Excusez-moi d’avoir mis les hommes entre parenthèses mais comme ils se font quand même beaucoup plus rares dans le domaine, ça me semblait plus que justifié ! Cela étant, je suis tout à fait curieuse d’avoir quelques unes de leurs réactions (tout autant que celles des femmes par ailleurs) à la suite de ce petit texte qui est, je l’avoue, d’abord l’expression de mes propres interrogations*.
Tout d’abord et pour que l’on soit bien d’accord sur les termes : j’entends par « femme au foyer », toutes les femmes qui n’ont pas de travail rémunéré… à l’intérieur ou à l’extérieur de chez elles, qui n’ont pas à se lever le matin, une horloge à la place du coeur, pour courir assumer les responsabilités qui leur incombent…
J’insiste bien sur « travail rémunéré », car on peut très bien travailler de chez soi et être rémunéré(e) : du coup, on n’a pas le statut de « femme au foyer » mais de « travailleur indépendant ». Le pire c’est que travail – ou pas travail – rémunéré, à l’intérieur ou à l’extérieur de chez soi, tout le monde sait bien qu’une maison, à plus forte raison un foyer, s’entretient : jusqu’à maintenant, on n’a pas encore vu un frigo se remplir tout seul ou le linge sale devenir propre d’un coup de baguette magique ! Et je n’ai pas encore parlé des enfants !!!

L’avantage de la femme au foyer, c’est qu’elle a TOUTES ses journées pour le faire (du coup la notion de « week-end » perd un peu de son charme, mais bon …J) et que, si elle se débrouille bien, elle peut avoir un peu de temps pour elle, (ce que les gens « actifs » et les retraités se reprochent de ne pas avoir !) : c’est vrai qu’une fois le mari parti au travail, les enfants déposés à l’école, il ne reste plus qu’à tout ranger, faire ses menus du jour, voire de la semaine, aller faire les courses en conséquence, mettre une machine en marche et étendre le linge qu’on a oublié hier, vider et re-remplir le lave-vaisselle (dieu merci ça existe !), éventuellement faire un peu de ménage (le grand luxe étant d’être femme au foyer et d’avoir une femme de ménage !), il reste parfois du temps pour appeler une copine, faire une (petite) sieste, enfin lire quelques pages du bouquin qui nous attend depuis des semaines, faire quelques civilités pour l’association dans laquelle on s’est engagé, éventuellement penser à commencer une grande œuvre qui nous tient à cœur, mais juste y penser car, après tout ça, il ne reste que quelques minutes avant d’aller chercher les enfants à l’école ! Une sinécure, non ?

C’est – je m’en souviens – ce dont on rêve quand on est harassé de la course effrénée du temps que l’on passe au travail, sans voir grandir nos chers et tendres chérubins ou vieillir notre moitié (!), sans savoir de quelle couleur était le ciel aujourd’hui… C’est bien connu « L’herbe est toujours plus verte chez le voisin ». Pourtant, il faut aussi voir les inconvénients : ce n’est pas très rémunérateur (c’est le moins que l’on puisse dire : on ne fait que dépenser !), parfois pas très valorisant (ça dépend des interlocuteurs : certains vont jusqu’à dire : « Ah, vous ne faîtes rien ! ») et encore moins reconnu comme un travail (cf. notre société française en général : on indemnise les sans emplois mais pas les femmes au foyer)… Alors, imaginez-vous la réputation que vous avez si, en plus, vous refusez un service à rendre, sous prétexte que vous êtes débordée ? INCONCEVABLE !!! C’est comme ça, que vous arrivez parfois à être débordée, fatiguée et harassée par un travail que personne ne reconnaît, pas même vos enfants (bien connus pour leur ingratitude) et parfois même votre mari (trop fatigué par sa journée à LUI, autrement plus préoccupante dans son esprit, que les multiples détails dont vous l’inondez ). Et, là c’est vraiment une tare d’être femme au foyer !

Sous cette description un peu caricaturale (je l’admets volontiers) du statut de femme au foyer, tel que je le ressens en France, je tenais à revendiquer le droit de l’être, la chance de l’être quand c’est choisi et le bonheur d’avoir à assumer ce choix. Est-ce « ringard » ? Passéiste ? Peu ambitieux ? Egoïste ?
Et vous, qu’en pensez-vous ? Votre avis m’intéresse (et la photo de Laurence aussi !!!).
*Toute ressemblance avec des personnes de votre connaissance est purement fortuite et non avenue
Texte écrit et assumé par Marie-Laure – Octobre 2009.
Mais ma chère Marie-Laure, le fait d'être femme (homme) au foyer est toujours choisi de nos jours et en France. Car si on n'est pas femme (homme) au foyer, on est soit chômeur (rémunéré ou non, mais en tout cas en recherche d'emploi), retraité, étudiant, en congé parental, et je ne parle pas effectivement de toutes les professions qui peuvent s'exercer au domicile (du courtier en assurances à l'artiste …) Et de toutes les façons, quel que soit le statut qu'on a "à côté", on est toujours une femme au foyer – et là, je ne mets plus les hommes entre parenthèses … N'est-ce pas bien connu, que dans nos gènes, il est inscrit que l'homme est porté sur l'extérieur, la chasse et que la femme, elle, est tournée vers l'intérieur ? Hoho, je sens qu'un débat supplémentaire pointe son nez …
Sinon, j'avoue que pour l'illustration, j'ai eu du fil à retordre. J'ai été tentée de faire un bon nombre de photos qui auraient pu illustrer de façon plus générique ce que tu as écrit. Mais à chaque fois, ça ne collait pas. Du coup, je me suis penchée sur les mille et une petites choses du quotidien. Bon, c'est vrai qu'ici, il n'y en a que 5, mais je n'allais quand même vous ensevelir sous 1001 photos ! J'ai essayé de trouver un point commun à ces "petits quotidiens" et la rondeur me plaisait bien … Allez savoir pourquoi …
Mais au moins, comme ça, vous saurez que ma marque de machine à laver le linge est une Ariston, que la voiture de monsieur est une Dacia et que ma montre est une Swatch !
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