar de cette photo prise un soir de calme plat absolu, où l’horizon brumeux se confondait totalement avec la mer et où j’ai eu la chance incroyable d’être là au moment où s’alignaient parfaitement le bateau, l’étoile et la lune.

    J’ai encore changé me direz-vous, mais que voulez-vous, un site, c’est comme une bonne musique : on l’écoute en boucle au début, et puis au fur et à mesure que le temps passe on finit par la connaître tellement par coeur qu’on s’en lasse et qu’on va aller chercher un peu de nouveauté. Et puis début septembre, c’est la période par excellence des bonnes résolutions de départ et des nouveautés.

    En fait, pour être honnête je n’avais pas vraiment prévu ce relookage sérieux, mais d’après mes statistiques vous êtes de plus en plus nombreux à visiter mon site via un appareil mobile (tablette, téléphone, …). Or le design de mon site précédent n’était pas 100% responsive (qui s’adapte à tous les formats), notamment sur les téléphones. Aussi ai-je commencé à trifouiller un peu mon code et … vous savez bien … Une idée en appelle une autre, et une autre, et une autre.

    J’espère de tout coeur que ce nouveau design vous plaira ! Normalement vous ne devriez pas être perdus.

     La page d’accueil garde exactement le même principe de l’affichage du dernier article en haut à gauche. Mais j’ai choisi de donner la priorité à la sobriété et surtout à la mise en avant de l’image. Pas de chichis, juste l’essentiel. Si vous êtes sur grand écran d’ordinateur, le titre de l’article ne s’affiche que lorsque vous passez la souris au dessus de la photo et pour entrer dans l’article il suffit de cliquer dessus. Si vous êtes sur un écran beaucoup plus petit et notamment sur tablette ou smartphone, le titre apparait automatiquement ( à cause du tactile) et il suffit de pointer le doigt dessus pour ouvrir l’article.

    Vous remarquerez qu’il y a de grandes images et d’autres plus petites. C’est fait exprès ! C’est pour briser la monotonie du design. Amusez-vous à redimensionner la fenêtre de votre navigateur et vous verrez que l’affichage change considérablement. Pour ma part, j’aime beaucoup cet aléatoire dans les dimensions.

     Le menu quant à lui est accessible via la petite icône en haut à droite de l’écran. Lorsque vous cliquez dessus, vous verrez se dérouler une colonne où il y a tout ce qu’il faut (normalement !) pour naviguer dans le site. J’y ai également ajouté les liens des réseaux sociaux, une brève présentation du blog ainsi que des formulaires pour s’abonner aux mises à jour et à la newsletter. Je pense qu’il ne manque rien mais n’hésitez pas à me dire s’il y a des fonctions que je n’ai pas mises et que vous utilisez d’habitude. Je pense notamment aux derniers commentaires. Je ne l’ai pas mise car je ne m’en sert jamais dans les sites que je visite, mais vous peut-être que si !

     Dans la page même de l’article il n’y a strictement rien de neuf à part que j’ai changé de police de caractère afin de rendre le texte plus lisible. La fonction commentaires est toujours présente bien entendu avec, pour ceux qui ont eu le courage de le créer, la présence de votre gravatar (la petite image de votre profil). J’en profite pour donner l’adresse du site où il est possible d’en créer un : http://www.gravatar.com. C’est gratuit naturellement !

     Enfin, si vous souhaitez partager un article qui vous a plu sur un de vos réseau social préféré, il suffit de cliquer sur l’icône « partager » en bas à droite de l’article.

    Voilà, je crois que j’ai fait le tour du propriétaire. Il me reste bien entendu à améliorer quelques petites bricoles à droite ou à gauche et j’aimerais d’ailleurs solliciter votre aide. Si vous découvrez des bugs ou des incohérences, n’hésitez surtout pas à m’en faire part. Et de manière générale, je suis très curieuse de connaître votre ressenti sur cette nouvelle présentation.

    J’espère de tout coeur que vous vous sentirez bien ici. C’est vraiment important pour moi ! Et … à tout bientôt pour la suite des aventures !!

  • E.T FAIT SON SHOW

    E.T FAIT SON SHOW

    Cet été je n’ai pas été très productive côté photographies, ou pour être plus exacte, j’ai profité de mes séjours en pleine nature pour me replonger dans mon pécher mignon : la macro-photographie, en laissant pas mal de côté la photographie disons … plus conceptuelle. Aussi, attendez-vous dans les prochaines semaines à ce que je vous abreuve de macros et/ou de photos nature ! Voilà, au moins c’est dit et cela me permet de vous introduire avec une de mes rencontres estivales : les mousses !

    Contre toute attente, les conditions lumineuses étaient absolument abominables à priori : une lumière de plein été caniculaire (35° à l’ombre) et à 15 h. Bref, l’heure de la sieste. Mais étant à cette période privée de ma moitié, elle perdait absolument tout son intérêt … Et dans ces cas là, que fais-je ? J’emmène mon appareil photo dans mes errements …

    Et là, je dois bien dire que j’ai été témoin d’un show extraordinaire et même rafraichissant de la part de ces petites mousses. Je les ai vues se transformer sous mes yeux en E.T, vous savez ce si sympathique petit extra-terrestre, et la lumière en contre-jour dans ce sous-bois, accompagnée des reflets des herbes folles m’a procuré des spots incroyables, digne des meilleurs ingénieurs-éclairage de Brooklyn.

    Allez, j’arrête de parler et je laisse place au show d’E.T !

    [youtube]http://youtu.be/1hLt0C26Rfc[/youtube]

     

     

    ETfaitSonShow1

    ETfaitSonShow2

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    Bon début de semaine à vous !!!

  • LA BELLE ITALIENNE

    LA BELLE ITALIENNE

    LaBellaItalienne

     

    Milano, 4 juillet 2013, 12:07:10

  • WE’RE BACK !!!

    WE’RE BACK !!!

    Bonjour à vous ! Comme je suis heureuse de vous retrouver après ces longues semaines de pause estivale. Avez-vous remarqué, c’est souvent ainsi : les retours sont partagés entre la joie de retrouver ses habitudes, son chez-soi, son quotidien, et le regret que toutes les aventures des vacances soient déjà finies. Je suis donc exactement dans cette situation, tout de suite, là et je me pose sincèrement la question de savoir par quel bout je vais bien pouvoir faire ma rentrée photographique avec vous ! Je viens donc de parcourir les photos que j’ai prises et mon choix vient de se porter sur une séance macro assez expérimentale (mouais, ça c’est pas vraiment nouveau !) que j’ai envie de partager avec vous, histoire de faire une rentrée en douceur. Allez, place aux photos et après on cause des conditions de prise de vue … (n’oubliez pas de cliquer sur les images pour les agrandir !)

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    Alors contrairement à ce qu’on pourrait penser, ces photos ont été prises en plein jour, et il ne s’agit ni du soleil ni de la lune ! Bien sûr, à la base il y a un contrejour, les différences de teinte sont seulement dues à une correction de la balance des blancs, et bien sûr il y a pas mal de compensation d’exposition (-1). Mais ce qui est intéressant ici me semble-t-il, c’est que cette grosse pastille ronde est un reflet de ma lentille à l’intérieur de mon boîtier et que les herbes moins définies ne sont que les ombres des herbes réelles qui se reflètent dans la lentille (tandis que celles bien définies sont bien des herbes réelles !). Heu … je suis claire ? Bon, on était quand même en fin de journée et le soleil était déjà relativement bas. J’avais fixé mon objectif macro 105 mm à pleine ouverture (pour avoir ces cercles tous ronds) et j’étais partie à la découverte du minuscule monde des herbes folles. Le soleil filtrait à travers les branches d’un arbre au loin ce qui me permettait d’être à la fois en contrejour mais atténué par ce pare-soleil naturel. La plupart du temps, lorsque je fais de la macro, je suis en mode mise au point manuel et c’est à la fois avec les micro-mouvements de mon corps et la bague de l’objectif que je fais la mise au point en cherchant le meilleur compromis entre l’harmonie générale de la photo et le placement du sujet. Pourquoi ? Parce que dans le style de photo que j’aime produire, le fond et le bokeh ont souvent autant d’importance que le sujet lui-même. C’est ainsi que pour commencer cette petite série ci-dessus, je suis tout d’abord tombée sur cette image :

    japonaiserie1

     

    Bien sûr, elle est très imparfaite, mais ce qui a retenu alors mon attention a été le cercle extrêmement lumineux et (presque !) parfait et les herbes qui se détachaient devant comme des ombres chinoises. Je me suis donc dit qu’il était possible de chercher à améliorer le cercle et à trouver des herbes plus graphiques. Je suis donc repartie à la recherche d’un meilleur angle de vue (attention, je parle là de quelques centimètres si ce n’est de quelques millimètres de décalage par rapport à ma position initiale !) et voici ce que j’ai trouvé :

    japonaiserie2

     

    J’avais mon cercle parfait et des herbes plus graphiques dont il ne me restait plus qu’à ajuster la mise au point (premier plan, second plan) et à faire une composition qui me plaise et qui me permette d’éliminer ce rayon de lumière sur le bas.

    En conclusion, il faut aussi savoir se laisser surprendre par ses instruments ! C’est ainsi qu’on peut apprendre à les connaître et à les exploiter dans toutes leurs facettes, même celles pour lesquelles ils n’ont pas été conçus ! Je dois avouer que très très souvent lorsque je fais de la macro-photographie je n’ai pas d’idée à priori sur ce que je souhaite photographier. Je commence souvent par mettre simplement l’oeil dans le viseur, avec mes réglages préférés (en fait, simplement ouverture maximale et distance de mise au point minimale), et je me laisse transporter par ce que je vois. Et c’est ainsi que je me promène sur quelques cm2, très très très doucement (lentement), à la recherche d’un tableau qui me plaira. Bien entendu j’ai renouvelé l’expérience à plusieurs reprises et je vous en reparlerai à une prochaine occasion. Pour aujourd’hui c’est fini, on a dit que la rentrée devait se faire en douceur !!

    Bonne journée à ceux qui ont fini leurs vacances et bonne continuation pour ceux qui jouent les prolongations !! Et … vivement de vous lire !!

     

  • BONNES VACANCES !

    BONNES VACANCES !

    Plongez dans un nouvel univers, naviguez dans des eaux inconnues, perdez vos repères, laissez-vous aller dans un monde aux sensations indéfinies, bref … prenez des vacances, ici ou ailleurs peu importe, vous en ressortirez renouvelé !

    BonnesVacances

     

    Souvenez-vous, l’exotisme est avant tout dans nos têtes …

    PS : je m’excuse pour mon inertie actuelle à répondre à vos commentaires et à aller visiter vos sites, mais les amis et la famille occupent beaucoup mon quotidien et … j’en profite !!

  • LIMITE

    LIMITE

    Très chers lecteurs,

    Il y a des périodes où on ne sait plus trop où donner de la tête tant les événements se précipitent et se succèdent à un rythme frénétique. C’est mon cas actuellement. Tout cela est extrêmement positif, et je voulais vous assurer que je pense très très très souvent à vous même si ma présence ici même et sur vos blogs respectifs est rare. Il n’en demeure pas moins que je lis vos messages avec un immense plaisir et que dès que j’aurais repris un peu mon souffle je reviendrais mettre mon grain de sel chez vous !

    En attendant, j’avais très envie de vous offrir ces quelques images réalisées en compagnie de Christine qui m’a fait l’honneur de venir prendre des cours chez moi. D’un joli bouquet de pivoines, j’ai eu envie de vous en montrer seulement la substance légère et acidulée et ceci jusqu’à l’abstraction complète, ne laissant s’imprimer sur le capteur que des formes et des courbes de dégradés. Je me suis souvent située à la limite extrême, entre ce qui est encore montrable et ce qui n’est plus qu’un amas de pixels. La frontière est si ténue …

     

    [youtube]http://www.youtube.com/watch?v=gipkJ0AD3gA[/youtube]

     

     

    limite 8 limite 5 limite 17 limite 2 limite 19 limite 15 limite 9 limite 7 limite 21 limite 1 limite 20 limite 22 limite 16 limite 10 limite 14 limite 11 limite 12 limite 13 limite 18 limite 3

     

    N’oubliez pas de cliquer sur les miniatures pour voir les images dans leur vrai format !

     

  • RÉCRÉATION !

    RÉCRÉATION !

    Je vous propose aujourd’hui une récréation bien méritée après toute une série d’articles plutôt denses en contenu. En fait, je pourrais plutôt vous présenter les choses ainsi : et si, une fois n’est pas coutume, je vous montrais des photos très disparates, qui n’ont rien à voir entre elles, juste pour le plaisir du partage ?

    [youtube]http://www.youtube.com/watch?v=8UVNT4wvIGY[/youtube]

    Clic pour écouter la musique ! 

     

    Vous vous souvenez ? Ces 3 photos suivantes ont été prises avec mes lunettes de soleil. Je ne vous avais pas montré celles-ci …

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    Voici ce qui arrive quand on essaye de prendre des moucherons de 5 mm en plein vol, en contre-jour et en cherchant un joli bokeh :

    recreation

     

    Ou quand on cherche une lumière impossible :

    recreation (1)

     

    Vous vous souvenez de ce jour incroyable où j’ai vu une tornade se former sous mes yeux ? En voici une version que je ne vous avais pas montrée à l’époque :

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    Passons au silence et au calme :

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    Et reprenons la route …

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    Tournez manège !!

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    Et si on se faisait plaisir avec un peu de graphisme ?

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    Et cela faisait vraiment longtemps que je ne vous avais pas montré mes clochers (la maison en est cernée !!!) !!

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    Et mon fameux Palazzo Ducale au sein duquel je fais d’innombrables photos :

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    Et puis il y a aussi mes drôles de portraits :

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    Et bien entendu, il y a mes photos avec mon fameux Holga et le Polaroïd !

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    Voilà, maintenant que vous avez tout regardé, je peux vous confier que ces images trainaient depuis un bon bout de temps dans un dossier de mon ordinateur intitulé « A publier ». Mais je n’en avais jamais eu le temps, et comme certaines commençaient à prendre vraiment la poussière, je me suis dit qu’il était vraiment temps de les publier ! Elles sont sans prétention, la plupart très simples, mais je les aime quand même bien pour plein de raisons différentes …

    Voilà, je conclue cette récréation pour vous rappeler que ce soir c’est une nuit de pleine lune où notre astre sera si près de la Terre qu’elle se verra énorme ! Ne la manquez pas !!

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  • ANNIVERSAIRE À L’ITALIENNE

    ANNIVERSAIRE À L’ITALIENNE

    Dans mon post précédent, je partageais avec vous les confettis de la sortie des classes. Je tiens à préciser que ce n’est pas vraiment une tradition, chaque classe/école obéissant à ses propres spontanéités, appelons-les ainsi, l’important étant  d’exprimer l’émotion de la dernière journée d’école de l’année !

    A l’inverse, aujourd’hui je vous convie à une fête d’anniversaire 100% italienne ! Pour la première fois depuis 7 ans j’ai accepté de jouer le jeu pour ma petite dernière, Inès qui a fêté ses 11 ans en compagnie de 2 autres camarades.

    Je vous explique. En Italie, on invite toute la classe, les frères, les soeurs, les mamans, les papas, les grands-parents, les cousins, les cousines et … bref, tous ceux qui peuvent venir. Vous comprenez ainsi pourquoi j’ai toujours souhaité maintenir une certaine distance avec cette tradition … Mais là, je me suis laissée convaincre car nous étions à 3 mamans pour l’organisation, donc …

    … donc, nous avons récupéré toute la classe à la sortie de l’école à midi (eh oui, il n’y a l’école que le matin) et en avant toutes dans la joie, la bonne humeur et l’euphorie de 25 gamins vers le lieu des festivités. Nous avions décidé de faire notre réception sur une placette de la vieille ville, à côté de là où habite une des compagnes d’anniversaire d’Inès : piazza del Carmine. Là, nous avions dressé un buffet (le café de la place nous avait prêté des tables !) avec pizzette, focaccia, panini, patatine, de quoi nourrir un régiment vu qu’on ne savait pas vraiment combien de personnes il y aurait ! Chacune de nous avions fait des gâteaux et pour moi la pression était très grande car on attendait de pied ferme mes gâteaux à la française !

    Comment vous décrire l’ambiance tout droit sortie d’un film ? Tout d’abord le soleil (qui avait enfin daigné nous donner un peu de chaleur !), les ruelles aux noms évocateurs tels « vicolo del cioccolato, vicolo della vaniglia, vicolo della fragola (ruelle du chocolat, de la vanille, de la fraise , …) salita di carbonara.  Le linge qui sèche aux fenêtres, les persiennes entrebâillées, les clients aux terrasses des cafés, les enfants qui jouent, les vieux qui regardent la partie de foot. Et puis bien sûr les cloches de l’église (il y a toujours une église où que l’on se tourne en Italie !), le curé qui passe, l’ouvrier en bâtiment, le marché communal (fermé ce jour là pour le repos hebdomadaire !) … Bref, vous l’aurez compris, au final je me suis régalée.

    Et voulez-vous que je vous dise ce qui m’a le plus étonné ? J’ai réalisé que cette fête s’est  déroulée sur une place complètement publique, dans une ville qui compte quand même 750 000 habitants ! Je crois que c’est cette capacité à investir et à s’approprier l’espace public qui rend l’Italie si vivante et généreuse en ambiances. « Nos » enfants ont occupé énormément d’espace cet après-midi là, avec leurs jeux, leurs cris, mais à aucun moment je n’ai vu que ça dérangeait qui que ce soit (notamment les clients du restaurant qui de toutes façons parlaient fort eux aussi !), certains avaient amené des jeux, d’autres leur guitare, le ballon de foot bien entendu. Bref, cette après-midi là, la dolce vita a  fonctionné à plein régime !

     

    [youtube]http://www.youtube.com/watch?v=sgd3Pc6SE-8[/youtube]

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    Vicolo del cioccolato, l’église de la piazza del Carmine et vers la salita Carbonara

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    La boulangère vient de nous livrer les pizzette et la focaccia

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    Les filles jouent à la corde à sauter devant un « joli coeur »

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    Une table du restaurant est réquisitionnée pour le jeu de cartes tandis que d’autres jouent aux contorsionnistes

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    Conciliabule entre filles. Dommage, la boulangerie était fermée à cette heure-ci …

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    Partie de foot sur la place, mais ça ne dérange pas les ouvriers qui passent

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    Le viel imprimeur s’est confortablement installé sur sa chaise à l’ombre de la jeune vigne, et en attendant le client, il y va de ses commentaires sur la manière de jouer des garçons !

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    Et pour finir, quand même un portrait d’Inès avec sa super cop’s Elena !

    Un dernier petit mot concernant la musique. Je ne pouvais pas manquer d’illustrer ce billet avec le chanteur Fabrizio de Andrè, aussi connu en Italie que le sont Jacques Brel ou Georges Brassens. Mort aujourd’hui, Fabrizio de Andrè est un génois pure souche qui a mis en parole la vie génoise. Ici, je vous ai proposé de découvrir l’une de ses chansons qui s’intitule la « città vecchia », censurée à un moment pour son côté contestataire.

     

    PS : un clic pour agrandir les plus petites images est recommandé !

  • VIVE LES VACANCES !!

    VIVE LES VACANCES !!

    ecole

    Depuis mercredi dernier, les écoliers italiens sont en vacances pour 3 très longs mois. Pour ma petite dernière, l’école élémentaire c’est fini, place aux années collège dorénavant ! C’est probablement la dernière fois qu’elle embrasse un de ses professeurs …

    Mais ce que je voulais partager avec vous, c’est cette capacité qu’ont les italiens à l’expression des émotions. Pour cette dernière sortie d’école, les parents (et les grands-parents car c’est une affaire de famille !) avaient apporté des confettis, des cotillons, des youlélés, leurs rires, leurs larmes. Une vraie ambiance de carnaval !

  • CHERCHEZ CHARLIE

    CHERCHEZ CHARLIE

    [youtube]http://www.youtube.com/watch?v=CgDYZ-Y4FN8[/youtube]

     

    Aujourd’hui je vous propose une série tout à fait hos saison ! Mais je me suis dit que la pluie devait vous manquer (près d’une semaine de beau temps chez nous, incroyable !!).

    Souvenez-vous, j’ai pris ces photos le même jour que mon voyage dans la banlieue genovese si lugubre. Et si j’avais pris le train ce jour là, c’était pour une raison bien précise : ma fille jouait les guides touristiques dans un parc historique, d’habitude fermé au public car trop fragile. Sauf qu’il faisait vraiment, mais vraiment un temps exécrable ! Quel dommage, car ce parc est effectivement de toute beauté, entièrement construit autour de la théâtralité romantique de son époque (18-19ème siècle) : allées secrètes, plantes rares, petits édifices pour les rencontres coquines, plans d’eau, statues épiques, etc … Mais le ciel avait décidé ce jour là de nous tomber sur la tête et même au meilleur de la journée il faisait presque nuit !

    Bref, comme je ne suis pas qu’une mère indigne, je m’étais efforcée d’aller encourager Marie malgré la traversée de la banlieue et la pluie torrentielle, le tout un dimanche après-midi à l’heure de la sieste ! (j’espère que dans vos commentaires vous applaudirez, si, si !). Bon, ma performance doit être honnêtement minimisée car contre toute attente, il y avait pas mal de monde et je n’ai malheureusement pas été la seule à braver les éléments !

    Alors voilà, c’était l’époque où je testais mon filtre plastique (vous vous souvenez également de mon bout d’emballage de sopalin ?), donc vous verrez tout sauf le parc ! Par contre vous verrez des parapluies … En fait, c’est presque le sujet exclusif de cette série. J’avais été franchement amusée de voir déambuler tous ces personnages anonymes, dans le vacarme de la pluie et je me suis mise dans la peau de quelqu’un qui cherche une personne mais sans jamais réussir à la découvrir vraiment, comme si cette dernière lui échappait incessamment. Parfois on la voit de loin, parfois de bien plus près, on est même sur le point de la toucher, mais son visage reste encore et toujours invisible ! Un vrai mystère, mais pas angoissant, plutôt joyeux, sensuel même. Bref, un peu comme la musique que j’ai choisie pour accompagner notre enquête …

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    Vous remarquerez, une fois n’est pas coutume, que mes photos n’ont pas de cohérence d’orientation, que les traitements noirs et blancs sont sensiblement différents, si ce n’est  que j’ai carrément laissé les photos en couleur ! Il y a plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, je n’avais pas décidé au moment de la prise de vue quel format je souhaitais ! Du coup, il y a du vertical, de l’horizontal, du carré … Ensuite, je pense qu’à cause de ce filtre qui n’est quand même pas super technologique, toutes les photos ne supportent pas le même type de traitement. Enfin, les 2 que j’ai laissées en couleurs perdaient absolument leur intérêt en n&b.

     

    Pour conclure, je ne résiste pas à vous montrer un polaroïd que j’ai fait ce jour là. Les gens ont d’ailleurs du me prendre pour une illuminée ! Non seulement je photographie avec un bout de plastique, mais en plus je fais des pola, alors qu’il pleut à verse, que j’ai une main prise par mon parapluie, que je me tortille dans tous les sens pour me dépatouiller avec le sac qu’on nous a aimablement remis à l’entrée du parc en remerciement de notre soutien (je n’en voulait pas vous imaginez bien, mais on m’a dit que c’était OBLIGATOIRE !) … Mais tout cela ne m’a pas empêché de garder ma bonne humeur !!

    CherchezCharlie

  • MON APPAREIL PHOTO PORTE DES LUNETTES

    MON APPAREIL PHOTO PORTE DES LUNETTES

    Non, non, vous ne rêvez pas, j’ai bien écrit que mon appareil photo porte des lunettes, et de soleil qui plus est ! Bon, je vous dois bien une explication quand même … Voilà, nous sommes partis faire une petite promenade histoire de profiter enfin du soleil et de la chaleur ! Et comme ça faisait bien longtemps que je n’avais pas emmené ma « grosse Bertha » (entendez par là mon réflex) et que je n’avais pas fait de macro de fleur depuis de longs mois, j’ai eu envie de renouer avec mon pécher mignon d’une époque.

    lunettesSoleil

    Mais voilà, mon problème est qu’après avoir fait tant de macros, je n’arrive plus vraiment à y trouver de l’intérêt. Ô bien sûr, c’est toujours aussi magnifique lorsque j’ai l’oeil dans le viseur, chaque image est différente et propose son monde en soi, je suis toujours capable de rester de très très longues minutes sur mon petit cm2 d’herbe, de me coucher à ras du sol ou au contraire d’escalader un talus impossible, mais au final … j’ai l’impression de re-faire ce que j’ai déjà fait et de faire ce que d’autres font (très bien par ailleurs). Et ça ne colle tout simplement pas à mon tempérament qui me porte sans cesse à expérimenter de nouvelles issues.

    Ainsi, au bout de quelques clichés (pour la plupart ratés d’ailleurs parce qu’il y avait décidément trop de vent pour arriver à faire une photo à peu près nette et surtout parce que la lumière était ultra plate), j’étais en train de me dire que je faisais n’importe quoi, ou tout du moins des photos relativement banales. Attention, je ne suis pas en train d’expliquer que les photos de fleurs ou d’insectes en macro ne valent rien, loin de là ! C’est juste qu’à ce moment là j’ai été déçue de moi-même en constatant que je refaisais les mêmes photos avec les mêmes ingrédients qu’il y a quelques mois : Profondeur de champ très très réduite pour avoir un maximum de flou, jeu sur les contrastes de couleurs, recherche du contre-jour, etc … Bref, en gros, la technique y était, mais l’âme était endormie dans un train train.

     

    C’est alors que je me suis avisée que la lumière était bien plus jolie lorsque je portais mes lunettes de soleil. Vous imaginez bien qu’il n’y a eu qu’un tout petit pas à franchir pour que je les prête à mon appareil photo ! Les images que je vous propose de découvrir ci-après ne sont que de la pure expérimentation et elles sont largement perfectibles : la prochaine fois, je choisirais un jour sans vent, avec une lumière bien plus intéressante et surtout je partirais seule. En effet, techniquement ce n’est pas évident car l’appareil photo est dans une main, l’autofocus doit obligatoirement être désactivé, les lunettes sont dans l’autre main et il faut les orienter de manière à avoir un joli effet : tout ceci signifie passer pas mal de temps sur une même prise de vue et savoir que le reste de la famille attend que Madame ait fini met une pression peu propice à la création (les artistes sont des incompris on le sait !)

    Allez, après ces digressions, entrons enfin dans le vif du sujet ! J’ai retenu 2 types d’effets qu’on peut obtenir :

    L’effet scintillement : en fait, il ne s’agit que du reflet du plastique de la monture des lunettes dans la lumière.

    lunettesSoleil 1 lunettesSoleil 2

     

    L’effet dédoublement accompagné d’un dégradé. Là, je suis plus en peine pour vous expliquer ce qui s’est passé étant donné que j’avais l’oeil dans le viseur et que j’orientais les lunettes sans voir ce que je faisais réellement et ai déclenché lorsque ce qui apparaissait dans le viseur me plaisait.

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    lunettesSoleil 2 (1)

     

    J’ai également essayé pour une version paysage, mais le dédoublement obtenu ne m’a pas convaincue (regardez notamment les arbres, ça fait très artificiel et paradoxalement, très « tampon photoshop »). La première image est sans les lunettes, la seconde avec :

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    Une fois de plus, ce qui me plait dans ce genre d’exercices, c’est toute la potentialité créative au moment la prise de vue. Ce n’est pas du tout que je fais partie de ceux qui s’enorgueillissent de ne faire aucune retouche sur leurs clichés (j’utilise les logiciels de retouche comme j’userais d’une chambre noire), mais je dois avouer que j’ai un plaisir particulier à essayer d’obtenir le maximum de mon idée dès le déclenchement. J’aime cette espèce d’euphorie de l’anticipation.

    Pour finir, j’aimerais partager avec vous 2 photos « classiques » qui ont malgré tout retenu mon attention. Dans les 2 cas, le filtre était l’ombre des arbres. Dans la première photo, « miraculeusement » seules les fleurs ont été éclairées par le soleil, et j’aime bien ce côté « photo d’herbier » qui en ressort. On pourrait presque croire que c’est une nature morte.

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    J’ai retenu cette seconde photo pour son côté très japonisant et le bel effet de matière des branchages en arrière plan. Une vraie photo printanière !!

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  • LES 1001 FACETTES DU PORTRAIT EN PHOTOGRAPHIE

    LES 1001 FACETTES DU PORTRAIT EN PHOTOGRAPHIE

    Génial ! Dans le cadre de l’édition de la Boîte à photos*, nous avons décidé de traiter du sujet du portrait.

    Je dis génial car c’est une discipline de la photo que j’adore ! Pourquoi ? Parce qu’elle touche à l’humain (et pas que …), qu’elle demande au photographe plus que jamais de faire « corps » avec son sujet et que cette discipline revêt … 1001 facettes toujours renouvelées …

    Avant d’entrer dans le vif du sujet, j’aimerais préciser que tout ce que j’écris ci-après est une vision très personnelle d’aborder l’art du portrait et qu’il ne s’agit en aucun cas d’un cours académique sur le sujet. D’une part un seul article est très réducteur (il y a des ouvrages entiers dédiés à cette pratique, et pas seulement du point de vue technique, mais aussi psychologique, philosophique, historique, etc …) et d’autre part, bien que ma culture photographique s’affine de jour en jour, je n’ai aucune légitimité pour me poser en spécialiste en la matière. Je vous livre donc mon propre cheminement de pensée.

    Qu’est-ce qu’un portrait ?

    Un portrait doit représenter un humain ou un groupe d’humains. Par extension, on peut considérer qu’il est possible de faire des portraits d’animaux si on considère qu’ils ont un visage, une expression, un regard … une âme. Dans une photographie de portrait, le sujet principal doit être la personne (ou le groupe de personnes). Le reste, le décor, le lieu, l’environnement, les vêtements ne sont là que comme des accessoires, soit insignifiants, soit pour renforcer une caractéristique de la personne ou l’intention du photographe.

    LES DIFFÉRENTS TYPES DE PORTRAITS

    La photo « carte d’identité »

    Il s’agit de représenter la personne de la manière la plus réaliste possible sans qu’on puisse percevoir un quelconque état d’âme de cette personne ni du photographe. Les photographies qu’on nous impose pour les passeports ou les cartes d’identité en sont un exemple parfait. Et vous comprendrez que je ne vous en montre pas, ces photos sont TOUJOURS horribles …

    Le portrait « descriptif »

    1001Facettes

    Quand je parle de portrait descriptif, il s’agit d’un grand pas qualitatif par rapport au portrait « carte d’identité ». Ici, l’expression du sujet reste relativement neutre, l’environnement (s’il y a !) prend de l’importance et c’est le regard du « portraité » qui prend le dessus. On n’en est pas encore exactement à révéler ou à décrire son état d’âme. Je dirais qu’il s’agirait plus d’une photo de « témoignage ». J’insiste particulièrement sur cette notion de regard. En effet, la première chose que notre oeil cherche lorsqu’il regarde une photo où apparaît une personne (ou un animal), ce sont ses yeux : c’est par lui que passe la communication en tout premier. D’où l’extrême importance de faire la mise au point sur cette partie du visage (à moins de faire la mise au point ailleurs, mais dans ce cas on sort du portrait descriptif. Nous verrons cela plus loin). Une erreur commune consiste, notamment lorsqu’il y a une faible profondeur de champ (diaphragme très ouvert) à faire la mise au point sur le nez. C’est souvent dû à l’autofocus qui fait la mise au point au centre, et qu’y retrouve-t-on ? … le nez ! Aussi, lorsque vous faites des portraits et plus encore lorsque vous êtes proche de votre sujet, je vous recommande de passer en mode manuel ou bien d’utiliser la méthode du « mise au point au centre – laisser appuyé son doigt à mi-chemin du déclencheur – décentrer le cadrage – déclencher »

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    Tous les exemples de photos ci-dessus sont donc ce que j’appelle des portraits descriptifs : ils donnent à voir une ou plusieurs personnes, sans laisser transparaître ni leur état d’âme (ou assez peu) ni celui du photographe et ne délivrent aucun message en particulier. Attention, ce n’est pas parce que je les appelle seulement « descriptifs » qu’ils ont moins de qualité que d’autres types de portraits plus sophistiqués dans le message qu’ils délivrent. Je crois au contraire que c’est justement parce qu’ils sont relativement simples qu’il faut qu’ils soient particulièrement bien soignés dans leur réalisation !

    Le cas du « portrait volé »

    Il me semble important de dire un mot dès à présent sur le fameux « portrait volé ». Comme son nom l’indique, il s’agit d’un portrait où la personne ne se rend pas compte qu’elle est prise en photo ou alors elle refuse de se laisser prendre en photo. Très souvent j’entends dire de la part des photographes, notamment débutants, qu’ils préfèrent faire des portraits volés car ils trouvent que l’expression des gens est plus naturelle et ils n’éprouvent pas la gêne (souvent réciproque sauf avec les enfants qui sont presque toujours décontractés) d’avoir à demander l’autorisation ou à diriger « le modèle ». La plupart du temps ces portraits sont réalisés à l’aide de téléobjectifs qui permettent au photographe de ne pas se faire remarquer.

    Est-ce que je vous surprendrais si je vous disais que ce genre de portraits ne me plait souvent qu’à moitié ? Je m’explique …

    En peinture, on dit faire un tableau alors qu’en photographie, on dit souvent prendre une photo. Je dois vous avouer que je préfère pour ma part faire une photo que la prendre car ce dernier terme sous-entend une sorte de pouvoir que le photographe s’octroie unilatéralement.

    Par ailleurs, très souvent dans les photos volées la personne ne regarde pas le photographe. Alors bien entendu dans un portrait il n’est pas du tout obligatoire que le regard soit dirigé vers les photographe, mais cela doit être l’occasion de faire d’autres types de photographies, beaucoup moins descriptives et plus subjectives. Si nous restons dans le cas de la photographie descriptive comme indiquée ci-dessus, je trouve souvent dommage qu’il manque le regard. Attention, cela ne veut pas dire que je ne fais jamais de photos volées, bien entendu ! Moi aussi j’en ai mon lot …

    Mais prenons un exemple :

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    Ne trouvez-vous pas dommage que ce petit garçon ne nous regarde pas ? Ne pensez-vous pas que cette photo aurait gagné en impact s’il avait dirigé clairement son regard vers nous ? Moi si ! Bon, c’est vrai que les lunettes jaunes et la pastèque compensent ce défaut et les couleurs fort sympathiques nous distraient de ce manque, mais il n’empêche que cette photo aurait été plus forte à mon avis si ce petit garçon avait pointé ses yeux directement vers nous : il y aurait eu une communication plus intense entre lui et nous, nous n’aurions pas été que voyeurs.

    [/two_columns_one_last][divider] Prenons un autre cas de photo volée : [two_columns_one]1001Facettes 21001Facettes 1[/two_columns_one] [two_columns_one_last]

    Ma fille était parterre et ne souhaitait pas être prise en photo. Elle était de mauvaise humeur et était fâchée contre moi. Dans le premier « portrait », on ne voit pas son visage (cette photo est d’ailleurs à la limite du portrait !). J’ai attendu quelques secondes et elle a ouvert les mains, nous laissant entrapercevoir son regard et sa bouche. Ne trouvez-vous pas que le fait de voir son expression visuelle change complètement le sens de la photo ? Dans la première photo, on s’éloigne fortement de la photo de portrait au sens classique et on s’embarque plutôt dans une photo très subjective  où c’est à nous de lui trouver un sens, tandis que dans la seconde, le regard nous dirige immédiatement vers un sentiment qu’éprouvait ma fille : de la colère et du défi, ou tout du moins une humeur « rude ». La seconde est fidèle à l’état d’âme du modèle, alors que dans la première, le modèle ne sert plus que de prétexte et de support à l’interprétation, il devient un « outil » au service de l’expression du photographe

    [/two_columns_one_last] [divider]

    Ces deux exemples ont pour but de vous montrer que la photo volée a bien entendu toute sa place dans l’univers du portrait, mais essayez dans la mesure du possible d’obtenir le regard de votre modèle si vous souhaitez être fidèle à lui, à sa psychologie du moment. Non seulement vous ne serez plus un « voleur » d’identité, mais en plus, cela vous permettra au fur et à mesure de surmonter votre timidité. Ceci est d’autant plus valable pour les portraits volés dans la rue avec des inconnus. Pour ma part, lorsque j’arrive à « rentrer en communication visuelle » avec un sujet inconnu, cela se finit la plupart du temps au meilleur des cas avec un sourire, au pire des cas, avec de l’indifférence. Ceci dit, je dois avouer que le fait d’être une femme (et qui plus est équipée d’un petit appareil photo bien moins intrusif que les reflexs aux gros zooms) arrange bien des choses … Je compte sur les doigts de la main les situations où j’ai essuyé un refus catégorique. Et si la communication visuelle n’est pas possible, privilégiez les portraits où il se passe quelque chose qui rende la photo intéressante, qui retienne l’attention.

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    Le portrait expressif du modèle

    Un quatrième type de portrait est celui que j’appelle « expression du modèle ». Là, au-delà de la simple description du ou des modèles, le photographe met en avant son/leur état d’âme. Une fois encore, cela passe souvent par le regard : directement orienté vers l’objectif, perdu dans des pensées, le regard lointain, curieux, joyeux, etc … Dans le cas d’un portrait plus éloigné, la posture du corps est également très importante, sans oublier les mains qui sont également toujours d’une très grande force expressive (mais ceci est valable pour tous les types de portraits !). Ce qui compte ici avant tout, c’est le sentiment du modèle. Bien sûr, un photographe n’est pas une machine et il est certain que son style transparaîtra à travers les photos. Mais un bon portraitiste doit savoir se mettre en retrait par rapport à son sujet, et surtout laisser libre court à l’état d’âme du sujet. Le sien propre, s’il doit entrer en ligne de compte, ne doit être qu’en second plan.

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    Dans ce cas, le photographe doit faire un vrai travail d’empathie à l’égard de l’état d’esprit de son modèle, il faut qu’il arrive à faire en sorte que le sentiment de la personne « transpire » de la photo. Je trouve que c’est à la fois très difficile et passionnant ! Que ce soit dans le cas d’un portrait posé ou volé, je crois que c’est quasiment impossible de « faire vite » : il faut prendre le temps d’observer son modèle, d’essayer de rentrer en symbiose avec lui de manière à bien faire ressortir ce qu’il ressent.

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    Lorsque j’ai fait le portrait de cette famille pakistanaise, j’ai dû attendre un peu que tous se détendent et prennent leur expression « naturelle ». Les parents souhaitaient ce portrait de famille. Leur plus grande fille au tempérament visiblement très doux avait très envie elle aussi d’apparaître sur la photo, au contraire de la petite fille qui ne cherchait qu’à s’échapper et à faire « enrager » les parents. J’ai eu très envie de respecter leurs choix à chacun et je n’ai pas hésité à déclencher alors que la plus petite tentait une fois encore de partir. Je trouve qu’au final cette photo représente exactement ce qu’ils sont chacun, leurs tempéraments, leurs humeurs du moment. Aujourd’hui, cette photo trône dans leur salon, c’est ma plus belle récompense !

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    Parfois, il m’arrive lorsque je souhaite faire un portrait mais que j’arrive trop tard, de poser une question, comme par exemple « qu’est-ce que tu disais ? Qu’est-ce que tu fais ? Comment te sens-tu ? ». Cela a le mérite d’immédiatement décontracter la personne car elle se concentre sur sa réponse et oublie un instant l’appareil photo.

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    Dans cette catégorie, on retrouve souvent les portraits proposés en tant que service photographique. Si parfois je trouve qu’il manque quelque chose à ces photos, c’est que souvent le photographe se cantonne à la technique et ne fait pas « corps » avec son modèle. Généralement, ces photos sont toujours très bien réalisées techniquement, surtout lorsqu’elles sont prises en studio, avec tout l’éclairage à disposition, un modèle consentant et demandeur, etc … Mais je trouve qu’on y retrouve que rarement l’âme du modèle. En fait, il s’agit plus souvent de portraits descriptifs comme cités plus haut. Mais selon moi, être photographe portraitiste est un véritable art qui demande énormément de psychologie et d’empathie. Par ailleurs, il faut savoir non pas diriger le modèle mais plutôt le guider pour lui permettre de s’exprimer en images. Je suis sincèrement admirative de ceux qui y parviennent !

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    Le portrait posé au service de l’expression du photographe

    Pour quelqu’un de créatif comme moi, il va sans dire que ce type de portrait n’est que du bonheur à réaliser ! Le modèle n’est plus qu’un prétexte pour exprimer les propres idées du photographe ! Là, pour le coup, c’est au modèle d’être ultra-tolérant et d’accepter de se voir totalement manipulé et travesti.

    Du portrait classique, au portrait coupé, hachuré, flou, en mouvement, … le photographe peut se permettre toutes les fantaisie puisque que c’est son propre sentiment qui prévaut, son propre objectif artistique. Que le portrait ressemble ou non à la personne, peu importe : la photo devient en quelque sorte le portrait de ce qu’il est, de ce qu’il éprouve, de ce qu’il veut dire.

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    Pour réaliser ce genre de portraits, il faut donc de la part du photographe et du modèle une très grande complicité, car ce dernier doit accepter que son image soit mise au service d’une idée totalement extérieure à lui. Pour ma part, j’ai la chance d’avoir cette confiance absolue de la part de mes enfants qui maintenant ne me posent plus trop de questions lorsque je leur parle d’un projet, d’une idée.

    La plus grande difficulté dans cet exercice est de diriger (car là il s’agit bel et bien de diriger !) son modèle et si vous souhaitez vous lancer dans ce genre de projet, il vaut mieux avoir les idées relativement claires dès le départ. Bien sûr, il ne s’agit pas d’écrire un scénario ni de faire un story-board avant (bien que je connaisse un photographe qui procède de cette manière !), mais là, c’est vraiment vous qui tenez les commandes, encore plus que dans le portrait « expression du modèle » développé plus haut !

     

    Jusqu’où un portrait reste-t-il un portrait ?

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    Mais jusqu’où peut-on aller pour que cela reste un portrait ? Ne peut-on pas envisager qu’un visage par exemple soit coupé, effacé ? Ou alors qu’on ne voie tout simplement pas le visage mais seulement le corps ou pire encore, seulement son ombre ? Est-ce qu’il s’agit encore de portraits dans ce cas ?

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    Selon moi, les 5 photos précédentes sont des portraits bien que les personnes soient difficilement identifiables, soit parce qu’elles sont très tronquées, de dos, en contre-jour et/ou plongées dans l’ombre. En effet, ces personnes pour qui les connait bien seront identifiables et surtout se reconnaîtront. Par ailleurs, ces personnes sont le sujet central de la photo, tout est centré autour d’elles et elles ne sont pas un « élément de décor » comme pourrait l’être un passant inséré dans une composition pour rendre la scène vivante.

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    Selon moi, pour un lecteur extérieur la photo ci-contre n’est pas un portrait mais plutôt l’illustration d’un moment intime, d’un câlin d’une petite fille à son lapin, de son attachement à l’animal, etc … Par contre, en tant que maman de la petite fille et heureuse propriétaire du lapin, je peux considérer à titre personnel que c’est un portrait de ma fille et de son lapin. La frontière est variable et fragile !

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    A l’inverse, cette photo n’est absolument pas un portrait selon moi. L’humain n’est là que pour donner un peu de vie à cette prise de vue frontale du magasin de pâtes. Ce n’est pas lui le sujet de la photo.

    C’est une photo de « street photography » et pas un portrait.

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    EN CONCLUSION

    Il y aurait encore des milliers de choses à dire autour du portrait et surtout de manière moins « catégorique » que ce que j’ai fait ! Rien ne rentre absolument dans des cases pré-définies telles que je les ai présentées ci-dessus, juste par souci de clarté. Il est bien évident que certains portraits peuvent appartenir à plusieurs catégories à la fois !

    Faire de la photo de portrait est avant tout un état d’esprit, la volonté et la curiosité d’aller à la rencontre de l’autre.

    Je souhaiterais juste finir sur une facette du portrait que je n’ai pas traité : l’auto-portrait. Il ne s’agit pas d’un oubli, seulement d’une non-compétence de ma part ne m’étant quasiment jamais penchée sur le sujet. Ceci dit, pour finir sur une note optimiste, il se peut qu’un jour je m’y attèle. Je reprendrai peut-être un début d’idée que j’avais eue il y a quelques années : auto-portraits avec la technique du sténopée et en double exposition, histoire d’être vraiment méconnaissable ! Oui, je l’avoue, c’est d’une malhonnêteté intellectuelle incroyable ! Il serait peut-être temps que j’aille à la rencontre de moi-même, ne serait-ce que par curiosité …

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    Mes compères de la boîte à photo vous auront préparé d’autres articles qui viendront compléter mon tout petit apport à ce si vaste sujet et je vous invite à aller surveiller de près leurs articles (les liens sont ci-dessous).

    Par ailleurs, n’hésitez pas à compléter mes dires dans les commentaires, à nous faire part de vos expériences, de vos questions, de vos doutes. La discussion ne fait que commencer !

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    * Pour ceux qui connaissent pas la Boîte à photos, il s’agit d’un collectif de blogs francophones parlant de photographie et qui chaque mois propose de réfléchir autour d’un thème choisi ensemble. Chacun étant libre de traiter le sujet à sa manière, cela donne une vraie richesse et diversité de points de vue que je suis certaine, vous ne manquerez pas d’apprécier ! Pour cette édition de la Boîte à photos, c’est Grégory Laroche de Bon Plan Photo qui joue le rôle de site hôte et qui a donc l’énorme responsabilité de rassembler nos articles sur une même page et d’en faire la synthèse en fin de semaine. Si vous ne voulez louper aucune parution d’ici là, rejoignez-nous sur Facebook ou sur Twitter !! Merci à Laurent Vaissade de jogg.com pour le logo