LE BLOG PHOTOFOLLE
- par Laurence Chellali

MADAME BA


Madame BâTout d’abord, merci Madame Bâ. Merci pour ce moment de bonheur incroyable et inoubliable que vous m’avez offert ! Tellement énorme pour ma petite personne qu’il déborde dans tous les sens. Pour le contenir et pour qu’il ne tombe pas en miettes, nous devons être nombreux à le préserver ! Il m’est donc venu l’idée de le partager ici. J’espère que j’arriverai à convaincre mes visiteurs. Votre histoire est à la fois banale et unique. Banale, car vous êtes comme beaucoup de maliens, embarquée dans le tourbillon de l’émigration vers la France. Banale aussi car votre première demande de visa a été refusée. Banale enfin car vous êtes une femme qui aimez par dessus tout votre pays et vos enfants mais que le destin vous oblige à quitter. Mais votre histoire est unique car vous êtes aussi une grand-mère qui doit se rendre en France pour sauver votre petit fils qui a été aspiré par la folie du foot. Unique, car pour obtenir votre visa, vous vous adressez au Président de la République française et répondez au formulaire 13-0021 par de longues, longues réponses. Ce sont elles d’ailleurs qui constituent tout votre récit. C’est incroyable, j’ai dévoré votre histoire, et pourtant, je ne peux pas dire que je l’ai lue rapidement ou non. Vous avez ainsi réussi à m’emporter dans le temps de l’Afrique. C’est du grand art, Madame Bâ, que vous avez fait là. Votre art ne s’arrête d’ailleurs pas là. Votre élégance m’a subjuguée, et par dessus tout, votre regard de bienveillance sur le monde m’a fait toucher des instants de vérité qui m’ont transportée ! Et pourtant, en lisant la dernière page de votre Aventure, un sentiment de grande tristesse m’a envahie. Je ne peux pas en dire plus car je ne veux pas dévoiler ici l’épilogue de votre histoire. Sachez, futurs lecteurs, que la fin nous pose beaucoup de questions justes. Bien sûr, ceux qui aiment l’Afrique sub-saharienne et la connaissent déjà se délecteront à lire votre récit. Je parle ici d’Afrique, et pourtant je répugne souvent à en parler dans sa généralité car je sais sur quels terrains glissants et malsains cela peut nous entraîner. Mais j’ai décidé de me fier à votre intimité avec elle, Madame Bâ. Pour les autres, c’est une formidable invitation à la découverte de votre peuple, les Soninkés. Enfin, ceux qui aiment la langue française liront votre histoire comme on chante une mélodie. Quelle magnifique maîtrise ! Je voulais enfin remercier votre créateur, Erik Orsenna. Depuis le 1er livre livre que j’ai lu de lui, je suis entrée dans le club très ouvert de ses « groupies ». Grâce à lui, l’Académie Française peut être fière de ses membres ! Sait-elle combien elle lui doit ? PS : Pardon, Madame Bâ, pour avoir pris comme illustration de votre récit une femme de Côte d’Ivoire alors que votre patrie est le Mali. Mais vous avez en commun la jeunesse, la beauté et la solitude car vous êtes veuves toutes deux. Et par dessus tout, vous avez en commun d’être les premières femmes du monde, ce qui n’est pas une mince affaire !

Laurence

Laurence

Côté rêvesJe dis souvent que je ne photographie pas ce que je vois, mais ce que je ressens. Grâce à la photographie, je peux modeler le réel et y imprimer mes sentiments en organisant les formes, les couleurs, les contrastes tels qu’ils me parviennent pour en faire émerger mon monde émotionnel. Côté pratique … Je gagne ma vie en vendant des photographies à des agences et à des collectionneurs, mais aussi en dispensant des cours de photographie dont vous pourrez trouver toutes les modalités dans la rubrique « Cours« . Plus apparentée à une « coacheuse photographique », j’aime pousser mes élèves à trouver leur propre chemin et leur style personnel.

5 Commentaires

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    Pour mieux comprendre la génèse de Madame BA, allez à :http://www.erik-orsenna.com/madame_ba_bienvenue.php
    Sinon, j’ai moi meme rencontré Madame BA dans un aéroport un soir. Autant vous dire que je ne l’ai pas quitté. Certes elle a pris la forme d’un assemblage de feuilles, mais ce n’est que la carapace. Ce livre on y rentre, on est dedans, dans cette afrique que nous pensons connaitre et qui comme à l’accoutumée nous joue des tours. La prouesse de l’auteur c’est d’avoir fait habité une si grande dame dans sa tete et puis la faire voyager dans nos petites tetes. Nous devrons tous avoir une madame BA dans notre tete, rien que pour nous rappeler que peu de choses nous différencient si on prend la peine de réfléchir. Nest ce pas Brice. H, la vanité c’est une faiblesse, l’arrogance est un défaut.

    Ryad

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    whaou, votre entousiasme a tous les deux ne peut que nous inciter a lire madame bâ .. laurence tu en parles si bien , vraiment ça me fait envie , je le note parce que j’ai d’autre lectures en ce moment , mais je pense que ça va me plaire .. biz et bon week end
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    Je ferai mon commentaire quand je l’aurai lu. D’ici là, rien à dire : juste envie de découvrir ce livre ! Merci pour l’idée.
    Affaire à suivre…
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    Merci à tous les deux, Laurence et Ryad, pour m’avoir orientée sur cette lecture. J’ai refermé le livre hier soir un peu dans le même état que tu décris, Laurence : triste et songeuse. Mais, en relisant ce matin vos commentaires, je garde l’idée de Ryad qu’on devrait tous avoir une Madame Bâ dans la tête… et quand on l’a lue, on ne peut plus l’oublier – me semble-t-il. :love:
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    Cette Madame Bâ m’intrigue beaucoup, merci pour ta visite sur mon blog, je t’ai déjà ajoutée dans mes liens et je reviendrai te voir bientôt. ^_^

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