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- par Laurence Chellali

L’ART DU PAPIER CADEAU2 min de temps de lecture


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A la question : « Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? », j’ai souvent répondu : « Je serai assistante du Père-Noël ». Devant le regard, souvent perplexe, de mes interlocuteurs qui ne savaient pas si je me prenais au sérieux ou non, il fallait que j’explique que j’aurais bien passé ma journée à emballer des cadeaux… Je trouvais – et trouve encore – que ce serait un travail formidable !

Superfétatoire ? Anecdotique ? Secondaire ? Négligeable ?

Non, je ne suis pas d’accord ; le papier cadeau participe au cadeau en lui-même : c’est lui qui le rend mystérieux et magique, c’est lui qui le met en valeur et qui le rend unique. D’où l’art du papier cadeau… car il comporte toute l’intention d’amour que vous mettez à l’intérieur.

Quel parent n’a pas eu un petit bouchon de papier journal, scotché et re-scotché, qui cachait le plus grand trésor ? Le premier cadeau de votre enfant : si bien empaqueté et ficelé, que pour un peu, on croirait qu’on n’a pas le droit de l’ouvrir ! Et pourtant, le régal de leurs yeux quand on arrive enfin à découvrir la surprise qu’il nous a concoctée, est un cadeau en lui-même.

D’ailleurs, il me semble que l’art du papier cadeau n’est pas dans la qualité du papier que l’on utilise, mais dans l’attention qu’on y porte et dans l’intention que l’on y met. Que ce soit un papier journal, un papier aluminium ou le plus délicat papier de soie orné de rubans multicolores, l’art du papier cadeau réside dans celui qui le fait et s’adresse à celui (ou celle) à qui il est destiné : pour lui donner encore plus envie de son cadeau ; pour qu’il désire le toucher, le découvrir ; pour le rendre plus précieux.

Mains habiles ou malhabiles, peu importe, l’art éphémère du papier cadeau participe au bonheur de l’échange et c’est une aventure dont je ne me lasse pas. Malheureusement, je n’ai toujours pas rencontré le Père-Noël, alors je me contente d’emballer les cadeaux que je fais et, du coup, je trouve qu’il n’y en a pas beaucoup… Et vous, vous faîtes comment ? Vous n’avez pas besoin d’une assistante ? 

Merci Marie-Laure encore une fois pour ce magnifique texte ! C’était une jolie surprise pour moi !

Alors bien sûr, je me suis longtemps demandé comment illustrer cet art ! Après divers essais dont je vous mets un exemplaire ci-dessous, aucun ne me convenait … J’ai donc choisi la simplicité extrême du papier cadeau.

La main.

N’est-elle pas elle aussi la toute première expression du don ?

Et j’ai pensé que la photo devait être en noir et blanc pour affirmer le côté intemporel et universel de l’emballage de l’offrande …

Merci à toi aussi Ryad pour m’avoir offert tes mains !

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Laurence

Laurence

Côté rêves ...Je dis souvent que je ne photographie pas ce que je vois, mais ce que je ressens. Grâce à la photographie, je peux modeler le réel et y imprimer mes sentiments en organisant les formes, les couleurs, les contrastes tels qu'ils me parviennent pour en faire émerger mon monde émotionnel. Côté pratique ... Je gagne ma vie en vendant des photographies à des agences et à des collectionneurs, mais aussi en dispensant des cours de photographie dont vous pourrez trouver toutes les modalités dans la rubrique "Cours". Plus apparentée à une "coacheuse photographique", j'aime pousser mes élèves à trouver leur propre chemin et leur style personnel.

6 Commentaires

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    Laurence, tu as tout compris ! (enfin dans le sens où je l’entends) : je n’aurais pas rêvé plus belle illustration du don !
  •    Répondre
    Marie-Anne Ambry Zerrouk 30 mai 2009 à 18 h 57 min
    En rebond à cette jolie photo et à ce touchant texte du cadeau d’enfant…une petite rime perso, sortie d’un de mes vieux tiroirs…

    On dirait…

    On dirait qu’on s’rait copains
    et puis qu’on s’donn’rait la main
    pour partir rire tous les deux
    sans penser à nos adieux.

    On dirait qu’on s’rait malins
    qu’on se créerait des refrains
    d’une vie pleine de jeux
    et d’histoires d’amoureux.

    On dirait qu’on s’rait câlins
    et puis gare aux assassins!
    qui veulent nous voler nos vies
    p’cequ’ils connaissent que l’ennui.

    On dirait qu’on s’rait heureux
    on pourrait l’croire un p’tit peu
    après tout qu’est-ce qu’ils veulent tous
    à part nous foutre la frousse!

    On dirait qu’on a plus peur
    qu’on fait fi de nos malheurs!
    on part conquérir les plaines,
    les montagnes, les villes; Quelle veine!! Marie-Anne Ambry

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    quel bel article , si vrai , si vivant, oui on s’y croit moi le ptit bouchon journal , j’ai eu , comme toutes les mamans !
    le papier et l’amour qu’on y met donne de la valeur au cadeau , c’est si vrai !
    voici mes mots :
    °°°
    « Tous mes ptits papiers
    Dans mes tiroirs bien rangés
    Papier froissés
    Papier dorés
    °°°
    Tous mes ptits trésors
    Dans mes boites à décors
    Epingles et bouton d’or
    Raphia et ruban encore
    °°°
    Tous mes ptits mots
    Pour vos cadeaux
    Mots placébo pour vos maux
    Mots d’amour en écho
    °°°
    Tout mon amour
    Dans ce papier
    Tous mes trésors
    Dans ces cadeaux
    Tous mes mots
    Sur ces papiers….
    •    Répondre
      Laurence Chellali 31 mai 2009 à 14 h 20 min
      Bravo à nos poétesses. Cet article est un régal du début à la fin. Comme quoi, les cadeaux, le don, la générosité, ça inspire !
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    Marie-Thérèse 1 juin 2009 à 16 h 26 min
    Il y a beaucoup d’imagination chez les Chellali’s!
    Je vais vous raconter l’histoire de la « boite à baisers »
    Il y a plusieurs années, un père punit sa fillette de 3 ans pour avoir inutilement dépensé un rouleau de papier doré. A l’époque, l’argent se faisait rare et il ne put supporter que sa fille utilisa le papier pour décorer une boite à cadeau pour occuper le dessous de l’abre de Noël. Le lendemain matin, la fillette apporta le cadeau à son père en lui disant: »C’est pour toi PAPA! »
    Embarrassé, le père regretta sa trop vive réaction. Toutefois, sa colère se raviva quant il découvrit que la boite était vide.Il cria à sa fille: « Ne sais-tu pas qu’en offrant un paquet-cadeau, il doit toujours y avoir quelque chose dans la boite? »
    La fillette regarda son père les yeux pleins de larmes et lui dit: » Mais, PAPA, la boite n’est pas vide, je l’ai remplie de baisers juste pour toi! »
    Le père était chaviré, il enlaça sa fille, la priant de lui pardonner sa réaction.
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    génial, combien de fois je me suis trouvée… dans la panade sans papier cadeau ! et bien souvent, il suffit de se creuser les méninges, un sac en craft peu faire l’affaire, une nappe en papier bien redécorée… un morceau de raphia, un ruban gardé d’un précédent…le cadeau comme vous le dites tous si bien commence au papier, c’est tellement important.. la 1ère impression et le coeur qui va avec…
    il ne s’agit que de papier, mais s’il sont faits mains… ils deviennent des trésors, et d’ailleurs souvent je les garde ces papiers,pas vous ? parfois totalement inutilisables certes mais je garde quand même , comme quoi… ils sont aussi importants !

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