LE BOKEH, PARLONS-EN !

… Ou plus exactement, examinons ensemble les infinies possibilités créatrices du bokeh en photographie nature … et plus spécialement encore en macro-photographie.

… Enfin, pour être plus exacte encore, en photographie rapprochée. Ouf, on y arrive ! C’est qu’il faut être précis dans les termes si on veut s’entendre ce sur quoi nous allons travailler 😉

Donc, pour commencer, qu’est-ce que ce fameux bokeh ? Dérivé d’un terme japonais, il désigne tout simplement le flou de profondeur de champ, c’est à dire le flou qui « enrobe » le sujet, soit en arrière plan, soit en premier et second plan. A la différence du flou de mouvement, le bokeh ne s’obtient pas en faisant bouger l’appareil photo, mais en jouant sur l’ouverture du diaphragme.

Tout est une question d’ouverture !

Le diaphragme

J’aime bien donner l’image du robinet d’eau afin de mieux faire comprendre cette histoire d’ouverture de diaphragme : plus le robinet est ouvert, plus l’eau qui sort semble floue. A l’inverse, imaginez-le très fermé : l’eau vous semblera alors nette. Il en va de même pour le diaphragme. Plus il est ouvert, plus vous aurez de flou (ce qu’on appelle en photographie une faible profondeur de champ) et plus il est fermé, plus aurez de grandes zones de netteté (une grande profondeur de champ).

Le mot d’ordre est donc « ouverture toute », c’est à dire que vous devrez forcer votre objectif à être sur le plus petit chiffre si vous souhaitez avoir le plus de flou possible. Ce chiffre est variable d’un objectif à l’autre, il peut partir de f/1,2 pour les objectifs dits les plus lumineux, à f/5,6 pour les moins lumineux (il s’agit d’ailleurs souvent des zooms). Entre également en ligne de compte la taille du capteur de l’appareil photo. Je ne vais pas entrer dans les détails l’offre étant tellement variée, mais grosso modo, le flou sera plus prononcé si vous avez un appareil photo dit « full frame » que si vous avez un petit compact d’entrée de gamme.

 Si vous avez un appareil photo qui le permet, le plus simple selon moi est de le régler en mode priorité « ouverture ». Si ce n’est pas le cas, votre appareil photo doit probablement avoir une fonction qu’on appelle « fleur » ou « macro » et qui devrait bien fonctionner.

bokeh (8)

Si vous êtes équipé d’un appareil réflex, il y a de grandes chances pour que vous possédiez une touche qui vous permet de vérifier la profondeur de champ. Celle-ci est généralement située sur le devant du corps de l’appareil photo. L’oeil dans le viseur, si vous appuyez sur cette touche, vous pourrez remarquer que tous les éléments qui seront flous s’assombrissent. Cela peut être d’une grande utilité pour vérifier votre zone de netteté, surtout en photographie rapprochée. 

Les différents types de bokeh

Il y a flou et flou !

Comme bien souvent en photographie, il n’y a pas de « recettes de cuisine toutes faites » et une grande part du résultat que vous obtiendrez dépendra de votre distance vis à vis du sujet, de sa propre distance vis à vis du reste de son environnement et de l’ouverture du diaphragme de votre objectif. Ceci dit, dans tous les cas de figure, il faut impérativement être extrêmement attentif au premier et au second plan qui entoure votre sujet, et bien entendu à la lumière (son orientation par rapport à vous par dessus tout). Nous verrons en effet plus loin à quel point celle-ci a une influence considérable sur le rendu final de votre photographie.

En effet, en fonction de ces différents paramètres, vous obtiendrez des bokehs que j’appellerais « classiques », « multiples » (sur plusieurs plans) et « créatifs ». Il n’y a bien entendu aucune hiérarchie qualitative dans ces différents types de bokehs que je vous décris là et il revient à chacun de décider lors de la prise de vue ce qui correspond le mieux à son idée !

Nous avons vu plus haut que plus le diaphragme d’un objectif est ouvert, plus il y a de flou, c’est  dire que les zones de netteté sont réduites, que la profondeur de champ est petite. Par ailleurs, plus vous êtes proche du sujet, plus le flou autour sera prononcé c’est à dire que la profondeur de champ sera réduite (parfois nous le verrons, elle est réduite à quelques millimètres). A l’inverse, à ouverture égale, plus vous êtes éloigné du sujet, plus la profondeur de champ sera ample.

bokeh1
Ouverture f/3,5.Bien que mon diaphragme soit très légèrement plus fermé, du fait que je me sois énormément approchée, la zone de netteté est extrêmement réduite. Les pétales en premier plan sont floues et l’arrière plan est complètement uni

Ainsi, lorsque l’on fait de la macrophotographie, la distance du sujet avec les différents autres éléments est à considérer avec beaucoup d’attention, mais également sa propre distance vis à vis du sujet ! 

Il consiste à flouter au maximum l’avant ou l’arrière plan afin de mettre en valeur le sujet. L’exemple précédent constitue à mes yeux un cas de figure typique de bokeh « classique », à l’instar des photos ci dessous :

Tout en douceur
Ouverture f/4,5. Le diaphragme pourrait sembler « relativement fermé » par rapport aux autres photos, mais j’étais à une distance si réduite de cette fleur (mon objectif était pour ainsi dire collé aux pétales) que j’ai pu obtenir une profondeur de champ si petite que seul un détail de la fleur apparait net.

bokeh (1)

Une fleur isolée
Ouverture f/3,2. Je suis beaucoup moins proche de la fleur que dans la photographie précédente et je me suis servie des herbes en premier plan collées contre mon objectif pour obtenir ce bokeh. Vous remarquerez que parce que je suis beaucoup plus distante et malgré l’ouverture plus importante de mon diaphragme, la fleur est complètement nette. J’avais donc ici le compromis idéal d’ouverture pour avoir tous les plans flous sauf celui de la fleur.

bokeh

Lorsque je parle de bokeh « classique », je parle donc d’un bokeh très diffus et assez uniforme. On pourrait aussi l’appeler bokeh doux. Dans le même ordre d’idée, on peut s’arranger pour faire des photographies très minimalistes quant au sujet et s’arranger pour faire en sorte que la photo soit composée essentiellement de flou.

Goutte d’eau
Ouverture f/5. Dans le cas de cette photo, et à l’instar de la fleur rose « Tout en douceur », je suis véritablement au plus près possible pour la mise au point. Mon point de vue sur le dessus me permet d’être finalement à une certaine distance du reste des éléments ce qui les plonge dans le flou total. 

bokeh1 (1)

Vert d’eau
Ouverture f/8. Même point de vue que dans la photo ci-dessus mais mon diaphragme ici est bien plus fermé. Une fois encore, comme j’étais au plus près possible pour la mise au point sur les gouttes d’eau, tout le reste est plongé dans le flou (souvenez-vous, la profondeur de champ dépend aussi de la distance de l’appareil photo avec le sujet : plus on est proche, plus de toutes les façons celle-ci est courte). Ceci dit, vous remarquerez que le flou est malgré tout moins prononcé que dans la photo ci-dessus. C’était le seul compromis pour que je puisse avoir les 2 gouttes d’eau nettes (et seulement elles), ce qui revient à dire que ma profondeur de champ ici est plus importante que dans la photo ci-dessus. Si j’avais eu la même ouverture, je n’aurais eu qu’une seule goutte nette.

bokeh2 (1)

Observez les photographies de chaque côté de ce triptyque. Les végétaux ont été pris dans de la neige. Peut-on parler de bokeh ici ? Oui car j’avais une ouverture telle (f/4) que ma profondeur de champ est minime, laissant le bout des tiges et le fond (la neige) dans le flou. Grâce à la surexposition, le tout est plongé dans un espace cotonneux d’une jolie douceur.

bokeh (3)

 C’est bien entendu le cas de figure qui arrive le plus souvent, et j’aimerais souligner la richesse qu’apporte la lumière lorsqu’elle pénètre à travers le fond. C’est là que commence à intervenir aussi la dimension esthétique du bokeh.

Couleurs d’automne
Ouverture f/3,5. Je suis à une certaine distance de cette branche, ce qui me permet d’avoir une profondeur de champ juste nécessaire. Je ne suis pas en contre-jour, mais les jeux de lumière sur les feuilles mortes en arrière plan me permettent d’avoir de jolis ronds. A noter que dans le cas de cette photographie, il n’y a aucun premier plan qui vient s’interposer entre le sujet et moi. Le bokeh se situe donc seulement en second plan.

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Raide comme un i
Ouverture f/3,2. Bien que difficilement remarquable, le bokeh obtenu ici procède d’un premier et second plan. Entre la brindille et moi, il y a en effet d’autres herbes plongées dans le flou car je suis très près d’elles, et celles-ci ont elles aussi de la rosée. En second plan, le fond était lui-même traversé de points de lumière. J’ai obtenu ainsi une photographie qui n’est pas aussi raide comme un i que ce que je dis …

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Jour, nuit ?
Ouverture f/3,2. Jour ! Mais plein contre-jour, par une journée très ensoleillée d’été. Une bonne sous-exposition m’a permis de renforcer les tons sombres et de donner l’illusion du soir. Le bokeh obtenu ici est seulement d’arrière plan et il s’agit des ronds de lumière qui traversaient une haie dans le lointain. Ici, j’ai fait bien attention à faire ma composition en tenant compte aussi des effets de ce bokeh afin que la fleur soit placée dans l’endroit qui a le plus de lumière (ainsi elle se détache bien du fond), et de laisser la place en haut aux « bulles » de bokeh afin de donner une impression de légèreté malgré la « pesanteur » des tons sombres très présents, un peu comme si des pétales s’échappaient de cette fleur dans un léger souffle de vent.

bokeh3 (1)

Jeu de bokeh
Ouverture f/8. Mon diaphragme est assez fermé mais je suis extrêmement proche de mon sujet ce qui me permet de flouter mon arrière plan. Mais grâce au jeu des contrastes entre les tons clairs et sombres, on reconnait la forme de l’herbe qui se reflète dans les gouttes d’eau. Il s’agit ici d’un jeu graphique entre le fond et ce qu’on voit nettement dans les gouttes. Par le jeu de cet effet de reflet, le fond devient lui aussi sujet de la photographie et pas qu’un simple décor, un peu à l’instar de la photographie ci-dessus.

bokeh (7)

Vous pouvez constater que les « bulles » de bokeh sont toujours relativement rondes. La forme que vont prendre les bulles peut varier en fonction de l’objectif que vous utilisez. Ainsi, il m’arrive parfois de jouer avec ce bokeh avec un autre objectif que celui utilisé pour toutes les photograhies de cet article : un 50 mm. Le nombre de lamelles qui le composent et la forme donc du « trou d’ouverture » qui en résulte influe sur la forme des « bulles ». Un exemple vaut mieux que 1000 mots n’est-ce pas :

Paysage
Objectif 50 mm, ouverture f/3,2. Jouer avec le bokeh n’est bien entendu pas réservé à la seule macro-photographie ! Pour cette photo de paysage, je me suis servie d’un premier plan de feuillage mouillé extrêmement proche de mon objectif pour obtenir ces taches et ces « bulles de lumière ». Vous remarquez la forme qu’elles ont ? C’est la forme de l’ouverture des lamelles du diaphragme de mon 50 mm.

bokeh (6)

Nous avons déjà vu jusque là de nombreux exemples de bokehs que j’appelle multiples, c’est à dire qu’ils sont situés, dans la même photographie, à la fois sur le premier et le second plan. J’aimerais approfondir cette facette du bokeh …

Dans les photos ci-dessus, le premier plan est formé par des mousses et de la terre, qui par le jeu de lumière sont plongées dans l’ombre. Grâce à mon objectif qui est ouvert à f/3,5, j’ai pu en quelque sorte « effacer » ce premier plan qui était assez disgracieux. Dans le même temps, toujours grâce à cette profondeur de champ vraiment minimale, j’ai pu obtenir des ronds de lumière constitués par le feuillage d’une haie en second plan, mais aussi sur un plan que j’appellerais intermédiaire : les petites mousses hautes qui entouraient l’araignée sont visibles mais elles sont aussi plongées dans une sorte de flou secondaire. Selon moi, celles-ci apportent un petit plus car elles renforcent et répondent aux longues pattes de cette araignée. On aurait presque l’impression qu’elles démultiplient le nombre de pattes, ce qui ne sera d’ailleurs pas pour plaire réellement au arachnophobes 😉 Ce qu’il me semble à retenir, c’est que le bokeh peut aussi servir à camoufler des zones peu esthétiques, et aussi enrichir une composition.

Un monde – presque – virtuel
Dans le même ordre d’idées, on peut arriver à créer en quelque sorte des mondes virtuels en jouant sur tous les différents reflets qui viennent chatouiller les lentilles de l’objectif. Ici par exemple, seule une mousse (et quelques petites autres) sont vraiment nettes. Tout le reste, soit 90% de la composition est réalisée grâce au bokeh. C’est dire si cela peut nous ouvrir des perspectives créatives que nous verrons plus loin.

bokeh (9)

La photo ci-dessous (f/4,5) comporte de multiples plans floutés. En effet, la fleur est située derrière des herbes et devant d’autres végétaux à travers lesquels passent des rayons de lumière. On voit bien que jusqu’à environ la moitié de la fleur, la zone est parfaitement nette alors que le haut est légèrement plus diffus. C’est une indication claire que des herbes, assez fines, passaient devant la fleur. Par ailleurs, on voit clairement des « ombres » d’herbes qui se dessinent sur le bokeh du fond. Il s’agit en quelque sorte d’un bokeh sur un bokeh, ou est-ce le bokeh du bokeh ? 😉 Ici, la composition laisse une très très large part à tous ces bokehs différents : j’ai composé cette photographie avec et pour ce bokeh. Pensez-y lors de vos prises de vue !

bokeh (4)

Techniquement, il est presque impossible de réaliser ces photographies en auto-focus. Etant donné en effet que vous allez chercher le sujet à travers un premier plan, ce n’est qu’en tâtonnant petit à petit, soit en bougeant la bague de mise au point soit en vous avançant ou en reculant, que vous parvenez à faire une mise au point précise.

Par ailleurs, aussi paradoxal que cela puisse paraître, cette photographie est largement sous-exposée à la prise de vue (-2ev). En effet, je suis certes en contre-jour (ou l’équivalent puisque j’ai une forte source lumineuse qui m’arrive de face) mais il ne faut pas oublier que j’ai des herbes entre mon sujet et moi et qui cachent en partie la lumière. Donc, du point de vue de mon capteur, il y a peu de lumière qui arrive et il va donc avoir tendance à sur-exposer pour éviter des zones d’ombre bouchées. Or, si je laisse faire, ma photographie sera ce qu’on appelle « cramée » puisque je suis en contre-jour. J’indique donc à mon appareil photo de sous-exposer afin de ne pas obtenir de tons clairs brûlés, et notamment dans ce joli bokeh ! Il ne me reste plus qu’à relever un peu le contraste en post-production .

J’ai procédé de la même manière pour les photographies ci-dessous (je vous conseille de cliquer dessus pour les agrandir) :

Pour l’ensemble de ces photographies, mêmes ustensiles  (f/3,5 et sous-exposition de – 1ev) et mêmes ingrédients : rosée d’un matin d’hiver sur les mousses d’un mur en pierre et lumière rasante. Je vous les ai laissées dans l’ordre de prise de vue afin que vous vous rendiez compte de la démarche et surtout du tâtonnement que l’on opère à la prise de vue afin d’affiner la présence du bokeh. Sur la première photo, celui-ci n’est présent qu’en premier plan alors que j’ai réussi à remplir entièrement le cadre sur la dernière, en variant de points de vue (un chouillia plus haut ou plus bas en fonction des ricochets de la lumière sur les gouttes de rosée), en cherchant des avant-plans et des arrières plans bien fournis en gouttes, etc … Ici, bien entendu les minuscules gouttes de rosée bien formées sur le haut des mousses sont absolument adorables, mais il aurait été tellement dommage de ne pas chercher la magie de ce bokeh si caractéristique des reflets de gouttes d’eau sur la lentille de l’objectif.

Par ailleurs, est-ce que vous remarquez la différence de rendu entre ce bokeh de reflets de gouttes avec celui de la seule lumière diffusée à travers un arrière plan comme je vous l’ai montré plus haut ? Ici, il semble beaucoup plus défini, beaucoup plus « dur » et précis. Bref, c’est un bokeh qui n’est pas flou, c’est un flou net !!! Incroyable non ?

On ne peut donc vraiment pas s’arrêter ici car ne voyez-vous pas les possibilités créatives incroyables qui s’offrent à nous ?

Ce terme, que j’ai pourtant inventé, me semble assez impropre au sens strict car ce que nous avons vu jusque là est déjà largement créatif. Mais à partir des explorations que nous avons faites, j’ai envie maintenant de vous emmener dans de la photographie 100% bokeh 🙂

Le principe est simple : puisque nous avons découvert que l’on pouvait faire entrer des formes dans nos compositions grâce au bokeh, pourquoi ne pas s’affranchir tout simplement de notre sujet « réel » et de nous concentrer seulement et uniquement sur ce bokeh, en ignorant purement et simplement le sujet.

Partons de 3 exemples concrets :

N’hésitez pas à cliquer pour agrandir les images !

Lors de la réalisation de ces photographies, j’étais face à des hautes herbes et dans le fond, il y avait une haie à travers laquelle passaient des rayons de lumière. Objectif ouvert à f/4 et grosse sous exposition à – 2 ev (rappelez-vous, nous sommes au ras du sol et il y a de nombreux éléments intermédiaires entre la lumière et vous qui piègent le capteur de votre appareil photo). Dans le viseur je voyais beaucoup de « choses » floues, mais comme j’étais en mise au point manuelle, je prenais tout mon temps pour « accrocher » un élément qui retienne mon attention. C’est alors que je me suis rendue compte que sans quitter l’oeil de mon viseur, j’apercevais des formes nettes. C’est ainsi que j’ai décidé de m’affranchir de l’objet « réel » de la photographie, et de déclencher lorsque je voyais des formes et une harmonie de composition qui me plaisait. Le résultat est assez étonnant et on oscille entre abstraction complète et éléments reconnaissables, sauf qu’il s’agit purement et simplement des reflets de lumière qui se réfléchissent à l’intérieur des différentes lentilles de l’objectif, démultipliant ainsi parfois le même reflet à l’intérieur de la photographie. C’est magique n’est-ce pas ?

A partir de là, on peut tout s’autoriser et j’ai commis par la suite d’autres photographies que j’appelle d’une certaine manière « abstraites » parce qu’elles ne photographient pas à proprement parler un objet réel, mais le reflet de cet objet dans la lentille.

Non,non, il ne s’agit pas du tout d’un clair de lune, mais bel et bien d’un reflet de lumière dans la lentille 😉

Dans le même ordre d’idées, je me demande bien pourquoi il faut que le sujet soit toujours net. Et si c’était un ensemble d’éléments, qui mis côte à côte, mélangés, secoués mais avec quand même au final une structure harmonieuse à l’oeil qui pouvaient constituer une bonne photographie. Nous sommes bien d’accord, il faut quand même des éléments nets afin de ne pas fatiguer l’oeil et que celui-ci ait des points d’accroche. Mais pourquoi faudrait-il que ce soit le sujet principal ?

Dans les photographies suivantes, j’ai suivi cette piste en me concentrant non pas sur la mise au point du sujet principal (une fleur prise dans du givre), mais sur tous les autres éléments du bokeh en cherchant un compromis subtil entre éléments « abstraits » nets et flous. Il me semble que l’effet obtenu est assez touchant, l’impression d’une grande fragilité et délicatesse. Ces fleurs sont là mais sont aussi sur le point de disparaître, il y a une sorte de vibrance.

Clic encore une fois sur les photos pour les agrandir !

J’espère que j’aurais réussi à vous emmener sur le chemin du bokeh sous toutes ses formes, ainsi que celles à venir, car il va sans dire qu’avec ces pistes, vous vous rendez bien compte qu’il y a encore bien des chemins à explorer !

Je crois que ce qu’il faut retenir d’essentiel, c’est qu’il ne faut jamais oublier à quel point le bokeh peut faire partie intégrante d’une photographie et qu’il n’est pas toujours seulement « décoratif ».

J’espère aussi que je vous aurais donné les quelques éléments techniques clés pour parvenir à votre tour à réaliser de belles photographies en tirant partie du bokeh. Il est vrai cependant que, comme je l’ai dit plus haut, il m’est malheureusement impossible de vous fournir des recettes à appliquer à la lettre. Et ceci est d’ailleurs valable pour tout le domaine de la photographie. Vous ne croyez pas que si la photographie était un art facile ça se saurait ?

Je vous souhaite donc 1000 tâtonnements au moins ! 🙂

Note : Toutes les photographies présentées ici ont été réalisées avec un objectif 105 mm macro monté sur un appareil photo dit « full frame »

  1. Très bel article Laurence. Je me suis régalée tant avec tes photos qu’avec tes propositions de chemin.

    Un de mes grands plaisirs avec mon objectif russe, mon Jupiter, c’est la magie de ses « bulles de lentilles »; je n’ai pas encore pu l’utiliser avec mon nouveau boîtier, et j’ai hâte de le faire! Cet article tombe à pic, justement. 😀

    Surtout que j’ai testé le « vieux » 50mm Olympus avec mon récent achat: un délice! Il est formidable et la prise de vue manuelle est bien plus facile, plus précise et aisée: là je vais pouvoir explorer encore, tant et plus! bref, j’ai pas fini d’imaginer et de m’amuser… 😉

    PS: J’ai beaucoup aimé tes pâquerettes. Hihihi…

  2. Bien le bonjour, chère professeur.
    Tu viens de nous fournir ici un article qui est une vraie incitation à jouer du flou. C’est très bien fait. Bravo.
    Les photos sont bien dans ta ligne « photofolle ». J’aime ça.
    Tu vas dire que je suis un vieux pénible qui cherche la petite bête. (Ça s’impose pour un sujet sur la photo rapprochée..) mais je me pose deux questions.
    -Tout au début du billet, tu dis « tout est question d’ouverture », c’est vrai. Tu cites tout le temps les ouvertures utilisées, mais jamais (sauf à la fin) la focale. Est-ce que ça ne risque pas de « mêler » un ou une néophyte?
    -Tu parles sans t’y arrêter de deux notions importantes,( l’impact de la dimension du capteur sur la profondeur de champ, et les ev) . Fallait-il ignorer ou expliquer?
    Bonne journée.
    ps, ton « paysage » est fascinant.
  3. A la fois très didactique et très poétique dans le cheminement visuel.
    Bref, un enchantement, comme toujours !

    petite remarque en passant, sur la forme des « bulles de bokeh » comme tu les appelles.
    J’avais appris (peut-être à tort cependant, même si ma petite expérience a jusque là conforté cet apprentissage), que les bulles rondes étaient formées – peu importe l’objectif utilisé – si on était à PO.
    Dès qu’on ferme un peu le diaphragme, on trouve des bulles transformés en polygones dont le nombre de côtés est égal au nombre de lamelles du diaphragme effectivement.
    #mes2lamelles

  4. Bonjour Laurence,
    Comme à chaque fois, c’est un vrai plaisir de lire tes explications ; c’est clair, concis, parfaitement illustré, passionnant … un support très complet. Et puis, ça donne vraiment envie de s’y mettre surtout 😉
    Parmi tes exemples, celui qui me touche le plus est le triptyque dans la neige (que je ne pensais pas être un bokeh d’ailleurs !), il est tellement minimaliste !!
    « Ton » bokeh créatif qui peut aller jusqu’à la photo abstraite est celui qui me donne le plus envie de m’y mettre en ce moment 🙂
    Merci à toi pour toutes ces précieuses infos 🙂
  5. Ca fait longtemps que je n’avais pas lu un article aussi intéressant et avec autant de photos aussi belles!
    J’adore exploiter le bokeh sur mes photos, mais je suis plutôt à l’étape 1 pour l’instant (le bokeh d’arrière plan simple) tout en essayant de plus en plus de jouer avec le bokeh de premier plan.
    J’adore la photo d’un monde presque viruel!
    Et bien joué aussi en paysage parce que vu la longueur de la focale, ce ne doit pas être évident d’obtenir un bokeh sympa.
  6. : Et bien je suis absolument ravie que cet article tombe à pic ! Bon, la macro au 50 mm, ce n’est pas ce qui est le plus facile (à moins que ta distance de mise au point soit très réduite !) En tout cas, je te réitère mon souhait et je t’augure 1001 tâtonnements !
    ps : j’ai beaucoup pensé à toi lorsque je les ai mises dans cet article 😉

    : Bonjour cher Dominique ! Ah, si j’ai réussi à t’inciter au flou, alors j’ai gagné 😉
    Tes remarques sont judicieuses, et je me suis fait la réflexion lorsque j’ai rédigé cet article. J’ai décidé d’éliminer la problématique du type de focale justement pour ne pas embrouiller les lecteurs. Le flou s’obtient avec n’importe quel type d’objectif en fait et mon intention était de parler du bokeh et non pas de faire un comparatif entre différents objectifs.
    Concernant ta seconde remarque, là aussi je me suis posé la question, mais sincèrement, je ne suis pas une spécialiste du matériel aussi j’ai décidé de ne pas en parler plus que ça car au fond ce que je souhaite, c’est pousser les lecteurs à faire des essais par eux-mêmes, avec le matériel qu’ils possèdent. Ce n’était déjà pas évident de parler à peu près clairement de toutes les différences de profondeur de champ en fonction des différentes distances, je n’allais pas en plus faire un exposé sur les différentes tailles de capteurs. Idem pour l’exposition. Je n’ai fait qu’une petite incartade pour prévenir un écueil que l’on rencontre très souvent, mais l’objet de cet article n’était pas de faire un cours sur les différents types d’exposition.
    Bref, en gros, il ne s’agit que d’un modeste article et non pas d’un livre avec tous les chapitres qu’il devrait contenir 😉
    Merci en tout cas de tes chaleureux compliments !!

    : et bien visiblement, c’est un cri du coeur ! Merci à toi 🙂

    :Oui, tu as tout à fait raison ! Ceci dit, il y a quand même des petites différences en fonction de la qualité des lamelles et il est vrai que c’est un aspect particulièrement soignés pour les objectifs dédiés à la macro. Merci de ta précision 🙂

    : Et bien tant mieux alors ! Vas-y, fonce !!! C’est vrai que concernant les 2 photos de chaque côté du triptyque on pourrait se poser la question, mais je crois que c’est à cause de la couleur blanche de la neige car techniquement, c’est bel et bien du flou, blanc certes, mais flou quand même 😉

    : Olala, vraiment merci pour ton magnifique compliment !! Il me va droit au coeur et c’est le genre de paroles qui te donne envie de continuer 🙂 J’espère en tout cas que ça te donne des idées pour faire d’autres types de flous ! Je te rassures, le bokeh de cette photo de paysage n’est pas compliqué du tout à produire : ce n’est pas une question de matériel mais comme pour toute photographie, une question de lumière adéquate. C’est cela qu’il est parfois difficile de détecter … Si tu essayes, avec n’importe quel type de focale, tu verras que tu peux en obtenir 🙂

  7. Magnifiques, ces photos ; je n’aurais jamais pensé que l’on pouvait faire des images juste pour capter ces superbes bokeh.
    Ca me donne envie d’essayer bien sûr, mais comme j’ai un appareil micro 4/3, je pense que je ne pourrai peut-être pas obtenir ce genre de résultats ; mais ça vaut le coup d’essayer !….
  8. Un cours magistral pour le mauvais élève en photo que je suis. Bravo pour énoncer les recettes, j’imagine que les amateurs (et les pros) doivent se régaler à lecture de cet article. Amitiés. Jonas
  9. Un magnifique article avec un sujet qui me passionne, moi qui fais beaucoup de macro. J’ai expérimenté moi aussi quelques bokeh(s) créatifs, c’est toujours très intéressant. Je suis particulièrement sensible à tes deux images qui évoquent un clair de lune. C’est vrai que les possibilités sont infinies quand on commence à jouer avec le flou et le bokeh 😉
  10. Ma chère Laurence, tu es mûre pour nous pondre un super bouquin de photo créative. J’adore lire tes articles que je n’hésite pas à imprimer et à classer dans un classeur. Bref, c’est clair, bien écrit et superbement illustré. Ceci dit, c’est vrai qu’il faut expérimenter encore et encore pour parvenir aux résultats souhaités. C’est vraiment la seule manière pour comprendre le truc. J’en parle par expérience après un été passé à me rouler dans l’herbe à traquer les goutelettes. Bon w-e:-)
  11. Merci pour toutes ces informations qui m’étaient pour certaines totalement inconnues! Le paysage par exemple m’inspire beaucoup.
    Que de belles images… Allez je pars travailler maintenant !!
  12. Bravo et merci pour ce partage de connaissances. Faire des photos en regardant dans le viseur donne de superbes résultats. Ce n’est pas toujours la peine de faire des calculs avec des formules optiques complexes.
  13. Merci à vous tous , , , , , , , , , et à pour votre enthousiasme ! Je suis absolument ravie si j’ai réussi à vous communiquer ce vrai bonheur qu’est le bokeh 😉 Et comme tu le dis bien Michel, ce qui compte avant tout, après avoir fait quelques réglages de base, c’est d’avoir l’oeil dans le viseur pour chercher ce qui est beau. Il m’arrive en effet fréquemment de corriger des élèves qui regardent certes très attentivement mais qui ne voient pas vraiment. En photographie, il faut savoir faire les deux 🙂

    Annick : cela dépend avant tout du type d’objectif que tu as. Les micro 4/3 sont quand même des très bons appareils photo qui rivalisent de bien des manières avec les reflex. Il faut tester 😉

  14. Laurence un grand merci pour cet article extraordinaire. Il est très complet et permet de bien mettre les choses en place. Cerise sur le gâteau il nous permet de revoir différents élements de tes superbes séries. MERCI!
  15. Merci à toi ! Et oui, c’est vrai que je me suis servie de quelques anciennes photos pour illustrer cet articles, mais pas que … 😉 A tout bientôt !!

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