LE BLOG PHOTOFOLLE
- par Laurence Chellali

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Toujours plus haut, toujours plus de risques, toujours plus vite …

Nous sommes surement la seule espèce animale à aimer les défis inutiles. Enfin, il me semble …

La varappe en est une des illustrations parfaites. Sport de l’extrême, sa pratique bouleverse le bon sens qui est censé nous maintenir le plus sûrement en vie. Qu’est-ce qui pousse ces hommes et ces femmes à défier les lois de la pesanteur, à martyriser leurs muscles, à dépasser la peur si naturelle du vide, en y ajoutant en plus la compétition ?

Cet été, j’ai été amenée à effectuer un reportage sur une épreuve de varappe. C’était la première fois que j’entrais dans une salle dédiée à cette pratique. En fait, c’était la première fois que je rencontrais tout court des gens dont la passion est de se suspendre dans le vide et de monter, monter, monter. Tout d’abord, la première impression qui vous saute au nez et à la gorge, c’est cette odeur de transpiration intense mêlée à celle du talc, matière indispensable pour ne pas glisser. Puis viennent les sons. On entend les compétiteurs ahaner, souffler, crier gare dans leur chute, le tout recouvert par une musique électronique. Vient ensuite cette sensation de perte totale d’équilibre. Vous marchez, ou plutôt vous rebondissez sur des tapis de 70cm d’épaisseur, plus aucun mur n’est vertical, plus aucun plafond n’est horizontal et des tas de gens rampent le long de ces parois, dans tous les sens ! … En tant que photographe, vous repérez tout de suite que la lumière est catastrophique, avec des zones suréclairées et d’autres totalement perdues dans l’ombre

Bref, vous l’aurez compris, entre la buée qui se colle sur votre viseur, l’impossibilité de rester stable une seconde sur vos jambes à cause du « boing-boing » continuel du tapis qui vous fait rebondir, des gens qui manquent vous tomber dessus à tout instant, et une lumière, je dirais, capricieuse et irrégulière, ça n’a pas été facile d’aller au bout de ce reportage !

Du coup, je n’ai pas la réponse à ma première question. Par contre, j’ai ramené avec moi des sensations et une ambiance assez fascinantes, faites de surpassement de soi, de concentration intense, et de satisfaction ultime d’Y être arrivé ! La réponse est peut-être là ?…

Je vous propose ici des images tirées d’un petit diaporama que je me suis amusée a faire pour présenter ce reportage. Je vous invite à cliquer dessus pour les agrandir, et si vous en avez le temps et l’envie, n’hésitez pas à visionner ce diaporama tout en dessous, qui selon moi, avec la musique, retranscrit assez bien l’ambiance qui a régné ce jour là !

 

   

   

   

   

   

 

Laurence

Laurence

Côté rêves ...Je dis souvent que je ne photographie pas ce que je vois, mais ce que je ressens. Grâce à la photographie, je peux modeler le réel et y imprimer mes sentiments en organisant les formes, les couleurs, les contrastes tels qu'ils me parviennent pour en faire émerger mon monde émotionnel. Côté pratique ... Je gagne ma vie en vendant des photographies à des agences et à des collectionneurs, mais aussi en dispensant des cours de photographie dont vous pourrez trouver toutes les modalités dans la rubrique "Cours". Plus apparentée à une "coacheuse photographique", j'aime pousser mes élèves à trouver leur propre chemin et leur style personnel.

10 Commentaires

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    Vraiment une très belle vision avec ces vues parcellaires, ces mains, ces regards crispés, ces jeux de perspectives, cette colorimétrie qui t’est particulière… Quel traitement du sujet malgré ces conditions drastiques !!

    Pfiou, ça m’a fatigué rien que de regarder les images… Ils sont fous, non franchement, c’est vrai !
    Perso, mon sport préféré, c’est la photo ! :angel:

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    Tu aurais tout aussi bien pu l’intituler « danse avec la pierre » ton reportage. C’est un vrai ballet auquel tu nous convies, du mouvement, de la grâce, de la force, de la tension. Magnifique! Mais comment es-tu arrivée dans ce milieu????
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    Merci les filles !! Pour moi aussi ça a été sportif, et d’ailleurs, je trouve que ça se voit dans les images : beaucoup de flou et d’imprécisions dans les mises au point. Du point de vue technique, j’aurais dû me résoudre à utiliser le flash … que je ne sais pas manier. Donc, finalement, pas trop de regret …

    Pour répondre à ta question, Spiruline, c’est le mari de la prof de danse de ma fille, lui même photographe, membre de la fédération italienne de varappe et champion de la discipline, qui après avoir vu certaines de mes photos, m’a demandé de venir faire ce reportage …

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    Une belle balade dans le monde des grimpeurs! l’ambiance est là, en regardant les photos, j’ai entendu les sons des efforts, et des avertissements du lieu!
    Beau résultat avec des photos très variées et complémentaires, certaines flattent bien la musculature des sujets…
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    laurence ,
    c’est fantastique
    tu sors des sentiers battus
    j’adore forcément
    j’aime bcp ton reportage avec la musique , c’est super bien fait et ça se marie bien sur très bien à l’ambiance comme tu le dis !
    oui bcp de choses sont difficiles à comprendre , le dépassement de soi est probablement la seule réponse à tout ça ! j’aime ces images de muscles en mouvement …
    mon petit niveau de course à pied me fait dire que je les comprends , ne jamais arrêter , aller au bout … oui surement , sauf que la bien sur les risques sont omniprésents mais je pense qu’ils sont en symbiose totale avec leur activité et leur corps et leur tête qui fait aussi bcp le boulot
    bisous laurence , j’adore ce reportage
    ps : que devient l’expo , as tu des retours sur ton expo et que les gens te laissent plein de ptits mots gentils
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    Pour des conditions aussi difficiles c’est une grande réussite. Moi qui ne suis pas sportive, je trouve tes clichés très réussis, de vrais tableaux en clair-obscur.
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    Je n’ai qu’un mot : impressionnant ! Tu nous fais vraiment sentir ce qu’est l’effort, surtout pour quelqu’un comme moi qui n’en fait que contrainte :whistle:
    Comme Anne, je trouve qu’on dirait des tableaux.
    Merci pour cette incursion en milieu inconnu. :love:
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    Qu’est-ce qui pousse ces hommes et ces femmes à défier les lois de la pesanteur, à martyriser leurs muscles, à dépasser la peur si naturelle du vide, en y ajoutant en plus la compétition ?

    La réponse est dans la question ! Défier les lois de la pesanteur (comme dans la danse ou la gymnastique), dépasser la peur si naturelle du vide, s’enivrer des sensations tactiles (mains et … pieds!) et se shooter aux poussées d’adrénaline, l’escalade est une vraie drogue !

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    Encore un coup de coeur pour moi cette série! Pour avoir (un peu… et mal) pratiqué ce sport, je peux dire que tu en as, avec ces images, tiré l’essence même : mélange de force, de grace,de souplesse et aussi de souffrance… tout transparait à merveille dans cette série… Pousse un peu, et qui sais, peut être une expo? sincèrement, ces images en sont dignes.

    Amitiés

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    Et bien figurez-vous que je suis soulagée de voir que ce reportage vous plaise ! A vrai dire, j’avais un peu peur de la qualité surtout technique des images. C’est vrai, beaucoup de flou, des cadrages pas toujours heureux, mais … que vous ayez avant tout apprécié l’esprit qui s’en dégage est pour moi vraiment l’essentiel.

    Vincent-P, tu ne crois pas si bien dire … la fédération italienne m’a proposé d’en faire une expo car, dixit « ils n’ont jamais vu de photo pareilles sur le sujet ! » Alors promis, je vous tiens au courant !

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